Des jumelles pour lire dans l’inconscient

Les neurosciences ont confirmé ce que la sagesse populaire sait depuis bien longtemps : notre intuition nous permet de « savoir » les choses bien avant que notre esprit conscient l’ait remarqué. Traduit en termes scientifiques, cela veut dire que notre cerveau repère des patterns, des structures dans l’environnement, avant même que nous soyons capable de les verbaliser. Reste que, souvent, l’esprit reste sourd à ces appels de notre inconscient.

Le système de lunettes de la Darpa, de l'alerte au cerveauComment améliorer la communication entre les différentes parties de notre cerveau ? C’est la question que s’est posée la Darpa, avec pour objectif d’accroitre la capacité de réaction des soldats sur le terrain. Sa solution : une paire de jumelles de haute qualité associée à un électroencéphalogramme. Lorsqu’un combattant observera le champ de bataille avec cet appareil, celui-ci sera en mesure de signaler les éléments du décor qui ont fait « tilt » dans le cerveau du soldat, révélant ainsi peut-être un danger imminent. Autrement dit, plutôt qu’interpréter l’environnement par lui-même à l’aide de capteurs et d’algorithmes sophistiqués, à la manière d’une intelligence artificielle, cette paire de jumelles laisse l’inconscient du soldat faire le travail !

Selon Dennis Mac Bride, président du Potomac Institute, l’être humain a largement développé le cortex préfrontal, qui permet de repérer plus aisément les structures, les modèles, mais qui possède aussi une forte capacité d’inhibition, susceptible d’éliminer bon nombre de données sans importance, mais aussi éventuellement de bloquer certaines informations capitales. Le rôle de l’électroencéphalogramme permettrait donc de court-circuiter ces fonctions inhibitrices. Reste à espérer que ce système ne va pas embrouiller les combattants avec une cascade de fausses alertes, ce que justement le cortex préfrontal nous permet d’éviter…

L’organisme de recherche et développement de l’armée américaine vient de passer à la phase de production de ce nouveau produit, puisqu’elle a chargé la société Northrop Grunman de la fabrication, nous apprend Wired.

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3 commentaires

  1. Le « pic des 300 » (millisecondes) est également assez connu. Il consiste dans un pic détectable dans l’activité cérébrale, situé 300 millisecondes après un événement « attendu » par un humain, dans son champ cognitif.

    En faisant défiler des items (lettres par exemple) devant un tétraplégique, le pic détecté lors du passage de la lettre attendue peut permettre de la sélectionner sans action consciente. Il devient ainsi possible d’écrire un mot par « sursauts inconscients » successifs (je schématise).

    Le pilotage par l’apprentissage de pensées conscientes latéralisées (gauche/droite) permet aussi le pilotage de pointeur de souris, etc.

    A Laval Virtual une équipe de l’INRIA de Rennes permettait au public de faire décoller le vaisseau de Skywalker sur un écran avec un casque sur la tête.

    Cette équipe est pilote dans le pilotage d’interfaces par le cerveau (pilotage conscient cette fois ci). Elle propose un package open source de pilotage cerveau ordinateur ici :
    http://www.irisa.fr/bunraku/OpenViBE/wiki/index.php?title=Main_Page

    Hugobiwan

    1. Merci pour l’info !

      J’avais cherché dans Google des informations d’après 2008, mais n’avais rien trouvé…

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