La Machine Unique pour les relier tous

« Peu importe le web 3.0 : la prochaine étape de l’évolution technologique est l’ordinateur mondial unique », prophétise Kevin Kelly dans Wired. Dans la continuité de « Nous sommes le web », l’éditorialiste explique l’évolution vers laquelle nous allons en comparant les capacités du cerveau humain à celles de nos machines en réseau (voir l’animation qui permet de comparer les capacités stockage, le nombre de connexions, la capacité de mémoire, la vitesse, la puissance… du cerveau et du réseau).

Les capacités de l'homme par rapport à celles du réseau par Kevin Kelly, infographie signée Christoph Niemann pour Wired

« Collectivement, nous avons déjà assemblé ce méga-ordinateur depuis nos milliards de PC, nos téléphones mobiles et nos objets connectés. Un nombre croissant et varié d’appareils est connecté les uns aux autres via l’internet et nos systèmes de communication : ils forment les composants de ce que nous pourrions appeler la Machine Unique (The One Machine).

Ses circuits sont tissés des millions de fils de cuivre et des liaisons radio entre toutes les puces contenues dans les gadgets que l’on trouve dans votre poche, dans votre bureau et dans votre voiture. Plutôt que d’être mis en route par un milliard de minuscules transistors, comme votre ordinateur personnel, il tourne sur des millions de puces d’ordinateurs, chacune avec leurs propres milliards de transistors. Sa mémoire est composée de tous les disques durs et flashs du monde. Sa mémoire vive est la somme de toutes les mémoires des puces connectées. Chaque seconde, un flot de données équivalent à celles contenues dans la bibliothèque du Congrès américaine la traverse. Le programme qui la fait tourner – son système d’exploitation initial – est le World Wide Web.

Le matériel qui compose la Machine Unique est assemblé depuis des myriades d’objets, son logiciel est écrit par nos comportements collectifs en ligne. Chaque fois qu’une personne clique sur un résultat de recherche ou créé un lien vers une page web, la machine est programmée. Chaque nouveau lien connecte une routine, crée une boucle et déchaîne une cascade d’impulsions. Comme les vagues de liens qui déferlent sur le monde, elle ressemble aux modes de fonctionnement d’un très grand cerveau.

Un hyperlien ressemble à une synapse du cerveau. Les deux marchent en faisant des associations entre des noeuds. Chaque unité de pensée dans le cerveau (une idée par exemple) se développe par ses liens avec d’autres pensées. Plus nombreux sont les synapses connectées à une idée, plus forte l’idée devient. De la même manière, plus nombreux sont les liens vers un noeud du web, plus il a de valeur pour la Machine. Le nombre d’hyperliens du web approche celui des synapses du cerveau humain. Mais la machine contient un million de transistors de plus que vous n’avez de neurones dans votre tête. Et, contrairement à votre cerveau, elle grossit à une vitesse qui dépasse la loi de Moore. En 2040, l’ordinateur planétaire dépassera le pouvoir de calcul des 7 milliards de cerveaux humains qui peuplent la Terre.

Mais la Machine nous englobe également. Après tout, nos cerveaux la programment et l’étayent. De plus en plus, nous allons dépendre de la Machine Unique (qui a besoin de mémoire quand vous avez Google ?), et de plus en plus la Machine va dépendre de notre esprit pour s’alimenter à une rivière de données. Nous nous dirigeons vers un destin singulier : un vaste ordinateur composé de milliards de puces et de milliards de cerveaux, enveloppant la planète d’une seule sphère d’intelligence.

À lire aussi sur internetactu.net

3 commentaires

  1. One machine (with a potential finality) or one system (with no necessary one) ?
    It will be, for sure, a -complex- and non deterministic system made of billions of autonomous and self-decisioned actors (entities) with their own independent finalities.
    Referring to complex systems theories, the question is : – for which global ending ? – chaotic evolution or targeted direction ?….
    In the meanwhile complexity is increasing : it is time to switch to full systemic approaches in the design of our Information systems !
    Philippe GAUTIER (www.i-o-t.org)

  2. Kevin Kelly mérite bien son statut de prophète en faisant LA comparaison typiquement occidentale : celle de l’homme et de la machine… Mais surtout en attisant aussi cette peur typiquement occidentale d’être « dépasser » par la machine…

    Comment peut-on réellement faire une comparaison valable entre les machines en réseau et les capacités du cerveau alors que les nombreux chercheurs en sciences cognitives ou en I.A ne sont finalement pas sûr de comprendre son fonctionnement?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *