TrixieTracker : le bébé 2.0

exemple de données recueillies sur un enfant avec Trixie TrackerJill Walker, professeur à l’université de Bergen en Norvège, chercheuse au Département de Linguistique, littérature et études esthétiques, auteur de Blogger, un livre qui analyse le phénomène, et blogueuse, concentre ses dernières recherches sur sur la façon dont les gens racontent des histoires en ligne. Jeune maman depuis quelques mois, elle vient de s’inscrire à TrixieTracker, un calendrier en ligne pour surveiller le comportement de son bébé qui permet de noter la durée de ses plages de sommeil, son alimentation, son développement… Et bien sûr, de les comparer avec les données en provenance des parents d’autres bébés.

Cela ne fait pas suffisamment longtemps qu’elle utilise le système pour qu’il soit parlant, mais pour des parents qui l’utilisent depuis plus longtemps, comme les parents d’Izzy (voire les données récoltées sur l’enfant), ces nouvelles statistiques sur la vie de son enfant apportent leur lot de nouvelles informations. Elles parviennent même à répondre à des questions que l’inquiétude fait naître : cette mère, qui a utilisé le service pendant un an s’en est ainsi servi pour avoir un sentiment de contrôle sur le développement de son enfant, même si celui-ci n’a jamais eu d’activités régulières dans son emploi du temps, par rapport à de nombreux autres enfants qui dorment et mangent à heures fixes.

L’auteur de Parentonomics, Joshua Gans (blog), qui tente d’appliquer des théories économiques à l’éducation de ses enfants, appelle ce type données que les parents compilent des données orientées par la parentalité de comportement une parentalité orientée par les données. TrixieTracker semble en tout cas un exemple assez parlant des nouveaux types de données que l’utilisation massive du web va faire émerger.

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6 commentaires

  1. et voilà, on met nos enfants en ligne dès leur naissance : fichage, comparaisons avec les autres, classements en tout genre, tout ça pour rassurer (ou conforter l’angoisse ?) des parents qui passent plus de temps à enregistrer toutes les manifestations de la vie de leurs gamins (photos, vidéos, et maintenant biorythme) plutôt que d’en profiter en vrai… c’est un peu pathétique tout ça… mais c’est sûr y’a du pognon à se faire coco !
    allez je vais plutôt éteindre l’écran (si fascinant) et aller faire du vélo avec mes gamines en plein air. 😀

  2. le temps passé à recueillir et saisir les données n’aurait pas été plus utile s’il avait été consacré à s’occuper directement de l’enfant ?

  3. Dans un registre plus grave, celui de la « gestion » de maladies graves, PatientsLikeMe http://www.patientslikeme.com/ est peut-être le modèle le plus abouti de ce type de site de partage de données personnelles . Il combine un réseau social et un site contributif et met au centre de son fonctionnement le partage de données intimes et sensibles. La constitution de cette base de données constitue le fondement même du site, puisque l’analyse de ses données et la diffusion des résultats doivent permettre une amélioration des traitements, raison pour laquelle les personnes y participent. Cette transparence des données est théorisée comme un principe fondamental du site (voir http://mondegeonumerique.wordpress.com/2008/07/15/se-localiser-pour-mieux-gerer-sa-sante/)

  4. Une erreur qui ne nuit pas à la compréhension : « Data driven parenting » se traduirait plutôt par « parentalité orientée par les données » et non l’inverse. La formulation m’a surpris et m’a conduit à lire l’article en question. Une imprécision qui se révèle une bonne accroche…

  5. Kevin Kelly, qui recense beaucoup d’outils pour le suivi personnel,(self tracking), signale notamment cet autre sur les cycles mensuels féminins.

    Et le Washington Post de clamer déjà : « Pour chaque mouvement, humeur ou fonction corporelle, il ya un site web pour vous aider à en garder la trace ».

    « Pour certaines personnes », explique Gary Wolf, l’un des fondateurs du groupe the Quantified Self, « les données sont les choses les plus importantes que vous pouvez croire. Certaines personnes pensent que le sentiment de certitude intérieure est trompeur. » Ce que Chris Messina explique autrement : « Je veux comprendre les changements qui m’arrivent actuellement et pas seulement ma perception que j’ai d’eux. »

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