Le Webtop : le Desktop organisé par le web

Nova SpivackNova Spivack (blog), le fondateur de Twine (dont nous parlions ici), a profité de l’été pour expliquer comment sera l’ordinateur de demain : « Le bureau du futur sera l’hébergeur de services web », affirme-t-il. « Alors que nous allons vers un monde de plus en plus mobile, où les utilisateurs travaillent souvent à travers plusieurs dispositifs au cours de la journée, nous avons besoin d’unifier l’accès à nos applications et à nos données. Cela nécessite que nos applications et nos donnés ne résident plus sur des dispositifs locaux, mais plutôt qu’ils vivront dans les nuages et seront accessibles via des services web. » Excit les problèmes de synchronisation de données : nos données et nos objets se synchroniseront et notre bureau nous apparaîtra partout, dans l’état où on l’a laissé la dernière fois où l’on y a accédé. Selon lui, le navigateur va remplacer le bureau, qui va se transformer en page d’accueil sur nos applications.

Le focus sur le bureau va nous faire passer de l’ère de l’information à celle de l’attention. « Comme notre vie numérique a évolué de nos vieux bureaux démodés à nos environnements web centrés sur les navigateurs, nous allons passer d’une organisation spatiale de l’information (répertoires, dossiers, bureaux…) à une organisation temporelle (flux, lignes de temps, microblogs, …). Le web est en évolution constante et le plus grand défi n’est plus de trouver l’information, mais de la garder par-devers soi. » Et d’expliquer que le bureau du futur a pour but de nous aider à mieux gérer la surcharge informationnelle – « qui est dû en grande partie à ce changement ». « L »interface sera adaptée pour aider l’utilisateur à comprendre quelles sont les tendances plutôt que de savoir comment les choses sont organisées. »

Au moment où la création de contenus et la distribution deviennent bon marché, les ressources les plus rares ne sont plus le stockage ou la bande passante, mais l’attention, précise-t-il encore. Nous allons passer d’outils qui nous aident à gérer notre information à des outils qui nous aident à gérer notre attention de façon plus productive. Le Webtop (c’est-à-dire le bureau organisé par le web, par opposition au Desktop, le bureau de nos vieux PC) sera plus social que les desktops, parce que « la dimension sociale de nos vies est en train de devenir notre plus importante source d’information. » Des espaces de partage interactifs remplaceront nos dossiers partagés.

Ce bureau du futur devra bien sûr être construit sur des formats ouverts et avec des données portables. Mais il devra aussi être intelligent : « Il a y un certain nombre de tâches que le bureau du futur devra automatiser pour les usagers comme l’organisation de l’information, la gestion des rappels à l’utilisateur, la résolution des conflits de données, la gestion des versions, la maintenance de la qualité des données et leur sauvegarde, la prioritisation l’information – et savoir donner la priorité à l’information pertinente ou la suggérer quand ce sera approprié ». Bien évidemment, il s’adaptera à vos intérêts, relations, activités, préférences afin de vous aider « à concentrer votre attention sur ce qui est le plus important selon le contexte dans lequel vous êtes » et saura modifier ses priorités quand votre comportement changera. Quand vous lirez quelque chose alors que vous commandez un voyage pour Milan, le système s’organisera lui-même pour être plus pertinent, s’adaptant au contexte dans lequel vous surfez.

Reste que pour y arriver, « il faut encore construire un modèle fédéré pour partager les méta-données sur les politiques et permissions de données. Une information considérée comme personnelle et privée sur un site web doit être reconnue et traitée comme telle par un autre site ou une autre application avec laquelle vous choisissez de partager cette information. Ce qui nécessite de trouver un moyen pour partager des méta-données sur les politiques et les permissions entre différents comptes et applications que vous utilisez. »

« Une façon de penser ce Webtop à venir est de le voir comme un nuage personnel », explique-t-il encore. « Ce ne sera pas seulement un nuage de données, ce sera aussi un nuage de calcul. Quand vous aurez besoin de stocker ou de récupérer de l’information, il vous fournira ce service. Quand vous aurez besoin de capacité de calcul, il vous les fournira aussi. Le coût d’exploitation des capacités de votre nuage sera basé sur un abonnement mensuel ou il sera mesuré ou pris en charge par la publicité. »

On trouvera dans Aurora, dont nous vous parlions récemment, une belle illustration du concept de Webtop défendu par Nova Spivack, qui devrait être, si l’on en croit le spécialiste du web sémantique, une préconfiguration du système d’exploitation web dont on parle depuis longtemps. « Le passage du desktop au webtop – le passage d’un bureau local à un bureau hébergé -, est une étape nécessaire vers un système d’exploitation qui passe également par le web. Un grand nombre de services qui font tourner un système d’exploitation sont déjà disponibles sous forme de services web, mais ne sont pas encore intégrés sous la forme d’un WebOS simple et cohérent. Toutefois, il semble clair que les principaux acteurs sont conscients de cette opportunité et positionnent leurs services en fonction. Tout comme la guerre des systèmes d’exploitation a été gagnée en capturant « le sommet » du système que représente le bureau, je ne serais pas surpris si le même sommet présidait à la guerre pour le WebOS. »

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