Twitter : le filtre de l’internet en temps réel

Quand l’avion de ligne américain s’est abîmé dans l’Hudson, la semaine dernière, les premières images et les premières réactions furent postées via Twitter, le système de messagerie instantané en ligne, bien avant que l’information soit accessible sur le reste du web. Un exemple qui démontre que la réactivité des messageries instantanées communautaires est plus forte que celle des moteurs d’information traditionnels. Comme le signale Bernard Lunn sur le ReadWriteWeb, c’est d’ailleurs un exemple qui montre une réelle faiblesse de la plupart des moteurs de recherche et notamment de Google, le plus emblématique d’entre eux. Analyser le web en temps réel est encore le talon d’Achille du web, et ce, alors que l’information en temps réel ne va cesser de s’y déverser toujours plus abondamment.

Les premières réactions sur Twitter suite à l'amerrissage d'un avion sur l'Hudson

Mais peut-être plus pour longtemps. Yahoo ! a annoncé qu’ils allaient désormais utiliser Twitter pour améliorer leur service d’information, via TweetNews, un moteur de recherche et un algorithme qui vont permettre de faire remonter les informations de Yahoo News selon la fraîcheur de l’information et notamment selon les sujets les plus fréquemment twittés. C’est un ajustement important, explique Kate Greene de la Technology Review par rapport aux agrégateurs d’information automatique qu’utilisent Google News ou Yahoo !, qui ont tendances à n’être pas assez réactifs par rapport à des sites d’information communautaires comme Digg ou Twitter, comme l’explique un article plus ancien sur la rapidité des sites d’information sociaux. Selon Vik Singh, un chercheur de chez Yahoo !, l’information récente que l’on trouve sur Yahoo ! actualité a tendance à classer l’information selon la date à laquelle l’information a été publiée, une mesure qui ignore la grande importance d’une histoire. Pour résoudre ce problème Vik Singh a utilisé Boss, le moteur de recherche open-source de Yahoo, pour construire un moteur de recherche spécialisé qui surveille les gazouillis du microblogging pour déterminer les sujets chauds. « La fraîcheur de l’information est un problème difficile à relever », explique Vik Singh dans un billet de son blog, « les algorithmes de classements comme le PageRank n’arrivent pas à faire remonter une URL suffisamment nouvelle et à lui créditer suffisamment de liens par rapport à une information plus ancienne. » Et d’évoquer encore les feux qui ont embrasés la Californie cet été ou des résultats sportifs, où les twitts s’avèrent souvent, et assez naturellement, les plus réactifs. En fait, explique-t-il, l’information existe, mais elle n’est pas assez mise en valeur dans les moteurs de recherche d’information. D’où l’idée de mettre en avant des articles, selon le nombre de twitts qui parlent du même sujet et de mieux corréler l’information avec les pulsations qui la scandent.

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4 commentaires

  1. Otez-moi d’un doute, mais tous ces agrégateurs/moteurs de recherche twitter me semblent essentiellement focalisés sur le contenu en anglais, et j’ai peine à trouver un équivalent plurilinguistique, et plus particulièrement francophone…

  2. Pouvoir savoir quels sont les sujets du moment sur un thème donné, je trouve ça intéressant. Mais il faut que ça reste un mode de consultation parallèle aux algorithmes de recherche actuels. L’actualité n’est pas tout !

  3. À quand les comptes de spam dans Twitter, pour faire remonter une page web dans les résultats de ce moteur?

    Heureusement, il faut suivre une personne pour subir sa logorrhée.
    J’espère que Yahoo! y a songé.

  4. Rien à voir avec l’utilisation de Twitter pour améliorer les moteurs, mais je tenais à signaler l’excellent billet du psychologue Yann Leroux sur cette histoire, qui évoque le twitt original de Janis Krum (« There is a plane on the Hudson. I am on the ferry to pick up the people. Crazy. ») pour un mythe, c’est-à-dire un signe comme le définit Roland Barthes, qui dit l’ubiquité et la simultanéité d’internet et qui résonne en chacun. « Si cette histoire intéresse plus d’un, c’est parce qu’elle est d’un bout à l’autre un histoire oedipienne. Le buzz est le signe – ou le symptôme – de la mise en place d’une résonnace fantasmatique à partir du fantasme initial. »

    Et d’expliquer que les réseaux comme Twitter sont des espaces rêvés pour des phénomènes de « résonance fantasmatique inconsciente », comme on les appelle en psychanalyse. D’où le fait que les mondes numériques soient des mondes particulièrement ouverts à la transmission.

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