« Nous sommes tous des hackers ! »

L’Institut pour le Futur (IFTF) vient de publier a publié il y a un an, à l’occasion de la Grande Fête du Do It Yourself (DIY) organisée par Make Magazine, après plusieurs mois de recherches sur le sujet, une carte (.pdf) qui en synthétise les acteurs, les tendances et les implications.

La carte des acteurs, des tendances et des implications du DIY

Et de constater l’émergence de 2 forces qui animent ce mouvement, l’une sociale, l’autre technique, « en passe de transformer la façon dont les biens, les services et la façon dont on expérimente les « choses » sont conçues, construites et distribuées ». Cette culture émergente des « faiseurs » se constitue à la frontière du bidouillage et de la personnalisation des produits que chacun acquiert. Une culture qui est certainement favorisée par le numérique qui demande, plus que les produits non numériques, à s’adapter à l’utilisateur.

« Nous sommes tous des hackers », clame Mark Ward pour la BBC Technology, reprenant les propos de Mark Frauenfelder, rédacteur en chef de Make. « L’internet a rassemblé des communautés auparavant isolées », rappelle ce dernier, soutenus à la fois par la facilité d’approvisionnement, la possibilité de montrer ces bidouillages (comme ont le voit sur le site Instructables.com) et par le renouvellement des formes de regroupement, que ce soit des festivals comme les Dorkbot ou la création de lieux dédiés au bidouillage, des « HackerSpaces », comme les appelle Wired.

Ainsi, Noisebridge est un espace collectif pour hacker installé à San Francisco où l’on apprend à programmer, à construire des objets électroniques faits de capteurs et de leds. On dénombre 96 lieux pour hackers à travers le monde, selon HackerSpaces : des espaces de cohacking (à l’image des espaces de coworking comme la Cantine à Paris), tentent de nous faire vivre les technologies par la pratique de leur détournement et de leur personnalisation. La France en recense un à Vitry-sur-Seine : le TMPLab.

Les experts de l’IFTF soulignent que ce mouvement DIY est fondé sur une culture hacker (« une culture du bricolage, du piratage du code, de la soudure des circuits, de la création de médias »…) dont il y a beaucoup à apprendre : sur l’organisation en réseau, la façon de récompenser les « demandeurs de solutions » (et pas seulement ceux qui les trouvent), l’accès ouvert, l’engagement actif et sa valorisation, la transparence, la célébration des bidouilleurs… Mais aussi la créativité ou la mentalité des participants. Il serait d’ailleurs plus juste de parler d’un mouvement « Faisons-le nous-mêmes » (Do it Ourself) qu’un « Faites-le vous-mêmes » (Do it yourself), parce que l’implication y est première et que ce n’est pas une injonction, mais bien une appropriation. Le schéma proposé par l’IFTF distingue ainsi plusieurs leviers : la sociabilité, la motivation économique, la quête d’authenticité, la valorisation du professionnel-amateur, l’accessibilité (« Si vous ne pouvez l’ouvrir, il ne vous appartient pas ! ») et la volonté de tout rendre accessible en open source.

Pourtant, expliquent très bien les experts de l’IFTF, cette culture n’est pas appelée à remplacer l’industrie traditionnelle. A l’avenir, les tenants de cette culture seront appelés à être plus liés aux fabricants traditionnels, que ce soit par des formes de coopération ou de concurrence, contribuant à brouiller toujours plus avant les frontières qui les séparent.

Via Putting People First.

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4 commentaires

  1. Merci de cette traduction!
    Pour info le hacklab tmp/lab que vous mentionnez basé à Vitry était invité au séminaire « Politiques et Technologies de l’amateur » le 24 avril 2009, séminaire que j’anime à l’IRI (Beauboug) de novembre 2008 à juin 2009.
    Vous pouvez écouter l’intervention des tmp/lab/ ainsi que celle de la sociologue Madeleine Akrich (Paris-Tech_mines-CSI) en plus d’une petite transition personnelle que j’ai faite sur le HackBio et le DIY en matière de technosciences. Tout cela sur le site du laboratoire autonome Politechnicart http://lelab.politechnicart.net
    et sur le site officiel de l’IRI : http://www.iri.centrepompidou.fr/privatedoc/?dir=%2Fhome%2Fwww%2Fdocuments%2Faudio%2FPolitiquesEtTechonologiesDeLAmateur%2F24_04_2009
    bonne écoute!
    Laurence Allard, MCF Lille 3

  2. « L’Institut pour le Futur (IFTF) vient de publier » … vient de publier l’an dernier (cf http://iftf.org/node/1766 Mai 2008). Enfin la carte reste tout de meme clairement d’actualite mais bon 😉

    Sinon les lecteurs interesses par ce tres bon article pourraient aussi apprecier « Peer to Peer Economies and the Revolution in Values » (cf http://vimeo.com/3998605 ) presente par Michel Bauwens, fondateur de la P2P Foundation (cf http://p2pfoundation.net ).

    Les plus actifs pourraient aussi se rendre a Hacking at Random 2009 (HAR 2009 cf https://har2009.org/ ) cet ete !

    PS : Democratizing Innovation, Eric Von Hippel, MIT Press, 2005, livre reference dans le domaine

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