Technologies de surveillance… ou de discrimination ?

Par le 31/08/09 | 12 commentaires | 9,628 lectures | Impression

Si les statistiques de la délinquance ressemblaient aux personnes les plus surveillées par ceux dont le métier est de regarder les écrans de contrôle des systèmes de vidéosurveillance, les jeunes femmes en mini-jupe ou décolletés pigeonnants deviendraient probablement l’ennemi public n°1, talonnées de près par les personnes vêtues d’accoutrements particulièrement étonnants, ou qui ont des comportements quelque peu anormaux (personnes qui s’arrêtent au beau milieu du flux des gens, repassent inlassablement devant la caméra, s’obstinent à rester sur le quai et à ne pas prendre le métro, et caetera).

Ces dernières n’ayant pas précisément le “bon profil” des délinquants, ceux dont le métier est de nous vidéosurveiller se rabattent donc généralement, et de préférence, sur les jeunes (de banlieue / basanés / de couleur / encapuchonnés / rroms / en bande), les SDF et les “marginaux“. Regarder, toute la journée, des images de vidéosurveillance n’est pas particulièrement gratifiant, et pour tout dire relativement ennuyeux. Il y a quelques années, un de ces employés s’était ainsi plaint qu’en plus, “les images sont en noir et blanc“.

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Dana Mendonca for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 – sur Flickr

Vidéodiscrimination

Depuis, la technologie a évolué, la couleur a tendance à se généraliser, certains systèmes sont même couplés à des modules improprement qualifiés d’”intelligents” et censés aider le regardant à identifier les comportements suspects, ou déviants, mais le fond du problème reste entier. La vidéosurveillance permet d’abord et avant tout de stigmatiser certaines catégories de la population considérées, a priori, comme criminogènes, quand bien même elles n’auraient rien fait de répréhensibles, et n’auraient rien à se reprocher.

Noé Le Blanc, auteur de plusieurs articles très fouillés démontrant, études universitaires et indépendantes à l’appui, l’inefficacité de la vidéosurveillance, soulignait ainsi l’an passé que, en Grande-Bretagne :

“15% du temps passé par les opérateurs devant leurs écrans de contrôle relèverait du voyeurisme, 68% des noirs qui sont surveillés le sont sans raison spéciale, tout comme 86% des jeunes de moins de 30 ans, et 93% des hommes. En résumé, un jeune homme noir a beaucoup plus de probabilité d’être vidéosurveillé par les caméras, mais du coup, ça ne correspond plus à la délinquance.

Les caméras, c’est comme des boites en carton peintes en noir sur des poteaux, mais ça coûte beaucoup plus cher : ça n’affecte presque rien, sauf votre porte-monnaie, par rapport à l’investissement réalisé. Ce sont de gros panneaux publicitaires pour une politique répressive, une certaine idéologie : partout il est écrit attention aux méchants, on va tous les avoir, et c’est comme ça qu’il faut se comporter.”

Plutôt que de parler de vidéosurveillance, ou encore de “vidéoprotection” -comme tente de le faire le ministère de l’Intérieur-, Noé Le Blanc propose ainsi de parler de “vidéodiscrimination“, puisque la vidéosurveillance, c’est aussi “l’institutionnalisation, et la technologisation, du délit de faciès“, ou de “vidéonormalisation“, avec comme exemple ces centres commerciaux qui, au moyen de la vidéosurveillance, créent “des zones d’apartheid social et géographique” (1).

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Artemis Meereis for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 – sur Flickr

Comment sont nés les instruments du contrôle social ?

Dans un article passionnant, Marco Cicchini, qui prépare une thèse sur la police au siècle des Lumières, rappelle de son côté comment la numérotation des maisons, aujourd’hui considérée comme banale, fut elle aussi pensée et conçue comme un “instrument du contrôle social” :

“Objet banalisé par plus de deux siècles de pratiques quotidiennes, la numérotation des maisons apparaît en Europe à partir du siècle des Lumières comme un outil administratif et policier. Imposée aux populations par les pouvoirs publics, elle reconfigure durablement les perceptions de l’espace urbain. Grâce au numéro, la localisation des populations ne repose plus sur l’interconnaissance entre voisins ou sur la connaissance intime du territoire, mais sur des coordonnées numériques qui désignent et assignent une place à chacun dans la ville.

Instrument d’identification, le numérotage des maisons devient en même temps, à l’instar du passeport, un support de l’identité administrative des personnes. (…) Les «gens sans aveu», ceux dont aucune attestation ne permet l’identification ou la connaissance, sont traqués et chassés hors des villes comme fauteurs de désordre.

Sortir de l’ombre les indésirables que masquent la densité et l’anonymat du tissu urbain, débusquer les individus désaffiliés pour les contrôler, rendre connaissables ceux que la proximité vicinale ne permet plus d’identifier : registres de police, certificats, éclairage public et numérotation des maisons sont quelques-unes des techniques de surveillance en plein essor au XVIIIe siècle. Toutes, de près ou de loin, contribuent à l’étatisation du contrôle social.”

Certains, d’ailleurs, le vivent mal, au point d’aller effacer les nouveaux numéros inscrits par les autorités à l’entrée de leurs maisons, pour protester contre cette “nouvelle forme de contrôle (qui) porte atteinte à la dignité des personnes en faisant peser le soupçon policier sur tous“.

Dans leur livre “Sous surveillance !” Françoise de Blomac et Thierry Rousselin rappellent de leur côté que “les passeports, destinés aux voyageurs qui devaient se rendre dans des pays étrangers en passant de port en port“, ont évolué afin de “protéger le pays contre les étrangers“, ou pour “encarter” certaines catégories de la population (nomades, ouvriers, juifs…) que les autorités voulaient surveiller.

Au nombre des premiers fichés -ou surveillés- figuraient ainsi les vagabonds, et les pestiférés, comme le rappelle Vincent Denis dans son ouvrage sur les origines de la société de surveillance, “Une histoire de l’identité“, facilitant d’autant le mouvement de déshumanisation qui a depuis accompagné l’essor fulgurant des technologies et politique de surveillance, comme le soulignait de son côté Armand Mattelart dans “La globalisation de la surveillance“.

No CCTV, from Anita Lasocka
Anita Lasocka for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 – sur Flickr

Du panoptique centralisé et clos à la surveillance distribuée, omniprésente et mobile

Avec le développement des grandes villes et des états modernes, les outils de surveillance ont ainsi “suivi et ordonné, et non plus réfréné ou paralysé, les multiples formes de mobilité, afin d’en développer les potentialités“, et permis aux autorités de déployer un certain nombre de dispositifs de surveillance policiers et sanitaires chargés de dresser des limites, frontières, de chasser les étrangers et les “indésirables“, tout en garantissant la sécurité des biens et des personnes dûment autorisées à y résider, et s’y déplacer.

Avec le développement des technologies, c’est la nature même de la surveillance qui a changé. C’est en tout cas la thèse de Fernanda Bruno, professeure associée à l’université de Rio de Janeiro, dans un article publié dans le n° d’été 2009 de Wi, revue universitaire canadienne consacrée aux liens entre médias et mobilité.

Aujourd’hui, les instruments de contrôle social se sont complexifiés, densifiés et la surveillance, diffuse et omniprésente, s’est “distribuée“. Le modèle n’est plus celui du panoptique, qui permet -à l’instar de ce qui se passe en prison- de centraliser la surveillance de toute une communauté.

D’ordinaire associée aux forces d’inertie ou de rétention, la surveillance sert aussi et surtout, aujourd’hui, à faciliter nos déplacements, et la “libre circulation” (ou non) des gens, des biens et des marchandises.

A contrario, la mobilité, qui permettait précisément d’échapper aux instruments de surveillance, et politiques de contrôle, tend à devenir interdépendante des technologies qui, en tout ou partie, relèvent aussi de la surveillance : géolocalisation (GPS, outils de cartographie), cloud computing et web 2.0, CB et transactions électroniques, sans oublier, bien sûr, la téléphonie mobile.

“Être en mouvement revient souvent à être surveillé, dans la mesure où il n’existe plus de distance matérielle, spatiale, temporelle ou informationnelle entre le système de surveillance et l’individu (ou l’objet) surveillé. (…)

La mobilité n’est plus un élément pouvant potentiellement mettre en danger ou perturber les espaces sous surveillance, mais ce qui est garanti, et sécurisé, par la surveillance.”

Dans le même temps, l’immobilité, tout comme la non-utilisation de ces outils de communication (et de surveillance), sont, elles, perçues comme une menace ou un motif de suspicion (2) :

“Si, d’un côté, la vidéosurveillance des espaces publics garantit la mobilité des citoyens qui ont un accès libre à la consommation, élargissant leur espace de mobilité sécurisée au-delà de leurs “enclaves fortifiées”, d’un autre côté, ils contribuent également à un processus de gentrification (embourgeoisement) éloignant des espaces vidéosurveillés une autre partie de la population, celle dont la mobilité est perçue comme menaçante, et qu’il convient de contrôler et enrayer.”

Alors que le modèle panoptique impliquait la surveillance des individus dangereux, dans des espaces clos, afin d’établir une norme comportementale au sein d’une population déviante, la “surveillance distribuée” vise à rassurer, et protéger, les “victimes virtuelles“, et à faire fuir, ou identifier, les “suspects potentiels.

En opposant ainsi deux types de population, l’une présumée innocente, et victimisée, l’autre présumée délinquante, et à exclure, les technologies de surveillance -qu’elles soient à vocation sécuritaires, ou non- ne pourraient dès lors qu’entraîner toujours plus de suspicion, de violences, de discriminations et d’exclusion.

No CCTV, by Charlotte Miceli for www.no-cctv.org.uk
No CCTV, by Charlotte Miceli for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 – sur Flickr

Demain : moins de délinquance, mais plus d’insécurité

Cette fuite en avant technologique est d’autant plus problématique qu’elle intervient également au moment où les gouvernements (en France notamment) prévoient de réduire les effectifs de la police, et de transférer certaines de ses missions à des entreprises de sécurité privée, associée à des technologies de surveillance.

Olivier Hassid, universitaire spécialiste de la “gestion du risque en secteur public” avait ainsi brillamment décrypté le cynisme de ce transfert de compétence dans le Livre blanc de l’organisation patronale de la sécurité privée :

“La société française sera confrontée dans les dix prochaines années à une baisse relative du nombre de crimes et de délits. Parallèlement, le sentiment d’insécurité se maintiendra à des niveaux élevés et sera alimenté par des faits divers violents relayés par les médias.

Dans ces conditions, la société française sera confrontée à une déconnexion toujours plus forte entre sentiment d’insécurité et faits réels d’insécurité. Pour rassurer les individus, un maillage plus étroit sera recherché entre acteurs publics et privés confrontés à ces problèmes.

Dans ce contexte, il serait rationnel que les gouvernements successifs baissent les effectifs de police, à moins que l’opinion publique ne les pousse à les maintenir à des niveaux élevés.

Parallèlement, les effectifs de sécurité privée continueront d’augmenter pour répondre à une demande de sécurité forte et pour compenser la décrue du nombre de policiers. La qualification du privé croîtra substantiellement (et) le secteur privé connaîtra, par conséquent, une institutionnalisation de plus en plus forte.”

Olivier Hassid reconnaissait également que “parallèlement, les forces de l’ordre devront plus cibler leurs actions et, notamment, allouer leurs ressources sur des “zones reconnues par tous comme à risque” : certains quartiers d’habitat social, zones de prostitution et de deal… La police devra alors de plus en plus faire état de sa force sur des espaces concentrés, ce qui accroîtra l’efficacité et l’efficience de son travail et entraînera un nombre croissant de bavures“.

Or, ce n’est pas forcément en multipliant le nombre de vigiles qu’on limitera le nombre de bavures, d’autant qu’ils sont a priori moins bien formés que ne le sont les policiers : il suffit en effet de 70 heures de formation -pour ceux qui ont une première expérience- ou de 115 heures -pour les nouveaux entrants- pour se voir décerner un certificat de qualification professionnelle “Agent de Prévention et Sécurité” (.pdf)

Photo by Aaron Kilby for www.no-cctv.org.uk
Aaron Kilby for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 – sur Flickr

La vidéosurveillance ? Un “véritable fiasco”

La multiplication du nombre de caméras de vidéosurveillance -et autres technologies de sécurité- ne peut entraîner qu’une démultiplication des technologies associées, et des employés chargés de les gérer, comme le rappelait de son côté André Gunthert, enseignant et chercheur à l’EHESS (école des hautes études et sciences sociales).

Trop d’informations tuent l’information, et cette infobésité est d’ailleurs en bonne partie ce qui a conduit le responsable policier de la vidéosurveillance à Londres, probablement la ville la plus vidéosurveillée au monde, de qualifier le programme dont il a la charge de “véritable fiasco“.

Car, et comme le souligne de son côté George Moreas, Commissaire principal honoraire de la Police Nationale (il dirigea l’Office central pour la répression du banditisme), “tout le monde est d’accord pour admettre que les caméras de vidéosurveillance n’ont aucune incidence sur la protection des citoyens, et la preuve est faite que ça ne sert pas à grand-chose pour diminuer la délinquance, sur la voie publique en tout cas. Il n’est donc pas « loyal » de parler de “vidéo-protection”.” :

“Il va y avoir automatiquement un déplacement de la délinquance : on met des caméras dans une rue, ça va se déplacer dans une autre rue, on met le doigt dans un engrenage et ça ne va pas s’arrêter, il faudra installer d’autres caméras, et embaucher d’autres gens pour les regarder…

Ca ne limitera pas la délinquance, ça permettra par contre d’avoir le visage d’un agresseur, et éventuellement de l’identifier, et éventuellement de servir de preuve.

Mais là on a un vrai problème parce qu’il faut des images de grande qualité, ce qui n’est pas le cas la nuit, et on risque d’avoir un retournement de la preuve si on commence à demander au suspect : on voit que cette image te ressemble, prouve-nous que ce n’est pas toi sur les images…

On risque demain d’avoir : vous, madame, vous partez de chez vous avec votre portable, on sait où vous vous déplacez, on va coupler ça avec les caméras pour pouvoir vous suivre… C’est un exemple, c’est de la science-fiction, mais je suis un ancien policier, je m’exprime franchement, ça peut aller très loin l’automatisme en la matière.”

    

Ce qui s’est passé dans la foulée des attentats de Londres illustre bien cette spirale infernale : si les caméras de vidéosurveillance n’ont pas empêché les terroristes de tuer, elles ont par contre contribué à la mort de Jean Charles de Menezes, ce Brésilien tué de plusieurs balles dans la tête par des policiers qui trouvaient qu’il ressemblait à ceux qui avaient été identifiés, grâce aux images de vidéosurveillance, comme étant des terroristes…

Signe supplémentaire des dysfonctionnements que de tels systèmes peuvent engendrer, alors que la police britannique avait déployé une énergie considérable afin de visionner des dizaines de milliers d’heures de vidéosurveillance, et retrouver la trace des terroristes, elle a prétexté un “problème technique” pour justifier l’absence d’images des derniers instants de cet innocent…

Photo by Charlotte Miceli for www.no-cctv.org.uk
Charlotte Miceli for www.no-cctv.org.uk, CC BY-NC 2.0 – sur Flickr

La surveillance ne fonctionne pas, mais… se vend très bien

Alors que l’on ne met sur écoute téléphonique que les suspects -avec l’aval d’un juge-, nos déplacements urbains, tout comme les “logs” de ce que l’on fait sur l’internet, de nos conversations téléphoniques, ainsi que la géolocalisation de nos mobiles sont, a contrario, surveillés et conservés par principe, pendant des mois, voire des années. Au cas où…

La surveillance n’est plus seulement dissuasive, mais également préventive, et renverse donc la charge de la preuve, rompant avec le principe (démocratique) de la présomption d’innocence pour ériger un système de présomption de culpabilité que l’on associerait plus volontiers aux régimes totalitaires qu’à nos démocraties.

Dernier problème, et non des moindres : si ces technologies de surveillance sont relativement inefficaces, et qu’elles bouleversent durablement le contrat social, elles marchent par contre très bien d’un point de vue… électoraliste.

Taraudés, note Laurent Bonelli, enseignant-chercheur à Paris X, entre un désengagement de l’Etat, les pétitions des groupes de pression (de commerçants, petits propriétaires, etc.), la précarisation et la démoralisation des classes populaires (qui ont “des effets directs sur la délinquance juvénile“), les élus ont vite fait de céder aux sirènes, et d’acheter les diagnostics “catastrophiques” et “solutions” clefs en main des “experts de la sécurité“, que Bonelli préfère qualifier de “marchands de peur“.

Ainsi, et quand bien même les systèmes et politiques de surveillance n’ont guère d’impacts réels sur la criminalité, ils rassurent les “bonnes familles“, inquiètent les “mauvaises familles“, et servent ainsi et avant tout à faire (ré)élire ceux qui les ont installés. C’est même très probablement ce qu’elles font de mieux.

    

En France, le nombre de villes vidéosurveillées a augmenté de 50% entre 2005 et 2007. Et Michèle Alliot-Marie a annoncé son intention de tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance sur la voie publique.

Dans le même temps, le gouvernement décidait de supprimer 10 000, puis 4800 policiers d’ici à 2012. Les entreprises de sécurité privée tablent, quant à elles, sur l’embauche de 150 000 personnes d’ici à 2015.

Quant aux industriels de la sécurité, le dernier graphique publié par SecurityStockWatch.com, qui s’intéresse à leurs performances boursières, date de mars 2008. Si les cotations boursières de toutes les valeurs baissaient depuis septembre 2007, les performances des industries sécuritaires restaient bien au-dessus de toutes les autres.

SecurityStock Watch Index


Notes :

1. propos tenus lors d’une table ronde, organisée par Jacques Boutault, le maire du II° arrondissement de Paris, sur la vidéosurveillance, et où intervenaient également Georges Moréas, André Gunthert et Laurent Bonelli.

2. situation d’autant plus explicite au Brésil que les problèmes de violence et d’insécurité ont entraîné le développement de quartiers sécurisés recourant largement aux technologies de surveillance, et aux sociétés de sécurité privée.

Rétroliens

  1. BigBrother is watching you ! «
  2. Technologies de surveillance… ou de discrimination ? | InternetActu.net — artxtra.info
  3. La videosurveillance c’est 0 mais c’est un bon buisness ? | Business Commando
  4. Petits liens divers
  5. bookmark from diigo 09/02/2009 | Relation, transformation, partage
  6. Cactus Acide » » L’observatoire du neuromancien 09/03/2009
  7. TheWeeklyBest #2 > La sélection des Aaaliens /-) | Owni.fr
  8. Minority passport « Kokomag’s Blog

4 commentaires

  1. Eh bien, en voilà des références ! Je suis heureux de voir que le modèle du panoptique a été abandonné et j’aime l’idée de la surveillance distribuée. Il s’agit en fait d’un mouvement général. L’état semble avoir qu’une seule hate : se débarrasser de ses fonctions le plus rapidement possible. La fonction de surveillance est ainsi distribuée non seulement aux systèmes de vidéo surveillance, mais aussi aux citoyens eux même qui assurent les fonctions d’alerte et de dénonciation.

    En ce sens, le panoptique existe toujours. Il a été intériorisé. Et il est en cela encore plus dangereux. Foucault avait d’ailleurs prévu ce mouvement et annoncé que la psychologie ferait partie des aides a ce grand mouvement d’aliénation.

    Tous surveillés. Tous coupables. Le glissement est facile

    Il nous reste, pour nous protéger, les tactiques, le braconnage, la dissimulation, l’obfuscation.. Je ne doute pas que la ménagère avec son panier de commissions aura des manières de faire qui contourneront une petite partie de la surveillance.

    Je ne doute pas non plus qu’elle s’installera. Nous sommes si attachés à l’image, nous avons tellement tendance a l’aimer, à croire qu’elle nous montre la réalité, ou qu’elle nous montre une réalité que nous ne pouvons pas voir, nous sommes tellement séduits par elles, que nous n’hésiterons pas, massivement, a lier nos vies sociales et intimes avec elles.

  2. @Yann Les industriels ont d’ailleurs bien compris que c’est (aussi) en insistant sur le volet “ludique” des technologies de surveillance qu’ils parviendront à leurs fins…

    cf à ce titre La guerre, c’est la paix, et La traçabilité de l’individu mobile : vers la surveillance désirée.

    Problème : de plus en plus nombreux sont ceux qui prennent conscience que c’est un jeu dangereux… et qu’ils jouent là aux apprentis sorciers.

  3. par Aurialie

    Xavier Bertrand invité de i-télé ce matin rappelait que ceux qui n’ont rien à se reprocher, n’ont rien à reprocher à la vidéosurveillance. Une phrase qui fonctionne bien avec les personnes désireuses de toujours plus de sécurité.

  4. par Henri

    “Tout peuple prêt à sacrifier un peu de sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l’une, ni l’autre.”
    George Washington