Mythes et réalités des usages mobiles dans les pays en développement (3/3) : mesurer l’efficacité des programmes utilisant les technologies mobiles

Par le 19/11/09 | 3 commentaires | 2,996 lectures | Impression

Dans les pays en développement et notamment en Afrique, les technologies mobiles peuvent-elles combler le vide laissé par l’absence de développement de systèmes de soins ?, s’interroge This is Africa. L’absence de personnel soignant et de ressources en terme de santé demeure le principal problème de la plupart des régions les plus pauvres du globe. Oui, explique Katrin Verclas pour MobileActive : la plupart des projets de m-Santé (c’est-à-dire de système de santé utilisant les téléphones mobiles) n’ont pas d’échelle, de barème permettant de les comparer les uns les autres… Le manque d’objectifs quantifiable sur leur efficacité conduit de plus en plus de monde à s’interroger sur leur efficacité. Sans compter que le déficit d’infrastructure et la fragmentation des expérimentations sont un frein à toute généralisation de solutions.

“La plupart des stratégies en matière de m-Santé présument qu’en se soustrayant au problème des infrastructures physiques, ils vont résoudre les contraintes. Mais le plus souvent, elles créent de nouveaux problèmes d’infrastructures”, explique Bright Simons, directeur du développement de MPedigree, une initiative mobile qui s’attaque à la contrefaçon de médicaments en Afrique. Des problèmes d’analphabétisme, de comportement de consommation ne sont pas correctement traités. Le plus gros risque est de tenter d’introduire une technologie dans un environnement social qui n’y est pas préparé. Une conclusion assez proche à celle que dessine le rapport du Nations Unies sur le sujet qui s’inquiète du fait qu’on ne sache pas vraiment à combien de patients ces programmes s’adressent.

La m-Santé une solution face à l’absence de développement des systèmes de santé ?

Le succès des systèmes de santé via mobiles dépendra en définitive de leurs capacités à réaliser une amélioration significative de la capacité de prestation des soins. Or pour l’instant, ils ont parfois permis d’améliorer la diffusion d’information de santé (au public comme aux professionnels de santé), la consultation à distance, le diagnostic et le traitement, la gestion des patients… Mais ont-ils eu des effets réels sur les systèmes de soins ? Le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) mène une étude pour évaluer l’impact des téléphones mobiles sur la santé, comme l’explique Laurent Elder chef d’équipe au CRDI : “Sur la base des recherches menées par les spécialistes en technologies de l’information et de la communication pour le développement, il est clair que les technologies mobiles pourraient être un système très efficace pour dispenser des services de soins. En l’absence d’infrastructures, les mobiles peuvent être précieux dans la lutte contre des maladies graves, comme le virus du Sida en Afrique australe et orientale. Reste que peu de projets ont rencontré le même succès que le réseau d’information de santé de l’Ouganda (Uganda Health Information Network).” Les efforts pour intégrer les TIC dans la santé ont généralement été sporadiques. La plupart des innovations dans les technologies mobiles pour la santé et la médecine n’ont pas dépassé le stade du pilote.

Et d’appeler à prêter plus d’attention à la façon dont ces technos améliorent et intègrent la prestation de services de base sur le terrain. Les avantages potentiels d’améliorer l’accès, la qualité des soins, et d’obtenir de meilleurs résultats cliniques doivent être clairement démontrés. Pour Laurent Elder il faut mieux comprendre la viabilité économique de ces services… Même dans le domaine de la télémédecine, il existe encore peu d’études qui apportent des preuves convaincantes quant au rapport coût/efficacité du téléphone mobile.

3 commentaires

  1. Cet article a été repris par LeMonde.fr.

  2. bonjour,
    toutes les références de cette série d’articles sont surtout issues du travail mené depuis des années autour du réseau mobileactive.org…un peu facile…

  3. Oui Laurence. Rien que de normal puisque ces articles sont explicitement issus de MobileActive.