Les bienfaits de la pensée magique

Par le 25/04/12 | 10 commentaires | 5,266 lectures | Impression

newscientistgodissueLe consensus semble établi par la plupart des chercheurs en neurosciences. L’homme n’est pas un animal rationnel. Tandis que les experts en neuroéconomie, le prix Nobel Daniel Kahneman en tête, découvrent que l’être humain est un pauvre calculateur (au point que certaines personnes souffrant de lésions cérébrales montrent une bien meilleure capacité à investir et évaluer les risques que des personnes saines), d’autres chercheurs appréhendent les origines biologiques et cognitives de la religion : un récent numéro de New Scientist a d’ailleurs fait sa couverture sur le sujet. D’un autre côté, Matthew Hutson, journaliste scientifique spécialisé dans les sciences cognitives et les neurosciences, nous chante les bienfaits de la superstition. Il vient de publier le livre : Les 7 lois de la pensée magique : comment nos croyances irrationnelles nous gardent heureux, en bonne santé et sains

Les fondements cognitifs de la religion populaire

Le New Scientist vient donc de sortir un numéro spécial “Science de Dieu”.

12828337L’article le plus intéressant du dossier est sans doute celui de Robert McCauley, spécialiste reconnu de la science cognitive de la religion, qui a récemment popularisé ses idées dans un livre Pourquoi la religion est naturelle alors que la science ne l’est pas.
 
Pour MacCauley, il existe dans notre cerveau un certain nombre de “modules” déjà câblés nous permettant, par exemple, de reconnaître les visages, d’apprendre le langage, d’avoir une “théorie de l’esprit”, d’être capable d’éviter les dangers… Il emploie pour décrire ces fonctions le terme de “naturellement mature”. Autrement dit, elles font partie du développement cognitif “normal” et ne nécessitent pas d’efforts particuliers d’apprentissage. Ce sont aussi des systèmes rapides, ils s’apparentent à ce que l’économiste comportemental Daniel Kahneman nomme le système 1, soit les fonctions mentales qui nous permettent de décider rapidement. C’est l’ensemble de ces systèmes qui nous rendent réceptifs à la pensée magique et religieuse, explique McCauley. Lorsqu’ils se combinent entre eux, ils sont capables de créer des “faux positifs” susceptibles de nous amener à croire à des phénomènes “contre-intuitifs”. Un exemple en est l’anthropomorphisme, qui consiste à attribuer une “théorie de l’esprit” à des objets qui en sont dépourvus. Dans le cadre d’un système rapide, l’anthropomorphisme a certainement une valeur adaptative réelle. Il valait mieux, pour l’homme préhistorique, soupçonner une intention (c’est-à-dire un prédateur) derrière un mouvement de branchages qu’ignorer cette intention lorsqu’elle existait. 
 
Une autre conséquence est “l’apophénie” qui consiste à repérer des modèles significatifs là où il n’y en a pas : par exemple, apercevoir la Sainte Vierge sur sa tartine de confiture de fraise.
 
Tout ceci crée un réseau de comportements et de pratiques (rituels, espaces et objets sacrés, etc.) qui fondent de que McCauley appelle la “religion populaire,” un socle mental “par défaut” que nous avons tendance à développer naturellement. Ainsi, pas besoin, comme le pensent certains scientifiques, d’imaginer une “zone du cerveau” consacrée à la religion. Celle-ci est une conséquence du développement cognitif normal de l’individu.
 
Mais McCauley insiste sur la notion de “religion populaire”, bien différente de la religion dogmatique et doctrinale qu’on peut revendiquer consciemment. S’il faut comparer la science à quelque chose, ajoute-t-il, ce n’est pas à la religion, mais plutôt à la théologie. Science et théologie appartiennent en effet au “système lent” de Kahneman : ce sont les produits des fonctions les plus élevées, les plus rationnelles de notre cerveau.
 
Ce qu’il est important de noter, continue le chercheur, c’est que la théologie est finalement aussi éloignée de la religion populaire que cette dernière peut l’être de la science. Un croyant aura beau mettre en avant certaines des caractéristiques les plus élevées de la divinité (omniprésence, omnipotence, etc.) cela n’aura guère d’impact sur son comportement religieux : “Lorsqu’on leur demande, au cours d’expériences, de parler ou de penser aux actions de Dieu ou des dieux, les personnes religieuses abandonnent complètement et immédiatement les doctrines théologiquement correctes en faveur de la religion populaire – même s’ils viennent juste de revendiquer et affirmer ces doctrines. La façon dont ils pensent et parlent montre qu’ils considèrent plus Dieu comme une version de Superman que comme le maître omniscient omniprésent et omnipotent dans lequel ils affirment croire”.
 
Dans son livre, McCauley donne un exemple de ces expériences. Il raconte ainsi que la plupart des croyants interrogés lors d’un test de mémoire (dans lequel ils devaient se remémorer une histoire où un enfant prie pour avoir rapidement la vie sauve alors que Dieu est en train de répondre à une autre prière), tendaient à réinterpréter des passages en laissant entendre que Dieu avait du mettre un certain temps pour répondre à la prière, soit parce qu’il devait se relocaliser après avoir répondu à la prière précédente, soit parce qu’il n’avait pas fini d’exaucer cette dernière.

Les autres articles du New Scientist laissent passer un message analogue. Un premier nous informe que les enfants sont “naturellement religieux”, qu’ils ont tendance à voir dans les événements aléatoires l’expression de la volonté d’agents. Un second insiste sur le rôle fondamental des religions dans la naissance des civilisations. La religion accroitrait l”‘esprit de coopération, explique l’auteur, et faciliterait les comportements sociaux en donnant à chacun l’impression d’être surveillé par des êtres surnaturels.

La superstition, un bienfait ?

cover-3dhutsonReste à savoir que faire de cette pensée “rapide”, si prompte à encourager le développement de toutes sortes de croyances diverses. C’est là que le livre de Matthew Hutson apporte un éclairage inédit. Sortez vos porte-bonheurs, vos fers à cheval et vos trèfles à quatre feuilles: la superstition joue un rôle positif.

L’auteur a exposé certains points clés dans un récent article pour le New York Times. Selon lui, “nous sommes tous des mystiques”, à un certain degré. Il va même plus loin en affirmant que “la pensée magique est la pensée par défaut”. Autrement dit, nous sommes tous spontanément conduits à former des raisonnements “superstitieux”.

On s’aperçoit que bien des “lois psychologiques” énoncées par Hutson retrouvent les aspects de la religion populaire chère à McCauley : comme celle qui consiste à voir, même dans des événements aléatoires, l’expression d’un sens profond, d’un dessein caché. Autre exemple, l’animisme, qui prête des intentions à l’ensemble des objets du monde vivant, y compris nos voitures (et bien sûr, aux robots, même les plus primitifs). Parmi les “7 lois” formulées par Hutson (présentées dans le magazine Forbes), on mentionnera aussi le fait que “les objets ont une essence”, ce qui implique la multitude des objets sacrés, des talismans, des amulettes. Ou encore, l’importance des symboles : ainsi, un mariage un jour d’orage, nous dit Hutson, peut être vu comme le signe de difficultés conjugales à venir. Bref autant d’attitudes magiques qui servent bien souvent de soubassement à la religion populaire au sens où l’entend McCauley. Par bien des côtés, tout cela n’est pas bien nouveau pour les anthropologues, qui reconnaitront dans ces “lois” des phénomènes déjà décrits depuis bien longtemps par James Frazer ou Levy-Bruhl, et bien d’autres. La nouveauté, c’est de reconnaitre que ces différents processus mentaux ne sont pas simplement des croyances induites par la culture ou qui participent d’une mentalité “primitive”, mais constituent la base de notre structure mentale. Et surtout, qu’ils peuvent se montrer avantageux.
 
220px-Buddist_PhasDans le New York Times, Hutson se base sur diverses expérimentations en psychologie pour asseoir son argumentation. Parmi elles celles réalisées par Lysann Damisch et son équipe à l’université de Cologne (.pdf). La première expérience demandait aux sujets d’effectuer une épreuve dans laquelle certains disposaient d’une “balle de golf chanceuse”. Résultat, ceux qui ont utilisé la balle “porte-bonheur” (ou plutôt qu’ils croyaient telle) ont obtenu de meilleures performances que ceux qui se sont servis d’une balle présentée comme “neutre” – une petite note d’importance s’impose ici : un prétest avait établi que 80% des sujets croyaient aux pouvoirs des porte-bonheur. Cette expérience montre donc que les gens superstitieux sont plus enclins à réussir certaines tâches en fonction de leur croyance, mais pas que des personnes sceptiques puissent se retrouver inconsciemment sous l’influence d’une superstition…
 
L’équipe a poursuivi d’autres expériences sur la superstition, et s’est essayée à comprendre les mécanismes psychologiques qui amenaient une augmentation de performance chez les sujets superstitieux. Il s’est avéré que, amenés à résoudre une énigme en présence de leurs amulettes, ceux-ci tendaient à essayer plus longtemps et plaçaient la barre plus haut. Ils augmentaient ainsi leurs chances de réussir. 

La “nouvelle magie” de Hutson connaitra-t-elle un effet de mode comme le neuromarketing ? Peut-être bien. The Investor publiait récemment un article basé sur les thèses de Hutson pour donner des conseils aux hommes d’affaires. L’article lui-même n’est pas d’un grand apport, mais il est intéressant de remarquer que les idées de Hutson entrent déjà dans le logiciel intellectuel d’une profession qui, avec son armée de spin doctors et de “méthodes de réussite”, repose bien plus souvent sur l’ancien chamanisme que sur une quelconque rationalité. 

Rémi Sussan

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7 commentaires

  1. Merci, Réri SUSSAN, pour cet article. Mais je ne partage que très partiellement les vues de Mc Cauley, Hutson, et Damish, dont je ne m’étonnerais pas qu’ils soient croyants, dans la mesure où ils cherchent à compenser ou à prévenir la diminution de la religiosité, du moins dans la plupart des pays européens intellectualisés. Ce n’est évidemment pas le cas dans les pays où les alternatives non confessionnelles sont volontairement occultées, comme aux USA, en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie, …

    Comme l’a écrit Michel de PRACONTAL dans « L’imposture scientifique en dix leçons » (2005), page 141 : « La pensée magique n’a jamais disparu de nos cultures supposées modernes et rationnelles, probablement parce qu’il s’agit d’un mode de raisonnement inhérent à la condition humaine. La pensée dite rationnelle n’a rien de naturel, c’est une construction, une ascèse, un exercice qui demande un travail continuel. L’éternel « retour de l’irrationnel » n’est en fait que la manifestation récurrente d’une forme de pensée qui ne nous a jamais quittés ».

    Il est exact que les croyances religieuses sont « induites par la culture et participent d’une mentalité primitive », mais, à mes yeux, elles ne « constituent la base de notre structure mentale » qu’à la condition d’avoir été imposées dès l’enfance et confortées par un milieu croyant unilatéral. La preuve, a contrario, c’est qu’un enfant de parents non-croyants le sera généralement aussi, sauf influences religieuses ultérieures non compensées par son esprit critique.

    Ce que ces auteurs ignorent, c’est que « la zone du cerveau consacrée à la religion » existe dans les amygdales du cerveau émotionnel : dès l’âge de 2 ou 3 ans, elles enregistrent déjà le souvenir d’événements à forte charge émotionnelle, tels que l’atmosphère envoûtante d’une église, la vue de leurs parents en prière, etc. Ces traces émotionnelles sont ensuite confortées par la plasticité neuronale lors de la répétition d’expériences religieuses et elles laissent donc des traces indélébiles et inconscientes dans le cerveau émotionnel, ce qui affecte des degrés divers le cerveau rationnel et donc l’esprit critique ultérieur, indépendamment de l’intelligence et de de l’intellect.
    D’éminents scientifiques croyants en témoignent …

    Après que les religions aient exploité depuis toujours la soumission, la crédulité publique et le besoin de donner un sens à l’existence, en occultant malhonnêtement l’alternative de l’humanisme laïque, c’est à présent le « neuromarketing » chamanique qui spécule sur l’absence d’esprit critique … !
    http://michel.thys.over-blog.org/article-une-approche-inhabituelle-neuroscientifique-du-phenomene-religieux-62040993.html
    Merci d’avance pour vos commentaires.

  2. par Rémi Sussan

    Bonjour Michel,

    Merci pour votre intérêt! Je crois que fondamentalement, des gens comme McCauley (mais on pourrait aussi citer Atran, Boyer et plupart des cognitivistes spécialisés dans la religion) se retrouveraient dans la phrase que vous citez de Michel de Pracontal. Là où vous vous séparez d’eux, c’est que ceux-ci pensent que la “pensée magique” ou “la religion populaire” sont des sous produits “naturels” de la structure du cerveau, et non simplement le résultat d’un conditionnement culturel. Question importante, puisque de sa réponse dépend la pérennité du phénomène religieux.

    “Mc Cauley, Hutson, et Damish, dont je ne m’étonnerais pas qu’ils soient croyants, dans la mesure où ils cherchent à compenser ou à prévenir la diminution de la religiosité”
    Pour Damish, je ne saurais vous dire, mais Hutson se définit sur son blog comme “un athée et un penseur magique” (à chacun d’interpréter cette phrase comme il l’entend!). McCauley en bon universitaire, ne donne pas ses opinons personnelles, mais à ma connaissance son travail sur le rituel est largement influencé par Noam Chomsky, qu’on peut difficilement suspecter de religiosité débridée !

    “mais, à mes yeux, elles ne « constituent la base de notre structure mentale » qu’à la condition d’avoir été imposées dès l’enfance et confortées par un milieu croyant unilatéral.”

    C’est sans doute vrai pour les croyances ou l’attraction à des rituels spécifiques, mais l’est-ce de la “pensée magique” ou de la religion populaire ? Un exemple qu’ont connu tous les parents :
    “Ma chérie, nous avons oublié ta peluche favorite dans le taxi qui nous menait à l’aéroport.
    -Nan, je veux que vous la retrouviez!
    -Nous te rachèterons exactement la même
    -Nan, je veux celle-là !”
    C’est le genre de discussion qui peut intervenir dans toutes les familles, y compris les plus incroyantes. Pourquoi l’enfant veut il “avoir celle-là ?” Si c’était juste un objet, il pourrait être remplacé par sa réplique exacte sans souci. Mais le problème, c’est qu’il a développé une relation affective avec cet objet spécifique, qui se retrouve du coup revêtu d’une essence, d’une âme.

    Autre cas, celui qui consiste à chercher un sens à toutes choses, qui atteint particulièrement ma profession, celle des journalistes! Un exemple personnel qui me revient, et qui m’avait marqué à l’époque, c’etait juste après la mort de Lady Di. Un journaliste sur plateau TV avait dit en substance: “Après son divorce, Lady Di a vécu dans un tourbillon d’activités et d’événements accélérés, jusqu’à cette conclusion finale”. Évidemment, Lady Di était à l’arrière de la voiture quand l’accident est survenu, elle n’y était pour rien. Sa vie, “l’accélération folle des évènements” n’avait rien à voir avec tout cela. Mais le journaliste souhaitait absolument voir dans cet accident le signe d’un “destin”. Ça peut marcher pour Kurt Cobain ou Amy Whinehouse, mais pas pour Lady Di. Comme le remarque Hutson, à l’extrême cette tendance à voir partout des patterns, du sens, peut aboutir aux théories de la conspiration (qui attire toutes sortes de gens, y compris des athées convaincus).

    “Ce que ces auteurs ignorent, c’est que « la zone du cerveau consacrée à la religion » existe dans les amygdales du cerveau émotionnel ”

    En fait, les choses semblent beaucoup plus complexes que cela. Je me permet de vous renvoyer à un article précédent d’internet actu (http://www.internetactu.net/2009/03/26/le-cerveau-objet-technologique-78-et-dieu-dans-tout-ca/) où j’explore certains des travaux sur le sujet (travaux, qui bien entendu, ne sont encore qu’à leurs débuts et qui pourront par la suite être contredits ou amendés). Grosso modo, oui, l’amygdale jouerait un rôle mais elle ne serait pas la seule en jeu. Depuis les expériences de Beauregard, le consensus (pour l’instant) semble être que l’expérience religieuse implique de nombreuses fonctions cérébrales et est sujette à de larges variations (cf la comparaison entre le moine Zen et l’adepte de la glossolalie dans l’article mis en lien). Ceux qui continuent à penser à l’existence d’une “zone Dieu” du cerveau lorgnent plus sur le lobe temporal que sur l’amygdale. Reste aussi à prendre en compte les équilibres dopamine -sérotonine qui jouent probablement aussi un rôle important (cf les travaux d’Alan Hobson sur le rêve et ceux de Michael Winkelman sur la neurothéologie du chamanisme).
    Bref on n’en est qu’au début de tout ça !

  3. Bonjour Rémy (désolé pour la faute de frappe dans votre prénom !…),

    Merci d’avoir commenté mes propos.
    Il me semble que « la pensée magique » ou « la religion populaire », tout comme le chamanisme, les superstitions, etc., sont à la fois « des sous-produits naturels de la structure du cerveau » ET « le résultat d’un conditionnement culturel », puisque la foi n’apparaît normalement pas chez les enfants de parents non-croyants. Mais les auteurs anglo-saxons, généralement croyants, n’ont sans doute pas souvent l’occasion d’étudier leur cas.
    Le cerveau humain est le seul à disposer d’une structure neuronale évolutive le rendant virtuellement capable de croyance, celle-ci ne se concrétisant que si l’environnement lui est favorable (un peu comme certains gènes – ce n’est pas le cas ici – qui ne s’actualisent qu’en fonction de l’environnement).
    Je pense que « la tendance à voir partout des pattern, du sens » est probablement une réminiscence de l’animisme que Jean Piaget avait constaté chez tout jeune enfant : il attribue une volonté « anthropomorphique » aux objets, surtout s’ils sont animés.

    Même si j’ai parfois trop tendance à résumer et à simplifier, en vertu du “principe de parcimonie” (le « rasoir d’Occam »), je suis bien conscient de l’infinie complexité du fonctionnement cérébral humain. En n’évoquant que le rôle des amygdales, j’ai perdu de vue que mon article http://michel.thys.over-blog.org/article-une-approche-inhabituelle-neuroscientifique-du-phenomene-religieux-62040993.htmlblog ne mentionnait pas encore sa version actuelle (c’est fait à présent), et notamment le 2e paragraphe :

    « Je ne fais pas allusion ici aux observations de certains neurophysiologistes croyants, notamment canadiens, tels que Mario BEAUREGARD, qui ont tenté de démontrer « scientifiquement » l’existence de Dieu en recherchant dans le lobe temporal l’antenne qu’il y aurait mise pour recevoir sa « Révélation » : en vain, bien évidemment !
    Du fait des interconnexions constantes et éminemment complexes entre le cerveau émotionnel et le cerveau rationnel (selon le schéma simplifié mais pédagogique de McLEAN), c’est évidemment tout le cerveau qui est concerné (cf SAVER & RABIN), même si l’émotionnel prédomine en l’occurrence ».

    Le lien que vous mentionnez http://www.internetactu.net/2009/03/26/le-cerveau-objet-technologique-78-et-dieu-dans-tout-ca/ m’avait hélas échappé en 2009, à moins que j’en ai perdu la trace.
    Je me limiterai à de brefs commentaires :
    Qu’il s’agisse de substances psychédéliques, d’expériences de mort imminente ou de méditation, j’observe que « l’effet religieux » n’apparaît que s’il existe une « attente préalable », ce qui tend à confirmer le rôle de l’environnement éducatif et culturel religieux.
    En revanche, le hatha-yoga, par la maîtrise de la respiration, permet une relaxation et même une méditation sans connotation religieuse.
    A propos des rituels, qu’ils soient religieux ou maçonniques, et bien que non comparables, ils sont toujours sécurisants et se justifient donc, étant entendu que les symboles doivent être librement interprétés et non imposés. 
    Dieu, en effet, “ne disparaîtra pas de sitôt”, sauf sous nos latitudes. Je me réjouis de voir que l’athéisme, prônant l’autonomie de la conscience et de la pensée, progresse lentement, mais je regrette que les religions, prônant la soumission, et les politiciens qu’elles ont inféodés, persistent à occulter autant que possible les alternatives non confessionnelles de l’humanisme laïque qui permettraient de donner un sens autre religieux à l’existence, ce qui ouvre un boulevard aux sectes …
    Pour en revenir à notre sujet, avez-vous lu « LA BIOLOGIE DE DIEU », de Patrick Jean -Baptiste , (2003) ?

    Bien à vous
    Michel THYS

  4. Correction : le lien vers mon article est :

    http://michel.thys.over-blog.org/article-une-approche-inhabituelle-neuroscientifique-du-phenomene-religieux-62040993.html

    évidemment non suivi de “blog”. Sorry !

  5. par Rémi Sussan

    Michel,

    Non je n’ai pas lu ce livre merci de me le signaler!

  6. par Marie-Anne Failliot-Chichery

    on pourrait dire que la pensée magique (survivance de nos 10 ans) est une pensée permettant de conserver sa toute puissance alors que les choses de la vie sont un peu plus complexes et demandent de la réflexion.

    La pensée magique serait à la pensée ce que le paléocortex (immédiat) est au néocortex (réfléchi). C’est une pensée de survie face à l’impossibilité de réfléchir avant d’agir sans avoir toutes les données en main. Ce qui prend beaucoup de temps et produit beaucoup de doute.

    Mais il y a autre chose : le talisman, le grisgris, le doudou. Le doudou qui marque la présence de maman même lorsqu’elle est absente. Le doudou qui rappelle au nourrisson qu’il est tout-puissant pour faire apparaître maman, son odeur et la tétée, base de toute croyance en la bienveillance de l’autre. Le cortex olphactif se fiche bien de la pensée réfléchie, il se souvient, il met en condition (car il s’agit bien là de réflexe conditionné entre l’odeur et le bien-être).

    Un nourrisson qui n’aurait pas fait cette expérience, ne serait plus vivant pour en témoigner…

  7. par Adeline

    Sommes nous le cerveau ou autre chose?
    Où se trouve cet autre chose?.
    Si cet autre chose existe ne peut-il être le responsable de la spiritualité et non le cerveau comme on le croit?
    Le cerveau ne serait-il pas le moyen qu’utilise cet autre chose pour communiquer avec ses semblables et le corps pour vivre la vie dans la matière???
    Est ce cerveau qui a des sentiments où cet autre choses?
    Si l’être humain n’est qu’un cerveau développé un peu plus que les animaux et un corps, il n’est qu’un animal, mais ne serait-il pas autre chose que l’animal qui’ croit être s’il venait à prendre “conscience” de cet autre chose? ou prendre CONSCIENCE tout court? Il est clair que la vue que l’être humain à de lui est le portrait d’un robot et quel portrait robot il se fait de lui-même. La superstition? qu’est ce? tout simplement un surpassement de soi, une connection par le foi avec cet autre chose qu’est l’être humain et cet autre chose peut TOUT, le tout est de le savoir, ,,pas besoin d’être religieux ou croyant, c’est l’essence même de l’humain mais il n’en sait rien, il extrapole faute de mieux, mais un jour il saura, quand la science sera en mesure de lui confirmer qu’il est autre chose qu’un cerveau dans un corps, en attendant il souffre le bougre et il n’a pas fini aussi longtemps qu’il n’aura pas rencontré cet autre chose qui n’est que lui-même et non son cerveau auque il s’est identifié.