Sommes-nous câblés pour argumenter ?

Par le 27/06/12 | 14 commentaires | 2,544 lectures | Impression

Cette irrationalité inhérente à l’esprit humain, dont nous avons déjà présenté plusieurs aspects dans nos colonnes, d’où vient-elle ? Si la raison a été réellement développée pour nous permettre de résoudre des problèmes complexes, elle aurait dû se montrer plus efficace. C’est le lièvre que soulève un article du New Scientist (réservé aux abonnés, mais ses sources sont disponibles en ligne). La réponse la plus évidente est que la raison n’a pas pour but de trouver des solutions.

Le raisonnement sert-il d’abord à convaincre ?

Fondamentalement, nous explique-t-on, l’homme est un animal social dont l’intelligence a évolué au sein d’un groupe. Nos fonctions mentales les plus évoluées, comme le langage, ne sont peut-être pas apparues pour gérer directement les difficultés matérielles de l’environnement, mais plutôt comme moyen de faciliter la communication à l’intérieur de la tribu. Lorsqu’on examine une faculté comme le raisonnement, il faut donc replacer celle-ci dans le contexte social où elle s’est développée. Son but, nous explique le New Scientist, ne serait pas de trouver des solutions, mais de convaincre nos partenaires de la force de nos propositions en argumentant. Cette théorie du “cerveau machiavélique” a été émise par Dan Sperber et Hugo Mercier dans un article ” Why do humans reason ? Arguments for an argumentative theory (.pdf)” (on notera l’ironie du titre ! : “Pourquoi les humains raisonnent ? Arguments pour une théorie argumentative” – que nous avions déjà évoqués dans La théorie argumentative : le rôle social de l’argumentation). Hugo Mercier travaille à l’université de Neuchâtel. Quant à Dan Sperber, le New Scientist le donne comme professeur à l’université de Budapest. Mais cet anthropologue français a d’autres casquettes. Il occupe notamment le poste de directeur émérite à l’institut Jean Nicod à Paris, célèbre centre d’études des sciences cognitives. Sperber est l’un des représentants les plus connus de l’école de “l’anthropologie cognitive”. Grosso modo, on peut dire que l’anthropologie cognitive considère qu’on retrouve des fonctions cognitives fondamentales qui expliquent le comportement humain en deçà des variations qu’on découvre dans les différentes civilisations, à l’opposé d’une anthropologie plus classique qui considère que ces comportements résultent avant tout de la culture. De nombreux anthropologues cognitifs se sont illustrés dans l’étude des fondements de la religion, par exemple Pascal Boyer, français basé aux Etats-Unis, et auteur de Et l’homme créa les dieux ou encore Scott Atran, (qui a écrit Au nom du Seigneur : la religion au crible de l’évolution), américain, mais enseignant (entre autres) en France. Une distribution très franco-internationale ! On retrouvera pas mal des acteurs de cette école (dont Sperber et Mercier) sur le blog de l’”International Institute for Cognition and Culture“, en anglais malgré la forte proportion d’auteurs francophones.

Afin de l’emporter dans le débat, certains biais propres à notre fonctionnement mental se seraient particulièrement développés. En premier lieu, le biais de confirmation, l’une des erreurs épistémologiques les plus courantes. On sait que le meilleur moyen de prouver la validité d’une théorie, n’est pas d’accumuler des données susceptibles de la confirmer (on en trouvera toujours) mais de trouver un fait, un seul, capable de la réfuter. Ainsi, on croyait qu’une des caractéristiques du cygne était sa blancheur. Des milliers d’observations sur des siècles confirmaient cette théorie. Il a suffi, un jour, qu’on découvre un cygne noir en Australie pour réfuter cette idée (c’est de là que vient l’expression “cygne noir”, popularisée par Nicholas Taleb, pour décrire les évènements surprenants et contre-intuitifs).

Un autre exemple cité par le New Scientist est la façon dont nous sommes sensibles à la manière dont les arguments sont présentés. Par exemple, si je dis que, face à une catastrophe, le plan A permet de sauver 200 habitants d’un village de 600 personnes, tandis qu’avec le plan B, un tiers des personnes ont une chance de survivre tandis que les deux tiers mourront, les gens choisiront le premier plan, alors que les deux branches de l’alternative sont en réalité identiques. Dans le premier cas, j’ai insisté sur la survie possible. Dans le second, j’ai mentionné les fortes chances que chacun des villageois avait de mourir.

Des biais innés ?

Naturellement objectera-t-on, rien ne dit que le cerveau ait évolué de cette manière, c’est juste une hypothèse. Quels sont les éléments qui permettraient de l’appuyer (en dehors de la force de l’argumentation !). Après tout, un des reproches souvent adressés à la psychologie évolutionniste est que contrairement à la biologie, il n’existe aucun fossile nous permettant de retracer l’évolution des fonctions mentales. D’abord, ce n’est pas tout à fait vrai. Comme le montre Steve Mithen, un “archéologue cognitif” (ça existe !), ces fossiles existent bel et bien : ce sont les artefacts laissés par nos ancêtres, dont l’analyse peut révéler bien des aspects de leur comportement. L’autre méthode pour établir une théorie de psychologie évolutionniste consiste à établir des expériences pour voir si certaines facultés mentales se développent “naturellement” ou si au contraire elles sont le produit d’une éducation ou d’une culture.

D’où l’importance du travail avec les enfants. Hugo Mercier affirme dans un papier sur le sujet que les enfants sont capables très jeunes d’utiliser des arguments pour justifier leurs actions de manière convaincante. Face à une faute morale, par exemple le vol d’un jouet, ils se montrent très vite susceptibles d’élaborer des défenses argumentées (ce jouet était à moi, c’est l’autre qui a commencé, etc.). Dès 18 mois, les petits sont en mesure de justifier leurs actions, avec le peu de vocabulaire dont ils disposent. Mais les enfants, explique Mercier, sont aussi tout à fait capables de critiquer les arguments des autres.

En fait, le biais de confirmation serait, explique Mercier, fondamentalement lié à la motivation. Si nous ne cherchons pas la vérité, mais plutôt à “gagner” dans la discussion, il est préférable de mettre en avant les arguments qui soutiennent notre point de vue que chercher ceux qui pourraient le contredire.

2001-a-space-odyssey-ape
Image : extrait de 2001, l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick. La force et la parole, deux arguments pour convaincre ?

Un avantage pour l’intelligence collective ?

Cette analyse du “cerveau social” peut paraître désespérante au premier abord, dans une perspective rationaliste classique. En fait, elle apporte de l’eau au moulin des nouvelles théories concernant l’intelligence collective.

Car paradoxalement si le cerveau seul n’est pas rationnel, lors d’un raisonnement en groupe, ces différents biais cognitifs peuvent s’avérer avantageux. En effet, comme le rappelle Mercier dans un article (qui remplacera avantageusement, pour les non-abonnés, la lecture de l’article du New Scientist), seule la production des arguments est viciée, pas son évaluation. Comme on l’a vu, les enfants peuvent très bien critiquer les arguments des autres. Ainsi, explique-t-il, le biais de confirmation pourrait apparaître comme une “division cognitive du travail”. Dans un groupe, chacun défendra son opinion en apportant les données qui la confirment. A charge pour les autres de la réfuter. En revanche, cela montre qu’il devient plutôt dangereux de raisonner tout seul : on risque de confirmer en boucle ses propres croyances.

Ce fonctionnement propre à l’esprit humain pourrait avoir des conséquences sur notre manière de gérer les questions politiques, car il donne, toujours selon Mercier, un nouveau sens à la pratique de la démocratie délibérative – l’idée selon laquelle d’importantes décisions concernant la collectivité doivent être prises après une multitude de discussions entre les citoyens. “Notre théorie explique très bien pourquoi la délibération pourrait s’avérer un outil très efficace”, affirme-t-il.

“En se basant sur un point de vue dominant, cartésien, les gens ont tenté pendant des années de réformer notre façon de raisonner : en enseignant la pensée critique, en nous poussant à nous débarrasser de nos biais, en faisant de chacun de nous un Kant. Cette approche n’a pas été couronnée de succès. Ce n’est pas surprenant selon notre théorie, parce qu’on a essayé de réformer quelque chose qui fonctionne parfaitement bien- comme si on avait décidé que les mains étaient faites pour marcher et qu’il faudrait enseigner cela à tout le monde. Au contraire, nous affirmons que le raisonnement fait très bien ce qu’il est censé faire – argumenter – et qu’il produit de bons résultats dans dans de bons contextes d’argumentation.” Naturellement, la question du contexte, justement, a son importance. Comme le note Mercier, les groupes où tout le monde est d’accord ne produiront pas de bons résultats. Ce n’est pas si évident en politique, où les gens ont plutôt tendance à se retrouver en fonction d’affinités idéologiques (ou alors à s’étriper sans s’écouter mutuellement). Mais finalement, le meilleur espace d’argumentation possible n’est peut-être pas le débat traditionnel, mais le lieu où les rencontres les plus improbables se multiplient, comme ce bâtiment 20 du MIT dont Jonah Lehrer faisait récemment l’éloge

Rémi Sussan

Rétroliens

  1. Revue des sciences juillet 2012 | Jean Zin
  2. Raison et argumentation | Philippe Claveau Conseil
  3. penser | Pearltrees
  4. Méthodologie de la vérité
  5. Sommes-nous câblés pour argumenter...

9 commentaires

  1. par Renaud+D.

    Très intéressant! Cela rejoint de nombreuses intuitions (p.ex. Feyerabend “Contre la méthode”, ou Freud). “finalement, le meilleur espace d’argumentation possible n’est peut-être pas le débat traditionnel, mais le lieu où les rencontres les plus improbables se multiplient” Comme l’agora par exemple. A recréer d’urgence, le parlement s’apparentant plutôt à une oligo-agora. Toutefois, cela favorise un peu trop à mon goût une vision coutumière pour ne pas dire anglo-saxonne du droit appliquée sans discernement à la connaissance et à la science. Or on peut avoir raison contre tout le monde. Et en science, ce n’est pas à la communauté, mais à l’expérience cruciale d’en décider! Il y a un vrai danger à décréter que la méthode scientifique est dépassée (comme on a pu le lire dans ces colonnes) : remplacer la science par un improbable “marché des idées scientifiques”, avec ses bulles spéculatives, ses arnaques, et ses krachs!

  2. par Rémi Sussan

    @Renaud,

    Pour la science, et la prétendue “fin de la méthode scientifique” je suis à 110% d’accord avec vous (d’ailleurs, voir à ce sujet mon article précédent sur le rôle exagéré des statistiques non soutenues par une expérimentation rigoureuse). Ce que je crois que les auteurs signalent, c’est que justement le cerveau n’est pas “naturellement câblé pour la science”, ce qui en fait une discipline difficile, contre-intuitive. Ceci dit, il semble bien que cette tendance à l’argumentation est aussi présente en science, aux moments précédant la mise au point de ces expériences cruciales que vous mentionnez. C’est le point de vue, je crois, de Kuhn et plus encore de Feyerabend (quoiqu’à mon avis Feyerabend a poussé le bouchon beaucoup trop loin). Il semble toutefois que la science, en tant qu’institution, arrive toujours à retomber sur ses pieds, peut être justement parce qu’elle favorise la critique constante des idées en place.La science pourrait être vue comme un effort collectif de réfutation. (j’ai lu quelque part que même Feyerabend se posait la question à la fin de sa vie: peu importe que Galilée se soit livré à une multitude de contorsions contraires à la bonne méthode pour imposer ses idées, il se trouve au final qu’il avait raison: que la théorie finalement admise était en fait la bonne, ce qui pour Feyerabend constituait une énigme!). Ceci dit d’après ce que j’en sais, cela n’empêche pas le raisonnement argumentatif de rester très présent en science lorsque l’expérience n’est pas disponible. Le cas de la théorie des cordes, irréfutable (au sens popperrien, c’est à dire improuvable!) à l’heure actuelle m’en semble un exemple contemporain…

  3. Jonah Lehrer explique assez bien pourquoi nous ne serions pas “câblés” pour la science dans l’un de ses derniers articles. En 1982, 44 % des Américains pensaient que Dieu avait créé l’homme. En 2012, ils sont encore 46 % à le croire ! Pourquoi avons du mal à croire les démonstrations scientifiques, s’interroge Jonah Lehrer ? Pourquoi demeurons-nous aussi résistants à certains faits, largement démontrés par la science ?

    Certaines vérités scientifiques demandent de dépasser nos premières réactions instinctives, estime Lehrer en s’appuyant sur plusieurs recherches récentes. Les théories scientifiques supplantent plus que suppriment nos “théories naïves”. Cela semble être lié à l’entraînement de notre cortex préfrontal dorsolatéral qui permet d’éliminer nos réactions instinctives, estiment certains neuroscientifiques. En fait, instinctivement, nous avons tendance à nous tromper, à croire des choses simples. Il nous faut faire une action de notre raison pour dépasser ces premières croyances. Bref, croire en la bonne version des choses demande du travail.

  4. par Renaud+D.

    @Remi Sussan : vous avez raison de dire que nous sommes naturellement peu faits pour la science, mais plutôt faits pour dominer l’environnement et le rival – par argumentation s’il le faut vraiment … (quoique de temps en temps, la force brute, ça fait du bien ;-). … et de vous attacher à la méthode scientifique. Il n’y a qu’elle que pour éviter 1° la confiscation de la science par une supposée “élite” auto-cooptée de Diafoirus en tous genre (qui n’existe déjà que trop) 2° l’application absurde de la démocratie au contenu même de la science (on a vu ça sous Lyssenko: c’est pas brillant). Et comme vous, j’y tiens d’autant plus que c’est une conquête plutôt récente sur notre nature, conquête fragile donc. Nous pouvons déraper et régresser en peu de temps. Cela ne veut pas dire que la méthode scientifique soit intangible ou qu’on ne puisse l’étendre. Mais il faut être circonspect et nous méfier – de nous mêmes.

  5. par Winsiders

    Pour moi 2 visions sont possibles :

    1) La raison n’a pas de but propre. Le Darwiniste dirait que la raison est une donnée inhérente à notre espèce, et qu’elle a été favorable à la survie. La prise de conscience du pouvoir de “survie” supplémentaire apportée par la raison sur les autres espèces et au sein même de la notre, a ensuite poussé l’Homme à la cultiver. Pour schématiser : Hasard de la raison => survie de la raison => conscience de la survie de la raison grâce à la raison => culture de la raison.

    2) La raison fait partie du plan “divin”. Que chacun mette ce qu’il veut derrière cette notion de planification de la destinée de notre espèce par un plan supérieur, c’est juste le concept qui m’intéresse. Tout semble fait pour la complexification. La raison c’est ce qui permet aux “premiers nés” (les Hommes, la 1ère création), d’engendrer à leur tour des créations plus complexes. Dieu => Homme => Intelligence artificielle => …

  6. par Lukana

    Article trés intéressant!!

    Toutes ces récentes recherches/reflexions sur le cerveau me renforce dans l’idée que j’ai de l’existence d’un lien entre la connaissance de notre cerveau, de nos modes de raisonnement et de notre capacité de comprendre ce qui nous entoure. C’est à dire qu’au fur et a mesure du développement des reflexions philosophiques d’abord, psychologiques par la suite et cognitives actuellement l’être humain est devenu capable de comprendre des phénoménes exterieurs (physique, Espace, systèmes sociaux et économiques ) de plus en plus compliqués.
    Quand à savoir lequel précéde l’autre c’est une autre question. Cependant je pense que les sciences cognitives actuelles et leur découvertes sont un pas essentiel vers le prochain “saut d’intelligence” nécessaire à mon humble avis, à l’espéce humaine qui est la compréhension des systémes complexes dans leur ensemble (Ecologique, Social, Econo-Financier, Internet…). Et ceux qui se penchent là dessus on trouvé par ailleurs d’étonnantes similitudes entres les structures du Cerveau, de l’Univers et d’Internet et autres réseaux sociaux… ( à voir une image içi : http://tinyurl.com/7lz3en8 ) ce qui laisse songeur….

  7. par Renaud+D.

    C’est le langage qui fait émerger autre chose. Les lacaniens n’ont pas tort de suggérer que c’est le langage que nous avons divinisé parce qu’il “créée le ciel et la terre” … dans notre tête à chacun. La Torah, la Bible et le Coran peuvent être vus comme une célébration de l’écriture. Même seuls, nous interprétons le monde à l’aide de ce qu’en ont dit et écrit les autres, et pas seulement avec nos perceptions et nos souvenirs de perceptions. Le langage passe certes par la perception, mais il a une activité autonome. Je crois beaucoup plus à ça qu’à quelque similarité entre la structure du cerveau et celle de l’Univers! Qui produirait quoi d’ailleurs ? Une résonnance ? Et alors ? Non, tant qu’à extrapoler, je me baserais plutôt sur la grandeur incroyable de l’Univers et notre position incroyablement périphérique. Autrement dit: vraisemblablement nous n’en “comprenons” (c’est à dire que nous ne savons nous organiser ensemble pour en faire quelque chose) qu’une infime partie. Un mathématicien dont le nom m’échappe a démontré que si grand que l’on prenne un entier, certaines propriétés des entiers ne sont vérifiées qu’audelà de lui.

  8. par Lukana

    Je suis d’accord avec ce que vous dites sur le langage, d’ailleurs dans la même veine il serait intéressant de noter l’impact des différentes langues (latines, germaniques, russes…) et de leur organisation/grammaire sur la façon de formuler des pensées et de s’exprimer. Par exemple en Allemand (encore eux décidément.. :P ) le verbe se trouvant a la fin de la phrase il est le plus souvent nécessaire d’écouter son interlocuteur terminer complètement sa phrase pour le comprendre alors que dans une langue latine on peut se “permettre” de couper la parole à son interlocuteur et toujours comprendre sa phrase, ce qui pourrait (on reste dans l’hypothétique là) impacter in fine sur les formes de débats et donc de raisonnement. Ne connaissant pas vraiment les langues orientales je ne peux pas trop en parler mais je pense que la maniére de penser d’un Thaïlandais par exemple doit être quelque peu différente de celle d’un Irlandais ou autre. Notez bien évidemment que je n’émet aucun jugement sur une éventuelle hiérarchie des langues ou autre…
    Quand à l’exemple que je donne avec les similitudes Cerveau/Univers ce qui m’intéresse là c’est le fait que l’on retrouve ces types de schémas, structures avec des noyaux et différentes branches qui s’étendent, se relie entre eux etc.. dans énormément de phénomènes aussi bien naturel que sociaux ou informationnels, ce qui laisserait présager d’une sorte d’organisation “naturelle” des systèmes complexes… Enfin bon on s’éloigne un peu du sujet là ;)

  9. Et si, tout simplement, notre cerveau avait acquis la capacité singulière de transformer la réalité selon notre avantage adaptatif individuel et groupal, ce qui justifierait notre différenciation d’avec les autres êtres vivants, nos problématiques existentielles ainsi que nos difficultés à comprendre les écueils écologiques et économiques passés et actuels ?
    La “rationalisation” que nous faisons du réel et que nous échangeons ne serait en fait qu’un ensemble de représentations faussées du monde, en compétition pour établir en quoi celui qui la défend est plus performant dans son interprétation et parvient le mieux à transformer le monde à son avantage…

    Pour en savoir plus : http://www.theorie-de-tout.fr/

    Vincent Mignerot.