A lire ailleurs du 10 au 16 janvier 2014

. La neutralité du net est morte. Pour l’instant. – Meta-media
La Cour d’appel de Washington vient de casser les règles garantissant un internet libre et ouvert définies en 2010 par la Commission fédérale des communications américaine. La FCC n’aurait pas l’autorité pour imposer aux Fournisseurs d’accès internet qu’ils gèrent le trafic de manière égale… Ils pourront donc désormais faire payer les utilisateurs en fonction des contenus, précise le jugement qui reconnait à Verizon le droit de facturer à Netflix le surcout générer par la consommation de films en ligne. Sur Meta Média, Barbara Chazelle, de la direction stratégie et prospective de France Télévisions, fait la part belle aux réactions pour beaucoup accablées. La FCC va considérer les options d’appel possible. Une jurisprudence qui montre à nouveau la faiblesse de l’internet, et d’une neutralité qui ne repose pas sur des bases légales solides.

. Penser en-dehors de la boîte – NYTimes.com
Adam Davidson a du se rendre chez Ikea (rude épreuve)… L’occasion pour lui de revenir sur « The Good Jobs Strategy » le dernier livre de la professeur en management du MIT, Zeynep Ton. Pour Zeynep Ton, la plupart des grandes surfaces ont commis une erreur stratégiques. Ikea ou Wallmart utilisent des logiciels de gestion de force de travail pour gérer leurs salariés, mais ces logiciels codent visiblement tous les travailleurs comme un coût, ce qui explique que l’optimisation faut qu’on trouve des employés pour gérer les marchandises, mais bien peu pour répondre aux questions des clients. Le problème, c’est que les travailleurs ne sont pas seulement un coût, ils sont aussi source de profit. S’ils sont mieux formés, mieux payés, s’ils connaissent mieux les goûts et demandes des clients, ils vendent plus, comme cela commence à être le cas dans certaines chaînes comme Costco ou Mercadona… D’ailleurs, Adam Davidson a constaté ce changement de politique même dans son Ikea… La raison ? Un nouveau système logiciel – http://www.kronosglobal.fr – permettant de mieux répartir les travailleurs dans le magasin, inspirée des travaux de la chercheuse. Pour la chercheuse Zeynep Ton, une utilisation plus sophistiquée des technologies pourrait demain transformer le travail, même celui des emplois de base. Le travail à la chaîne des Temps Modernes pourrait n’être finalement qu’une erreur de calcul sur ce qu’est l’efficacité.

. Quelle idée scientifique est bonne pour la retraite ? – Edge.org
La question annuelle de Edge, posée à quelques 173 scientifiques : « Quelle idée scientifique est bonne pour la retraite ? »

. Comment le paradoxe de l’amitié rend vos amis meilleurs que vous ? – Technology Review
Le paradoxe de l’amitié est une observation qui montre qu’en moyenne vos amis ont toujours plus d’amis que vous. Mais les spécialistes des réseaux estiment aussi qu’ils sont probablement en meilleur santé que vous et plus heureux aussi. Est-ce que cela explique le niveau d’insatisfaction des utilisateurs de réseaux sociaux ?

. Les jobs que les robots vont détruire – HomeFree America
John Robb revient sur une étude sur le futur de l’emploi » qui s’intéresse à comment l’informatisation du monde va détruire de l’emploi. http://www.oxfordmartin.ox.ac.uk/downloads/academic/The_Future_of_Employment.pdf Pour Carl Frey et Michael Osborne de l’université d’Oxford, l’automatisation algorithmique devrait détruire quelques 700 types d’emplois, notamment dans le domaine des services administratifs d’entreprises et avec une rapidité plus forte que la mécanisation a détruit des emplois dans l’agriculture.

. 701 000 heures de garde-à-vue – PlayListSociety.fr
« La NSA pousse sur un terreau sociétal qui a fait du contrôle de soi, des autres et du monde, par la technologie, une évidence du lien, un ethos, une manière de vivre. » Alain Damasio. « Ce désir de contrôle, cette pulsion de surveillance et de sécurité frénétique, elle passe désormais par chacun d’entre nous. Elle prend corps et fait fibre dans nos nerfs. Chacun s’en fait le relai, le colporteur, la conduction jouissive et peureuse. Chacun y trouve son petit plaisir de flic, de gestionnaire en maîtrise, de voyeur à deux balles. Tu contrôles ta maison, ta voiture, tes achats ; il surveille les mails de sa femme, géolocalise sa fille, budgétise le temps de connection de son fils. Elle contrôle son pouls, sa tension, compte ses calories et ses pas. Vous filtrez vos appels, cherchez votre ex sur Facebook, googueulisez la fille que vous avez rencontrée au bar hier plutôt que de la découvrir telle qu’elle se révèle. Et l’on vous offre tous les outils personnels et paresseux pour ça. Toutes les applis. Toute la quincaillerie clinquante du geek à portée de clics et de bips. »

« Parfaitement insupportables en 1940, en 1970, la NSA et ses viols arachnéens ne choquent personne en 2014 parce que la NSA, au fond, c’est devenu un peu nous. » Bienvenue à l’extension indéfinie du domaine du contrôle de soi !

. L’impression 3D va-t-elle faire s’effondrer l’industrie manufacturière traditionnelle ?- Harvard Business Review
C’est l’un des scénarios qu’envisage l’Institut de recherche industriel – http://www.iriweb.org – dans une étude prospective – http://www.iriweb.org/iridocs/IRI2038_Scenario_Report_Final.pdf.

. Taxis : peut-on régler le problème ? – Classe éco
La recherche de rente, de privilèges, est l’essence même du progrès économique et toute la question est de savoir si elles apportent plus d’inconvénient que d’avantages et comment en réduire les effets nuisibles. Le conflit entre taxis et chauffeurs privés, ce n’est pas un conflit entre progrès et archaïsme, entre innovation et croissance, mais bien plus un conflit entre producteurs et consommateurs. La solution : racheter les licences pour mettre en place un autre système : http://www.ofce.sciences-po.fr/blog/taxis-vs-vtc-la-victoire-du-lobby-contre-linnovation/

. Quels secrets votre téléphone partage-t-il de vous ? – WSJ
FanZhang, propriétaire d’un restaurant asiatique à la mode dans le centre de Toronto, sait que 170 de ses clients sont allés en discothèque en novembre, que 250 sont allés à la salle de gym ce mois, et 216 dans tel quartier chic… Comment sait-il cela ? Parce qu’il a installé un capteur dans son restaurant, comme celui de Turnstyle – http://www.getturnstyle.com – ou Euclide – http://euclidanalytics.com – qui permet de capter les signaux émis par les téléphones portables. Ce que ça permet ? Faire des promotions spéciales les soirs de match si vos clients y sont allés ? Mettre de la musique adaptée à l’âge ou aux goûts des clients ?… Le problème bien sûr, c’est la vie privée. Le même restaurateur est capable de savoir si vous êtes allé à l’hôpital ou chez le médecin… Un projet de loi américain propose d’exiger le consentement avant de pouvoir recueillir des données de localisation d’une personne. Sur le wifi du restaurant, les clients apprennent qu’ils seront tracés, mais pas comment. L’entreprise Viasense – http://viasense.net – utilise ces données pour faire des profils marketing, permettant, selon le nombre de fois où vous vous rendez au club de gym de vous classer comme sportif occasionnel, intermédiaire ou assidu, mais également sait vous cataloguer comme jogger si votre téléphone se déplace à une certaine vitesse dans un parc de la ville de manière régulière, catalogue les jeunes en regardant les rythmes scolaires… Pour ne pas être géolocaliser, il faut désactiver le wifi de son smartphone ou faire une demande d’optout sur chacun de ces sites… ;-). Sauf que Androïd et iOS en savent tout autant et pourraient demain partager ces données avec d’autres sociétés…

. NameTag : vos photos vous partagent
Et voici NameTag, l’application pour GoogleGlass qui permet de connecter votre visage à des données pour que la reconnaissance faciale propose aux autres des données que vous maîtrisiez. Maîtrisez votre réputation faciale avant que d’autres ne la maîtrisent pour vous… Ces petits malins ont peut-être trouvé le moyen de nous faire avaler la couleuvre de la reconnaissance facile.

Enfin presque. Comme s’en amuse Reflets.info, savent même pas configurer leurs serveurs ! http://reflets.info/facialnetwork-et-nametag-chere-cnil-cest-le-moment-de-tillustrer/

. Intelligence Collective – Imagination for People
Imagination for People travaille à développer un logiciel et une méthodologie pour permettre à des centaines de milliers de personnes de travailler collectivement à un même document. C’est le programme Assembl, dont le logiciel est en cours de développement via le consortium Catalyst : http://catalyst-fp7.eu/

. Des ordinateurs sur écoute (au sens propre) – LeMonde.fr
Bienvenue aux attaques acoustiques… Les sons de votre ordinateurs le trahissent.

. L’essor du prêt solidaire entre particuliers comble un vide bancaire – LeMonde.fr
Après le financement participatif, voici le prêt solidaire, qui met en relation prêteurs et emprunteurs. « Les prêteurs solidaires avancent en moyenne 200 euros par personne, pour des prêts moyens de 7 000 euros, ce qui représente 30 à 40 contributeurs par projet.

Le taux de non remboursement des avances est très faible. Le taux d’échec est quatre fois inférieur à celui rencontré par le secteur bancaire traditionnel. Les emprunteurs jouant leur réputation auprès de leurs connaissances, ils mettent un point d’honneur à rendre la somme prêtée. »

/ Keecker, un R2-D2 pour la maison – France Inter
Mon projecteur a des roulettes…

. le Défi Data+
Vous avez jusqu’au 11 février pour participer au défi Data+, un défi de fabrication d’objets connectés, pour rendre tangible la donnée.

. 20+ Open Source Furniture Designs | MakingSociety
Le mobilier Open Source.

. Beats Music va-t-il révolutionner le streaming musical ? | Slate.fr
Beats Music est un nouveau service de streaming musical dont la particularité est de confier la programmation musicale à des humains, à des spécialistes et l’expérience à la mesure du contexte : nos téléphones savent quand on conduit, quand on va à la gym, quand on va se coucher… Et de proposer des expériences musicales adaptées à ses goûts et au contexte.

. Dan Gilbert, le milliardaire qui rachète Détroit – LeMonde.fr
L’autre face de Détroit, la ville privatisée, sécurisée, rachetée, transformée… Un renouveau de Détroit qui masque sa fracture. La petite start-up city que lance Dan Gilbert ne concerne que l’extrême centre… Qu’une partie de Détroit. Celle dont on parle.

. Ils ont réinventé la boîte en carton… et ça roxe ! – Graphism.fr
Deux jeunes étudiants américains proposent de réinventer la boîte en carton, nécessitant moins de carton, plus facile à plier et à ouvrir…

. La lutte contre les inégalités commence dans les crèches | Terra Nova
Pour le Think Tank socialiste, la lutte contre les inégalités commence dès les crèches et l’action de dispositifs permettant à des enfants pauvres d’y accéder et d’y bénéficier d’un suivi de qualité (notamment en matière éducatif) est le meilleur moyen de lutte contre les inégalités à très long terme. Il faut donc développer le nombre de place en crèches pour les plus pauvres et y proposer du personnel compétent, donc cher.

. Hollande devrait-il protéger notre vie privée plutôt que la sienne ? – Atlantico
Depuis l’affaire Snowden, estime Fabrice Epelboin, aucune mesure n’a été prise en faveur de la vie privée. Pire, avec la loi de programmation militaire, elle s’est dégradée : « il n’existe plus, à proprement parler, de vie privée en France ».

Or, quand le président de la République demande à la presse de respecter sa vie privée, comment ne pas constater une différence de traitement entre le politique et le citoyen ordinaire. Le problème est bien de savoir ce qu’il sera fait de la loi de programmation militaire, permettant à l’exécutif de surveiller la totalité des Français, quand Marine Le Pen sera au pouvoir… Pourra-t-elle l’utiliser pour décimer ses adversaires politiques en multipliant les scandales qui font les affaires de la presse ? Le PS n’a pas tiré les leçons des écoutes de l’Elysée et a ouvert une boîte de pandore, qu’il sera difficile de refermer.

« Désormais, la seule et unique façon de protéger sa vie privée repose sur les capacités techniques de chacun » : seuls ceux qui comprennent et maîtrisent les technologies et leurs enjeux seront à même de disposer à l’avenir d’une vie privée.

. Une application transforme votre smartphone en canne blanche – Technology Review
Une application pour smartphone veut aider les aveugles à naviguer à l’intérieur des bâtiments, la où le GPS n’est pas disponible. Les magasins d’applications disposent d’une grande variété de produits pour aider l’accès des malvoyants aux informations : livres audios, jeux fonctionnant sur l’ouïe ou le toucher. L’application développée par l’université de Palerme s’appelle Arianna et fonctionne sur le principe du fil d’Ariane. Elle nécessite d’équiper les locaux d’un scotch ou d’un fil de couleur sur les sols, afin d’aider à la localisation.

. The Day We Fight Back – February 11th 2014
Le 11 février, à l’invitation de l’EFF (et quelques autres) sera un jour d’action et de protestation sur le net contre la surveillance de masse.

. Téléportez vos bras pour manipuler des objets à distance | Passeur de sciences
Pierre Barthélémy revient sur inForm du MediaLab du MIT et conclut : « on a du mal à imaginer l’ampleur du champ d’applications qui s’ouvre grâce à un tel dispositif. » L’internet, demain, servira à transmettre des actions, des mouvements, des déplacements… Bienvenue dans l’ère de la métamorphose !

. Premiers retours du CES 2014 – Olivier Ezratty
« … Les objets connectés présentés au CES par des startups étaient presque tous financés en crowdfunding chez KickStarter ou Indiegogo ! Et ils ont été prototypés dans des fabs labs avec des imprimantes 3D. »

. La géopolitique de la géoingénierie – Technology Review
Qui va contrôler le thermostat de la terre ? Aucun traité n’interdit le génie climatique… alors que faire si un pays génère une sécheresse dans un autre ?

. Secoués par le changement – Technology Review
La technologie réalise-t-elle le progrès ou l’apocalypse ? Peter Dizikes revient sur plusieurs livres récemment publiés sur le sujet de l’impact des technologies… Et nous rappelle que Robert Louis Stevenson s’était exilé dans les Samoa, où il est mort, consterné par les conséquences sociales de la technologie dont il a été témoin lors de ses voyages, notamment la destruction des cultures du Pacifique. Dans « Le triomphe de l’empire humain », Rosalind Williams étudie l’ambivalence de la relation à la technologie de Verne, Stevenson et William Morris. Verne a répondu à son anxiété par l’écriture de fiction où la technologie libère les gens pour explorer le monde. Tous ont expérimenté le changement technologique comme une érosion de leur monde. Ils montrent bien que les deux visions coexistent en nous.

. La prochaine frontière du design : transformer les comportements en temps réel – FastCoDesign
Au CES, la mode est au portable et au connecté. Mais ces petits appareils qui nous mesurent ont un autre but que nous mesurer : changer la façon dont nous agissons. 94Fifty – http://shop.94fifty.com – est un ballon de basket doté d’accéléromètres et capable de vous dire, après chaque lancé, comment vous l’avez lancé. Cette rétroaction instantanée couplée à des capteurs sur le reste du corps pourrait permettre d’analyser le moindre de ses gestes. Pour Sean Madden, la capacité des objets à nous faire changer d’habitude ou de comportement sur l’instant est le prochain Graal.

. La saga Snowden annonce un changement radical… pour le capitalisme – Evgeny Morozov
Les bénéfices des données personnelles pour les consommateurs sont évidents, pas les coûts. ce n’est pas seulement la NSA qui est cassée, estime Morozov, mais, ce qui révèle les abus de pouvoir de la NSA n’est pas un ensemble de cas isolés qui pourraient être corrigés par la mise à jour de quelques lois, par un contrôle plus stricte de l’espionnage, par la construction d’outils mieux capables de défendre notre vie privée ou en rendant les grandes entreprises de technologies plus transparentes… Toutes ces choses peuvent être faites, mais seront-elles efficaces ? Le principal n’est-il pas de trouver les moyens de lutter contre la tendance de fond, à savoir le fait que nos renseignements personnels – plutôt que l’argent – devienne notre principal moyen de payer des services et demain des objets que nous utilisons tous les jours… Ce qui échappe à Snowden, à ses détracteurs comme à ses partisans, est que nous vivons une transformation du capitalisme, où nos données personnelles deviennent le principal moyen de paiement et la démocratie la principale victime. Pour rester pertinent, le débat sur la surveillance doit être lié à un débat sur le capitalisme. Les agences de renseignement espèrent pouvoir un jour classer les enfants yéménites en fonction de leur propension à faire sauter des avions, sans voir que la source de leur mécontentement pourrait être l’utilisation excessive de drones pour tuer leurs parents.

Reste que cette question n’est pas à l’ordre du jour. Il est plus simple pour Washington comme pour la Silicon Valley de croire le récit simpliste qui nous explique que nous avons besoin de nouvelles lois, de nouveaux outils, de plus de transparence.

. Japon : ami à tout prix – LeMonde Magazine
Au Japon, on loue des gens pour passer un moment, une journée… Une dizaine de sociétés proposent ce type de service.

. Les algorithmes de nos vies – The Chronicle of Higher Education
Pour Lev Manovich, le monde est désormais mis à jour en permanence, à l’image de l’algorithme de Google renouvelé 600 fois par an. Le logiciel, en mouvement permanent, est devenu l’interface de notre imagination. Pourtant, les théoriciens des nouveaux médias s’y sont relativement peu intéressé jusqu’à présent, regrette le chercheur, initiateur d’études et de théories sur ce sujet depuis 2001. On trouve pourtant quelques chercheurs sur ce sujet (comme Matthew Fuller), une revue – http://computationalculture.net… L’étude des logiciels demande de nouvelles méthodologies pour analyser des expériences interactives, pour représenter leurs performances, leurs fonctionnalités et leurs intrications… Mais même le code est devenu difficile à étudier. Et le comprendre n’aide pas forcément à comprendre l’expérience que l’utilisateur en fait. Pourtant, il nous faut comprendre les logiciels et leurs actions pour comprendre et discuter de leurs fonctions et de leurs actions sur le monde. Avec http://phototrails.net, Manovich et ses collègues ont visualisé les modèles dans l’utilisation d’Instagram sur 2,3 millions de photos provenant de 13 villes du monde. Si l’utilisation d’Instagram est toujours cohérente, les chercheurs ont trouvé des différences systématiques selon les villes et les cultures, notamment dans l’utilisation des lumières, des couleurs et des filtres : http://firstmonday.org/ojs/index.php/fm/article/view/4711/3698

Comment le logiciel que nous utilisons influence la manière dont on s’exprime, dont on imagine ? Que signifie être citoyen d’une société logicielle ?

. Pierre Rosanvallon : “La démocratie est fragile et la violence ­sociale est toujours plus proche qu’on ne le pense” – Idées – Télérama.fr
« La non-représentation nourrit le désarroi social et une indifférence, voire une haine croissante à l’égard du monde ­politique. Partout en Europe, la montée en puissance du populisme d’extrême droite exprime, en la déformant, une sourde demande de représentation. Si on ne rétablit pas cette demande dans sa justesse, on laisse grossir le fantasme d’un « peuple » uni et en colère face à un monde politique qui l’aurait abandonné. Or ce « peuple » n’est pas un bloc de marbre. Il faut décrire le monde social dans sa diversité. Il en résultera plus de solidarité, car c’est bien l’ignorance d’autrui qui produit la « désolidarité » sociale, en ravalant chacun à un stéréotype : le chômeur assisté, le Rom voleur… »

. Arrêtez de me demander mon adresse e-mail – NYTimes.com
Nicole Perlroth revient sur le vol de 110 millions de profils personnels des clients de la chaine de grand magasin Target – http://www.nytimes.com/2014/01/11/business/target-breach-affected-70-million-customers.html – incluant des e-mail, des adresses, des noms, des numéros de téléphone, ainsi que des informations de paiement pour 40 millions de profils. Nous ne devrions pas donner notre e-mail, nos adresses aussi facilement aux caissières des magasins qui nous le demandent même gentiment, estime la spécialiste de la sécurité du New York Times. Souvent, on nous assure que ce n’est pas pour nous spammer… Mais le problème n’est pas là. Les magasins n’ont pas besoin de nos e-mails ou de nos dates de naissance pour qu’on leur achète quelque chose. Nous savons maintenant que pour Target, comme tant d’autres avant lui et tant d’autres après lui, les données que nous confions à ces magasins ne sont pas en sécurité. Ils ne sont pas plus en sécurité dans un grand magasin ou une grande chaine que dans un petit commerce (au contraire même) parce que la grande chaîne ou le grand magasin aurait plus de moyens à mettre sur la sécurité des données. Aucune entreprise n’est sécurisé. Or nous ne demandons pas aux entreprises si nos e-mails et mots de passe sont cryptés, ni avec quels types de clefs. Nous n’arrêtons pas de faire des affaires avec des entreprises qui ne prennent pas la protection des données au sérieux. Quand on lui demande son e-mail, Nicole Perlroth répond : privacyreporter@stopaskingme.com.

. Que signifient les poussées tarifaires d’Uber ? – NYTimes.com
Annie Lowreyjan revient sur les poussées tarifaires d’Uber, la société de taxi nouvelle génération. Pour un même trajet, la veille du jour de l’an, un taxi normal coûtait 13$ (pourboire compris), quand un voyage avec Uber était proposé à 47 dollars. Le même service. La même quantité de temps. Le même voyage. Et pourtant un différentiel de 3,5 fois le prix. Face aux critiques sur ces poussées tarifaires au moment où les gens font le plus appel à ses services, Uber s’est montré clair, voire cynique : si vous ne voulez pas payer le prix, ne nous utilisez pas. En ayant accès à des données en temps réel sur la demande et l’offre ce qui lui permet d’adapter en permanence ses tarifs. Uber est haut de gamme et coûte généralement environ 50 % de plus que la concurrence locale. Les voitures sont commandées en 15 minutes, vous payez via votre application et Uber garde 20 % du prix de la course pour lui. Lors de la tempête ou des fêtes de fin d’années, nombreux sont ceux qui ont râlé sur les prix pratiqués par Uber. Mais c’est le logiciel qui est programmé ainsi, explique le patron d’Uber. La hausse des prix reflète l’état de la demande et de la disponibilité de celles-ci. Pour Kalanick, la tarification algorithmique bénéficie aux passagers : ils payent plus mais n’attendent pas. Les tarifs des taxis eux sont régulés pour protéger les consommateurs, qu’importe si c’est parfois au détriment du service et du temps d’attente. L’algorithme de Uber tente de maximiser le nombre de voyages, pas les revenus des chauffeurs. Reste que l’opacité de la tarification dynamique, du point de vue du client génère forcément de la frustration et du mécontentement. Uber fini par prendre un risque avec un tel algorithme qui génère de la grogne, et pourrait s’aliéner des clients à long terme. « L’efficacité du marché n’est pas toujours la même chose que le bénéfice des consommateurs ». Il existe désormais des formes sournoises de discrimination par les prix, selon le navigateur internet que vous utilisez, selon votre code postal… et selon les algorithmes qui vous déterminent.

. Comment une agence du gouvernement construit de grands produits web – Matthew Burton
Matthew Burton a été à la tête du Consumer Financial Protection Bureau – http://www.consumerfinance.gov – pendant 3 ans. Maintenant qu’il a changé de poste, il explique à ses successeurs et autres responsables d’agences publiques, comment réussir sa stratégie internet. Leçon n°1 : faites le vous-même. « Si votre mission est de servir le public et si vous externalisez votre production web, alors vous externalisez votre mission ». Leçon n°2 : prenez le temps pour embaucher. Vous devez être constamment en mode recrutement pour rassembler la meilleure équipe possible. Leçon n°3 : Offrez de bons outils à votre équipe.

. Si j’avais un marteau – NYTimes.com
Thomas Friedman revient sur le nouveau livre d’Erik Brynjolfsson et Andrew McAfee : « le deuxième âge de la machine ». Nous voudrions tous nous en prendre à l’automatisation robotique et logicielle, qui après avoir pris la place des emplois des cols bleus, commence à s’en prendre à ceux des cols blancs, explique Friedman. Pour les 2 auteurs, le premier âge de la machine était celui de la machine à vapeur, l’âge où les machines ont remplacé les muscles humains, et où l’homme et la machine pouvaient encore travailler de concert, d’une manière complémentaire. Mais désormais, nous commençons à automatiser les tâches cognitives, à nous reposer sur des machines capables de prendre de meilleures décisions que l’homme. L’homme devient un substitut de la machine. Alors que la machine à vapeur doublait de performance tous les 70 ans, la puissance cognitive des machines est exponentielle… « Mettez tous les progrès ensemble et vous pourrez voir que notre génération aura plus de pouvoir pour améliorer (ou détruire) le monde qu’avant, en s’appuyant sur beaucoup moins de personnes et beaucoup plus de technologie. » Reste que cela nécessite de repenser les contrats sociaux, car le travail est essentiel pour l’identité et la dignité de la personne et de la stabilité sociale. Et les auteurs de suggérer de baisser les impôts sur le travail humain pour le rendre moins cher que le travail numérique, que nous réinventions l’éducation pour faire la course avec les machines, que nous promotions l’esprit d’entreprise, et même garantir un revenu de base à chaque Américain. Nous ne sommes pas seulement dans une crise de l’emploi induite par la récession, nous sommes dans un ouragan technologique qui n’a de cesse de transformer notre société.

. Les Barbares Attaquent
Déjà 13 vidéos de présentation des dirigeants du fond d’investissement TheFamily de Nicolas Colin et Oussama Ammar qui s’attaquent à des sujets tels que le commerce de détail, le luxe, la logistique, le transport, pour, en une heure et soutenus par quelques slides, faire de très belles présentations sur l’avenir de ces secteurs, vu du côté des transformations que l’internet apporte.

. Les frigos, les télés, les machines à laver intelligentes… : un désastre qui attend d’arriver – Ars Technica
Augmenter les objets d’intelligence, c’est aussi augmenter les problèmes, de sécurité, de piratabilité, de mise à jour… « Ces dispositifs seront inévitablement abandonnés par leurs fabricants, et bon nombre de leurs fonctionnalités tomberont en panne… » Netflix et Hulu sont à la mode aujourd’hui, mais demain ? De nouveaux services viendront, et si la gamme de service n’évolue pas, il est peu probable que les technologies demeurent statiques…

. Le capitalisme artisanal – The Economist
The Economist revient sur le succès d’Etsy, créé en 2005, et qui a vendu pour 1 milliard de dollars d’objets en 2013 via sa plateforme (dont il a récupéré 3,5 %). En 2013, 100 000 dessins par mois ont été téléchargés sur Shapeways ou 13 500 créateurs ont ouverts boutique. Sur Etsy, une récente enquête sur 5500 vendeurs américains, révélait que 88 % étaient des femmes et 97 % travaillaient à domicile et que 74 % considéraient leur boutique comme leur entreprise et non des loisirs, 18 % pour qui c’était un emploi à temps plein. Etsy travaille désormais avec Nordstrom, une chaîne de boutique chic, pour vendre les créations en magasin. Ebay s’est mis à vendre des sélections de produits artisanaux… Etsy a récemment permis à ses vendeurs de vendre des produits fabriqués par d’autres entreprises..

. Making It – The New Yorker
Evgeny Morozov, pour le New Yorker, fait une critique sans concession du mouvement Maker. Il en rappelle tout d’abord l’histoire et la fait remonter au début du XXe siècle, avec le mouvement Arts & Crafts, un mouvement de défense de l’artisanat et des réalisations amateurs, sans parvenir à devenir une alternative radicale au travail aliénant des usines, mais plutôt en devenant un loisir de riches. Ce mouvement prônant le retour à l’artisanat a certes dispersé des millions de projets à faire soi-même, mais il a plus favorisé le macramé domestique que l’émancipation des travailleurs. Ce type de mouvement est revenu avec la contre-culture des années 60 : le Whole Earth Catalog de Steward Brand en étant la parfaite illustration. La naissance de l’ordinateur personnel, célébré comme l’outil ultime de l’émancipation ne fait que prolonger le mythe. En 1972, Buckminster Fuller publie Spacewar, un article où il vante les hackers par rapport aux technocrates et planificateurs… L’ordinateur est alors vue comme l’outil de désinstituionalisation de la société.

Désormais, le piratage est partout. Mais ce piratage continue (dans les études, le travail, le bonheur…) consiste plus à jouer avec le système qu’à le casser… A jouer, pour pouvoir mieux s’y intégrer. Il n’est pas étonnant alors que les institutions elles-mêmes proposent désormais des hackathons pour se transformer. Les makers ne sont qu’une nouvelle forme de hackers, de pirates. Kevin Kelly, qui était déjà de l’aventure du Whole Earth Catalog, propose Cool Tools, un recueil de conseils pour pirater et fabriquer son quotidien, proposant des méthodes pour créer des sous-vêtements rafraîchissant ou des lunettes de toilettes chauffantes. « Ce qu’il faut pour être un fabricant est avant tout une carte de crédit », ironise Morozov. Et Morozov de comparer le mouvement maker au mouvement Arts and Crafts : des amateurs qui aiment fabriquer leurs propres jouets. Le mouvement a ses gourous, Anderson et son « Makers », Mark Hatch et son « Maker mouvement manifesto ». Ses plus ardents défenseurs pensent que la fabrication personnelle va détrôner l’influence de la grande industrie… Nombre de contempteurs de la technologie pensent que la démocratisation de l’innovation est un élément clef de la technologie (en oubliant que l’histoire serait différente si des hommes d’affaires et des décideurs n’avaient pas décider d’abandonner le contrôle de l’internet en 1995). Bref, estime Morozov, le mouvement Maker est en passe d’être absorbé par les autorités et les grandes entreprises… Or, les plateformes de promotion des Makers ne sont pas régies par l’égalité des chances, rappelle Morozov. Pour Morozov, le mouvement maker risque d’être condamné pour les mêmes raisons que celles qui ont mis fin au mouvement Arts & Crafts. Si notre imagination technique est à son zénith, notre imagination institutionnelle a calé. Si les pirates ont gagné contre IBM, ils ont perdu contre Google et Facebook. Les technologies sont certes démocratisées, tout le monde a un smartphone dans sa poche, mais nos données, elles, ne nous appartiennent plus.

. Les collectifs numériques, source d’imaginaire politique – Millenaire3
Pour Valérie Peugeot, on ne peut qu’être frappé par la conjonction temporelle de deux ruptures, d’une part l’économie industrielle qui doit se réinventer à l’ère informationnelle par une mutation qui se fait dans la douleur, d’autre part, celle d’une action politique bloquée. L’imaginaire et l’inventivité politique et économique a changé de camp. Et c’est aujourd’hui dans la proximité qu’elles se construisent, autour d’une société contributive émergente… Cette société contributive, cette innovation sociale prend aujourd’hui 4 grandes formes : la première est celle des structures délégatives qui résistent aux nouvelles formes de distribution de pouvoir, ce sont les associations instituées de ce secteur. La seconde est celle des innovateurs sociaux et citoyens qui placent le numérique et la construction du bien commun au coeur de leur activité. La troisième est également digital by desin, mais son identité est radicalement différente : ce sont les acteurs de l’économie collaborative, qui promeuvent des valeurs de partage et d’appropriation (sans se les appliquer nécessairement à eux-mêmes). Le dernier groupe est constitué des acteurs de l’économie sociale et solidaire traditionnelle.

Ces collectifs ne sont pas sans tensions. la première n’est pas entre le marchand et le non marchand. L’économie sociale et solidaire a toujours été dans un entre deux. Mais elle est entre les régimes de propriété, entre régime de propriété et biens communs. La seconde ligne de tension tient à la relation que ces innovateurs entretiennent avec les acteurs publics. Pour certains, l’innovation sociale est un moyen de se substituer à la puissance publique défaillante, pour d’autres, elle participe à de nouvelles formes de partenariats. Mais, si l’acteur public initie quelques rares soutiens, ceux-ci peinent à passer à l’échelle, à devenir « politique publique » à part entière et plus encore à essaimer et mailler les territoires.

. Electric Spaces
Un Tumblr sur comment les gens utilisent les technologies numériques dans la ville…

. La Silicon Valley dévore de moins en moins le capital risque du monde – Quartz
Peu à peu, le capital risque investit ailleurs que dans la Valley.

. Les applications de mémorisation – Wired.com
Kyle Vanhemert pour Wired revient sur Kennedy – http://kennedyapp.com – une application qui enregistre des instants de mémoire. Pas seulement des images, mais également leur contexte, l’heure, la météo, le jour de la semaine, ce que vous écoutez sur votre iPhone, votre emplacement… afin de donner du contexte à votre mémoire.

. Tech Trends 2014 | frog
Frog Design propose ses tendances pour 2014 : l’anonymat va devenir mainstream ; des drones partout ; la déconnexion ; la montée des géants chinois de l’internet ; le contrôle par la pensée ; l’homme augmenté ; les voitures autonomes ; la réappropriation des données par les gens ; la mesure de soi au bureau …

. Le plus grand mythe de l’industrie robotique – IEEE Spectrum
Pour Robert Morris, la robotique n’est pas une technologie à forte intensité capitalistique, c’est-à-dire qui a besoin de beaucoup de capital pour se développer, du fait du niveau d’investissement en R&D et matériel notamment. Pour beaucoup d’observateurs, c’est à cause de cela qu’elle se développe lentement, contrairement à d’autres technologies, comme le web, le ecommerce ou même les biotechnologies. Cela explique aussi le dédain des investisseurs, pour qui la robotique est réputée chère. Robert Morris et ses collègues ont donc fait la comparaison et ont trouvé que les 10 meilleures entreprises de robotique avaient de meilleurs résultats que les sociétés de biotechnologie, les revenus et les bénéfices sont considérables dans ce secteur. Les entreprises de robotique n’ont pas beaucoup de dettes ni de lourds actifs.

. L’école du futur passera par la pédagogie coopérative – L’Express
« Combien de temps faudra-t-il à l’enseignement scolaire, et singulièrement au secondaire, pour le comprendre et pour cesser de n’évaluer que les compétences individuelles ? Pour qu’il apprenne à valoriser les capacités à coopérer, à formuler et à résoudre collectivement des problèmes de tous ordres ? »

. Plus de regards, des drones aux Google Glass – Cyborgology
Robin James pour Cyborglogy a récemment développé le concept de droning pour évoquer la nouvelle forme de panoptisme que prend la surveillance dont nous sommes l’objet. C’est plus une forme de visualisation qu’un regard que les drones, les caméras de surveillance, les Google Glass ou la surveillance de masse opèrent sur nous. Cette nouvelles forme de surveillance ne s’insère pas vraiment dans nos vies, tant que les analyses ne nous identifient pas précisément. Nous ne savons quelles images, quelles données vont être utiles ou utilisées pour nous identifier. La surveillance n’est pas dirigée contre nous précisément, elle est sans perspective, mais elle est en même temps plus précise que jamais. Quand on regarde les commentaires sur Trip Advisor, nous n’avons confiance dans aucun commentaire, nous sommes à la recherche de modèles uniformes dans les commentaires, pour voir si tout le monde pointe le même types de problèmes sur un restaurant ou un hôtel, accréditant alors le problème. Nous sommes nous aussi à la recherche de motifs, de tendances. Le droning, ce « bourdonnement », nous avons besoin nous aussi d’une grande diversité de regards. Le bourdonnement n’est pas intéressé par l’information, par la prolifération… Il a besoin de la multiplication des yeux, des enregistrements omniprésents. Il est un processus autonome, il fonctionne en essaim, en troupeau… Le bourdonnement est le fait de, par et pour le peuple.

. Pourquoi tous vos gadgets pourraient bientôt prendre les commandes vocales comme Siri – Quartz
Comprendre une commande vocale n’est pas si simple, comme le montre la guerre entre Google et Apple sur ce sujet – http://www.nytimes.com/2013/08/22/technology/personaltech/android-vs-siri-the-voice-recognition-sequel.html – rappelle Christopher Mims pour Quartz. Mais Nuance, la société qui fournit la technologie à Siri, propose désormais des licences aux fabricants d’électronique grand public pour accéder à son système de commande vocale dans les nuages. Cela signifie que votre thermostat ou votre voitures, demain, pourraient bien demain accepter les mêmes commandes vocales que votre smartphone. Et les premiers produits arrivent, comme la montre intelligente Omate – http://www.omate.com. L’API de Nuance va permettre de développer des capacités d’assistants personnels partout, estime le directeur marketing de Nuance. Pour rester dans la course engagée entre Google, Apple (qui travaille a sa propre technologie) et Nuance, cette dernière travaille à de nouvelles fonctionnalités, comme la biométrie vocale, permettant à nos machines de reconnaître nos voix, et donc les réglages ou autorisations afférentes.

. De quoi le pouvoir d’agir est-il le nom ? – Millenaire3
Depuis quelques années, les initiatives sociales se réclamant du « pouvoir d’agir » ou empowerment se multiplient estime Manu Bodinier, président de l’Alliance citoyenne de Grenoble – http://www.alliancecitoyenne-ag.org – et d’Azquitaz – http://www.aequitaz.org – une association qui initie des mouvements et des formations pour que les citoyens s’emparent de la justice sociale. Le récent rapport de Marie-Hélène Bacqué (citoyenneté et pouvoir d’agir dans les quartiers populaires : http://www.territoires.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport-participation-habitants_ok.pdf) et leur constitution en collectif national – http://pouvoirdagir.fr – montre que les initiatives s’organisent. Mais peut-on pour autant regrouper sous une même dénomination des collectifs aux motivations très différentes, certaines prônant l’autoorganisation, d’autres la concertation, certaines la prise de parole, d’autre la prise de pouvoir… Reste des aspirations partagées, souvent des méthodologies voire des stratégies communes. Toutes valorisent l’action collective et soutiennent que les problèmes sociaux peuvent être résolus par les collectifs. Comment accompagner ceux qui ne parlent pas toujours à prendre la parole ? L’appropriation du pouvoir d’agir est une notion mobilisée depuis 40 ans, mais qui se développe en France seulement récemment du fait de la récente mise en circulation des apports théoriques et méthodologiques, des difficultés économiques et sociales que rencontrent aujourd’hui une jeunesse formée et cultivée, du fait de l’échec des dispositifs de participation et même des formes traditionnelles de la représentation qui n’ont pas permis de contrer la désaffection des classes précaires, enfin du fait aussi de l’impact des technologies numériques sur la pensée, encourageant le do it yourself et de la publication en ligne.

L’une des questions que posent ces expériences est leur articulation avec les politiques publiques. Contribuent-elles à renforcer les dynamiques de solidarité ou à les affaiblir ? Le pouvoir d’agir renforce-t-il la conception que l’être humain est seul responsable de sa propre vie ? Favorise-t-elle la responsabilisation au détriment de l’assistanat ? Trop souvent la politique incite à des comportements plus rationnels, sans prendre en compte le contexte de vie des gens : on invite les gens à des réunions le soir alors qu’ils n’ont pas de moyens de garde pour leurs enfants, on les invite à diminuer la température de leurs radiateurs, alors que c’est la chaufferie du bailleur qui devrait être réglée… L’enjeu du pouvoir d’agir est d’envisager les individus comme des sujets capables de délibération et d’action, mais aussi comme des sujets des inégalités. Autre question, est-ce que les acteurs du pouvoir d’agir contribuent au détricotage des solidarités nationales en favorisant la servicialisation et l’individualisation des services ? On sait pourtant que ce sont les politiques publiques les plus universelles et les moins ciblées qui luttent le plus efficacement contre les inégalités sociales… L’émancipation peut-elle être seulement locale à l’image de London citizen – http://www.cof.org.uk – décorrélée des politiques du gouvernement Cameron qui pourtant les impactes ?

Ce mouvement a pourtant à apporter aux politiques de solidarité estime Manu Bodinier, « il n’y a pas de solidarité véritable sans confiance ». Les institutions publiques doivent réapprendre la confiance dans la capacité des personnes à faire face individuellement et collectivement aux situations et aux problèmes qui sont les leurs. Or, les politiques publiques ont plutôt tendance « à surveiller les citoyens réduits au statut d’usager, à instaurer des procédures bureaucratiques plutôt que des principes de délibération démocratiques ». « La peur de perdre le contrôle génère des stratégies d’évitement et est déresponsabilisante, tandis que la confiance crée a contrario une dynamique où chacun assume des responsabilités et une part d’autocritique. Il n’est qu’à regarder le fonctionnement de Pôle Emploi, qui signe chaque lettre d’un rappel à l’obligation de se rendre aux rendez‐vous sous peine d’être suspendu d’allocation et qui, par son logiciel informatique contraint, impose mille situations kafkaïennes tant aux agents qu’aux usagers. Pourquoi ne pas imaginer une institution qui proposerait plutôt aux chômeurs de s’organiser collectivement, de prendre conscience de leurs ressources et de faire valoir leurs droits , tandis que la puissance publique s’attacherait à lutter contre les inégalités d’accès à l’emploi ? »

Pour y parvenir, il faut lâcher la posture du « gentil dominant », pétri de la certitude d’agir pour le bien des autres et malgré eux.

. Chiffres : 7 ans d’iPhone et de bouleversements de la téléphonie mobile – Zdnet.fr
Retour en chiffre sur comment l’iPhone a bouleversé la téléphonie mobile.

. Prevue, l’informatique contemplative… – Contemplative Computing
Alex Soojung-Kim Pang revient sur le prototype de Prevue – http://www.newdesignnews.com/article.php?ID=129 – du designer Scott Smith, un écran d’échographie qui se porte tout le temps de la grossesse et qui connecte les parents au foetus, permettant d’interagir avec lui et de l’observer grandir. Un concept qui pose plus de question qu’il n’en résout sur notre rapport à la naissance, à la santé, au monde.

. Le bracelet intelligent Memi qui vous laisse vous déconnecter – NYTimes.com
Sur Motherode, le blog de la parentalité du New York Times, KJ Dell’Antonia revient sur le lancement de Memi – http://www.hellomemi.com -, un bijou pour femme qui permet de configurer son téléphone pour ne recevoir que certaines alertes choisies. Les technologies portables vont-elles nous aider à nous déconnecter ou à mieux maitriser nos connexions et notre rapport à la technologie ?

. 30c3
Un tumblr en français consacré à la synthèse des communications de la dernière édition du dernier Chaos Computer Club…

. CES 2014 : vers l’Internet de tout ! | Meta-media
Eric Scherer dans son compte rendu du CES 2014 s’intéresse à l’internet des objets et plus encore à la démultiplication des écrans… L’avenir sera-t-il pourtant sans écrans, comme l’annonçait le patron de Sony ? Voilà qui expliquerait l’hystérie autour des écrans…

. Crowdfunding sans licences libres = piège à gogos ? – S.I.Lex
La prochaine fois que vous participerez à une opération de crowdfunding demandez-vous si les droits du public sont bien respectés, si les contreparties de votre financement sont équitables, non pas seulement pour vous personnellement, mais également pour le projet…

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