La performance, une norme qui ne vous veut pas que du bien

Stakhanov, vous connaissez surement ? L’ouvrier soviétique qui en 1932 a extrait 102 tonnes de charbon en 6h, soit quatorze fois plus que le quota demandé à un mineur (qui devait donc en extraire tout de même 7 tonnes en 6h). Aujourd’hui, nous savons qu’Alekseï Stakhanov n’a jamais réussi cet exploit seul, mais le pouvoir soviétique avait besoin d’un héros pour galvaniser le peuple, vanter les capacités de l’homme nouveau, l’homme soviétique, montrer l’adhésion des travailleurs au régime et à la construction du socialisme, mais aussi pour avoir une bonne raison pour augmenter les quotas de production au passage. Ce timbre pour fêter les 50 ans du mouvement stakhanoviste disait ainsi : « Hier c’était la limite d’un innovateur, aujourd’hui c’est une norme de travail ! »

Vous êtes-vous déjà demandé ce que pourrait être l’exploit d’un Alekseï Stakhanov à notre époque ? Répondre à 192 000 emails (des vrais, pas l’envoi en masse d’une invitation) en 8h, ce qui ferait 400 mails à la minute ? Développer 76 applications from scratch lors d’un hackathon ? Accomplir 315 tâches sur l’Amazon Mechanical Turk en 24h et gagner 37,5$ ? Passer 3 jours et 3 nuits d’affilée à décortiquer des listings et des tableaux financiers pour finaliser une opération de fusion-acquisition pour une banque internationale ? Faire 7 marathons en 7 jours sur les 7 continents ? Si vous suivez l’actualité de près, vous savez que les 2 derniers exemples sont bien réels, avec des fins plus ou moins tragiques : dans le 1er cas, la mort d’un stagiaire chez Bank of America Merril Lynch qui a refusé d’admettre qu’il était à bout physiquement, dans le 2e des sportifs heureux (dont une non voyante) d’avoir vécu cette expérience exceptionnelle (courir à -30° sur un glacier et sous la chaleur écrasante de Dubaï) ! Ce dernier exemple est un peu à part, car il est hors du champ strictement professionnel, or les exploits sportifs ne manquent pas de nos jours : toujours plus vite, plus haut, plus longtemps… Mais il y a tout de même un lien, que l’on voit dans le cas de ce stagiaire, qui « faisait tout à 100 % (…), poussait la pratique du sport à ses limites, jouait au tennis à un niveau quasi professionnel et pratiquait le jogging de façon intensive » comme l’expliquait un de ses anciens professeurs. Exploit sportif ou exploit professionnel, l’objectif est d’aller au-delà de ses compétences, de ses capacités, de se dépasser.

Et cette pression de la performance ne concerne pas que les actifs, elle concerne aussi les personnes âgées. Il existe ainsi les « Super-Vieux » (Superagers comme les appelle New York Times) : un senior, actif, en bonne santé avec l’attention et la mémoire d’une personne de 25 ans. Pour devenir un Super-Vieux, il faut, selon Lisa Feldman Barrett, professeure en psychologie à l’Université de Northeastern, travailler dur sur des tâches difficiles, il faut souffrir, se faire mal, faire sienne la devise des Marines américains « La douleur est la faiblesse quittant le corps » (“Pain is weakness leaving the body”). Cela signifie que des jeux comme le Sudoku ou les jeux en ligne pour entretenir son cerveau ne sont pas suffisants. Par exemple, le beau-père de la professeure Barrett, 83 ans, ancien docteur qui s’occupe de plusieurs sites internet médicaux, nage tous les jours et joue à des tournois de bridge. No pain, no gain !

Performant partout, tout le temps, même à la maison

La performance est quasiment incluse dans tous les aspects de nos vies, même au sein de la cellule familiale. Cet article de Nadia Daam, publié dans Slate et intitulé « Vous êtes une super maman ? Bravo, mais on s’en fout » revient sur le « Motherhood Challenge » : « En pratique, il s’agit purement et simplement de publier sur Facebook, Instagram ou Twitter, une photo symbolisant son statut de mère et de taguer une ou plusieurs personnes dont on estime qu’elles méritent elles aussi le label «super maman», pour les inciter à faire de même. » Mais en fait « il ne s’agit ni d’un véritable challenge, ni d’une cause à défendre, ni même d’un simple jeu rigolo, mais d’une distribution de bons points entre bonnes mères autoproclamées », créant de fait un « club de supers mamans ».

A la fin des années 90, l’économiste Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS et docteur de l’EHESS, évoquait l’idée d’un « néo-stakhanovisme » pour parler du système moderne de management. L’article « Derrière la souffrance au travail, le délitement des valeurs collectives » le résume ainsi : « Un système dans lequel le travailleur devient l’unique responsable de sa productivité personnelle. Ainsi, le capitalisme contemporain multiplie les injonctions contradictoires, comme « faire vite et bien ». Principale conséquence de cette transformation du travail : une augmentation de la productivité qui se paie par l’explosion des maladies professionnelles et des accidents du travail. » Un collectif faisait remarquer que même dans l’économie sociale et solidaire, les cas d’épuisement professionnel y sont nombreux.

Vincent de Gaujelac, sociologue qui a travaillé sur la question des nouvelles formes de management basées sur les objectifs chiffrés, le burn-out et ce « coût de l’excellence », déclare dans cet autre article de Slate « L’autre burn-out : celui des parents à la maison » : « Cela fait trente ans que je travaille sur l’épuisement professionnel et je constate aujourd’hui que les normes managériales ont pénétré la famille. C’est en vérité un modèle social qui s’impose dans toutes les sphères de la société : il faudrait être performant dans tous les domaines. C’est la nouvelle norme. » C’est donc aussi ça la force du capitalisme de nos jours : nous faire culpabiliser de ne pas assez produire, de ne pas montrer que nous sommes suffisamment actifs, assez performants, que ce soit au travail, dans nos activités sportives, mais aussi à la maison, dans notre vie familiale, vis-à-vis de notre santé, faisant de nous nos propres esclaves.

Des chiffres, des chiffres, des chiffres et un numéro

Dans l’article « Du mythe de la maîtrise de soi à celui du bien-être et de la réussite individuelle », Hubert Guillaud écrivait : « La culture du contrôle de soi, de la mesure, de l’amélioration personnelle, ne nous permet finalement que d’être mieux adaptés aux lois économiques du marché et à la compétition. Le politique s’inscrit dans l’intime. Notre existence devient notre entreprise. »

Le roman de Dave Edgers illustré par Wesley MerrittLe roman Le Cercle de Dave Eggers illustre parfaitement cette idée. Dans ce roman censé se dérouler quelques années après notre époque actuelle, une jeune femme arrive à se faire embaucher dans l’entreprise la plus innovante de la Californie, le Cercle, qui a mis en place le service TruYou, un compte centralisant identité, mot de passe et système de paiement. Ainsi, chacun a une identité unique sur le Web, inchangeable et impossible à dissimuler. Le service met fin au vol d’identité, aux fausses identités ou aux identités multiples. Le succès est tel, que les dirigeants ont pu racheter Google, Twitter et Facebook quelque temps après. Notre héroïne, Mae, intègre donc le Cercle, au service Expérience Client pour répondre aux demandes des utilisateurs. Pour le Cercle, il est essentiel que la satisfaction soit toujours au maximum, donc chaque réponse est notée sur 100 et par exemple si le taux de satisfaction est de 95 %, un deuxième questionnaire est envoyé pour savoir pourquoi la personne qui a répondu à sa demande n’a pas eu 100 %. La place des chiffres dans cette structure qui enregistre tout et conserve toutes les données produites est immense. Après quelques jours dans la structure, Mae cite tous les indicateurs qu’elle peut consulter en temps réel sur ses 3 écrans et son bracelet connecté, dédié à sa santé. Sur les 41 qu’elle cite, il y a par exemple : sa moyenne générale à l’Expérience Client (97), la moyenne de sa dernière journée (99), la moyenne de son équipe (96), le nombre de demandes traitées dans la journée (221), le nombre de demandes traitées la veille à la même heure (219), le nombre de messages envoyés par les autres employés (1192), le nombre de messages parmi eux qu’elle avait lu (239), le nombre de messages auxquels elle avait répondu (88), le nombre d’invitations récentes organisées au Cercle (41), le nombre d’invitations auxquelles elle avait répondu (28), le nombre de personnes qu’elle suivait sur Zing, une sorte de Twitter (10343), le nombre de personnes qui avaient consulté son profil (210), le temps qu’elles y avaient passé en moyenne (1 minute 18 secondes), son rythme cardiaque, le nombre de pas qu’elle avait fait jusqu’à présent (8200), son apport calorique de la journée (le Cercle a un service de santé au travail qui contrôle de très près la santé de ses salariés)…

Mais ces chiffres ont une autre utilité que la connaissance de son activité et de soi, ils permettent également d’établir le PartiRank (pour Participation Rank), qui est le taux de participation à la vie sociale de chaque employé. Il se calcule selon les interactions avec les personnes au sein du Cercle, les échanges, likes et commentaires dans les différentes communautés, internes et externes, la présence sur les réseaux sociaux… Et il permet bien sûr d’établir un classement au sein du Cercle, classement qui est essentiel.

« Mae regarda l’heure. Dix-huit heures. Il lui restait beaucoup de temps pour s’améliorer, et elle n’allait pas en perdre. Elle s’activa tous azimuts, envoya quatre zings, trente-deux commentaires et quatre-vingt-huit sourires. En une heure, son PartiRank passa à sept mille deux cent vingt-huit. Franchir les sept mille paraissait plus difficile, mais à vingt heures, après avoir rejoint onze groupes de discussion et abondamment donné son avis, avoir envoyé douze autres zings, dont l’un d’eux figura dans les cinq mille messages les plus partagés au monde pendant une heure, et s’être inscrite à soixante-sept autres fils de discussion, elle y parvint. Elle atteignit la six mille huit cent soixante-douzième place, et elle s’attela à son CercleInterne. Elle avait une centaine de messages en retard, et elle les parcourut, répondant à soixante-dix d’entre eux environ, confirmant sa présence à onze événements sur le campus, signant neuf pétitions, et postant des commentaires et des critiques constructives sur quatre produits encore en version bêta. A vingt-deux heures seize, elle était cinq mille trois cent quarante-deuxième, et une fois encore, l’étape suivante – la barre des cinq mille – semblait dure à atteindre. (…) Mais elle n’arrivait pas à trouver le sommeil. (…) Elle était déterminée à franchir les trois mille. Ce qu’elle fit, mais il était 3h19 lorsqu’elle y parvint. Pour finir, pas vraiment à bout de forces, mais consciente d’avoir besoin de repos, elle se rallongea et éteignit la lumière. »

Le Cercle de Dave Eggers est bien sûr une dystopie mas elle s’appuie sur des nombreux exemples de notre vie quotidienne actuelle : la notation sur les plateformes numériques comme Amazon, Delivroo ou Uber (une mauvaise note et vous pouvez être déconnecté), le nombre de vues sur Youtube (qui permet de calculer combien Youtube va vous reverser), les KOM sur Strava (qui permet de savoir qui est le “King of the Mountain”, le “Roi de la Montagne” et d’avoir un classement sur n’importe quel segment, en vélo ou à pied), le nombre de likes sur une photo Instagram, … Le score Klout qui mesure l’importance du capital social de l’utilisateur en quantifiant l’activité autour du contenu produit (retweets, mentions, likes, commentaires) est déjà une sorte de PartiRank, sauf que les gens sont notes de 0 à 100.

Que faire contre l’autosurveillance et le perfectionnisme ?

Un débat organisé la semaine dernière par l’émission de France Culture « La Méthode scientifique » avait pour titre « Le numérique fait-il de nous des numéros ? ». En partant du constat que tous nos actes étaient tracés et enregistrés, Benjamin Bayart, co-fondateur de la Quadrature du Net, expliquait que l’on savait depuis plusieurs années que la surveillance de la population, par des États, mais aussi par les plateformes numériques, pouvait induire « un changement dans les modes de pensées, qui ressemble un peu à de la paranoïa.(…). Quand on se sait ou on se sent observé, on est intimement modifiés. » Mais ce phénomène s’observe également qu’en on s’auto-observe. C’est ce qu’a expérimenté Chris Drancy, l’homme le plus connecté au monde qui s’est fait dévoré par ses données, en mesurant toute son activité, en surveillant son comportement, mais aussi en cherchant à le modifier. Par exemple, son téléphone était programmé pour lui envoyer une notification s’il allait dans un fast-food. Et s’il y allait quand même, c’était ses amis qui recevaient des notifications disant : “Chris s’apprête à faire une bêtise. Arrêtez-le ! »

A la suite de Benjamin Bayart, Antoinette Rouvroy, chercheuse au Fonds de la recherche scientifique de l’université de Namur, expliquait qu’en effet la surveillance pouvait générer une sorte de paranoïa, mais aussi « une forme de normopathie, une maladie de la norme : on fait du quantified-self et on n’a jamais assez couru, assez longtemps, pour devenir quelqu’un en bonne santé, qui ne va pas risquer de perdre son assurance à terme, etc.. » Pour autant, la philosophe pense que cette exposition sur les réseaux sociaux n’est pas forcément du narcissisme, de l’exhibitionnisme, mais le symptôme de notre disparition de l’espace public, de notre insignifiance. C’est une « édition de soi », qui nous réconforte, qui nous confirme que nous existons publiquement, même s’il n’y a plus d’espace public. Et pour que les personnes ne soient pas réductibles à des réseaux des données, elle estime que nous devons développer deux capacités : la capacité d’énonciation, c’est-à-dire la possibilité d’énoncer par nous même ce qui nous fait agir, et la capacité de réticence, qui est cette capacité de ne pas faire tout ce dont nous sommes capables, car « tout ce dont nous sommes capables, les algorithmes peuvent le détecter ». Il est selon elle nécessaire de faire reconnaître par le droit cette capacité de résistance, car elle est ce qui nous permet de bifurquer, de changer de voie.

La designeure Femke van Schoonhoven propose une autre possibilité pour aller à l’encontre de cette tentation de la performance et du perfectionnisme. Elle a publié récemment un article « We need more shitty work » (« Nous avons besoin de plus de travaux pourris ») qui part du constat que les sites qui permettaient de montrer des travaux en cours de production (comme Dribble) sont devenus maintenant des sites où les gens ne montrent que de supers projets, qui en mettent plein les yeux. Pareil pour Instagram, qui permettait à ses débuts d’appliquer simplement des filtres sur ses photos et qui maintenant regroupe des photos d’un niveau professionnel. Elle se demande donc où sont passés les sites où l’on pouvait explorer une idée merdique et créer juste pour le plaisir : « Le jeu évoque l’exploration, et c’est ce qui anime la créativité. Nous nous dirigeons vers un monde de perfectionnisme. Je fais référence aux industries créatives, mais ça en concerne bien d’autres (le fitness, la beauté, etc.). Saturer notre métier avec ces travaux d’une si haute qualité risque d’en paralyser plus d’un. Les jeunes designers ont trop peur de partager leur travail, alors ils cessent de créer. (…) Pour chaque grande idée, il y a beaucoup de mauvaises idées, mais cette grande idée passe forcément par l’exploration. »

Dans son article « L’essence du néolibéralisme » Pierre Bourdieu parlait déjà en 1998 du darwinisme moral imposé « partout, dans les hautes sphères de l’économie et de l’Etat, ou au sein des entreprises » et « qui, avec le culte du winner, formé aux mathématiques supérieures et au saut à l’élastique, instaure comme normes de toutes les pratiques la lutte de tous contre tous et le cynisme. » Il rappelait donc l’importance « de forces de résistance à l’instauration de l’ordre nouveau », qui doivent « travailler à inventer et à construire un ordre social qui n’aurait pas pour seule loi la recherche de l’intérêt égoïste et la passion individuelle du profit, et qui ferait place à des collectifs orientés vers la poursuite rationnelle de fins collectivement élaborées et approuvées. » Trouvera-t-on une trace, même minime de cela, dans le programme des candidats qui auront officiellement le droit de participer à la prochaine élection présidentielle ? J’ai comme un doute…

Aurialie Jublin

PS : Cet article n’est certainement pas parfait, aurait pu citer Nietzsche ou Socrate, mais compte déjà 16.575 signes, 23 liens et 10 citations, a déjà connu 3 précédentes versions, et a nécessité approximativement 15h de travail, sans compter les heures de lecture des 510 pages de Le Cercle et les heures de réflexion en marchant ou courant, plus 8 litres de thé (c’est important l’hydratation). J’espère au moins 4.000 vues et 25 retweets/likes suite à l’annonce de sa publication sur le compte twitter d’Internetactu et le mien (je compte sur vous !), mais s’il y en a moitié moins, mon PartiRank s’en remettra !

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14 commentaires

  1. Il aurait été possible de rajouter : le nombre de vues sur un site web, l’impact d’un article par le nombre de citations, la crédibilité individuelle évaluée par la reconnaissance par les pairs… Pour lutter contre ce phénomène, il est indispensable d’être attentif à ce qui ne se mesure pas, à ce qui ne se voit pas. L’effort demandé est considérable, il n’est pas monétisable, et repose sur chacun de nous : cesser le culte d’une apparente puissance/influence qui confine à l’absurde.

  2. ça m’a pris 12 mn pour lire ce papier, ce qui est une performance moyenne, mais a fait refroidir ma tasse de thé.

    Beau boulot ! Qui fait un peu peur !

  3. Cet article aurait gagné à être plus médiocre – d’environ 37,6% – pour mieux illustrer son propos.

    Et puis tout ce blabla n’est pas très convaincant ; j’aurai mieux fait de consacrer ce temps de lecture à gagner des points sur le réseau social de mon entreprise.

  4. Hello aurialie ! Merci pour ce super article ! L’auto-evaluation permet aussi la moderation. Si on est conscient que nos actions sont evaluées par nos pairs, on aura plutot tendance a essayer de faire attention a ce qu’on dit et ce qu’on fait, sur le net et aussi dans la ‘vraie vie’. Du coup ca ameliore le contenu échangé entre les gens -en théorie. C’est en tout cas sur ce postulat que se fondent les sites comme uber blablacar airbnb etc. Trouver une manière d’allier ce systeme d’auto-evaluation permettant la modération tout en evitant les écueils de ce systeme est un peu le graal pour les réseaux sociaux ! Outre le dictaat social de la bonne note, il y a egalement le ‘hack’ qui fausse completement la donne. Que ca soit les ‘trolls’ du net toujours a la recherche de la faille, ou les cabales qui peuvent se mettre en place contre une personne ou un groupe de personnes. Ou tout simplement le hack économique, avec les ‘fermes a clics’ par exemple. Un ami gerant une chambre d’hote m’expliquait que la note sur les sites de réservations faisait varier la visibilité sur une recherche. Une seule mauvaise évaluation et c’est la reléguation en deuxieme ou troisieme page, et une perte substantielle de revenus à la clé ! Donc certains n’hésitent pas à forcer un peu le destin 😉 il y a meme des sociétés qui proposent ce service recouvert sous le très diplomatique sobriquet de Search Engine Optimization.
    La publicité en ligne est un peu le fer de lance sur ces problématiques. Un gros scandale a secoué la planete pub il n’y a pas longtemps également. Des millions de dollars ont ete extorqués aux annonceurs via de faux sites web.

    https://www.google.fr/amp/s/amp.france24.com/fr/20161221-comment-hackers-russes-detourne-millions-dollars-fraude-publicitaire-methbot

    J’imagine que les grosses plateformes ont deja lancé leur contre-offensive 😉

    Bref cette notion d’évaluation est très importante aujourd’hui, et risque de l’être encore plus a l’avenir 😉 Affaire a suivre : Quel systeme d’evaluation pour favoriser les bonnes volontés, l’altruisme et la modération ? N’est-ce pas un peu la quadrature du cercle ? Autre livre de sf tres sympa qui explore cette notion (et bien d’autres!) Dans La dèche au royaume enchanté de Cory Doctorow 😉 Bises les leve-tot (et les couche-tard!)

  5. Merci pour ce très bon travail de synthèse et pour toutes les pistes et lectures pour le compléter.
    Je cherchais des éléments à mettre sur cette culture et ce management de l’auto-responsabilisation et l’auto-surveillance de la performance.
    ça ne sera pas sur Twitter/facebook mais je vais partager cet article avec plaisir.
    Merci.

  6. Intéressant, mais toujours un peu déçu des articles de ce blog à charge contre la performance.
    Celle-ci a aussi des bons côtés : meilleure éducation, meilleurs accès aux soins, meilleure justice, etc.
    Vous prenez à peine le temps de définir en quoi la performance est nocive, ce qui est un cas extrême, et vous enchaînez directement sur les moyens de lutter contre la performance.
    Ne devrait-on pas s’interroger sur un juste niveau de performance ? une performance au niveau des capacités de chacun par exemple ? ou sur la différence entre performance individuelle et collective ?
    C’est un important sujet de société, traité à de nombreuses reprises dans ce blog, mais traité avec un parti pris contestable.

  7. La performance, c’est la version séculière du Jugement Dernier, et ça sert à la même chose : faire que les gens passent leur vie à vous servir, plutôt qu’à la vivre.

  8. Un excellent article, en tout point. Passionnant par son sujet, et instructif par son déroulé.
    Je n’ai rien à lui apporter, car je suis bien trop « d’accord » avec le propos et l’analyse. Du coup, j’ai juste commenté pour ajouter un peu de la data positive au reste. Pour signifier que cette perfection-là me va très bien. Merci pour ce boulot !

  9. Bonjour Aurialie, j’ai lu votre article en 9 minutes 27 et je me suis demandé si, pour aller au bout de la logique, vous ne l’auriez pas écrit en une fraction de seconde car vous n’existez pas, vous êtes un algorithme, un robot des temps numériques. Et puis je me suis dit: non, il est trop bon cet article; il y a encore un espoir…

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