Le retour de la conscience (2/4) : de l’univers computationnel aux futures formes de cognition

Paru chez Springer dans la collection « Frontiers » au printemps 2019, Information-Consciousness-Reality est un livre étonnant à plus d’un égard. Tout d’abord parce que ce livre est en open access et, en plus de la version papier on peut télécharger des versions epub ou pdf. Oui vous avez bien lu, Springer publie des livres en open access ; ce doit être un signe de l’apocalypse ou un truc du genre.

Étonnant, il l’est aussi par son ambition : ce livre ne vise pas moins que proposer un « état de l’art » de notre connaissance actuelle du monde et de nous-mêmes. Agrémenté d’un nombre considérable d’équations (que l’auteur a eu la sagesse de placer dans des rubriques séparées, que j’avoue avoir sautées sans hésitation) et aussi d’une copieuse quantité de citations, le texte est également bourré d’hyperliens internes, qui permettent de naviguer en son sein comme dans un labyrinthe (ce qui, d’ailleurs, rend indispensable la possession d’une des versions électroniques).

Qui est son auteur ? Le chercheur James Glattfelder (@jnode) est apparemment surtout connu dans le domaine de la recherche en systèmes complexes et on peut trouver une vidéo TedX de lui sur les théories de l’économie et de la finance. Il y explore comment le pouvoir financier se retrouve concentré dans quelques mains, non pas en raison d’une quelconque conspiration, mais par le jeu des lois fondamentales de la théorie des réseaux. Mais ce sujet est peu abordé dans son ouvrage (sauf dans un chapitre et surtout à titre d’exemple sur la complexité).

Contrairement au livre de Donald Hoffman présenté précédemment, ce livre ne vise pas à présenter une théorie particulière. C’est plutôt, comme je l’ai dit, une tentative de survol encyclopédique.

Mais le livre n’en propose pas moins une thèse fondamentale (livrée dès le titre Information-Consciousness-Reality) et qui peut être résumée par cette phrase : « pourrait-il y avoir quelque chose que nous ne savons pas encore sur nous-mêmes et l’univers, et dont la connaissance changerait tout ? »

Et ce savoir à acquérir, pour lui, ça ne fait aucun doute, il concerne la conscience et son rôle au sein du cosmos. Mais cela, Glattfelder ne l’explore en fait que dans la dernière partie de son ouvrage. 

Les deux volumes du Livre de la Nature


La métaphore qu’il file tout au long du bouquin est particulièrement éclairante. Il reprend le bon vieux thème du « Livre de la Nature », ces compendium scientifiques médiévaux, mais, nous dit-il, ce Livre contient non pas un, mais plusieurs volumes. Le premier volume s’écrit dans un langage particulier, les mathématiques, ainsi que l’avait compris Galilée. Il couvre toutes nos connaissances en physique et en chimie, depuis la chute des corps jusqu’aux intrications de la physique quantique. Pourtant à un point ce Livre s’arrête. Le langage des mathématiques ne s’applique plus dès qu’on entre dans les domaines du vivant, de l’écologie, de la société, de l’esprit…

il faut alors passer au volume 2, celui qui traite de la complexité. Et là, le langage doit changer. On n’utilise plus les mathématiques, mais l’algorithmie. Le volume 2 du Livre de la Nature s’écrit sous la forme de programmes informatiques.
Mais, précise Glattfelder il existe deux « appendices » qui inversent les langages. Il est possible dans certains cas de décrire des comportements complexes sous la forme d’équations. Et il est également envisageable d’écrire le livre de la physique sous la forme de programmes. C’est la voie suivie par des gens comme Ed Fredkin ou Stephen Wolfram, et d’ailleurs, cette version particulière et marginale du Livre de la Nature va jouer un grand rôle dans la troisième partie du livre.

Tout auteur « sage » se serait arrêté là : ce qui ne peut s’écrire sous la forme d’équations peut l’être sous la forme d’algorithmes, ou le sera un jour prochain ; l’esprit humain est une fonction émergente d’un système complexe ; la conscience est elle aussi émergente, si tant est qu’on tienne absolument à ce qu’elle existe.

C’est pourtant là que Glattfeldder part dans une direction plus sulfureuse. Un interlude entre la deuxième et troisième partie fait l’inventaire de ce que nous ignorons. Et c’est assez clair : en fait nous ne savons pas grand-chose.

« • Pourquoi existe-t-il quelque chose ? Ne serait-ce que la vie et la conscience…
• Que puis-je apprendre, savoir et comprendre de la réalité ?
• Quelle est la véritable nature de la réalité ?
• Quelle est la véritable nature du courant subjectif de conscience que je considère comme étant « moi-même ? »

Rétrospectivement, si l’on se penche sur l’histoire de l’univers en 13,772 milliards d’années, une pléthore de coïncidences a guidé son évolution chaotique jusqu’à ce moment présent. À quoi ressemblerait l’univers aujourd’hui si l’on revenait en arrière jusqu’au Big Bang et qu’on laissait de nouveau les choses s’auto-organiser pour 13,772 milliards d’années ?
Et si l’on recommençait encore une fois ?
En un mot, les plus grands mystères de l’existence sont toujours aussi insaisissables. »

Et Glattfelder d’enfoncer le clou. Nos théories sont incomplètes, notre perception nous trompe (il cite d’ailleurs les travaux de Donald Hoffman, bien que le livre de ce dernier soit paru après le sien), nos biais sont multiples, et bien entendu le « problème difficile de la conscience » est très loin d’être résolu.

Si, comme je l’ai dit, le livre de Glattfelder ne défend pas une théorie précise, il tourne cependant autour d’une idée fondamentale : celle d’un cosmos basé sur l’information, ou pour employer une expression devenue célèbre, « it from bit ».

Un univers fait d’information


Cette idée de voir dans l’information la substance principale de l’univers nous vient, qui s’en étonnera, de la physique quantique. Dans l’article précédent, je mentionnais la théorie favorite de Donald Hoffman, le « bayesianisme quantique », qui postulait que l’univers était la somme des croyances de ses observateurs. Cette thèse est sans doute une variante de l’hypothèse d’un des plus grands physiciens du XXe siècle, John Archibald Wheeler, et sa thèse de l’univers participatif.

Pour Wheeler, en effet, l’univers n’est autre qu’une réponse aux questions de l’observateur. Et « sans questions, il n’y a pas de réponse« . Pour Wheeler, nous explique Glattfelder, le cosmos ressemble à une version un peu « hackée » du jeu des « 20 questions ». Dans sa forme originale, tout le monde connaît le jeu. Un joueur doit poser 20 questions pour découvrir l’identité d’un personnage choisi par les autres participants.

Mais dans cette nouvelle version, à l’insu du joueur, ses interlocuteurs n’ont pas préalablement choisi de personnage à deviner. Lorsque le joueur pose sa première question, on lui répond au hasard. Puis, au fur et à mesure, ses partenaires continuent à répondre de la même manière, avec toutefois une contrainte : il ne faut pas que les réponses contredisent celles qui ont été données précédemment. A la fin des 20 questions, un « personnage » est effectivement complètement décrit, qui n’existait pas au premier abord. Lorsqu’avec nos instruments sophistiqués, nous interrogeons l’univers quantique, nous agissons comme le joueur. Petit à petit, au fur et à mesure de nos questions, nous créons un monde cohérent, mais qui n’était pas là au départ.

Si réellement « It » (la matière), vient du « bit » (l’information), l’univers lui-même devient un gigantesque programme en développement, basé au départ sur un algorithme simple, mais favorisant l’émergence de formes de plus en plus complexes. C’est une idée développée par tout un ensemble de chercheurs en computation. Stephen Wolfram, par exemple, a déclaré une fois qu’à son avis le programme qui a donné naissance à l’univers pouvait ne tenir qu’en trois ou quatre lignes de Mathematica (autant faire la pub de son produit par la même occasion). Et rajoutait-il, ce pourrait être un programme assez peu intéressant. Glattfelder, lui, cite d’autres chercheurs, par exemple la phrase suivante de Seth Lloyd (informaticien quantique que nous avons déjà présenté brièvement pour ses travaux sur la photosynthèse) : « Non seulement l’univers enregistre et traite les informations à son niveau le plus fondamental, comme on l’a découvert au XIXe siècle, mais c’est littéralement un ordinateur : un système qui peut être programmé pour effectuer des calculs numériques arbitraires. »

Ou encore, toujours du même Lloyd : « … la théorie computationnelle de l’univers propose une explication simple et directe sur comment et pourquoi l’univers est devenu complexe. L’histoire de l’univers en termes de révolutions du traitement de l’information, chacune découlant naturellement de la précédente, montre d’emblée les raisons pour lesquelles un univers informatique engendre nécessairement de la complexité. En fait, nous pouvons prouver mathématiquement qu’un univers qui calcule doit, avec une probabilité élevée, donner lieu à un ensemble de structures de plus en plus complexes. »

Cette vision d’un cosmos constitué d’information amène Glattfelder à remettre en question la métaphore qui jusqu’ici constituait la base de son livre : « Peut-être que la métaphore du Livre de la Nature (…) contenant toutes les connaissances du monde – dans un langage abstrait formel – était-elle une pensée erronée. Il semble qu’au cœur de la réalité, nous trouvons un moteur computationnel qui doit être alimenté par l’information. En conséquence, le «Livre de la Nature» devrait être plus proche d’un outil informatique dans lequel sont codés les algorithmes de la réalité. Les « pages » physiques et statiques seraient remplacées par un «affichage» dynamique et fluide. »

Et la conscience dans tout cela ? Pour Glattfelder elle représente l’autre face de l’information. Même s’il ne met pas en avant une théorie particulière, on sent la préférence de l’auteur pour le « panpsychisme » qui associe systématiquement une conscience à la matière, mis à part que chez lui, le mot « matière » gagne à être remplacé par « information ». Il imagine que le monde est un acte de co-création : « les aspects extérieurs de l’information créent les aspects intérieurs et vice-versa – le physique crée l’esprit, qui crée le physique, etc.  »

Vers de nouvelles formes de cognition ?


Jusqu’ici, Glattfelder s’est contenté d’ontologie, et comme dit Hoffman, la science ne se préoccupe pas d’ontologie. Mais il franchit définitivement les limites de la respectabilité en suggérant la possibilité d’accéder à des formes supérieures de cognition, au-delà des modes de pensée rationnels traditionnels de la méthode scientifique. Serait-il possible que notre compréhension du monde puisse s’accroître par l’accès à de nouveaux modes de pensée ? Et comment ?

Glattfelder s’introduit dans un débat assez ancien représenté par deux positions opposées, celle de l’astrophysicien Martin Rees, ancien président de la vénérable Royal Society, et celle de David Deutsch(@DavidDeutschOxf), le pionnier de l’informatique quantique et chantre de la rationalité dans son livre Le Commencement de l’infini.

Grosso modo, Rees pense que notre cognition est limitée et nous empêche de comprendre la nature de l’univers ; une position très bien exprimée il y a longtemps par le biologiste JBS Haldane, qui affirmait dès 1927 que « l’univers n’est pas seulement plus bizarre que ce que nous imaginons, il est plus bizarre que ce que nous pouvons imaginer ». Pour Rees, les êtres conscients de demain, que ce soient des machines ou des êtres organiques, posséderont une cognition plus avancée (on trouvera ici une citation exprimant plus complètement cette idée). A l’opposé, David Deutsch considère les êtres humains comme des « explicateurs universels« . L’intelligence ne se quantifie pas. Dès qu’un être conscient est capable de penser, il entre dans un « commencement de l’infini ». La pensée – et notamment la pensée rationnelle, conduite par la méthode scientifique – ne peut connaître, intrinsèquement, de limites.

On sent bien que Glattfelder penche plutôt pour Rees. Pour lui, la philosophie de Deutsch est au final limitée, ne prenant pas en compte la possibilité de changement radical de la conscience humaine.

« Cette vision spécifique de la réalité et de l’esprit humain proposée par Deutsch est une vision du monde statique. L’intelligence que nous connaissons aujourd’hui existera toujours à l’avenir. Fondamentalement, nous avons atteint le summum de toute compréhension potentielle. Notre cerveau a atteint un seuil lui permettant de sonder la réalité d’une manière qui générera pour toujours des explications universelles au sujet de l’univers et de nous-mêmes.

La possibilité imaginée par Rees est rejetée par cette idée. À savoir que cette intelligence est encore en cours de développement, ce qui entraîne de futures variations que nous ne pouvons même pas imaginer et que la plupart des gens ne pourraient probablement même pas reconnaître. Ou même la possibilité que de futures manifestations de la conscience puissent accéder à de nouveaux domaines de l’existence (…). De nouveaux royaumes de la réalité, auparavant inconnus de la plupart des esprits, attendent d’être explorés. Des réalités qui défient la conceptualité conventionnelle et les modes de pensée traditionnels. Peut-être maintenant l’idée d’une ontologie insondablement plus vaste et plus riche semble moins déraisonnable. Une ontologie qui ne peut être détectée et éventuellement saisie que si notre conscience passe à la vitesse supérieure et accède à de nouveaux niveaux de cognition transcendant les concepts classiques de l’explication, de la compréhension et de la connaissance.

Peut-être que non seulement «l’univers est plus étrange que nous pouvons l’imaginer», mais ce serait aussi, de manière cruciale, le cas de notre propre esprit. Après tout, si Deutsch est prêt à développer son idée d’explications universelles pour y inclure les concepts évolutifs et transcendants de la génération de connaissances, également imputables à l’esprit humain, le conflit apparent peut être résolu. »

En fait, cette idée que « notre esprit puisse être plus bizarre que nous pouvons l’imaginer » est le point clé de la dernière partie du livre. Tout d’abord cela donne à l’argument de Martin Rees une connotation optimiste, qu’on ne trouve pas d’habitude chez ceux qui le défendent (et c’est d’ailleurs ce qui énerve tant Deutsch). En effet, dans la plupart des cas, cela consiste à admettre que l’être humain est intrinsèquement limité et qu’il est donc condamné à être remplacé par des entités plus efficaces généralement d’origine artificielle. C’est un point de vue souvent partagé par les singularitariens adeptes de la superintelligence.

En faisant de l’esprit humain un territoire aussi étrange que le monde qui nous entoure, Glattfelder redonne une dignité à notre esprit. Il permet de récupérer l’idée du « commencement de l’infini ». Mais ce faisant, il entre dans un terrain dangereux et généralement peu apprécié des scientifiques.

Jusqu’à la page 529 de la version pdf, Information-Consciousness-Reality apparaît comme un bouquin de science « normale », même s’il est un peu extrémiste : l’univers participatif, la complexité, les limites de la connaissance, le caractère informationnel de l’univers et même la possibilité d’un panpsychisme, tout cela reste assez fréquent dans la littérature spécialisée. Puis, pouf, c’est quand on atteint la lisière du chapitre 14 que les drogues commencent à agir.

Car à partir de ce point, Glattfelder commence à s’interroger sur ces formes de conscience susceptibles de nous procurer ces nouveaux types de cognitions. Et son intérêt va vers les psychédéliques, les produits comme la psilocybine, le LSD la mescaline, et surtout, le DMT qui nettoient selon lui les portes de la perception, selon l’expression consacrée qu’Aldous Huxley emprunta à William Blake.

Si les hippies des années 60 ont surtout trippé sur le LSD et les champignons, le DMT connait une vogue plus récente. Cette molécule est le composant actif de l’ayahuasca, cette boisson hallucinogène utilisée par les chamans amazoniens, mais elle existe aussi sous une forme synthétique beaucoup plus pure et puissante. C’est aussi le seul psychédélique endogène, autrement dit susceptible d’être produit spontanément par le cerveau. Certains chercheurs pensent que le DMT pourrait jouer un rôle dans le rêve ou dans certains états de conscience extrêmes, comme les expériences de mort imminente (le tunnel avec la lumière au bout et tout ça).

Selon ceux qui l’ont testé, et notamment ceux qui ont reçu de fortes doses par injection, comme les sujets de Rick Strassman, le chercheur qui a publié l’ouvrage de référence sur cette molécule, le DMT se caractérise, par rapport aux autres psychédéliques, par ses visions « hyper-réelles ». L’expérimentateur est persuadé d’accéder à un autre monde et parfois même d’y rencontrer ses « habitants » des « aliens » que Terence McKenna, adepte du néochamanisme fameux dans les années 90, nommait les « elfes-machines ».

Glattfelder rapporte que selon certains utilisateurs, le DMT permettrait de percevoir le « noumène » dont partait Kant, et affirment accéder, grâce à la drogue, à « la salle de contrôle de la réalité ». Et de tels produits pourraient effectivement donner accès à de nouveaux types de connaissance.

Bon, diront certains, tout ça commence à sentir un peu fort l’encens et le patchouli ! Le mélange de physique quantique et de psychédélisme, voire de mysticisme oriental, suggère immédiatement un côté New Age dont on est spontanément enclin à se méfier. Récemment encore, en me promenant dans une grande librairie, j’ai vu un ouvrage sur « la conscience quantique » dont je n’ai guère eu l’envie d’explorer le contenu… Et on ne peut s’empêcher de penser au « webcomic » de Scott Aaronson et Zach Weinersmith qui se termine (ironiquement) par la phrase « Quantum computing and consciousness are both weird and therefore equivalent » (« l’informatique quantique et la conscience sont toutes les deux bizarres et sont donc équivalentes »).

Pourtant avec des bouquins comme celui de Glattfelder (ou celui d’Hoffman, ou encore celui, comme on le verra bientôt, d’Alexander Wendt) on est manifestement un niveau bien au-dessus des publications New Age. Tous ces auteurs possèdent un niveau de rigueur, de connaissances et de références académiques qui méritent qu’on les écoute avec attention.

De fait, cette mise en relation entre physique quantique et conscience possède une histoire assez riche et passionnante et a été défendue par des scientifiques de haut niveau, et s’est particulièrement développée au cours des années 60-70. Comme on va le voir, la contre-culture de l’époque n’a pas seulement joué un rôle dans l’avènement de l’informatique, elle a aussi laissé des traces dans l’histoire de la physique fondamentale. Et ce genre de théorie ne possède pas seulement un passé, mais peut être aussi un avenir, puisqu’elle commence à s’introduire dans certaines réflexions sur les sciences humaines.

Rémi Sussan

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1 commentaire

  1. Très instructif. Merci! Sur les rapports entre information, conscience, univers et évolution, l’auteur que je trouve lutter plus stimulant – même s’il date un peu maintenant – est Claude Tresmontant. La difficulté en effet est de rendre compte de l’accroissement de la quantité d’information dans l’univers au fur et à mesure du temps.

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