Qui je suis

Le principe de Friend of a friend (Foaf) est de publier un fichier, avec des champs normés et interopérables, me décrivant, c’est-à-dire disant aux autres qui je suis. Pour l’instant, les expérimentateurs et le public seront plutôt décontenancés par le résultat et le manque de précision de certaines des balises permettant de me décrire. A l’usage, Foaf est décevant : une fois qu’on a indiqué son nom, prénom, ses coordonnées, ses sites personnels ou professionnels et commencé à établir la liste des gens que l’on connaît, on se dit qu’on est loin d’avoir tout dit de soi. Bien sûr, si l’on suit les spécifications du projet (http://xmlns.com/foaf/0.1), on découvre aussi qu’on peut indiquer ses publications par exemple ou le nom des écoles qu’on a fréquenté… Mais cela ressemble au final encore bien peu à un véritable profil me décrivant. Il y a encore un pas – pas seulement « sémantique » – à franchir avant l’exposition de son « moi » en ligne. Un bon vieux CV, un site personnel ou un profil (http://www.blogger.com/profile/3251852) semblent à ce jour offrir quelque chose de bien plus personnel et souple.

Pourtant qu’on ne s’y trompe pas, il y a là, incontestablement, les premiers éléments d’une nouvelle forme de communication sur soi. Avec des champs de description de données plus précis, plus complets, on voit bien que se dessine là le profil du CV en ligne de demain et certainement un peu plus. Car de par sa structure interopérable, il ouvre la voie à l’échange. Il n’est pas seulement « ma vitrine », mais il est également un véritable outil de communication avec le monde, d’échange avec les autres.

Beaucoup trouverons orwellien le projet même de se décrire sur l’internet, plus encore de permettre à ces données de se parler. Le premier réflexe est certainement de refuser de dire des choses sur soi de peur que d’autres s’en emparent ou les utilisent à notre encontre plus qu’à notre bénéfice. Pourtant, qu’on le veuille ou non, le web est déjà un terrible mouchard. Une simple requête sur Google dit déjà beaucoup de choses de moi, contre mon gré (http://www.google.fr/search?q=%22Hubert+Guillaud%22). Elle rassemble en quelques pages des choses éparses, qu’on ne souhaiterait pas forcément voir corrélées et même pour certaines qu’on voudrait voir disparaître (sans compter qu’elle agrége aussi, dans une redoutable et dangereuse confusion, les homonymes et les propos, pas forcément louangeurs, ou les mensonges des autres à mon égard). Toute personne qui publie la moindre chose sur l’internet est potentiellement « retrouvable » – on trouve même souvent des choses que d’autres ont publiées sous une forme web alors qu’on avait cru s’engager que sur une autre voie (presse, publications au journal officiel, annonces légales…), on peut même se créer des alertes pour suivre l’actualité de certaines personnes, comme le montre une requête sur Google Actualité par exemple (http://news.google.fr/news?q=%22Hubert%20Guillaud%22). Et encore, n’évoquons pas les multiples autres bases de données qui permettent d’en savoir plus sur vous : annuaires professionnels et scolaires, registre du commerce, base d’enregistrement des noms de domaines, etc. Les données disponibles sont déjà récupérables, croisables, utilisables, utilisées et de plus en plus à la portée de tous. A moins d’avoir rigoureusement et schizophréniquement tout orchestré pour disposer d’un double virtuel parfait et absolument décorélé de ma « vraie » identité, force est de constater que nous nous incorporons de plus en plus à la toile. Comme elle est de plus en plus présente dans nos vies, cela semble finalement assez normal.

Bien sûr, cette exposition de soi est tout ce qu’il y a de plus inquiétante. Elle est la porte ouverte à toutes les dérives, à toutes les pertes d’individualité possible, à toutes les manipulations. Cependant, qu’on s’en offusque ou pas, nous nous dédoublons sur la toile. Pour assumer cette identité ou sa perte, je crois qu’il est bien plus pratique de fixer soi-même le repère qu’on souhaite donner aux autres. Au final, assumer, franchir le pas de son VraiNom (http://wiki.crao.net/index.php/VraiNom) sur le net permet déjà à bien des wikistes par exemple d’être maîtres de leur identité. Le projet n’est pas sans risque. Comme le rappelle Laurent Lunati, dans un texte que je vous invite à lire et relire (http://wiki.crao.net/index.php/ViePriv%E9e/Priv%E9VsPublic) : « Cet anonymat est indispensable en ce qui concerne la possibilité de consultation des sites. Il est indispensable que ce qui est d’ordre privé et qui transite par l’espace public qu’est internet puisse rester d’ordre privé. Cependant dès lors que l’on s’adresse au monde entier pour lui délivrer un message ou une information, il devient nécessaire de le faire en tant qu’individu identifiable de façon à donner à son discours la valeur nécessaire à son acceptation et à sa prise en compte. »
Vaut-il mieux être le maître de ce que je dis sur moi, que de confier cela aux autres ? Est-ce que je garde la maîtrise des informations que je divulgue sur moi ou dois-je laisser d’autres les « arranger » à ma place ? Pour ma part, j’ai tranché : http://leromanais.free.fr/2004/05/my-name-is.html. Pour être (« protégé », « considéré », « soi »…), il faut donner [1].

Il manque encore une chose primordiale à Foaf : qu’il permette de spécifier à qui je veux que chaque élément de ma description aille ou soit accessible. Pouvoir spécifier si telle ou telle information est publique ou privée, à caractère familiale ou professionnelle… C’est un autre pari. Souhaitons que Foaf demain le relève.

Hubert Guillaud
(Foaf : http://leromanais.free.fr/hubertguillaudfoaf.rdf )

1.Un peu comme logprotect, ce logiciel destiné à protéger les enfants sur le net, dont le principe est d’y confier toutes les coordonnées de celui-ci (nom, prénom, téléphones, adresses, ville, surnom, nom de l’école…) afin que ces mots ne puissent sortir de l’ordinateur lorsqu’il est connecté à l’internet. Si un enfant par exemple tape son numéro de téléphone, celui-ci est intercepté et aucun ordinateur distant ne le recevra : http://www.logprotect.org

Le principe de Friend of a friend (Foaf) est de publier un fichier, avec des champs normés et interopérables, me décrivant, c’est-à-dire disant aux autres qui je suis. Pour l’instant, les expérimentateurs et le public seront plutôt décontenancés par le résultat et le manque de précision de certaines des balises permettant de me décrire. A l’usage, Foaf est décevant : une fois qu’on a indiqué son nom, prénom, ses coordonnées, ses sites personnels ou professionnels et commencé à établir la liste des gens que l’on connaît, on se dit qu’on est loin d’avoir tout dit de soi. Bien sûr, si l’on suit les spécifications du projet (http://xmlns.com/foaf/0.1), on découvre aussi qu’on peut indiquer ses publications par exemple ou le nom des écoles qu’on a fréquenté… Mais cela ressemble au final encore bien peu à un véritable profil me décrivant. Il y a encore un pas – pas seulement « sémantique » – à franchir avant l’exposition de son « moi » en ligne. Un bon vieux CV, un site personnel ou un profil (http://www.blogger.com/profile/3251852) semblent à ce jour offrir quelque chose de bien plus personnel et souple.

Pourtant qu’on ne s’y trompe pas, il y a là, incontestablement, les premiers éléments d’une nouvelle forme de communication sur soi. Avec des champs de description de données plus précis, plus complets, on voit bien que se dessine là le profil du CV en ligne de demain et certainement un peu plus. Car de par sa structure interopérable, il ouvre la voie à l’échange. Il n’est pas seulement « ma vitrine », mais il est également un véritable outil de communication avec le monde, d’échange avec les autres.

Beaucoup trouverons orwellien le projet même de se décrire sur l’internet, plus encore de permettre à ces données de se parler. Le premier réflexe est certainement de refuser de dire des choses sur soi de peur que d’autres s’en emparent ou les utilisent à notre encontre plus qu’à notre bénéfice. Pourtant, qu’on le veuille ou non, le web est déjà un terrible mouchard. Une simple requête sur Google dit déjà beaucoup de choses de moi, contre mon gré (http://www.google.fr/search?q=%22Hubert+Guillaud%22). Elle rassemble en quelques pages des choses éparses, qu’on ne souhaiterait pas forcément voir corrélées et même pour certaines qu’on voudrait voir disparaître (sans compter qu’elle agrége aussi, dans une redoutable et dangereuse confusion, les homonymes et les propos, pas forcément louangeurs, ou les mensonges des autres à mon égard). Toute personne qui publie la moindre chose sur l’internet est potentiellement « retrouvable » – on trouve même souvent des choses que d’autres ont publiées sous une forme web alors qu’on avait cru s’engager que sur une autre voie (presse, publications au journal officiel, annonces légales…), on peut même se créer des alertes pour suivre l’actualité de certaines personnes, comme le montre une requête sur Google Actualité par exemple (http://news.google.fr/news?q=%22Hubert%20Guillaud%22). Et encore, n’évoquons pas les multiples autres bases de données qui permettent d’en savoir plus sur vous : annuaires professionnels et scolaires, registre du commerce, base d’enregistrement des noms de domaines, etc. Les données disponibles sont déjà récupérables, croisables, utilisables, utilisées et de plus en plus à la portée de tous. A moins d’avoir rigoureusement et schizophréniquement tout orchestré pour disposer d’un double virtuel parfait et absolument décorélé de ma « vraie » identité, force est de constater que nous nous incorporons de plus en plus à la toile. Comme elle est de plus en plus présente dans nos vies, cela semble finalement assez normal.

Bien sûr, cette exposition de soi est tout ce qu’il y a de plus inquiétante. Elle est la porte ouverte à toutes les dérives, à toutes les pertes d’individualité possible, à toutes les manipulations. Cependant, qu’on s’en offusque ou pas, nous nous dédoublons sur la toile. Pour assumer cette identité ou sa perte, je crois qu’il est bien plus pratique de fixer soi-même le repère qu’on souhaite donner aux autres. Au final, assumer, franchir le pas de son VraiNom (http://wiki.crao.net/index.php/VraiNom) sur le net permet déjà à bien des wikistes par exemple d’être maîtres de leur identité. Le projet n’est pas sans risque. Comme le rappelle Laurent Lunati, dans un texte que je vous invite à lire et relire (http://wiki.crao.net/index.php/ViePriv%E9e/Priv%E9VsPublic) : « Cet anonymat est indispensable en ce qui concerne la possibilité de consultation des sites. Il est indispensable que ce qui est d’ordre privé et qui transite par l’espace public qu’est internet puisse rester d’ordre privé. Cependant dès lors que l’on s’adresse au monde entier pour lui délivrer un message ou une information, il devient nécessaire de le faire en tant qu’individu identifiable de façon à donner à son discours la valeur nécessaire à son acceptation et à sa prise en compte. »
Vaut-il mieux être le maître de ce que je dis sur moi, que de confier cela aux autres ? Est-ce que je garde la maîtrise des informations que je divulgue sur moi ou dois-je laisser d’autres les « arranger » à ma place ? Pour ma part, j’ai tranché : http://leromanais.free.fr/2004/05/my-name-is.html. Pour être (« protégé », « considéré », « soi »…), il faut donner [1].

Il manque encore une chose primordiale à Foaf : qu’il permette de spécifier à qui je veux que chaque élément de ma description aille ou soit accessible. Pouvoir spécifier si telle ou telle information est publique ou privée, à caractère familiale ou professionnelle… C’est un autre pari. Souhaitons que Foaf demain le relève.

Hubert Guillaud
(Foaf : http://leromanais.free.fr/hubertguillaudfoaf.rdf )

1.Un peu comme logprotect, ce logiciel destiné à protéger les enfants sur le net, dont le principe est d’y confier toutes les coordonnées de celui-ci (nom, prénom, téléphones, adresses, ville, surnom, nom de l’école…) afin que ces mots ne puissent sortir de l’ordinateur lorsqu’il est connecté à l’internet. Si un enfant par exemple tape son numéro de téléphone, celui-ci est intercepté et aucun ordinateur distant ne le recevra : http://www.logprotect.org

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