3G, notre histoire

La Fing doit un peu son existence à la « 3G ». En 1999, la perspective de nouveaux réseaux et services mobiles, multimédias, convergents, intégrés dans le grand tout de l’internet, annonçait un nouveau cycle d’innovation qui rendait nécessaire une nouvelle forme de mobilisation collective, en faveur et autour des nouveaux services et usages.

Que vous le réalisiez ou non, il est probable que pour le meilleur ou pour le pire, vous deviez à la 3G une part de ce que vous venez de vivre (professionnellement) ces dernières années. Son délire fut celui de tous, ou presque ; sa chute, alors qu’elle n’existait encore que sur le papier, entraîna tout le monde avec elle ; sa (re)construction progressive, jusqu’aux lancements asiatiques (2002) et européens (2004), accompagne celle de tout le secteur, voire, celle de l’image même des technologies de la communication dans l’esprit du public.

Mais durant ces cinq ans, le monde a bougé. L’UMTS n’est plus seul à pouvoir arborer le label « 3G », il est même dépassé par son concurrent américano-asiatique. Les hauts débits ont habitué de nombreux utilisateurs à la connexion continue, à la fluidité et la puissance. Le monde sans-fil s’est rempli de propositions qui répondent à certains des besoins mobiles que l’UMTS était censé satisfaire tous à la fois : GPRS, Wi-Fi, DVB (diffusion vidéo)… Bref, si la 3G demeure nécessaire, il lui faut désormais s’insérer dans un écosystème singulièrement plus dense qu’il n’était envisagé en 1999.

Cette complexification n’a pas seulement des causes techniques. Le statut des communications mobiles a profondément changé. La mobilité ne concerne pas une classe de « nouveaux nomades », mais tout le monde. Elle n’est pas, ou plus, un moment à part dans la journée, dans la vie, mais une composante centrale de la vie urbaine. Même assis, même chez nous, nous voici mobiles ; même en train, nous cherchons à bénéficier d’un environnement de service, de travail… équivalent à celui de nos bureaux, domiciles, magasins. Ce que cherche l’utilisateur, c’est la continuité de ses réseaux relationnels, de ses pratiques, de ses services.
La coupure fixe-mobile n’a pas plus de sens pour lui que la coupure réel-virtuel. Le concept d' »intelligence ambiante » permet ainsi d’imaginer des scénarios où tous les appareils de mon environnement sont équipés de puces, savent me reconnaître et deviennent un peu miens pendant le temps que je passe en un lieu. Certains de ces appareils sont mobiles et m’appartiennent, d’autres non : cela n’a plus d’importance. Le point fédérateur, c’est moi.

Dans une telle perspective, la 3G n’existe pas toute seule. Elle s’intègre dans l’univers et les pratiques de communication des individus, dans un continuum de réseaux, dans un complexe de services multi-accès et multi-opérateurs. Pour réussir, les offres des opérateurs devront associer toutes ces dimensions, et au-delà, dans des « services de continuité » – continuité des réseaux physiques, des relations, des services, des droits. Autrement dit, vendre un pouvoir de communiquer et d’agir, non un réseau.

Daniel Kaplan

Le thème de la « continuité », et bien d’autres, sont abordés dans l’ouvrage Mobilités.net qui vient de paraître aux éditions LGDJ/Questions numériques. Fruit de 18 mois de travail d’un groupe réuni par la Fing et la Ratp, et de l’apport de 72 auteurs venus de 5 pays, Mobilités.net propose un regard complet, pluriel, à la fois prospectif et réflexif, sur notre monde mobile en devenir.
Présentation de l’ouvrage : http://www.mobilites.net/intra/article.php3?id_article=2

La Fing doit un peu son existence à la « 3G ». En 1999, la perspective de nouveaux réseaux et services mobiles, multimédias, convergents, intégrés dans le grand tout de l’internet, annonçait un nouveau cycle d’innovation qui rendait nécessaire une nouvelle forme de mobilisation collective, en faveur et autour des nouveaux services et usages.

Que vous le réalisiez ou non, il est probable que pour le meilleur ou pour le pire, vous deviez à la 3G une part de ce que vous venez de vivre (professionnellement) ces dernières années. Son délire fut celui de tous, ou presque ; sa chute, alors qu’elle n’existait encore que sur le papier, entraîna tout le monde avec elle ; sa (re)construction progressive, jusqu’aux lancements asiatiques (2002) et européens (2004), accompagne celle de tout le secteur, voire, celle de l’image même des technologies de la communication dans l’esprit du public.

Mais durant ces cinq ans, le monde a bougé. L’UMTS n’est plus seul à pouvoir arborer le label « 3G », il est même dépassé par son concurrent américano-asiatique. Les hauts débits ont habitué de nombreux utilisateurs à la connexion continue, à la fluidité et la puissance. Le monde sans-fil s’est rempli de propositions qui répondent à certains des besoins mobiles que l’UMTS était censé satisfaire tous à la fois : GPRS, Wi-Fi, DVB (diffusion vidéo)… Bref, si la 3G demeure nécessaire, il lui faut désormais s’insérer dans un écosystème singulièrement plus dense qu’il n’était envisagé en 1999.

Cette complexification n’a pas seulement des causes techniques. Le statut des communications mobiles a profondément changé. La mobilité ne concerne pas une classe de « nouveaux nomades », mais tout le monde. Elle n’est pas, ou plus, un moment à part dans la journée, dans la vie, mais une composante centrale de la vie urbaine. Même assis, même chez nous, nous voici mobiles ; même en train, nous cherchons à bénéficier d’un environnement de service, de travail… équivalent à celui de nos bureaux, domiciles, magasins. Ce que cherche l’utilisateur, c’est la continuité de ses réseaux relationnels, de ses pratiques, de ses services.
La coupure fixe-mobile n’a pas plus de sens pour lui que la coupure réel-virtuel. Le concept d' »intelligence ambiante » permet ainsi d’imaginer des scénarios où tous les appareils de mon environnement sont équipés de puces, savent me reconnaître et deviennent un peu miens pendant le temps que je passe en un lieu. Certains de ces appareils sont mobiles et m’appartiennent, d’autres non : cela n’a plus d’importance. Le point fédérateur, c’est moi.

Dans une telle perspective, la 3G n’existe pas toute seule. Elle s’intègre dans l’univers et les pratiques de communication des individus, dans un continuum de réseaux, dans un complexe de services multi-accès et multi-opérateurs. Pour réussir, les offres des opérateurs devront associer toutes ces dimensions, et au-delà, dans des « services de continuité » – continuité des réseaux physiques, des relations, des services, des droits. Autrement dit, vendre un pouvoir de communiquer et d’agir, non un réseau.

Couverture Mobilités.net Le thème de la « continuité », et bien d’autres, sont abordés dans l’ouvrage Mobilités.net qui vient de paraître aux éditions LGDJ/Questions numériques. Fruit de 18 mois de travail d’un groupe réuni par la Fing et la Ratp, et de l’apport de 72 auteurs venus de 5 pays, Mobilités.net propose un regard complet, pluriel, à la fois prospectif et réflexif, sur notre monde mobile en devenir.

Présentation de l’ouvrage Mobilités.net

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