« Egocasting » ou sélectivité ?

Dans un long article pour le New Atlantis, « Revue sur la technologie et la société », la chercheuse Christine Rosen décrit longuement la montée de l’egocasting, « la poursuite purement individuelle et extrèmement étroite de son goût personnel », dans des mondes construits par la technologie. De la zapette au magnétoscope numérique, en passant par la télévision à la demande et l’iPod, Rosen décrit un monde d’individus isolés dans leur propre monde, contrôlant totalement ce qu’ils regardent et écoutent, évitant toute exposition à l’imprévu, à la différence ou au conflit.

« Nous ne sommes pas devenus des machines. Nous avons construit des machines qui nous ressemblent. Ce faisant, nous encourageons certaines de nos tendances les moins attirantes : à la passivité de spectateur, à la fuite permanente par le rêve, à l’excès de consommation. Ces impulsions sont immémoriales, bien sûr, mais elles sont désormais extraordinairement faciles à satisfaire. (…) Notre plaisir à contrôler ce que nous entendons, ce que nous voyons et ce que nous lisons n’est pas dangereux en lui-même. Mais ne pas reconnaître les risques potentiels associés à ce pouvoir – l’egocasting, la fétichisation, une vaste impatience culturelle, et le triomphe du choix personne sur toute forme de norme collective – serait particulièrement dangereux. »

Une réponse inattendue est venue de Regina Lynn, qui tient pour Wired une chronique sur le sexe et la technologie, Sex Drive : « Pour chaque exemple d’usage de la technologie comme un moyen de nous séparer les uns des autres, nous en trouvons un autre dans lequel la technologie créer du lien. » Et si, dit-elle, ce que Christine Rosen considère comme un retrait de la société était en fait une manière de survivre à « la cacophonie intrusive de la vie moderne » ?

La conclusion de Regina Lynn apporte pourtant, involontairement, de l’eau au moulin de Rosen :

« Je prefère prendre mes distance vis-à-vis du monde extérieur si cela me permet d’être plus proche de ceux que j’aime. Si le fait d’utiliser mon iPod et d’ignorer les artistes de rues, les terrasses plantées, les graffitis, les touristes européens et les autres merveilles de la vie urbaine, m’aide à regagner ma maison et mon compagnon de bonne humeur, je vais m’assurer que les batteries soient bien chargées. »

Regnia Lynn aurait peut-être mieux fait de citer son article précédent, « La technologie peut-elle remplacer les hommes ?« , qui décrit l’amélioration de la qualité de vie et de la sécurité des « travailleuses du sexe » grâce à la technologie, et qui se conclut sur le « Sinulator« , un appareil qui permet de contrôler un vibromasseur à distance…

Une autre sorte de jeu vidéo...

(Merci à Bruno Marzloff du Groupe Chronos d’avoir repéré l’article de Christine Rosen et le commentaire de Regina Lynn. La suite n’engage que nous !)

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