Génération hypertechno

Dans son enquête Kid’s attitude 2005, l’institut d’études Ipsos dresse le portrait de la « première génération née avec l’internet », celle des 6-14 ans.

L’usage des technologies est omniprésent dans cette génération. Parmi les 6-8 ans, un enfant sur quatre a la télé dans sa chambre, un sur trois possède une console de jeux, presque un sur cinq un ordinateur. Les proportions montent respectivement à 41 %, 51 % et 26 % chez les 13-14 ans. Qu’ils en possèdent une dans leur propre chambre ou non, plus de 80 % des enfants et préados jouent sur une console. 28 % des 6-8 ans et 80 % des 13-14 ans utilisent l’internet.

Pour Rémy Oudghiri, directeur du département « tendances et prospective » au sein de l’institut et interviewé par Libération, cette génération élevée à l’internet et aux jeux vidéo, a de nouvelles valeurs :

« Premier enseignement, la gratuité devient un fait accompli, massif et sans doute irréversible. Elle se pratique dans l’échange de fichiers musicaux ou de films, l’information, la consommation à outrance d’outils de communication en ligne comme les blogs ou la messagerie instantanée. Autre nouveauté, l’absence d’intermédiaires. La communication est directe et instantanée comme à travers les chats, les sites de stars ou de marques, etc. L’information va se chercher directement à la source. Corollaire de ce basculement vers les réseaux comme nouveau média dominant et qui détrône la télévision à partir du collège, la vitesse. Tout va toujours plus vite, plus loin et en temps réel. Enfin ce nouveau monde est celui de la dématérialisation généralisée : dans les relations humaines, la consommation de biens culturels, le troc en ligne, etc. Le virtuel au sens de ce qui se passe sur les réseaux prend autant d’importance que le réel. »

Une tendance qui se confirme même auprès des préscolaires. Wired rappelle également que 33 % des enfants de 3 à 5 ans ont déjà utilisé l’internet et que l’une de leur activité préférée serait d’écrire des mails ou d’envoyer des messages instantanés à leurs grands-parents.

De là à ne voir que les apports positifs des nouvelles technos, il n’y a qu’un pas, que tente de franchir cette étude réalisée par l’organisation non gouvernementale Children’s Partnership. Selon les auteurs, les apports de l’utilisation des TIC pour les enfants permettraient d’améliorer leur santé, leur réussite scolaire et professionnelle et leur participation à la vie de la communauté. Cependant, selon le rapport, les enfants de famille à faible revenus qui bénéficient de l’internet le consomment plus que les enfants de famille à haut revenus et semblent, dans certains cas, s’en servir pour compenser leurs lacunes (via Projet Internet de rue).

S’intéressant à la « crise de l’autorité » souvent pointée du doigt, et dont l’usage des technologies serait à la fois un signe et un facteur aggravant, les sociologues d’Ipsos parviennent de leur côté à une conclusion nuancée : les préados ont gagné « l’autonomie et le pouvoir d’agir », mais ils ne sont « pas rebelles, car conscients que la réussite passe par l’intégration au système », voire même en demande d’une autorité sous la forme d’un véritable « coaching ».

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0 commentaires

  1. aticle très pertinent, explicite et relatant objectivement un état de fait que la société « adulte » tente de minimiser et d’atténuer. La vitesse est devenue le maître mot de nos sociétés et est la conditition de toutes les réussites (scolaire, professionnelle, entrepreunariale, sociale, affective, sportive, reconnaissance…) mais le système de fonctionnement de notre société est-il encore adapté et est-il encore capable de réagir et de réagir de manière lucide, objective, équitable et constructive pour l’avenir ? Les questionnements actuels sur l’avenir d’Internet et plus encore sur les divers réseaux de communication et leurs utilisations sont pertinents en ce sens qu’ils mettent en exergue cette distance qui se creuse davantage de jour en jour entre notre Etat et ses citoyens et surtout avec sa jeunesse qui ne croit plus (et à qui les moyens n’ont pas été donnés de pouvoir y croire) aux valeurs actuellement véhiculées par les gouvernants (politiques, élites de tous genres) incapables d’insufler de nouveaux moteurs de sens collectif et commun.
    Bien à vous et bonne continuation.

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