Les aléas du « projet Jim »

Répondant à la question annuelle de la revue The Edge, dont l’intitulé était en 2007 « Pourquoi êtes vous optimiste« , le généticien George Church proclamait sa confiance dans la possibilité qu’aurait chacun, dès cette année, d’obtenir le séquençage de son propre génome. Ces données, expliquait-il, chacun les partagerait avec autrui pour mieux communiquer sur son identité profonde.

Du point de vue technique, il semble que Church ait eu raison. Le séquençage du génome des individus semble entrer dans une phase de progrès rapide. En revanche, question partage et ouverture, il faudra peut être un peu attendre.

La société 454 Life Sciences a en effet annoncé avoir quasiment terminé le séquençage du génome de James Watson, commencé il y a environ deux ans. James Watson n’est pas un patient lambda : il a obtenu, en compagnie de Francis Crick, le prix Nobel 1962 pour la découverte de la structure de l’ADN. Le secret de la vie, quasiment. C’est aussi quelqu’un de célèbre pour son franc parler, presqu’un punk dans le monde feutré de la biologie moléculaire : pour preuve « La double hélice », son autobiographie fameuse pour son ton provocateur et le peu de respect témoigné envers ses collègues (le livre commence par la phrase : « Jamais je n’ai vu Francis Crick dans un moment de modestie »). Pas étonnant donc qu’il se soit prêté à une expérience qui rende hommage tant à sa réputation scientifique qu’à son goût pour la controverse.

Mais même Watson a ses limites. Très vite, il aurait demandé à 454 Life Sciences de garder confidentielles les données concernant les gènes possiblement associés avec la maladie d’Alzheimer. A l’époque il avait expliqué à ses étudiants qu’il ne souhaitait pas que « soit exposée au monde une maladie dont je ne veux rien savoir » tout en précisant : « Je pense que l’information génétique devrait être gardée secrète. Mais j’ai promis à 454 qu’ils pouvaient disposer de la mienne, même si cela révèle des choses sur mes fils ».

La société 454 Life Sciences tente de réaliser la vision de George Church : rendre accessible à tous le séquençage de son propre génome, en faire tomber le coût à 1000$ environ. Pour mesurer la tâche à accomplir, rappelons que le premier séquençage a coûté environ 500 millions de dollars.

Les résultats concernant l’ADN de Watson devraient être présentées lors d’une prochaine conférence scientifique en mai, puis les données devraient être accessibles sur le site Web du Cold Spring Harbor Laboratory.

Via Technology Review.

À lire aussi sur internetactu.net

0 commentaires

Répondre à Vincent Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *