Concevoir l’interaction dans les classes

Le designer berlinois Henning Breuer, du studio Bovacon, vient de passer 4 mois à l’université de Waseda, à Tokyo, à étudier l’interaction dans les environnements numériques de travail. PingMag, un magazine nippon consacré au design, a fait le point sur son travail et notamment sur ses recherches pour améliorer le tableau blanc interactif et tactile. Pour lui, le constat et clair : « Bien qu’on utilise de plus en plus de dispositifs technologiques à l’école, ceux-ci sont souvent mal intégrés et leurs interfaces mal conçues. Notamment parce qu’ils sont originellement développés pour d’autres scenarios que des processus d’apprentissages : la plupart des interfaces homme-machine qui nous entourent ont été construites sous le paradigme de l’ordinateur personnel. Une interface unique et individuelle : une personne, un écran, un clavier. »

« Or, on a observé que l’usage de tableaux blancs interactifs, par exemple en Allemagne ou au Chili, est totalement chaotique, avec un professeur qui passe sans cesse de son ordinateur au tableau. Sans compter que les profs l’utilisent souvent d’une manière linéaire pour y projeter leurs présentations… La technologie est mal utilisée si bien que l’interaction en face à face est occultée par le professeur qui regarde son moniteur et les élèves qui regardent l’écran. »

Et de proposer de nouveaux environnements où les outils des étudiants communiquent avec l’ordinateur du professeur et le tableau blanc, permettant aux élèves et au professeur de faire interagir leurs connaissances. Mais les efforts à faire sont encore considérables : « L’interface d’un logiciel comme PowerPoint reste toujours la même et ne sait pas s’adapter à l’évolution de mes connaissances ou de mes capacités. Il ne suit pas mes progrès et continue de me prendre pour un utilisateur lambda. C’est cela que nous devons changer ! »

Via Putting People First.

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0 commentaires

  1. Bonjour

    « C’est cela que nous devons changer » : cela résonne comme une formule magique mais nous savons bien qu’il n’en est rien…c’est de changement de paradigmes éducatifs et sociétaux dont nous parlons autant que d’outils et d’interfaces…c’est à mon avis là dessus qu’il faut travailler parallèlement à l’évolution des outils pour que les pratiques et les usages changent ! 🙂 Tout reste à faire dans ce domaine, et je m’y emploie avec d’autres ! Aventure passionnante s’il en est !

    Bonne journée !

  2. « Et de proposer de nouveaux environnements où les outils des étudiants communiquent avec l’ordinateur du professeur et le tableau blanc, permettant aux élèves et au professeur de faire interagir leurs connaissance »…
    C’est aimable, mais seront-ils plus performants que ceux que les constructeurs de tableau produisent déjà ?
    Il existe des tablettes graphiques et d’autres appareils qui permettent l’interaction. Technologiquement, cet aspect a été pensé depuis le début de la diffusion de l’outil TNI.

    Les limites à leur emploi sont :
    – à l’évidence celles de pratiques pédagogiques
    – le coût supplémentaire des ces périphériques pour les institutions qui en ont la charge.

    Enfin, ces observations sont déjà contenues dans le corpus qui a été dressé en France – et à l’évidence ailleurs – lors de l’expérimentation de ces outils dans les classes.

    Les vrais nouvelles contnues dans l’article de PingMag concernent les projets de l’équipe de recherche à propos de :
    – comment se fait l’interaction avec les outils mis à la disposition des étudiants (gesture-based interaction)
    – comment le professeur peut suivre le déroulement des interventins sur son poste informatique.

    Enfin il est fait référence aux travaux de Jeff Han (New York University) relatifs aux interfaces tactiles à contacts multiples (Multi-Touch Interaction Research), dont le futur iPhone d’Apple sera une des premières manifestations concrétes.

  3. bonsoir,

    nous menons au collège un expérience de dématérialisation du classeur de technologie. Nous avons opté pour une clé usb.
    http://martonne.net/npds/sections.php?op=viewarticle&artid=146

    Tous les échanges de production entre le professeur et les élèves empruntent des interfaces numériques.
    Les élèves travaillent en se munissant d’ordinateurs portables en arrivant dans la classe et ont à leur disposition tous les outils de script numérique classiques.

    Cette expérience est mené dans un espace où nous trouvons un tbi, un vidéoprojecteur réseau, un espace numérique de travail appelé bureaux virtuels (espace professionnel pour élève avec : courrier électronique, minimessagerie, forum, téléchargement, webtv, encyclopédie en ligne….)

    la place du tbi dans les objet d’enseignement a évolué avec le temps :
    1. d’abord un outil de démonstration de ressources numériques avec le professeur devant le tbi ou en fond de classe, la place du professeur n’est plus toujours devant le tableau.. la tablette permet un pilotage du fond de classe (si on considère qu’un classe à un devant et un fond, moi je préfère la carré avec la place du prof dans le carré avec les élèves)
    2. les élèves manipulent les objets d’enseignement avec une tablette et un crayon depuis leur place dans une classe qui est organisée en carré
    3. le tbi comme mémoire numérique des travaux élèves, compte rendu, croquis…. on imprime le tableau
    4. le tbi comme assistant de préao…
    5. le tbi comme assistant de présentation de logiciels (là il est imbattable d’efficacité)
    6. le tbi comme outil de présentation collective des travaux individuelles élèves depuis leur portable connectés au vidéoprojecteur, avec introduction de la co évaluation
    7. le tbi comme outil de présentation des travaux collectifs sur forum électronique, rapidité de lecture de toutes les propositions élèves
    8. le tbi paper board numérique…

    autant d’usages qui chaque jour donne une autre valeur aux objets d’enseignement car le tbi devient un espace d’échange des productions élèves et professeur.
    Il devient au fil du temps un auxiliaire au service des apprentissages dans un esprit collaboratif.

    Il reste à développer les outil type wiki où les élèves pourraient participer collectivement à l’enrichissement d’un savoir partagé, et là sans tbi et bien pas de réunion à 29 autour du travail, pas de possibilité d’interaction en temps réel sur le contenu proposé par l’élève…

    et pour conclure, le tbi existera là où des pratiques différentes d’enseignement existeront !

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