Suspects virtuels et autres expériences de sociologie numérique.

image1.gifUn excellent article de Roland Piquepaille nous fait découvrir les travaux étonnants du Virtual Human Interaction Lab (VHIL) de l’université de Stanford, dirigé par Jeremy Bailenson. Cette équipe étudie les rapports sociaux au sein des univers virtuels en 3D, et cherche à répondre à trois questions cruciales :

« Quels sont les problèmes sociaux susceptibles de survenir avec l’emploi de systèmes de communications recourant à la réalité virtuelle (RV) immersive ?

Comment utiliser la RV pour étudier les subtilités de l’interaction face à face ?

Comment la RV peut elle améliorer notre vie quotidienne : quelles pratiques « légales » ou quelles pratiques de communication impacte-t-elle ? »

L’un des projets les plus spectaculaires de ce laboratoire de sciences humaines plus que d’informatique est leur système d’identification de suspects virtuel. Dans ce programme, le « témoin » revêt un casque de RV le plongeant dans une reproduction de commissariat, et voit alors s’aligner devant lui plusieurs « avatars » représentant les suspects du crime auquel il a assisté. Quel avantage par rapport à une situation réelle ? Il est possible de changer et préciser l’apparence des suspects, de les examiner sous tous les angles, voire de les transporter sur le lieu (tout aussi virtuel) du délit, comme le montre cette vidéo (Real Player). Une telle technique pourrait permettre d’éviter les identifications hâtives et le nombre considérable d’erreurs qui surviennent lors de ce genre de procédure, assure Jeremy Bailenson.

Les travaux du laboratoire ne se limitent pas aux enquêtes policières. D’autres recherches sont tout aussi intéressantes. Par exemple, le projet sur « l’effet Protée » étudie l’influence que le choix d’un avatar peut avoir sur notre comportement. Des chercheurs de la même équipe se penchent sur les possibles « cercles vertueux » engendrés par la réalité virtuelle. Avoir un comportement positif dans un monde numérique pourrait se ressentir dans la réalité. De là à dire qu’effectuer « virtuellement » des exercices physiques (vidéo) pourrait nous pousser à nous entrainer pour de bon…

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