Star Wars Kid, l’accident qui révèle l’éco-système

Cette semaine, à l’occasion de la parution du premier numéro des Nouveaux dossiers de l’audiovisuel, publié par l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et réalisé sous la direction de Daniel Kaplan et Frank Beau de la Fing, nous vous présentons un dossier un peu particulier. Cet article, écrit à l’origine pour le dossier de l’INA n’y figure pas. Pourtant, comme vous allez pouvoir le constater vous-même, l’histoire de Star Wars Kid nous apparaît emblématique des transformations radicales que connaît l’internet aujourd’hui. A travers l’aventure tout à fait extraordinaire survenue à un jeune adolescent québécois il y a un peu plus d’un an, Frank Beau décortique avec une certaine acuité le nouvel écosystème de la création contemporaine.

Par Frank Beau

Si la question du piratage des contenus sur internet provoque autant de conflits et d’incompréhensions, c’est parce que le phénomène est nouveau et massif certes, mais surtout parce que l’internet demeure un monde insaisissable et en mutation permanente. Il est difficile de comprendre comment un système aussi vaste et complexe, peut se mettre à fonctionner sans que personne n’en définisse réellement toutes les règles. Or il existe peut-être un biais depuis lequel on peut mieux saisir et éclairer les processus à la fois techniques et humains, caractéristiques de la structure mouvante du cyberespace. Ce biais est l’accident. Voici donc l’aventure tout à fait extraordinaire d’un jeune adolescent québécois, survenue il y a tout juste un an, et qui peut-être marquera l’histoire du peer to peer, de la vidéo sur Internet, et de l’écosystème de la création contemporaine.

Star Wars Kid, anti-héros malgré lui

L’histoire commence au début du mois d’avril 2003. Ghyslain est un jeune élève du lycée des Trois Rivières au Québec. Il se rend un jour dans la salle vidéo de son école avec un bâton en bois, branche une caméra et se filme en train de mimer Luc Skywalker. Pendant près de trois minutes il exécute des arabesques dans cette pièce étroite, dont les murs sont recouverts de draps noirs, tournoyant tel un Jedi en furie. Ghyslain s’en va, et laisse la cassette vidéo sur les lieux. Deux camarades qui passent derrière lui, la découvrent, la regardent, et s’en amusent. Le 19 avril ils décident de la numériser, et de la téléverser sur le réseau d’échange KaZaa. C’est alors que quelque chose d’inédit dans la jeune histoire du peer to peer (P2P) va se produire. La vidéo passe très vite de main en main. Les internautes se l’échangent, pour en rire avant tout. Car Ghyslain encore un peu enrobé et maladroit, ressemble à ces milliers d’adolescents immergés dans leur imaginaire starwarsien, et leurs rêves de héros.

Un internaute a l’idée en regardant cette vidéo, de rajouter les effets spéciaux lumineux et sonores légendaires, de l’épée laser dans Star Wars . On prêtera à Bryan Dube de Raven Software’s cette première transformation. Puis la scène d’anthologie sera habillée avec le générique et la musique des épisodes de la trilogie. Seulement l’affaire ne s’arrête pas là. En quelques semaines des dizaines de variantes de la bande vidéo vont fleurir sur le réseau. La vidéo de Star Wars Kid devient subitement la matière brute d’un exercice de style et de remix mondial. Tout le répertoire du cinéma de genre va y passer. On trouvera des versions de Ghyslain en Bruce Lee, Benny Hill, Néo, Braveheart, Batman, Hulk, et même en pétomane. La communauté se forme portée par l’activité intensive de bloggers, la création d’une variété de sites consacrés au sujet, le fil d’ariane qu’est l’échange de cette vidéo mutante, fonctionnant comme une éponge et un lien intergénérationnel puissant. Mais surtout elle va se souder davantage encore et émerger vraiment, par le biais de l’émotion, au contact d’un facteur humain en réalité, la vie post Star war kid du jeune Ghyslain.

L’adolescent des Trois Rivières est devenu de façon fulgurante une star du web et du P2P, mais en quelque sorte un antihéros malgré lui. Et le moment ne tarde pas à venir, où Ghyslain commence à réaliser ce qui lui arrive. Il fait savoir qu’il a bien du mal à supporter ce qui ressemble tout à fait à une humiliation. Il doit désormais subir les ragots dans son école, sans compter les milliers de commentaires sarcastiques qui fusent sur les forums de discussion de joueurs, de cinéphiles. Informée de la mauvaise réaction du garçon, la communauté Star Wars Kid émergée, décide de faire quelque chose afin de lui venir en aide. Un biologiste de San Francisco appelle un soir Ghyslain et l’interview en français, dans sa langue natale. A ce moment le garçon dit tout de même trouver le phénomène intéressant, mais n’apprécie pas que l’on se moque de lui. Le biologiste parvient à lui arracher cette information : Ghyslain aimerait bien avoir un Ipod. Les internautes lancent alors un appel à contribution, via les sites de Andy Baio (waxy.org) et Jish Mukerji. Les réponses ne se font pas attendre. En quelques semaines plus de quatre cents personnes vont donner de 1 à 500 dollars. Au total 4300 dollars seront réunis, ainsi que divers objets en guise de cadeaux de consolation pour Ghyslain. Bien plus qu’il n’en faut. Seulement entre temps la famille de Ghyslain a saisi la Cour Suprême du Québec et attaque les parents des quatre élèves responsables de la mise en ligne de la vidéo sur les réseaux P2P. Ils réclament 250 000 dollars de dommages et intérêts. On raconte que Ghyslain a dû quitter son école et fait alors un séjour dans un hôpital psychiatrique. L’avocat argue que ce dernier gardera des séquelles à vie de ce traumatisme, qu’il devra même changer de nom, aura du mal à poursuivre ses études et entrer dans la vie active. Les membres de la communauté Star Wars kid émus par le sort de son icône, envoient des centaines de lettres de soutien. “ Ghyslain c’est difficile de le savoir maintenant, mais vois-tu, tout le monde t’envie. Oui, tu es envié. Pourquoi ? Parce que tu as une passion pour quelque chose. Parce que tu n’es pas l’esclave du regard des autres, de ce qu’ils voudraient que tu deviennes. Tout le monde s’imagine dans un film, c’est pourquoi d’ailleurs le cinéma est un tel marché ”, écrit un prénommé Mike sur un forum consacré au jeune Jedi.

Rien à faire. Ghyslain est inconsolable. La communauté décide alors dans un ultime sursaut de lancer une pétition pour demander à George Lucas de lui réserver un rôle dans le prochain Star Wars ! Plus de cent trente cinq mille personnes l’ont signée à ce jour. L’équipe du département des créatures de l’épisode III de la nouvelle trilogie de Lucasfilms soutiendra Ghyslain, mais l’affaire en reste donc là pour le moment.

Depuis lors, l’objet du délit quant à lui, cette créature autonome, continue de circuler sur le web et les réseaux P2P. Plus de cent vidéos différentes de SWK existent, qui ont été téléchargées en quelques mois, près de 15 millions de fois dans le monde, dont plus d’un million sur le seul site du blogger Baio. Chiffres vertigineux pour une œuvre sans aucune valeur, s’il en est.

L’enfant Jedi, révélateur de la nouvelle culture d’échange et de production de l’internet

Ce qui restera donc une saisissante histoire tragi-comique de l’internet de ce début de siècle, est en réalité l’occasion d’une véritable photographie du nouvel écosystème d’échange de l’internet à l’époque du peer to peer. Car si l’on veut prendre la peine de regarder le phénomène sous l’angle économique pour commencer, on constatera qu’une simple bande vidéo amateur, peut donner lieu à plusieurs millions de téléchargements, une communauté, des sites, des blogs, des dizaines de versions du film, jeux vidéo, ASCI-art, icônes, animations, t-shirts, et même string à l’effigie de Ghyslain. Bref tout un merchandising, au second degré certes, mais qui tiendrait parfaitement la route sur le plan économique. Car il y eut au passage, au cœur de ce phénomène, l’apparition d’une chaîne de valeur, d’un univers d’appropriations et d’échanges, déclinable sous toutes les formes imaginables.

Si l’on regarde ce fait divers sous l’angle du piratage et de la copie à présent. Nous avons ici un enchâssement exemplaire de moments de copiage, de plagiat, de « vols » au sens commun du terme, tous plus ou moins licites évidemment. A commencer par Ghyslain mimant les gestes d’un chevalier Jedi, s’inspirant ainsi de l’univers Star Wars. Puis, un second avec la numérisation de ce film et sa mise à disposition sur le web. Un troisième avec la mutation du contenu, qui sera copié, plagié, et contrefait tout en contrefaisant les teasers des films hollywoodiens pris pour modèles. Mais au fond la contrefaçon la plus grave, qui aura fait couler de l’encre dans la presse outre-atlantique, est celle de l’image, et de l’atteinte à la vie privée. « Qu’on me rende ma vie ! » clamera un jour Ghyslain au National Post Newspaper, un quotidien canadien. Le vol d’image constituera donc le principal préjudice de l’histoire.

Si l’on regarde à présent cette histoire sous un angle culturel, on devra noter ceci : en revenant tout à fait en amont, un film comme Star Wars est lui-même le plagiat de contes mythologiques, et orientaux, et plus explicitement du film de Kurozawa la Forteresse cachée. Cette copie de récit, dont George Lucas ne s’est jamais caché, va imprimer la vie d’un adolescent, Ghyslain, jusqu’à ce que ce dernier éprouve un jour le besoin d’expulser cette « énergie culturelle » qui l’habite, ce modèle, cette gestuelle magique, comme sans doute l’auront fait des millions de fans de Star Wars avant lui. Cette expulsion donne lieu à une vidéo, qui engendre ce phénomène de mutation et de propagation, et qui aboutira au final pour que le préjudice moral soit réparé, à ce qu’un public sorti de nulle part demande que le jeune garçon « se soigne » en faisant un séjour au cœur de la fiction porteuse : le dernier épisode en gestation de la Guerre des étoiles . La boucle est alors bouclée. On comprendra enfin ici que le cinéma nourrit les imaginaires, qui en quelque sorte le nourrissent en retour.

Les contenus mutants et la nouvelle écologie symbolique des univers étendus

En croisant ces différents faisceaux d’indices, on pourra s’attarder sur le processus créatif tout à fait étonnant, qui a caractérisé ce phénomène. Car nous avons ici pour la première fois peut-être, l’apparition de ce qu’il conviendrait d’appeler un « objet audiovisuel mutant». Le remix et le sampling étaient déjà caractéristiques de la musique électronique, mais encore du logiciel libre avec l’open source. Or ici c’est un autre signal en la matière qui se présente, qu’il faudra regarder de près si l’on veut comprendre l’évolution de toute la chaîne de valeur du cinéma et de l’audiovisuel, au contact d’internet et en particulier du P2P.

Pour remettre ce processus dans un contexte plus général, le 20 e siècle, a vu l’invention du cinéma et de la télévision et a été une époque d’ensemencement des imaginaires. Des générations entières se sont nourries avec des films, des œuvres, des héros, qui ont été réinvestis par ces nouveaux médias, en prenant leurs sources dans les contes, légendes et mythologies traditionnelles notamment. Nous savons que ces imaginaires ne furent jamais réductibles aux produits et aux productions en tant que tels. Ils étaient donc les moyens pour des symboles venus de très loin, de se perpétuer, d’être cultivés, reproduits et partagés. Ce que le merchandising hollywoodien et mondial a compris depuis bien longtemps en déclinant des marques « à portée universelle » sur tous les supports, ne serait pas seulement la maîtrise d’un processus économique redoutable, mais avant tout un phénomène de « culture » des champs de signes, et ce, au sens d’une agriculture intensive si l’on veut. Ce que l’on appelle aujourd’hui les « cultures de masse », ce serait au fond ces idées, ces imaginaires et référents du moment, enfermés dans les esprits, qui auraient au fond les propriétés de s’échanger naturellement, parce qu’ils font résonner et raisonner des archétypes plus anciens, qui doivent emprunter à chaque époque, leurs langages propres, et qui sans doute demeurent indispensables à la reconstruction permanente des identités. Ces échanges symboliques autour de fictions et de récits, on les observait auparavant laborieusement dans les cours de récréation par exemple. Ils se répandent aujourd’hui sur l’internet, et qui plus est, laissent des traces.

C’est donc parce qu’il y a une culture partagée à la base, qui demande sans doute à s’exprimer sur des supports (en s’expulsant comme dans Star wars kid par le biais de transes), que l’apparition d’un objet mutant devenant réceptacle de cette expression, est possible. Là où certains voient un déclin dans ce processus ou encore un tarissement, il y a aussi, déclinaison et fertilisation des espaces fragiles d’expression commune (appelés aussi Culture pour faire compliqué), l’internet prolongeant ainsi dans cette histoire les univers précédents en devenant un terrain où ces choses communes se recombinent à nouveau.

A présent, si l’on veut tirer une leçon de cette histoire, pour la rapporter au phénomène dit de « piratage » des contenus, on pourra suggérer qu’une œuvre est une entité, dont la vie s’exprime en réalité au cours de son propre processus de réception et des échanges possibles qu’elle suscite. Une création contemporaine à laquelle on supprime ses propriétés naturelles d’exégèse, de réplication, d’extension de son domaine imaginaire, n’est-elle pas tout simplement appelée à mourir ? Le débat reste ouvert bien entendu. Mais à l’opposé, à partir de l’exemple de ce morceau de film brut et sans valeur (tout le contraire de la définition de l’œuvre s’il en est), il peut exister un autre point de vue selon lequel, semer une production en gestation sur internet c’est lui donner vie dans l’acte même de l’échanger, de la commenter, de lui consacrer du temps, de la faire muter, de l’habiller avec les cultures, et donc de faire apparaître son amplitude, et l’écosystème symbolique original et constituant, qui peut-être l’accompagne.

Aussi, le problème des industries culturelles à l’époque du numérique, ne serait donc pas dans la menace représentée par la propagation des copies sauvages, mais dans la grande difficulté que les infrastructures marchandes d’échanges symboliques, ont de transformer leurs ressorts économiques et de maîtrise des mécanismes de reproduction de l’objet, pour les ajuster à ces nouvelles modalités de production et d’échanges dans le cyberespace. Ces dernières s’inscrivent bel et bien dans un espace-temps écologique différent, à partir des usages de l’internet et des technologies numériques. Certes, tant que la récupération du « jus » de l’œuvre est possible à travers le merchandising et les « retours directs sur semence » permis par les accès payants au produit, tout est pour le mieux. Mais lorsque les débordements de cette production ne sont plus maîtrisables par ceux qui ont libéré « l’objet culturel » dans la sphère d’échange pour le faire muter, ou le faire participer à des mutations culturelles indispensables, des questions lourdes se posent nécessairement, et des équilibres d’écosystèmes économiques et politiques paraissent menacés.

Dans l’ombre du piratage, c’est donc comme on le pressent depuis quelques temps déjà, la mutation d’un système technique et symbolique tout entier qui se profile. Le cyberespace fonctionnerait peut-être comme un champ ou un jardin à perte de vue, sur lequel des graines d’idées, d’oeuvres, de produits en tous genres, peuvent germer pour faire resurgir ou simplement révéler les imaginaires communs en demande d’expression, et en recherche de langage. C’est pourquoi la suggestion suivante pourra surprendre, mais l’enjeu à propos de cette situation de « crise » des industries culturelles, ne serait pas seulement dans la régulation des échanges marchands entre les partenaires habituels de la chaîne de valeur, mais plutôt dans l’acceptation collective d’une nouvelle philosophie d’exploitation des fruits issus des productions elles-mêmes. A condition de comprendre, que la production de valeur ne se situe plus (à travers le modèle entrevu plus haut) dans la logique d’accès au produit, mais dans les services créés autour de la transmutation des œuvres et des signes sur des supports capables de les étendre, de les recombiner, de les faire muter et grandir à partir de ce rien qu’est la graine d’oeuvre en théorie. Or, nous voyons aussi avec l’accident « Star Wars kid », que l’internaute est le principal acteur de ces transmutations. Ce dernier a au cours de cette dernière décennie assimilé des processus et des techniques qui étaient jusqu’alors le privilège des industrieux. Il peut être un technicien d’effets spéciaux, monteur, producteur, éditorialiste, animateur de communauté, et par dessus tout, distributeur de contenus. Des dizaines de millions de téléchargements pour une série de vidéos que personne n’a décidé de produire, il y a quand même quelque chose d’étrange là dessous.

Car en suivant le fil de ce raisonnement, nous aboutissons à un postulat non moins extraordinaire que le fait divers précédemment évoqué : en effet contre tous les modèles attendus et envisagés, l’internaute ne jouerait plus le rôle de simple « consommateur » capable de recevoir un produit, ou d’interacteur (ce qui ne veut rien dire), mais passerait dans la classe « ouvrier » (au sens de celui qui participe à l’œuvre collective). Et pour pousser un peu le bouchon il deviendrait au regard des usages du moment (le P2P), le prolétaire du cyberespace, dans le sens bien sûr tout à fait étymologique du terme de celui qui fait proliférer les dites œuvres. Une question digne d’un choc de système se pose alors : qu’en sera t-il lorsque cette masse de cerveaux récepteurs désormais capables non seulement d’enregistrer et en plus d’écrire, pensera à réclamer sa place au sein d’un nouveau contrat social et culturel, incontestablement en train d’émerger ?

Pour aller plus loin …
La pétition pour que Ghyslain tourne dans Star Wars III
Des sites consacrés à STW :
Undercover Star Wars Kid
JediMaster
Les vidéos

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9 commentaires

  1. A l’origine de mon arrivée sur cette page, la banale envie de trouver un rapide résumé de l’aventure de Ghyslain, et ce afin de le « linker » à ses vidéos que je comptais rendre disponibles sur mon blog.
    Une fois rendu sur cet article, je me mets à le parcourir en diagonale afin de m’assurer de sa fidélité avec l’histoire telle que je la connais… et au fur et à mesure que je progresse je m’aperçoive que cet article traite de choses nettement plus « profondes  » et que mieux encore il s’agit là de la formulation quasi parfaite d’’un discours dont j’avais du mal a faire passer la substance à mes congénères. Alors MERCI à Frank !! Ton article est une petite oeuvre d’art !

  2. Toujours autant de racisme envers les gros à ce que je vois c’est une honte
    Moi aussi j’aime star wars. J’ai fait la même chose avec un manche à balai sans penser à me filmer, car j’ai passé l’âge.

    Venika

  3. Juste une chose qui m’a titillée : c’est la ville DE Trois-Rivières, et non DES T-R. 😉

    Bravo pour cet article sinon. Plein de bon-sens.

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