Notre mobile : où l’emmenons-nous, comment et pourquoi c’est important

Jan Chipchase, chercheur chez Nokia, vient de publier une nouvelle étude, réalisée avec ses collègues Cui Yanging et Fumilo Ichikawa, basée sur des données collectées auprès de quelques 1549 personnes, recueillis dans 11 villes et sur 4 continents entre 2003 et 2006.

L’étude (la présentation en .pdf) cherche à comprendre pourquoi, comment et où nous emmenons nos mobiles, quelles sont les raisons qui nous font emporter sur nous tel ou tel autre objet, en s’intéressant aux différences de pratiques entre hommes et femmes, et entre les cultures.

L’étude rapporte ainsi que 60 % des hommes portent leur téléphone dans la poche de leur pantalon et que 61 % des femmes le mettent dans un sac à main, ce qui a pour conséquence qu’en moyenne, 30 % de ceux qui le portent dans leur poche et 50 % de celles qui le portent dans leur sac n’arrivent pas toujours à répondre à temps à un appel. L’endroit où l’on porte son téléphone est déterminé d’abord et avant tout à la fois par des questions de commodité et par une volonté de le protéger des dommages, d’une perte ou d’un vol. L’usage d’une pochette pour mobile qu’on accroche a sa ceinture est différemment répandu à travers le monde (inexistant sur les 61 hommes interrogés à Tokyo) et semble devenir plus populaire avec l’âge, peut-être parce qu’elles sont souvent perçues comme assez inesthétiques.

Exemples de façon de porter son mobile à travers le monde

La propension à utiliser une protection sur son mobile varie également mais est souvent motivée par un désir de prolonger la vie de l’objet et de le protéger de la poussière et des éraflures. L’adoption d’une dragonne varie considérablement entre le reste du monde et l’Asie où elle est perçue comme une mesure facile de protection contre le vol ou la perte. Les asiatiques ont tendance à personnaliser la dragonne, non seulement pour faire joli, mais aussi pour le retrouver plus facilement dans son sac à main par exemple.

L’usage de portes-monnaies ou de de bourses varie considérablement selon la situation : 98 % à Tokyo, 54 % à Pékin, 35 % à Ji Lin (en Chine). La principale raison à ne pas en porter est qu’ils sont souvent perçus comme une cible idéale pour les voleurs. Le porte-monnaie devient souvent indispensable quand il sert à transporter plusieurs objets : carte de crédit, carte d’identité, etc. Pour les habitants des villes les plus pauvres, l’absence d’usage de porte-monnaie n’est pas tant le fait d’un manque de monnaie, que du fait que ceux-ci sont désormais conçus pour porter des cartes de crédit dont ils n’ont pas l’usage.

Ces 10 dernières années, conclut Jan Chipchase, ont vu la convergence de multiples fonctionnalités dans un simple appareil – radio, télé, musique, appareil photo, GPS… Chaque nouvelle fonctionnalité créé de nouvelles modalités d’utilisation qui, subtilement ou drastiquement, changent notre façon de porter et d’interagir avec nos téléphones. Comment le fait d’avoir un appareil photo dans nos mobiles change-t-il la façon dont nous l’emportons avec nous ou pas ?

Selon lui, nous arrivons à un point où, grâce à la miniaturisation, à la flexibilité des composants et aux économies d’échelles, la « déconvergence » des fonctionnalités du mobile va pouvoir faire sens. Comment (et faut-il) concevoir un objet où 100 % des communications parviennent à leur destinataire ? Trouver une solution de conception ergonomique pour ne plus rater d’appels a-t-il un sens si on ne cherche pas à résoudre des questions de filtrage des appels, de prioritisation ou de prise en compte du contexte d’usage ?

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1 commentaire

  1. Tout à fait d’accord avec la prise en compte du contexte dans le transfère des appels.
    Je ne pense pas qu’il faille concevoir un objet où 100% des communications parviennent à leur destinataire.

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