Une révolution dans la lecture à l’écran ?

Par le 15/05/07 | 8 commentaires | 2,707 lectures | Impression

figure1.jpg Une petite startup américaine, Walker Reading Technologies, a mis au point un procédé, qui, si leur théorie se vérifie, pourrait bien changer la manière dont nous abordons le texte électronique, et même le texte tout court. Leur travail part du fait que notre oeil n’est pas conçu pour la lecture : le coeur de notre champ de vision, la partie la plus nette, est de forme circulaire, alors qu’un texte est linéaire, qu’il soit écrit de gauche à droite, comme dans nos contrées, de droite à gauche ou même de haut en bas. En conséquence, lorsque l’oeil balaie la page, il reçoit également des informations venues de la ligne inférieure et supérieure, des données en trop qui forcent le cerveau à faire un tri et se débarrasser de ces parasites. Un tel problème se pose bien sûr depuis la nuit des temps. Le texte électronique reproduit ce défaut, ce qui fait du texte à l’écran un succédané de mauvaise qualité de son équivalent papier, alors qu’en réalité sa lisibilité pourrait être bien meilleure.

Les chercheurs de cette société ont donc réfléchi à des algorithmes permettant de “casser” des phrases en fonction de leur syntaxe, pour les afficher sous la forme de “cascades”, chaque ligne ne comportant que quelques mots et démarrant en un point spécifique de la feuille, ce qui donne au texte l’apparence d’un poème (voir la vidéo).

Ce mode de lecture se révèlerait bien plus reposant pour l’oeil. Selon leur étude, les tests ont montré que la facilité de compréhension des textes était fortement améliorée, y compris pour les étrangers. Les gens ne lisent pas vraiment plus vite, mais il comprennent mieux ce qu’ils lisent sans y consacrer du temps supplémentaire.

La compagnie diffuse cette technologie, nommée Live Ink, par l’intermédiaire de logiciels destinés au grand public ou sous forme de licence auprès des grosses sociétés se lançant dans l’édition électronique. Elle a présenté ses dernières recherches ce mercredi 9 mai lors de la conférence Digital Books 2007 qui s’est tenue à New York.

Via Slashdot et VentureBeat.com.

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Rétroliens

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7 commentaires

  1. par Sophie

    La vidéo n’explique pas le principe mais les particularités du logiciel. Le site http://www.liveink.com/ en dit plus long. Ceci dit ce nouveau principe d’affichage d’un texte présente en effet surtout l’avantage d’aider les personnes qui apprennent une langue, car c’est la structure grammaticale qui est mise en évidence. Par contre la quantité de mots disponibles sous les yeux est réduite. On gagne la structure de la phrase mais on perd la structure des paragraphes et des titres qui donnent pourtant aussi des informations sur le contenu. On peut se demander quel public est visé.

  2. par mikael

    je pense que c’est un principe interressant, mais plus dans une optique d’apprentissage effectivement. car lire un livre sous cette forme ne doit pas être plaisant, car on perd un peu la notion du contexte je trouve.
    en revanche pour des explications formelles cela peut etre plus utile car les liens cause conséquences ressorte de façon interressantes. c’est à mettre en relation avec les concept map utilisé par nos amis néerlandais pour les cours. (selon mon point de vue en tout cas) on facilite la création de schéma et ainsi la mémorisation à long terme. à méditer pour les application de e-learning par exemple.( avis de cogniticien)

  3. Bonjour,

    Je rejoins ce qui a été dit dans les deux précédents commentaires, cette technologie écarte tout ce qui est contexte et paratexte, or lorsque l’oeil balaie l’écran il enregistre aussi tous les éléments hors texte qui ont leur importance. Voir tous les travaux sur l’usabilité et l’ergonomie d’un site…
    Par ailleurs j’utilise ce procédé en poésie, qui est alors dicté par le rythme propre de la phrase, où chaque césure correspond à une intention, voire à la respiration, ce qui est loin d’être le cas dans la technologie en objet.
    Je pense que l’utilisation demeurera restreinte, dans le cas d’un apprentissage, comme déjà évoqué, mais sûrement pas pour un grand public.
    Jean-Marie

  4. par tef

    Je rejoins les avis ci-dessus et m’étonne de l’analyse de départ.
    “lorsque l’oeil balaie la page, il reçoit également des informations venues de la ligne inférieure et supérieure, des données en trop qui forcent le cerveau à faire un tri et se débarrasser de ces parasites”.
    Moi j’en étais resté à l’idée que les informations que l’oeil chope autour de la ligne sont justement le support d’une lecture fluide. On lit d’autant plus facilement que l’on a déjà “reconnu” le texte avant.
    Et à ma connaissance le parcours d’un oeil pendant la lecture n’est pas linéaire (petits sauts de puces concentrés sur une seule ligne), il se balade bien davantage. Et c’est là un fonctionnnement naturel de l’oeil : il voit bien au-delà du point sur lequel il se focalise. Et heureusement.

  5. par Klaus

    Le fait que la définition du «doctor» a été montrée d’une manière traditionnelle prouve l’incohérence des réalisateurs de ce programme. S’ils croyaient que cet «arangement» aide, ils auraient organisé les définitions de la même manière.

    Je pense que c’est juste un tour bon marché pour faire l’argent – l’humanité lit les textes carrés d’un-page pendant 3000 années, et vient ici « Walker Reading Technologies» et fait une révolution de lecture… Give me a break!

  6. Libération revient sur l’innovation de Randall Walker et l’interviewe.

  7. Merci beaucoup pour tous ces responses, bien or pas tellement bien.

    Permettez-moi, s’ils vous plait, ecrire quelques mots en anglais.

    After 12 years of R&D, almost all funded with personal savings, borrowing one’s own inheritance, and that of one’s own children, all to retain an engineer to write this syntactic parsing code, I can assure you this has not been a “get rich quick scheme.”

    I was helped, finally, after 6 years, by a grant from the United States Department of Education, which enabled me to conduct a very broad, year-long validation study in over 500 students ages 12 through 17, with the study itself being conducted under the supervision of a leading university here. Another researcher, Charles Vogel, PhD, has also received a doctoral degree based on evaluation of this method to improve reading.

    The real work of the parsing engine is, as has been noted by some of the commentators, on a syntactic level. To the extent that some of the work of reading is syntactic interpretation, and to the extent that providing cues to syntactic structure might aid readers and enable them to then apply their cognitive resources to higher-order tasks in understanding and remembering the text, and to the extent, finally, that our parsing engines are indeed able to extract and represent such syntactic structure with a fair amount of accuracy – then, this method should help some readers, with many of the texts they read.

    It is not meant to replace all text. The software is simply a tool – which readers use when and if they feel it would help them. The parsing engine operates on any digital text (in English) and converts the text in real time, on-demand.

    There are indeed, many issues on how to integrate this new format with other elements of a document. For example, we alternate color background to denote changes in paragraph. Some of the newer methods that facilitate orientation and navigation through electronic documents in general (such as drop down menus, and point-&-click table of contents) are especially helpful for reading longer documents formatted in Live Ink. The method has already been successfully integrated into online electronic textbooks used in US schools, and received a Distinguished Achievement Award from the Association of Educational Publishers for this overall, finished reading product.

    With regard to the formatting of the definitions; these are taken directly from public domain electronic dictionaries. We could have applied some of our algorithms to formatting these definitions. But as you know, dictionary entries are highly structured, and do not generally use complete natural language sentences. Our formatting is primarily for longer passages of true prose, and achieves its best effects with long, technical expository content (e.g., history textbooks).

    Merci, encore, pour votres mots.

    Randall Walker