UPFing07 : Construire la 27e Région

La couverture du livreEn conclusion de l’ouvrage Le défi numérique des territoires (Amazon, Fnac), l’Association des Régions de France (ARF) a souhaité réfléchir au scénario de la 27e Région. Une Région « supplémentaire » et virtuelle, qui se présente comme une initiative originale et réelle, un laboratoire pour penser et préparer l’avenir des territoires à l’heure de la civilisation numérique.

Un projet à nourrir
Depuis plus de 10 ans, les collectivités ont investi pour réduire la fracture numérique, développer les réseaux, les usages, et poser les premières briques de l’administration électronique locale. Aujourd’hui, un nouveau cycle s’annonce car les enjeux changent de nature : les technologies de l’information et de la communication sont le théâtre de nouveaux rapports de force entre le marché et l’intérêt général, bouleversent les industries culturelles, et modifient en profondeur la relation entre élus et citoyens. L’hybridation en cours entre numérique et nanotechnologies place l’humanité devant de nouveaux défis. Seule une maîtrise collective du développement du numérique permettrait d’en faire un facteur-clé de la compétitivité de l’économie, de l’amélioration du cadre de vie, du renforcement du service public et du débat démocratique. C’est en prenant en compte ces enjeux que les acteurs du territoire doivent penser le territoire à long terme et sur lesquels ils doivent amorcer dès à présent leur transformation. Dans ce processus, la 27e Région aurait un rôle de défrichage, qu’il reste à habiter d’idées concrètes. L’idée de cet atelier exploratoire était de nourrir ce projet d’idées, de modalités innovantes et concrètes et de débattre des sujets prioritaires dont la 27e Région pourrait se saisir, expliquent Stéphane Vincent du cabinet Proposition et Véronique Klerk de l’ARF.

Qu’est-ce que la 27e Région ?
En présentant le 28 mars dernier à la presse Le défi numérique des territoires, Christian Paul, son auteur, et Alain Rousset, président de l’ARF, levaient par la même occasion le voile sur un projet de « laboratoire » préconisé dans l’ouvrage : la 27e Région.
« La 27e Région est une Région virtuelle, à la fois ressource et plate-forme de mise en commun de moyens au service des Régions réelles. Région « test », elle aide les 26 autres à entrer dans une logique d’amélioration continue. Appuyée sur la logistique de l’ARF, elle réalise des choses que les Régions peuvent difficilement accomplir seules. »
Un projet dont la réflexion se veut ouverte à tous, et qui a déjà fait l’objet de plusieurs réunions de travail et de préfiguration organisées par l’ARF ou par la Fing, comme ce fut le cas lors de cette université de printemps.

En préambule, Michel Eimer, délégué aux TIC du Conseil régional d’Aquitaine, resitue le besoin des territoires d’organiser leurs « retrouvailles », alors qu’ils sont mis à la découpe par un Etat qui transfère par « paquets » ses missions et peine à se situer. « Dans un système dont les citoyens risquent à tout moment d’être les otages, il faut reconstruire une façon d’élaborer le service public à l’échelle territoriale. » Quant à Eric Culnaërt, responsable de la veille pour Aquitaine Europe Communication, il décrit comment les échanges interégionaux, à travers des dispositifs comme Sourir (13 régions adhérentes) peuvent produire de l’observation, identifier des bonnes pratiques et constituer les prémices d’une véritable mutualisation.

Produire du service public en formats ouverts
Dans une table ronde très interactive et débordante de propositions, la 27e Région est d’abord vue comme le lieu d’adoption de nouveaux comportements : elle devrait être exemplaire en matière de partage des données, adopter les principes de réutilisation de l’univers du libre, produire du service public en « formats ouverts » et sous licence Creative Commons… Aider aux changement des mentalités en favorisant la coopération, l’auto et la corégulation, donner la parole aux services administratifs. Bien sûr, elle devrait permettre de franchir un nouveau stade de la mutualisation : celle des études entre collectivités, celles des briques de contenus (systèmes d’information de transports intermodaux…), celles des référentiels communs (dans le domaine des transports, de la formation…), favoriser le prêt – de projet, de personne, de compétence, de ressources, de logiciels… – comme principe de mutualisation. Mais aussi échanger sur les échecs pour produire, pourquoi pas, un livre noir des TIC.

Une plate-forme d’expérimentation in vivo
La 27e Région est perçue comme un lieu où le mode d’action serait l’expérimentation « in vivo ». Véritable plate-forme d’expérimentation à la manière de la Fabrique des services publics (comme on connaît déjà la fabrique des services urbains). Elle serait le lieux où l’on simule les problèmes des 26 autres régions pour mieux les traiter, un lieu pour penser/construire le Service public 2.0.

Elle est perçue aussi comme un lieu d’animation continue permettant d’évaluer les expérimentations, de mettre à disposition des boîtes à outils voire des moyens pour tester de bonnes idées plus que pour faire de la prospective. Elle doit aussi savoir produire des pédagogies et des argumentaires pour les élus, les décideurs…

Elle doit surtout mettre le citoyen au coeur de son processus dans une démarche de transparence publique, avec des outils simples et accessibles, alimentés par tous.

Reste encore à ce projet à trouver son cadre partenarial pour que le libellé, 27e Région, ne soit pas un obstacle à ce partenariat (de la part des départements ou des villes par exemple). L’Etat a assurément besoin des collectivités pour changer et faire évoluer la question des données publiques pour que les collectivités puissent y avoir un meilleur accès. Enfin, la structuration même du programme 27e Région est à affiner : peut-il se définir comme un programme d’action, avec un calendrier et des finalités (notamment d’intégration au sein de chaque Région au terme du programme) ?

Et vous, avez-vous d’autres idées sur ce que pourrait être la 27e Région ?

Stéphane Vincent et Hubert Guillaud

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1 commentaire

  1. Produire un « format public » de sites Internet semble effectivement une nécessité.
    La bonne pratique minimum semble effectivement de mettre l’ensemble des contenus présents sur un site au format RSS et sous la licence créative commons.

    Deux questions se posent:
    – Peut-on « obliger » tout site internet produit par un service public à respecter ces normes?
    – Quelle licence Creative Commons doit être choisie et qui peut en décider?

    Est-ce là le rôle d’une organisation experte telle que la FING?

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