La division de la société américaine se reflète-t-elle dans les sites communautaires ?

C’est la question que pose l’article exploratoire de danah boyd, de l’Ecole des sciences de l’information de l’université de Californie à Berkeley intitulé, Regarder la division des classes en Amérique via FaceBook et MySpace. danah y montre comment l’ouverture progressive de FaceBook au public (qui à l’origine visait les étudiants de Harvard et s’est progressivement ouvert à tout les publics), a attiré les plus jeunes des meilleurs classes sociales, confortés par la bonne presse de FaceBook par rapport à celle désastreuse que connaissait MySpace.

Et de dresser le constat que les adolescents américains issus des moyennes et hautes classes sociales sont tous en train de quitter MySpace pour FaceBook. Alors que les ados marginalisés, ceux qui viennent des quartiers les plus pauvres ou les moins éduqués d’Amérique, les adeptes de la subculture (gothique, punk…) et d’autres cultures « non hégémoniques » continuent d’utiliser MySpace. Les utilisateurs de Facebook ont tendance à poursuivre leur étude à l’université, alors que les utilisateurs de MySpace entrent plus rapidement dans la vie active.

Une division de classe sociale émerge et elle se constate jusque dans l’esthétisme de ces sites. Le côté mâture du design de FaceBook par rapport à celui de MySpace, ne traduit pas seulement la liberté d’expression de ceux qui l’utilisent, mais bien aussi des comportements socio-culturels différents : « Je suppose que les styles de vies comportent des valeurs esthétiques qui ont été reproduites dans MySpace et FaceBook », précise la chercheuse.

Bien sûr, pour l’instant, MySpace demeure le leader avec quelques 180 millions d’utilisateurs, là où FaceBook n’arriverait pour l’instant qu’à une quarantaine. Pour autant, conclut la chercheuse, il n’y aurait pas d’un côté les bons élèves qui choisissent FaceBook et de l’autre les mauvais qui optent pour MySpace : « La division entre MySpace et FaceBook est juste une autre manière technologique de mettre en miroir nos valeurs sociales. » […] En temps que société, nous avons de fortes divisions sociales et nous projetons les valeurs qu’elles portent sur nos enfants. »

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