L’encre électronique supporte la vidéo

eink_color_x220.jpgSi le Kindle que vient de lancer en fanfare Amazon (voir Kindle, ce qui change !) pourrait laisser croire que l’avenir des écrans à encre électronique repose sur des « liseuses », c’est-à-dire des tablettes pour lire des livres, les innovations de l’acteur majeur du domaine, elles, ne nous trompent pas : l’ambition de la technologie développée par la start-up E-Ink (qui équipe le Kindle) n’est pas de produire des tablettes pour une lecture plus confortable, mais bien d’offrir une nouvelle technologie et un nouveau confort pour tous nos écrans.

E-Ink vient ainsi de révéler un prototype qui ajoute des filtres à sa technologie pour passer du noir et blanc à la couleur, avec une vitesse de rafraichissement suffisamment rapide pour y lire des vidéos, explique la Technology Review. Ce n’est pas le premier prototype qui intègre la couleur bien sûr (Philips, Fujitsu, P-Ink, Samsung ou Qualcomm … sont aussi sur les rangs, et E-Ink a révélé ses premiers matrices couleurs depuis 2002), ni le premier à s’essayer à la vidéo : cependant, en deux an, la R&D d’E-ink est passée de la possibilité d’afficher une image par seconde à 30 images par secondes (voir la vidéo de ScienCentral qui montre comment s’affiche la vidéo sur un de ces écrans).

« Nous pouvons enfin imaginer la carte météo du quotidien USA Today avec des nuages qui bougent », s’enthousiasme Russ Wilcox le président d’E-Ink.

Aucune date de commercialisation n’a été avancée pour l’instant, mais l’arrivée de la couleur et de la vidéo étend le domaine d’application de la technologie et fait d’E-Ink, le candidat le plus à même de dominer le marché des écrans de demain.

epaperenmagasin.jpgEn attendant, cela n’empêche pas la technologie de commencer à sortir des e-books, comme le montre cette expérimentation récente d’affichage par encre électronique dans un hypermarché Finlandais.

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4 commentaires

  1. Une question qui me semble rarement abordée dans les articles sur les liseuses, est la question de la traduction vocale des fichiers. Le nombre de malvoyants est en expansion croissante (du fait notamment de la maladie appelée Dégénérescence maculaire liée à l’âge), ils sont totalement privés de l’accès aux livres récents et encore plus à tout ce qui n’est pas de grande diffusion. Est-ce que les liseuses ou certaines d’entre elles vont développer une fonction lecture vocale synthétique ?

  2. «offrir une nouvelle technologie et un nouveau confort pour tous nos écrans»

    Cela paraît tout à fait logique : si les industriels du papier ne concevaient pas toutes les possibilités de leur(s) produit(s), cantonné(s) au papier d’impression formaté pour le livre, ils auraient une bien pauvre perspective économique.

    Plus les producteurs de papier numérique diversifieront leurs marchés, leurs produits et leurs formats, plus on pourra créer des applications adaptées à des besoins différenciés.

    A nouveau, il est utile de détailler les composantes du produit final : encre électronique, papier numérique, matériel (liseuse ou autre) intégrant l’afficheur, logiciel de pilotage de l’afficheur et produits à afficher, interfaces de communication, …

  3. @Florence : je pense qu’incorporer une technologie de lecture n’est pas très compliquée, mais ces outils permettant déjà de régler à la convenance du lecteur la taille de caractère, ils font déjà un bel effort auprès des malvoyant. De là à acheter une liseuse pour écouter des documents, mieux vaut un iPod peut-être. (Quoique le plaisir d’écouter lire des livres…) ;-).

    Profitons-en pour pointer vers un intéressant rebond de Jean-Michel Salaün qui cite une interview récente de Nick Sheridon, le père du premier papier électronique, celui de Xerox : le Gyricon. Il prévoit un marché de masse pour les ebooks vers 2012 : « Notre recherche montre qu’un lecteur sur papier électronique doit tomber en dessous de 100$ avant qu’une partie significative de la population l’adopte. Et même là, ils ne l’achèteront que si un contenu suffisant est accessible à un coût raisonnable. Le deuxième obstacle est l’accessibilité du contenu. (..) »

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