Vers la télépathie artificielle ?

Par Rémi Sussan le 17/01/08 | 3 commentaires | Page vue 6,716 fois

Cela fait longtemps que le public et les médias assimilent, de manière très exagérée, l’imagerie cérébrale à une tentative de lecture dans les pensées. Mais cette fois, il semblerait qu’on ait fait un pas vers la réalisation de ce fantasme.

Une équipe du Center for Cognitive Brain Imaging (Centre pour l’imagerie cognitive du cerveau), à l’université Carnegie Mellon, sous la direction de Marcel Just et Tom Mitchell a en effet réussi à cartographier la représentation usuelle d’objets simples.

Les chercheurs ont montré à un groupe de cobayes une série de 10 dessins très simples représentant des outils ou des maisons, et on leur a demandé de penser à leurs caractéristiques. A noter que les scientifiques n’observaient pas le cortex visuel : c’est donc bien la pensée qu’ils cherchaient à capter, et non simplement la façon dont le cerveau perçoit une image. En regardant l’activité du cerveau de leurs cobayes grâce à l’imagerie par résonance magnétique, les expérimentateurs purent deviner dans 78% des cas le dessin qui était présenté au sujet, juste en regardant quelles zones étaient stimulées. Ils ont découvert par cette méthode que la représentation d’un objet dans le cerveau n’était pas localisée en un seul endroit, mais en plusieurs sites. Par exemple, lorsqu’on pense à un marteau, les zones moteur s’activent parce qu’on s’imagine en train de l’utiliser, tandis que d’autres aires du cerveau s’activent également, répondant à d’autres associations mentales.

Exemples d'images cérébrales issues de l'expérimentation

Mais il y a plus important. Les chercheurs ont été capables de deviner les objets observés par un sujet en utilisant une machine entrainée à reconnaitre l’activité cérébrale des autres cobayes ! Autrement dit, les configurations neurales présentent une relative universalité. Nous pensons tous un peu de la même manière à un marteau ou une maison. La question qui se pose est de savoir si cette relative universalité de la pensée se limite aux objets simples ou si elle s’étend à des concepts plus sophistiqués. Pour John Dylan Haynes, de l’Institut Max Planck à Leipzig, interviewé par Newsweek, “plus une pensée est détaillée, plus les structures observées divergent. Parce que les gens développent des associations différentes pour un objet ou une idée. Nous sommes encore très loin d’une machine universelle à lire les pensées, même si nous en sommes beaucoup plus proches qu’il y a deux ans.”

Toujours est-il que l’équipe de l’université Carnegie Mellon a décidé de passer de l’étude des objets usuels à celle des concepts abstraits, des mots et des phrases. Réponse dans quelques mois…

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3 commentaires / rétroliens

si on index sur une base de donnée les activités cerebral des internautes la machine sera parfaite
mais pour cela faudrait que l interaction entre l internaute et la machine soit relié avec un casque approprié ….terrifiant tous ca

# 1 par hichem le 18 janvier 2008 à 11:54

A condition que le cerveau d’un indhou soit organisé de la même manière qu’un Européen….

Si on regarde un phénomène comme le langage et en particulier la grammaire, il me semble légitime de penser que la pensée ne s’organise pas de la même manière partout, en tout lieu et de tout temps.

De la même manière que certaines langues ne connaissent pas la conjugaison des verbes, d’autres pas la déclinaison des noms, pourquoi tous les humains penseraient ils tous majoritairement l’utilisation d’un objet de la même manière ?

L’expèrience a été faite sur une douzaine de personne dont on peut raisonablement suspecté qu’elles partagaient le même environnement culturel.

Cela ne retire rien à l’intérêt de l’expérience mais en réduit un peu la portée à mon sens

# 2 par destnor le 13 mars 2008 à 14:26

Je suis tout a fait d’accord avec destnor. Par contre l’utilisation du language comme example n’est pas appropriee (ou trop bien au contraire ;-) ).

En effet le Language est un des elements comportant un tres haut niveau de constance chez tout les Hommes. Deja, nous en sommes tous dote. Ensuite, tout les languages s’organisent syntactiquement et semantiquement de maniere similaire (voir PInker, les origines du language).

Cependant, le language (expression du Language) lui prend une tournure entierement differente celon le mileu ecologique et socio-culturel d’une population.

Comme pour la pensee, tout porte a dire qu’il existe une “gray area” entre une normalisation universelle et une specialisation locale.

# 3 par stephane le 13 mars 2008 à 17:17

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