Saul Griffith : « Répondre au changement climatique est un problème d’ingiénierie »

Difficile de présenter Saul Griffith. Chercheur, inventeur, multi-entrepreneur, c’est aussi un idéaliste qui met ses inventions au service de son altruisme. Etudiant, il créa un prototype de machine pour créer des verres de lunettes moins chers pour les pays en développement. Il a écrit des bandes dessinées pour enseigner la science aux enfants et une thèse sur les machines auto-réplicantes. Co-fondateur de Squid-Labs, qu’il définit comme un « do tank » plutôt qu’un « think tank », il s’investit dans Makani Power, une société qui cherche de nouvelles solutions pour capturer l’énergie éolienne à très haute altitude, ainsi que Potenco, un système pour créer de l’électricité en tirant sur une corde enroulée autour d’un générateur pour alimenter n’importe quel objet électronique portable (20 minutes de téléphone, 3 heures d’iPod, 1 heure de lampe Led…)…

wattzongriffith.jpgLe 4 mars dernier lors de la conférence ETech, dans une intervention très remarquée, Griffith livrait son « Plan de jeu », un « cadre d’ensemble pour répondre au défi climatique », qu’il vient de publier en ligne sur un sitead hoc dénommé Wattzon. Selon lui, le changement climatique est « le plus grand défi technique et organisationnel (« engineering challenge ») auquel l’humanité n’ait jamais fait face« . Un défi politique et industriel tout d’abord : en regardant les sources d’énergies propres et en analysant l’ampleur de l’effort nécessaire à leur industrialisation et à leur exploitation, en remplacement du pétrole et du charbon. Mais selon Griffith, un défi personnel surtout. Nous connaissons le lien entre gaz à effet de serre et réchauffement de la planète, ce qui nous permet de savoir exactement faire le lien entre notre mode de vie et « la température à laquelle nous souhaitons stabiliser le climat sur terre ».

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Griffith a ainsi essayé d’estimer, très finement, sa consommation de carbone en 2007, afin d’adapter son style de vie pour qu’il soit conforme à la quote-part de carbone à laquelle il avait droit. Il a ainsi décidé de faire passer sa consommation énergétique de 14 437 watts à 2 311 watts en diminuant considérablement ses voyages en avion (plus qu’un par an pour New York, et plus qu’un voyage tous les 3 ans pour voir sa famille en Australie), ses périples en voiture, sa consommation électrique…

« Pour passer à l’action ? Achetez le dixième de ce que vous consommez actuellement, faites-le durer dix fois plus longtemps. » Et il compte l’appliquer à son ordinateur portable comme à son téléphone mobile en les gardant 10 ans plutôt que 3.

Radical, mais, diront beaucoup de spécialistes du sujet, plutôt naïf. D’une part, parce que le système climatique n’est pas si déterministe, qu’il suffise de le décider pour savoir avec précision quelle température il fera à tel endroit dans l’avenir. Ensuite, parce qu’il traite la dimension humaine (changer de politiques énergétiques, décider chacun de son mode de vie en fonction de sa tolérance au changement climatique…) comme une question d’ingénierie au même titre que les autres. Un vrai papier d’ingénieur, à la fois bourré d’idées passionnantes et fort loin des réalités humaines.

Via Tim O’Reilly.

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1 commentaire

  1. Je rebondis sur cette idée : « Un vrai papier d’ingénieur, à la fois bourré d’idées passionnantes et fort loin des réalités humaines.  »

    D’un autre côté, si on bouge un élément du système c’est l’ensemble du système qui bouge et qui induit une régulation globale…ça vaut le coup d’essayer !

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