Des capteurs pour les places de parkings

San Francisco est en train de déployer le plus grand réseau Mesh (un type de réseau sans fil dont les noeuds se connectent de proche en proche sans hiérarchie centrale, comme l’explique Wikipédia) en installant quelque 6000 capteurs sans fil pour surveiller l’utilisation d’un quart des places de parking du centre-ville. Les bornes, mises en place par la société Streetline ont pour but d’indiquer la disponibilité des places ainsi que le volume et la vitesse du trafic qui passe à proximité de celles-ci nous explique la Technology Review. La ville espère qu’en rendant disponible l’information en provenance de ces capteurs sur des cartes en ligne, sur les systèmes de géolocalisation, sur les téléphones mobiles des usagers et les panneaux d’affichage urbains, elle va réduire le trafic et la pollution liée aux voitures qui cherchent à stationner.

Page d'accueil de Streetline

Les capteurs ont été installés à la surface des places, sous des petits capots de plastiques semblables à des réflecteurs de chaussée, et fonctionnent grâce à deux piles AA qui leur donnent une autonomie de 5 à 10 ans si l’on en croit leur concepteur, Dust Networks. Ils détectent la présence des voitures par magnétisme. Une antenne capte les signaux de ce réseau de capteur tous les 4 à 6 blocs d’immeubles et envoie l’information aux serveurs centraux qui gèrent le système.

Streetline espère à terme pouvoir offrir d’autres services depuis ce type de réseau en ajoutant des capteurs pour mesurer la pollution, le niveau sonore, l’éclairage… « Nous espérons construire un système d’exploitation pour la ville », explique l’un de ses directeurs, Jim Reich. Comme le rappelle le New York Times, à la suite de Donald Shoup, professeur d’urbanisme à l’université de Californie et auteur du Coût élevé du parking gratuit, dans certaines grandes villes, jusqu’à 30 % de la circulation est le fait de voitures cherchant une place de stationnement.

Pas sûr pour autant que ce soit une bonne solution. Pour Yossi Sheffi, directeur du Centre pour le transport et la logistique du MIT, il n’est pas certain que les capteurs de parking soient utiles. « L’objectif du système est de rendre la conduite dans le centre ville plus simple et moins consommatrice de temps. Mais ce que nous savons de l’économie est que quand on réduit le coût d’un bien, son usage explose. » Dit autrement, plus il sera simple de trouver une place de stationnement en centre ville, plus il y aura de voitures. « Les villes ne devraient pas être rendues plus faciles pour les automobiles. Elles devraient plutôt faciliter l’usage de modes de transports alternatifs ».

Une position dont se défend Jim Reich bien sûr, dont le système permet surtout de prendre de meilleures décisions sur le temps que chacun est prêt à perdre dans la circulation. Le système sera capable de prédire si des places de parkings seront disponibles à certains endroits au moment où vous voudrez vous y rendre, voire de suggérer des alternatives de déplacement. Quant à savoir si le système sera plus efficace sur la pollution que le système de péage londonien, ce test grandeur nature permettra certainement de le dire.

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