hyperhabitatRegine Debaty de We Make Money Not Art s’est promenée à la Biennale d’architecture de Venise qui se déroule jusqu’au 23 novembre 2008 sur le thème de « l’architecture au-delà du bâtiment » (voir cette bonne synthèse, expliquant ce que vous y trouverez). Parmi les nombreux projets qu’elle recense, le projet Hyperhabitat semble mériter notre attention. Hyperhabitat est un projet de recherche dirigé par le cabinet Guallart et initié en 2005 par l’Institut d’architecture avancée de Catalogne en collaboration avec le FabLab de Barcelone, le Centre de recherche sur les bits et les atomes du MIT et les designers de Bestario.

Le projet avait pour objet d’imaginer ce que pourrait être un monde où notre habitat serait basé sur les technologies de l’information. Comment s’organiserait-il ? Cette réponse architecturale aux enjeux de l’internet des objets consiste en une maison dont les fonctions sont celles d’un écosystème, où chaque objet est une pièce d’une intelligence distribuée, capable d’interagir avec d’autres. L’architecture devient l’interface qui nous permet d’habiter le monde. Les connexions ne s’arrêtent pas au niveau de chaque pièce, les objets communiquent également avec le bâtiment voire avec le voisinage et le reste du monde (vidéo).

« Nous allons créer des organismes vivants, qui ne seront plus jamais inertes, capables de réagir selon leur emplacement géographique, et de muter, le cas échéant, en réponse à des influences extérieures. Plutôt que d’être un client dans un noeud de réseau, l’architecture est une entité qui tend vers l’autosuffisance connectée caractéristique des systèmes naturels », expliquent ses promoteurs dans le manifeste (.pdf) qui accompagne leur installation.

Dans cette maison, chacun peut donc reprogrammer le niveau de relation de chaque objet (et leur capacité à être accessible par un, dix, cent ou des milliards d’autres personnes ou d’autres objets à travers le web). Des objets comme des chaises, une télévision, des livres, des cintres où pendre des vêtements, un crucifix ou une corbeille où poser des fruits sont proposés à la manipulation. Les visiteurs qui passent par la salle de séjour de l’Arsenal de Venise, où Hyperhabitat est installé, peuvent les manipuler, tisser des connexions avec d’autres objets, donner leur avis, réaliser des connexions entre ceux-ci voire avec des objets distants qui leur appartiennent, comme l’illustre l’exemple de la bibliothèque commune entre cet espace et les livres dont les visiteurs disposent chez eux. Tous les ustensiles et le mobilier ont été fabriqués dans un composé plastique transparent et lumineux. Un mur projetant et recensant les relations entre les objets permet de tracer et de tisser les associations faites entre les différents éléments mobiliers ou de les recomposer. Une installation qui montre surtout que l’internet des objets s’invente dans les nouvelles relations que l’on va tisser entre eux.

Signalons que pour réaliser son installation, Hyperhabitat utilise l’internet0, une technologie de serveurs produite par le MIT pour développer l’intelligence ambiante.

Signalons encore, dans le cadre de cette biennale, le concours en ligne EveryVille 2008, qui invitait les compétiteurs à proposer des solutions architecturales ou urbanistiques pour révéler « les communautés derrière les lieux, le sens civique au-delà de l’architecture ». Les prototypes imaginés par les lauréats, parmi les 782 projets déposés, valent le coup d’oeil, comme ces panneaux géants affichant des traces de citoyens qui sont passés sur place ou ces nouveaux espaces publics virtuels

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