Construire des solutions sociales pour les plus âgés

Que faut-il pour vieillir heureux ? Un réseau social d’au moins six personnes que vous voyez régulièrement et une solution pour remédier aux petits tracas du quotidien que vous n’êtes plus capable de résoudre (comme les fuites de robinetterie, le besoin de changer une ampoule…), explique Hilary Cottam, cofondatrice de Participle, un collectif de designers, de sociologues et de consultants britanniques engagés. Participle observe depuis un an la vie de personnes âgées de Southwark, un quartier populaire de Londres dans le but de trouver des solutions par le design aux souffrances du quotidien. Participle est passé de l’observation à la pratique en créant les premiers cercles de Southwark, des groupes de plusieurs dizaines de personnes âgées vivant à proximité les unes des autres. Chaque groupe combine des fonctions de conciergerie, d’assistance, de coopération. Chaque personne âgée souhaitant se joindre à un cercle est évaluée par un intervenant qui mesure l’aide dont elle a besoin ou qui regarde si elle doit ou veut acquérir de nouvelles compétences (faire la cuisine si son épouse qui s’en chargeait est décédée ; ouvrir un compte mail si ses enfants vivent loin pour communiquer avec eux plus fréquemment…). L’évaluateur mesure également en quoi la personne peut contribuer au réseau (si elle peut faire du jardinage, si elle peut lire pour d’autres personnes malvoyantes…). Pour encourager le développement du Cercle, les membres qui y participent peuvent également bénéficier de tarifs préférentiels via les pouvoirs publics qui soutiennent l’opération. Les cercles de Southwark ne sont rien d’autre qu’un réseau de voisinage et d’entraide organisé, mais c’est cela l’important.

Les cercles de Southwark

L’idée qui anime les membres de Participle repose sur le constat de l’échec des institutions et des systèmes sociaux actuels, pour se tourner vers les gens et les aider à trouver leurs propres solutions à leurs problèmes.

Comme l’explique la journaliste de l’International Herald Tribune, les designers de Participle sont parmi les pionniers du design social, qui consiste à utiliser les compétences des designers pour répondre aux problèmes sociaux urgents de nos temps. Participle travaille à un autre projet avec les personnes âgées aux alentours de Westminster (et s’intéresse beaucoup au sujet de l’âge, comme le montre le blog dédié à ce sujet). L’équipe s’apprête à dévoiler une initiative à destination des jeunes et une autre à destination des familles.

« L’âge est un très bon exemple des questions que nous aimerions aborder, car il correspond à une crise systémique que personne ne sait comment résoudre », déclare Hilary Cottam au magazine FastCompany. « Mais il y a des choses plus importantes encore avec lesquelles jouer : le constat croissant que nombre de nos institutions sociales et de nos services publics ont géré l’urgence et sont désormais démunis face à l’évolution de la société. »

Insuffler de la vie de voisinage là où il n’y en a plus, accompagner les gens à reprendre leur vie en main, avec l’aide de leurs pairs, tels sont les objectifs de Participle. Ainsi, Hilary Cottam réfléchit à comment persuader des retraités à accepter des coachs pour les encourager à changer de mode de vie. « Nous sommes convaincus que le coaching de vie est un excellent moyen de les aider à trouver un nouveau sens à leur vie », commente-t-elle. « Mais ils n’y sont pas prêts. Ils pensent que c’est une idée trop californienne. »

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4 commentaires

  1. Je suis porteur d’une initiative assez similaire en France, via un site web entièrement dédié aux seniors. Cet outil est le fruit de 12 mois d’études en interaction avec des seniors. Pour ceux que ça intéresse, l’adresse est la suivante: http://www.bitwiin.com

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