Coup d’oeil sur l’évolution de la robotique autonome

Par le 23/02/11 | 7 commentaires | 3,058 lectures | Impression

Sabine Hauert (blog) du Laboratoire des systèmes intelligents de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et coanimatrice du Robot podcast a présenté sur la scène de Lift à Genève un large panorama des évolutions récentes et concrètes de la robotique. Un inventaire à la Prévert qui souhaitait s’éloigner des représentations souvent un peu fausses que l’on peut avoir sur les robots, pour montrer un ensemble de projets effectivement intéressants.

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Image : Sabien Hauert sur la scène de Lift, photographiée par Ivo Näpflin.

C’est le cas du “bras de Luke” (Luke’a arm, qui fait référence au bras robotique de Luke Skywalker dans la série Star Wars), un bras robotique pour ceux qui en ont perdu un. Inventé par Dean Kamen (Wikipédia) de Deka Research, l’un des inventeurs du Segway, les chercheurs qui travaillent à ce projet de bras robotique connecté aux terminaisons nerveuses du moignon cherchent à le faire se déplacer de la manière la plus naturelle possible, tout en essayant de faire ressentir, à la personne qui en est dotée, ce nouveau bras (vidéo).

Sabine Hauert a retracé les progrès des voitures autonomes, comme celle de Google lancée en octobre 2010 (vidéo), qui bien sûr sont encore loin de savoir nous conduire partout (elles préfèrent les contextes réguliers et balisés), mais qui sont capables d’être de plus en plus autonomes, notamment dans un flux d’autres voitures.

Autre projet, doublement intéressant, que PR2, un robot qui ne sait rien faire, comme le disait Yves Eudes du Monde. Où plutôt, contrairement aux robots industriels programmés une fois pour toutes, PR2 sait faire ce qu’on lui apprend. Il sait ainsi plier et ranger des serviettes par exemple (vidéo). Assembler des chaussettes par pairs (vidéo)… Le plus intéressant dans ce robot mis au point par la start-up Willow Garage est que son système d’exploitation est déposé sur une plateforme open source, permettant à d’autres développeurs de le réutiliser pour développer leurs propres robots et leurs propres fonctions.

Sabine Hauer a abordé également les robots de téléprésence. Pas moins de 6 entreprises se disputent désormais ce marché (dont le Texai de Willow Garage), pour rendre la téléconférence plus naturelle et permettre de communiquer avec des personnes distantes quel que soit l’endroit où l’on est. Pour ma part, j’ai du mal à voir les bénéfices par rapport à un téléphone doté d’une caméra, mais si certains y croient…

Elle a fait allusion d’une vidéo à l’excellent programme d’entrepôts robotisés développés par Kiva dont nous vous avions déjà parlé il y a quelques années (vidéo).

Sabine Hauert a également montré son propre projet de robots volants autonomes (Smavnet devenu Sensefly) : un ensemble de robots, inspirés des cerfs-volants, capables de créer et relayer un réseau de communication (vidéo). Des robots qui permettent de créer un réseau de communication facilement et rapidement, notamment lors de catastrophes.

La chercheuse a également mentionné Universal Griper (vidéo), une technique de préhension douce pour les robots développés par des chercheurs de l’université de Chicago et iRobot, leur permettant de saisir n’importe quoi, quel que soit la forme de l’objet dont ils doivent s’emparer.

Ou encore le Nexi MDS (pour Mobile Dexterous Social), le robot du MIT, dont la particularité réside dans sa capacité à exprimer des sentiments lors de ses interactions avec les humains (vidéo).

Enfin, elle a pointé vers le projet RoboEarth, un web pour les robots, afin qu’ils puissent communiquer et échanger leurs expériences entre eux… Télécharger de l’information sur des objets, connaître les actions qui sont possibles avec ceux-ci, accéder à de l’information pour robots sur l’environnement qui les entoure en se géolocalisant : tels sont quelques-uns des objectifs de ce projet.

Une présentation utile pour se donner en quelques minutes un aperçu de l’évolution du secteur en pointant vers quelques-uns des projets les plus stimulants du domaine. Mais en voulant dénoncer les amalgames et les raccourcis des représentations que l’on a sur les robots, celle-ci en a également embrassé beaucoup.

Rétroliens

  1. Revue des sciences 03/11 | Jean Zin

6 commentaires

  1. par rilax

    Ce qui est sympa avec robotearth c’est de voir que l’on va doucement mais surement vers nos pires scénarios de SF. Après les drones robots armés de plus en plus automatisés et autonomes, maintenant on rajoute un canal de communication dédié aux robots intelligents. On rajoute la dessus une partie des chercheurs fous qui pensent que leurs robots sont l’évolution normale de l’espèce humaine et on obtient un résultat flippant..

  2. par rom1504

    rilax : tu fais référence à quel scenario par exemple ? ( je voie aucun élément qui laisse penser qu’un robot mauvais soit en train d’apparaitre )

  3. Une grenade Russe IEM de la taille d’une canette de soda et l’affaire est réglée … pas la peine de flipper

  4. par rilax

    Les drones américains engagés dans différente guerre, pour l’instant la gachette appartient toujours à un soldat américain, mais jusqu’a quand? On finira par dire qu’un drone prend la décision plus vite et de façon plus fiable qu’un homme, car il n’hésite pas et qu’une décision rapide est plus efficace.. Les réseaux de défenses automatisés sont entièrement robotisés et réagissent de façon autonome (contre mesure, destruction de missile etc.) Là dessus on crée un reseau “intelligent” pour aider les robots à apprendre et surtout à communiquer entre eux, afin qu’ils aient une meilleure perception du monde.. C’est ni plus ni moins le réseau skynet, un réseau connecté de défense. Qui prendra le contrôle à la fin? Quand on décide qu’un robot décide mieux qu’un humain, qu’il est plus fiable et plus rapide, je pense que la réponse est dans l’énoncée.

    Les grenades IEM et on retourne à l’age de pierre après avoir grillé toutes nos connaissances :)

  5. par rom1504

    Même si tout ce que tu as dit ce produit, ça pourrai très bien ne pas être un problème : en quoi serait-ce un problème que des drones empêchent toute guerre par exemple ?
    Mais bon ça m’étonnerais qu’on laisse des robots diriger des drones mais même dans ce cas : il n’y a rien qui laisser penser qu’ils cherchent à nous détruire.
    Et skynet ce n’est pas un réseau, c’est une intelligence artificielle qui a mal tournée. Et je ne pense pas qu’on va en créer une, je pense que si on prend la peine de faire une IA on va se débrouiller pour qu’elle ne cause pas de problème…

  6. par sebastien du lac

    Ces prouesses d’hyper-technologie deviennent une sorte de”miroir aux alouettes” aveuglant une certaine communanté de scientifiques à disposition des ”puissants”; au service de qui, la généralisation de la robotique permttera une plus grande emprise sur l’humanité. BIG BROTHER continue d’avancer quoiqu’en dise certains. Réagissons avant d’atteindre l’extrême limite. Relisez ”RAVAGE” de Maurice Barjavel ; avec attention le dernier chapitre, ça laise à méditer!!!