A lire ailleurs du 1er au 13 juin 2013

Conférence de François Elie : Quelle école pour la société de l’information ? – Framablog
« On peut difficilement enseigner la liberté avec des outils qui cherchent à dominer. Ça va être compliqué d’utiliser des outils qui sont faits pour ne pas être partagés pour apprendre à des élèves à partager. Ça va être compliqué d’enseigner à des élèves comment il faut protéger ses données en utilisant des réseaux sociaux qui sont faits pour justement les capturer. Bref apprendre l’ouverture avec ce qui est fait pour fermer, c’est compliqué. » François Elie.

. Etude : c’est confirmé, on ne lit pas les articles en entier sur le web – Le blog du Modérateur
« Sur les réseaux sociaux, on a tendance à vouloir briller par les articles que l’on partage, pas par ceux que l’on lit »

. Le directeur de la NSA affirme que les surveillance ont permis d’éviter une douzaine d’attaques – The Next Web
Le directeur de la NSA, le Général Keith Alexander, a défendu hier devant le Capitole son programme de surveillance PRISM dont l’existence a été révélée au grand jour la semaine dernière. Selon lui, le programme aurait permis de prévenir des « douzaines d’attaques terroristes », « à la fois ici et à l’étranger ».

Peu avant, le Président Obama avait précisé qu’une attaque terroriste à New York en 2009 avait été évitée en partie grâce à PRISM. D’autres avancent que le rôle du programme aurait été superflu dans l’affaire.

. Sauter l’échelon – Les blogs du Diplo
Thibault Henneton revient sur le programme de surveillance massif américain. Si le monde entier se sent concerné, nous sommes là seulement face à une confirmation de l’immense portée des grandes oreilles américaines. C’est désormais à nous tous que s’adresse le dilemme de la raison d’Etat et son incitation au panoptique. Mais ces outils savent-ils, peuvent-ils prédire le passage à l’acte ? Notre seul réaction est-elle de nourrir le troll ? De tester les limites du prisme, comme le propose Troll the NSA http://trollthensa.com ?

. Á FAIRE : French Fab Labs – Make Magazine
Dale Dougherty rédacteur en chef de Make Magazine raconte son tour des Fab Lab parisiens et comment il perçoit l’émergence du mouvement en France.

. Ne croyez pas la mode : voici ce qui ne va pas avec l’économie du partage – The Next Web
Pour Milo Yiannopoulos, fondateur de The Kernel, qui s’exprimait récemment à la conférence LeWeb à Londres, l’économie du partage n’est pas le partage, explique-t-il dans une charge couillue et libérale. Ni Airbnb ni Uber ne proposent du partage, c’est de nouvelles formes locatives. L’économie du partage n’est pas une économie non plus, c’est le contraire. Cela favorise un comportement de « sauterelles ». L’économie du partage est dangereuse : des gens conduisant sans permis ni assurance peuvent vous proposer de vous emmener quelque part. L’économie du partage est une mauvaise politique. Elle ne fonctionne que pour les gens riches. Les systèmes de consommation collaboratifs ne sont pas nouveaux et n’ont jamais été autosuffisants. Et ceux qui dirigent l’économie du partage n’en partage pas vraiment les richesses. Elle ressemble à une secte, qui est livrée avec un bagage politique qui est l’antithèse de l’esprit d’entrepreneuriat. Waou ! Ca troll sec !

. 86 groupes pour les libertés civiles et sociétés internet demandent la fin de l’espionnage par la NSA – EFF
https://www.stopwatching.us

. Sortir de Prism – PRISM BREAK
Le centre d’action de l’Electronic Frontier Foundation publie sur une page les alternatives libres aux outils qu’on utilise pour s’extraire du programme de surveillance de données de la NSA.

. Yahoo, Google, Facebook et d’autres : une question de confiance- The Guardian
Pour le Guardian, l’affaire des fuites autour du programme Prism de la NSA risque de provoquer une grave crise de confiance pour les sociétés d’internet impliquées. Si les utilisateurs acceptent – pas toujours très bien – que ces entreprises utilisent nos données pour faire de la publicité, le fait qu’elles transmettent des informations au gouvernement ou à l’administration fiscale aura bien plus de mal à passer, estime Viktor Mayer-Schonberger. Pour Greg Nojeim du Centre pour la démocratie et la technologie à New York, ces entreprises phares de l’internet, pionniers de l’ouverture, doivent exiger de divulguer plus d’information des renseignements qu’ils sont contraints de fournir. « Le niveau de secret entourant les procédures légales en vigueur sape les libertés que nous chérissons tous » a estimé Larry Page, le PDG de Google, tentant de se présenter en parangon de vertu ! Le comble !

. A quoi servent les tablettes à l’école ? – LeMonde.fr
« Alors que Vincent Peillon tentera une nouvelle fois, le 10 juin, de convaincre qu’il lance bien plus que le énième « plan numérique », les conseils généraux, eux, continuent leur distribution de machines aux collégiens. Comme hier ils offraient un dictionnaire ou une calculatrice ! » Mais, rappellent les études internationales, équiper un enfant d’un ordinateur personnel n’augmente pas sa réussite scolaire estime une étude du National Bureau of Economic Research américain : http://www.nber.org/papers/w19060 Pour les chercheurs, l’Etat doit faire preuve de prudence et être réaliste quant à l’efficacité des politiques visant à réduire l’écart numérique entre élèves des familles favorisées et les autres. L’étude, après distribution d’ordinateurs à 1123 enfants sur deux ans n’a observé aucun effet sur les notes des élèves. L’étude montre que les enfants ont passé un peu plus de temps sur leurs devoirs que ceux privés de matériel, mais pas assez pour que cela ait un impact. Ceux qui n’ont pas bénéficié d’ordinateurs ont passé en moyenne 4,2 heures sur un écran pour jouer ou communiquer, ceux qui en ont eut un y ont passé 2h30 de plus chaque semaine. « L’ordinateur n’est pas un outil d’approfondissement du travail ni un outil de culture ». Les inspecteurs généraux qui ont analysé les effets en France du plan « Un collégien, un ordinateur portable » du département des Landes ont fait la même observation. Reste à savoir si ceux deux heures de plus à surfer, jouer ou communiquer sont finalement bénéfiques autrement pour les enfants ?

Sur le blog éducation du Monde : http://lemonde-educ.blog.lemonde.fr/2013/06/08/pourquoi-lecole-francaise-a-tant-de-mal-a-passer-au-numerique-2/ Maryline Baumard complète son propos en revenant sur les expériences françaises, sans conclure là non plus. Si tout le monde a envie du numérique à l’école, reste à savoir comment l’utiliser autrement pour que ce ne soit pas seulement un faux outil de changement ou une mode.

. En France, la DGSE est au cœur d’un vaste programme de surveillance d’Internet – LeMonde.fr
La France dispose-t-elle d’un programme de surveillance massif proche de celui mis en place par l’Agence américaine de sécurité nationale (NSA) ? La réponse est oui. La direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), les services secrets français agissant au-delà de nos frontières, examine, chaque jour, le flux du trafic Internet entre la France et l’étranger en dehors de tout cadre légal. Laurent Borredon et Jacques Follorou pour Le Monde, signalent néanmoins que ce programme est restrictif, les demandes doivent provenir d’un membre d’un service antiterroriste, sa requête doit être dûment justifiée et ne concerner qu’un seul objectif et adressée à la CNIS, qui a traité 30 000 demandes en 2012. Une autre possibilité existe en passant par le GIC, qui a traité 197 000 demandes entre 2011 et 2012, dont 70 % évoquent la sécurité nationale.

. Comment échoue la logique du rien à cacher – Zephoria
Chaque mois d’avril, danah boyd, comme bien de ses concitoyens, doit remplir sa déclaration d’impôt. Comme chacun d’entre nous elle le fait au mieux, tente de ne rien oublier… Et pourtant, si l’organisme des impôts américain décidait de faire un contrôle, ils trouveraient certainement quelque chose : oubli, erreur de calcul, etc. « La possibilité d’un contrôle est donc intimidant et effrayant, non pas parce que j’ai quelque chose à cacher, mais parce que prouver qu’on est innocent prend du temps, de l’argent, des efforts et de l’émotion. » Et c’est justement ce qui lui arrive en ce moment, suite à un déménagement. Et il est difficile de rassembler des documents qui le prouve. Si le gouvernement utilisaient les données de son opérateur téléphonique, il pourrait le voir pourtant. Mais le gouvernement via Prism utilise les données pour créer de la suspicion, pas pour confirmer l’innocence des gens. Le cadre de la présomption d’innocence est important pour les libertés civiles, même si cela signifie que certains criminels échapperont à la justice. Ces cadres demandes aux gouvernements de prouver que quelqu’un a fait quelque chose de mal. Parce qu’il est facile de susciter des soupçons. Malgré cette protection, chaque année, des innocents sont condamnés à la prison et parfois même condamnés à la peine de mort. Si quelqu’un à intérêt à vous déclarer coupable, alors il peut d’autant plus facilement peindre ce portrait de vous s’il a suffisamment de données. Les gens se sentent souvent à l’abri de la surveillance de l’Etat parce qu’ils n’ont rien fait de mal. Et pourtant, si vous rencontré les auteurs de l’attentat de Boston, peut-être serez vous soupçonnés, poursuivis par les médias, comme on l’a vu durant cette affaire. La société génère des soupçons sur ceux qui ne lui ressemble pas : pauvres, étrangers, ou ceux qui ont une fois différente… Ceux qui ne sont pas comme nous sont suspects et cela renforce le désir de les espionner.
Ce qui se déroule avec le programme Prism soulève une question essentielle à la construction de notre société. Ces questions ne peuvent pas être balayées par le fait que soi-même nous nous sentions innocents. Un état de surveillance va produire plus d’individus suspects. Pour danah boyd, la question est de savoir si oui ou nous nous croyons encore à des freins et contrepouvoirs au pouvoir. Est-ce que votre perception de votre sécurité vaut la marginalisation de personnes qui n’ont pas vos privilèges ?

. Le problème statistique du « rien à cacher » – The Endeavour
Pour le statisticien John D. Cook, le problème avec l’argument du rien à cacher suppose que les innocents ne seront pas inquiétés. Autrement dit, il suppose qu’il n’y aura pas d’erreurs ou si c’est le cas qu’elles seront résolues rapidement et facilement. Imaginons qu’un message sur 10 000 échangés soit incriminant. Sur 300 millions de personnes, c’est alors 30 000 personnes qui peuvent être incriminés ! 30 000 personnes qui devront interrompre leur repas pour répondre aux questions d’un agent ou passer quelques semaines en prison. Une démonstration pour montrer que la « cause probable » ne suffit pas. Pour John Cook, il faut exiger des scientifiques, des statisticiens d’avoir une hypothèse au départ qui est le seul moyen de trouver quelque chose. Et que si cette hypothèse n’est pas au niveau d’un mandat de perquisition, alors elle ne vaut rien.

. Vous aussi avez quelque chose à cacher – William M. Briggs
Le statisticien William M. Briggs revient sur le fait que la plupart des gens n’ayant rien à cacher, ne se sentant coupables de rien, n’expriment pas vraiment de crainte face aux écoutes dont ils pourraient être l’objet. Mais nul n’est innocent aux yeux de son ennemi, rappelle William Briggs. Vous avez acheté un livre sur le Moyen-Orient, fait un appel téléphonique à proximité d’une mosquée, une mauvaise blague après un incident, vous avez rejoint une organisation du Tea-Party locale, renouvelé votre adhésion à la NRA… Donc vous pourriez vous auto-radicaliser… Tout peut se retourner contre vous, et c’est peut-être encore plus le cas à l’ère des corrélations. « L’information est un pouvoir : il est la pierre angulaire de la politique ». Jusqu’à présent, la perquisition devait être motivée par une cause probable, soutenue par un serment ou une affirmation. Désormais, une recherche « raisonnable », une cause « probable » suffit. Dans la masse de données que chacun d’entre nous produit, nous pouvons toujours trouver quelque chose si on le cherche. Finalement, le plus surprenant, c’est que malgré ses algorithmes, ses espions, ses corrélations, Edward Snowden est passé inaperçu !

. PRISM – Mais où la NSA stocke-t-elle ses données ? | Big Browser
Quelle est la puissance de traitement de la NSA ?

. Bataille d’informations autour de l’outil de surveillance « Prism » – LeMonde.fr
Les révélations contradictoires autour du programme Prism sèment le doute sur le fonctionnement du programme de la NSA et du FBI. Quel est l’état réel de la collaboration ? A quelles informations les officines nationales ont-elles réellement accès ? Pour Antoine Devauchelle de Zdnet.fr, il n’y a rien de bien nouveau en matière d’écoutes, même si, l’article concède un changement d’échelle : http://www.zdnet.fr/actualites/prism-rien-de-nouveau-au-pays-d-echelon-39791227.htm

. Pouvoir d’achat : le bricolage entre particuliers fait recette | Même pas mal
Anne-Sophie Novel fait le tour des solutions de bricolage collaborative.

. Le porno sur Internet influence-t-il la sexualité des jeunes ? | Slate.fr
Dans quelle mesure l’omniprésence de la pornographie en ligne affecte-t-elle le développement sexuel des enfants et des adolescents ? Les scientifiques sont unanimes : on n’en a pas la moindre idée. Peut-on conduire des recherches sur ces causalités, questionnent les chercheurs. Ou doit-on poser les questions différemment ? Qu’est-ce que la pornographie pour eux ? Nos préjugés nous conduisent à la trouver intrinsèquement plus dangereuse que celle des générations précédentes (qui étaient pourtant considérer avec tout autant de dangerosité). Les enfants estiment néanmoins que c’est souvent l’incapacité des adultes à parler de ce que c’est qui les pousse en premier vers ces images.

. Ivre, Hadopi adopte le label PUR foutage de gueule | Klaire fait grr
Klaire a testé pour nous les plateformes de téléchargement légales recommandées par la Hadopi, une à une, patiemment. L’ensemble est délicieusement drôle et montre combien cette vingtaine de sites accrédités ont un catalogue indigent et une structure technique défaillante. Pour du Label, c’est du label !

. Ne pas lâcher le PRISM pour l’ombre – Affordance.info
Olivier Ertzscheid revient sur Prism et les révélations d’Edward Snowden sur les écoutes dont nous sommes les victimes. Une affaire qui pointe l’impasse dans laquelle nous conduit l’idéologie de la transparence. Pour Olivier Ertzscheid, le contrôle des Etats a toujours existé. Son renforcement et son omniprésence est à la fois conjoncturelle (nous avons accès à des tonnes de données plus facilement) et structurelle (il est le pendant de la perte de contrôle sur la société). A la question politique du contrôle s’ajoute celle, plus éthique, de la bienveillance. Dans une société au sein de laquelle l’essentiel des écosystèmes informationnels sont consubstantiellement des dispositifs de sur-veillance qui instrumentalisent à leur seul profit des logiques de sous-veillance, la question de la bienveillance dans le pilotage desdits systèmes doit être posée avec force et détermination. Il n’est plus temps de se perdre en conjectures sur la capacité desdits acteurs ou systèmes à réguler eux-mêmes l’empathie ou le respect de la vie « privée » dont ils pourraient nous donner gage.

. Les enjeux du vieillissement (.pdf) – Le Compas
La dernière note d’étude du Compas observe les projections de développement de la population âgée en France à l’horizon 2060. Comment alors répondrons-nous aux questions de l’isolement ? De la pauvreté ? Et les auteurs d’esquisser une carte du vieillissement de la France et de leur richesse.

. Glenn Greenwald, le blogueur qui défie Big Brother | Rue89
« La façon dont les choses sont censées fonctionner est la suivante. Nous sommes censés à peu près tout savoir d’eux : c’est pour cela qu’on parle de service public. Eux sont censés à peu près ne rien savoir de ce que nous faisons : c’est pour cela qu’on nous appelle des individus privés.

Cette dynamique, la base d’une société saine et libre, a été inversée de manière radicale. Maintenant, ils savent tout de ce que nous faisons, et construisent sans cesse des systèmes pour en savoir plus. Pendant ce temps, nous en savons de moins en moins sur ce qu’ils font, puisqu’ils construisent des murs de sécurité derrière lesquels ils travaillent.

C’est ce déséquilibre qui doit prendre fin. Aucune démocratie ne peut être saine et efficace si les actions les plus importantes de ceux qui détiennent le pouvoir politique restent totalement inconnues de ceux auxquels ils sont censés rendre des comptes. »

. Un labo pour l’Etat : retour sur la journée « Labo Public Ephémère » – La 27e Région
Anna Lochard pour la 27e Région revient sur le Labo Public Ephémère, une journée de configuration du futur laboratoire d’innovation publique annoncé par Marylise Lebranchu, ministre de la réforme de l’Etat. Une journée d’échange différente pour faire émerger des consensus plus que des prises de position fortes ou alternatives.

. ARP FUTURPROD : rapport final en ligne – ANR – Agence Nationale de la Recherche
L’atelier de réflexion prospective sur les systèmes de production du futur, initié en 2011 par un groupe de 35 experts, a rendu son rapport de conclusion : http://cluster-gospi.fr/IMG/pdf/Rapport_final_-_ARP_-_V6.pdf Les rapporteurs ont identifié 10 enjeux de recherche :
– Développer de nouvelles technologies intelligentes
– Développer les outils pour concevoir et organiser les systèmes de production
– Développer de nouvelles compétences professionnelles
– Produire et distribuer dans les chaînes logistiques du plus près des marchés au monde entier
– Produire de façon éco-efficiente
– Produire en assurant sécurité et santé au travail
– Concevoir des fonctionnalités plus que des produits
– Inventer de nouveaux dispositifs de collaboration
– Améliorer la responsabilité des entreprises
– Supporter l’innovation participative
Réindustrialiser la France demande de répondre à ces défis concluent les auteurs. Nous avons besoin d’une approche systémique pour transformer les systèmes et pas seulement les optimiser.

. 22 cartes qui montrent la profondeur des conflits linguistiques américains – Business Insider
Intéressante série de cartographies de l’Amérique qui montrent comment la prononciation de mots peut varier d’une région à une autre.

. En attendant Prométhée – TechCrunch
Pour Devin Coldewey que nous apprend le scandale Prism ? Que le gouvernement a outrepassé son rôle sécuritaire ? Est-ce que cela n’a pas toujours été le cas ? La question n’est-elle pas plutôt de se poser celle de l’équilibre des pouvoirs informationnels ? Les murs virtuels d’internet n’ont pas été construits pour protéger nos données, au contraire, il n’a pour but que de transmettre de l’information. Et si nous avons trop transmis de données, c’est parce que c’était la seule option. Où est passé le Napster de la vie privée ? Nous ne rêvions pas de la boîte de Pandore, mais de son coffret, quelque chose sur lequel nous aurions la main sur la serrure qui permet d’y accéder. Et nous voici à rêver d’un Prométhée pour nous délivrer de notre dépendance servile à nos dieux. Quelle sera la technologie qui donnera aux gens la même confiance dans la sécurité de leurs données que les murs de leurs maisons ?

. Votre téléphone vous surveille – NYTimes.com
Pour Ross Douthat, les révélations d’Edward Snowden doivent nous rappeler les propos de Bruce Schneier : ce n’est pas que l’Internet a été pénétré par l’état de surveillance, c’est que l’Internet, en effet, est un état de surveillance.

Mais relativise Ross Douthat, pouvons nous projeter dans l’état policier totalitaire d’Orwell pour autant ? Si ce modèle est utile pour comprendre comme l’internet de la surveillance va agir dans les systèmes autoritaires, l’est-il pour l’Amérique ? L’Amérique n’est pas en train de se transformer en l’Allemagne de l’Est. « Pour nous, l’âge de la surveillance est plus susceptible de dériver vers ce Alexis de Tocqueville décrit comme « despotisme doux » ou ce que James Poulos, le chroniqueur de Forbes, a surnommé « l’état policier rose. « Notre gouvernement va profiter d’extraordinaires pouvoirs potentiellement tyranniques, mais la plupart des citoyens seront suivis sans se sentir persécuté ou sous la contrainte. »

Plutôt qu’un climat de peur omniprésente, la surveillance a surtout un effet sur les marges du discours politique. Pour nombre d’Américains, l’abandon de sa vie privée pour la surveillance va ressembler à un compromis raisonnable, surtout quand il n’y a aucune alternative, autre que la déconnexion. « Assurez-vous simplement que vous n’avez pas quelque chose à cacher », conclut un peu facilement l’éditorialiste. Sauf que nul ne sait ce qu’il doit cacher car nul ne sait que montre le programme. Et que ce que l’on peut révéler aujourd’hui, sera-t-il ce qu’on devra cacher demain ? Intéressant, mais il est un peu facile finalement de légitimer aussi facilement la surveillance.

. Zimmermann : « Faire confiance à Google ou Facebook, c’est être à poil sur Internet » – Le Point
Jérémie Zimmerman de la Quadrature du Net revient sur les révélations d’Edward Snowden : « Il y a de toute façon une différence entre les interceptions ciblées se faisant sous contrôle de l’autorité judiciaire dans le cadre d’une enquête précise et les interceptions massives qui sont réalisées en toute impunité, surtout lorsqu’elles concernent les citoyens non américains. Le chiffon rouge de la « cyberguerre », tout comme la menace terroriste servent d’épouvantail aux autorités pour décrocher des budgets militaires monstres et faire voter des lois toujours plus intrusives, donnant à la NSA et au FBI des pouvoirs quasi illimités, sans aucune forme de contrôle par les citoyens. La question est d’autant plus préoccupante lorsque ces pouvoirs s’étendent aux citoyens non américains, qui ne sont donc pas protégés par la Constitution américaine. »

. Surveillance d’Internet : un ancien employé de la CIA à l’origine des fuites – Le Monde.fr
« Le Washington Post et The Guardian ont rapporté jeudi que le renseignement américain utilisait deux programmes secrets : l’un permettant la récolte depuis 2006 des données d’appels téléphoniques aux Etats-Unis via l’opérateur Verizon, et d’autres vraisemblablement ; l’autre, nommé Prism, visant à intercepter les communications d’internautes étrangers se situant hors des Etats-Unis sur neuf grands réseaux sociaux, dont Facebook. Le NSA américain a demandé l’ouverture d’une enquête pénale sur l’origine des fuites. Celles-ci accusent Edward Snowden, qui, dans un entretien pour le Guardian, a expliqué son geste : « Je suis prêt à sacrifier tout cela parce que je ne peux, en mon âme et conscience, laisser le gouvernement américain détruire la vie privée, la liberté d’Internet et les libertés essentielles pour les gens tout autour du monde avec ce système énorme de surveillance qu’il est en train de bâtir sécrètement ». Snowden a trouvé refuge à Hongking. Washington devrait proposer une requête d’extradition, pour ce nouveau « soldat Manning ».

Le scandale Verizon, qui a éclaté après les révélations du Guardian sur la saisie automatique des centaines de millions de données téléphoniques de citoyens américains, pourrait bien constituer la première étape d’une série de révélations sur les pratiques d’espionnage des communications opérées dans le plus grand secret par l’Etat américain. Le quotidien britannique affirme, en effet, dans son édition de vendredi 7 juin, que l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA) et le FBI ont ainsi accès aux serveurs de neuf géants américains de l’Internet, dont Microsoft, Yahoo !, Google et Facebook, pour y surveiller les activités d’étrangers, rapporte encore leMonde en détaillant l’affaire : http://abonnes.lemonde.fr/ameriques/article/2013/06/07/le-fbi-a-acces-aux-serveurs-des-geants-d-internet_3425810_3222.html

. Christian Salmon : « L’homme politique est peut-être en train de disparaître » – Les Inrocks
« L’Homo politicus fait sans arrêt appel au volontarisme et au potentiel des individus. Il a recours à la rhétorique de la rupture et du changement. Il rejette l’expérience passée pour affirmer sa foi vide en un avenir hypostasié mais sans projets, sans vision. Le changement se suffit à lui-même. “Le changement, c’est maintenant !” “Yes we can !”… C’est l’apologie du changement pour le changement. La posture du volontarisme est la forme que prend la volonté politique lorsque le pouvoir est privé de ses moyens d’agir. Si cette volonté n’a plus les moyens de s’exercer, le volontarisme ne peut pas être suivi d’effet. Il faut donc qu’il redouble d’intensité, qu’il s’affiche avec plus de force pour se recrédibiliser, démonstration qui va accentuer encore le sentiment d’impuissance de l’Etat. » Christian Salmon, auteur de « La cérémonie cannibale : de la performance politique ».

. Make Things Do Stuff
Le Nesta, l’organisme de l’innovation britannique, vient de lancer une campagne intitulée Make Things Do Stuff pour aider les gens à comprendre la transition numérique et les accompagner pour aller des technos numériques à la réalisation de choses concrètes.

. Mondes sociaux – Les pétitions politiques en ligne
Les sites de pétition en ligne ont renouvelé cette forme de mobilisation contemporaine, estime Robert Boure pour le site Mondes Sociaux. Que revèle-t-elle du fonctionnement de la société politique ? Et l’auteur de faire l’analyse du dispositif : du site, de l’appel, des médiations et des usages de la signature

. Mondes sociaux – Comprendre les réseaux personnels
« On sait que leur taille varie selon le critère que l’on se donne pour les délimiter : en moyenne, nous « connaissons » quelques milliers de personnes par leur nom, nous pourrions mobiliser une ou deux centaines de personnes pour nous présenter à quelqu’un que nous ne connaissons pas, nous échangeons régulièrement avec une trentaine de personnes et nous ne faisons des confidences qu’à trois ou quatre proches. La plupart des études de réseaux personnels portent sur les relations les plus régulières (20 à 50 personnes selon les méthodes d’enquêtes utilisées).

Que nous apprennent-elles ? Elles permettent d’abord de savoir que les réseaux ont une structure spatiale. Alors même que l’on peut entretenir des liens forts avec des personnes à l’autre bout du monde, entre deux tiers et trois quart des personnes avec lesquelles nous sommes en relation résident dans la même aire urbaine. Beaucoup de ces relations sont fragiles : elles disparaissent ou s’endorment lorsque nous partons nous installer ailleurs. Seuls les liens forts (famille, amis proches) résistent. Les relations locales se recréent au fil du temps et il faut environ deux ans pour reconstituer un réseau local similaire à celui de personnes installées depuis longtemps. Constitué de nouveaux liens, ce réseau présente une structure semblable au réseau antérieur. »

Les études de réseaux personnels permettent aussi de comprendre que les relations ne naissent pas par hasard : la plupart se construisent dans des contextes collectifs (famille, études, travail…) ou concernent des personnes qui nous sont présentées par une connaissance. On sait aussi que la taille des réseaux varie avec le niveau social : plus on est favorisé par l’éducation ou le revenu, plus on a de relations. Ces relations sont en outre marquées par une homophilie assez forte : on fréquente davantage ceux qui nous ressemblent par l’âge, le niveau d’études, le genre… Si l’on cumule les différences dans la taille des réseaux avec les effets d’homophilie, on constate que les plus favorisés bénéficient plus des réseaux que les autres car ils ont plus de relations et que ces relations peuvent procurer plus d’aide. Les effets d’homophilie peuvent être interprétés comme une ségrégation douce fabriquant de l’entre soi par le jeu des affinités et de la sociabilité. Cette ségrégation est plus marquée dans les grandes villes que dans des contextes ruraux où la densité des réseaux est également plus élevée. Tout se passe comme si, lorsque la densité de population s’accroît, les contraintes relationnelles sont plus faibles (on a plus de choix dans l’établissement des relations), ce qui favorise les affinités et donc les réseaux personnels socialement plus homogènes. Par ailleurs, en ville, les personnes que l’on fréquente dans le cadre d’activités différentes ont moins de chances de se connaître, ce qui explique la densité plus faible des réseaux.

Les caractéristiques fondamentales des réseaux semblent toutefois évoluer peu : par exemple, le nombre d’intermédiaires nécessaires pour joindre quelqu’un pris au hasard est du même ordre sur les médias électroniques que dans les années 1960. Il reste que les médias « sociaux » rendent les réseaux personnels de plus en plus explicites, ce qui conduit les personnes à les gérer de façon plus réflexive.

. Avec le « cloud housing », l’Espagne tente de réinventer le logement – Slate.fr
Le Cloud housing, c’est payer son logement selon l’usage qu’on en a. C’est aussi un projet responsable, environnemental et social assurent ses promoteurs. L’immeuble fonctionne comme une entreprise qui se charge de gérer l’ensemble des charges et services nécessaires, négocie les meilleurs tarifs et s’assure du bon fonctionnement de la communauté. Les espaces communs peuvent inclure une garderie, un garage, un espace buanderie avec machines à laver et à sécher, un garage avec voitures et vélos à partager, une bibliothèque, des salles de sport, de jeux, ou encore des potagers installés sur le toit. Dans le projet de cloud housing, ce sont plusieurs immeubles qui sont gérés sous le même modèle. Chaque famille dispose de son propre appartement, mais peut facilement en changer, dans le même édifice ou n’importe quel autre édifice dans le pays fonctionnant en cloud housing. Le cloud housing offre une flexibilité qui s’adapte aux changements constants de notre vie personnelle et familiale. Les habitants ne paient ni un loyer ni un crédit, mais un «paiement par usage», une mensualité calculée chaque mois selon l’utilisation de l’espace et des services.

. L’acteur public doit-il vraiment financer les espaces de coworking ? – Deskmag
« L’acteur public est désormais prêt à participer au financement des espaces de coworking, notamment par le biais d’appels à projets ou de partenariats. Mais du côté des espaces, comment parvenir à rester indépendant, et éviter d’être sous perfusion de subventions publiques ? Espaces, porteurs de projets et acteurs publics tentent le rapprochement et peut-être verra-t-on même un jour de nombreux fonctionnaires migrer vers ces espaces et boire leur café matinal avec des entrepreneurs. Mais en attendant de telles rencontres, Deskmag a interviewé trois espaces pour comprendre comme la sphère publique parvient à s’intègrer dans la dynamique du coworking. »

. Des chercheurs créent de faux souvenirs de guerre chez des soldats | Passeur de sciences
Lors d’un debriefing de soldats 2 mois après des combats, les expérimentateurs ont évoqués avec détail une attaque à la roquette la veille du Nouvel an. 7 mois plus tard, en revoyant les soldats, ceux qui avaient le plus souffert du stress sur le terrain ont assuré avoir été présent lors de cette attaque. Implanter un nouveau souvenir chez quelqu’un de stressé, finalement, rien de plus facile.

. Jouer pour rester en forme avec Fitocracy – latimes.com
Des entrepreneurs new-yorkais ont eu l’idée de réunir les approches des réseaux sociaux et du jeu vidéo dans une application mobile dédiée à la pratique sportive. Fitocracy – https://www.fitocracy.com -, déjà téléchargée par un million d’utilisateurs, transforme l’activité physique en un jeu dans lequel on peut gagner des points, passer au niveau supérieur, gagner des badges. Plutôt que de valoriser la performance pure, Fitocracy se concentre sur la notion de progrès, en encourageant les utilisateurs à en faire « juste un peu plus ». Selon Brian Wang, directeur de la start-up, « nous aidons (les utilisateurs) à célébrer les petites victoires et à se sentir toujours plus motivés. »

. Ask.fm affole les ados en quête de cyber-frissons – LeMonde.fr
Ce réseau social, le plus underground du moment, connaît un succès fulgurant : 1,3 million de Français, dont la moitié sont âgés de moins de 17 ans selon Médiamétrie, sont allés y faire un tour en mars, soit quatre fois plus
qu’en octobre 2012. C’est déjà le troisième réseau social en temps passé (trois quarts d’heure par mois) en France, derrière Twitter (1 heure) et Facebook (5 heures).

Lancé à Riga (Lettonie) en juin 2010, Ask.fm affiche un principe simple : « Les personnes communiquent entre elles principalement en posant et en répondant à des questions », explique le cofondateur Mark Terebin.

Même si la majorité des messages publiés parlent musique, flirt et copinage, « pour chaque membre, le nombre de réponses reçues est comptabilisé, et un classement est publié, explique Pascale Garreau, responsable du programme Internet sans crainte. Il faut donc faire du trash pour être remarqué et générer des réponses. »

. Xbox One : Microsoft vous regarde- Ecrans
Xbox one, la nouvelle console de jeu de Microsoft, favorise la connexion permanente pour jouer. Mais surtout, intègre la Kinnect, la caméra qui détecte les mouvements et va s’en servir pour filmer les utilisateurs à des fins « d’analyse ». Le but surveiller le nombre de spectateurs… A quelle fin ? On ne le sait pas encore très bien. La vidéosurveillance arrive dans la chambre des enfants et dans nos salons.

. Le succès de la location saisonnière 2.0
300 000 des 500 000 locations de vacances réalisées en France en 2011 ont été effectuées par l’intermédiaire d’Internet.

. Du droit à violer la vie privée des internautes au foyer – Bug Brother
« Les sites web que vous visitez, les recherches que vous faites sur Google, une bonne partie de ce que vous partagez sur Facebook en particulier, et l’Internet en général, sont des données personnelles qui relèvent de votre vie privée.

Pour autant, le Conseil de l’Europe estime que cela relève de ce que vous faites dans votre « foyer », et qu’il n’y a donc pas matière à inclure vos activités en ligne et sur les réseaux sociaux dans le champ d’application de la « directive européenne sur la protection des données personnelles »… et donc d’exiger de Google, Facebook & Cie, tout comme aux entreprises de marketing direct, de respecter votre droit à la vie privée. » Jean-Marc Manach revient sur l’importante opération de lobbying des acteurs des données américains sur le projet de directive européenne sur la protection des données personnelles et de l’enjeu du « consentement explicite ».

. Gov.uk – design principles
Le nouveau site du gouvernement britannique expose ses principes de conception.

. L’économie du partage ne partage pas sa richesse avec vous – Quartz
Pour Scott Smith, dans l’économie participative, les utilisateurs acheminent la marchandises et les plateformes fournissent les étagères. Les plateformes de l’économie collaborative se construisent en dehors du droit qu’elles tentent de modifier à leur profit. Mais le fossé se creuse entre celles qui promettent de favoriser l’éclosion de micro-entrepreneurs et celles qui bénéficient de ce nouveau mode de mobilisation des actifs. Pour Scott Smith, le public finalement demeure assez sceptique face à ces services qui ne connaissent pas le succès qu’ils se prêtent. Il y a de la place pour de nouveaux entrants, qui traiteront mieux les communautés d’utilisateurs qu’ils exploitent.

. Le manifeste des villes intelligentes humaines – Periphéria
« Dans une ville intelligente humaine, les gens ne sont pas obligés d’adopter des technologies sélectionnées et achetées par leurs gouvernements mais sont encouragés à composés leurs propres services. Les initiatives de co-création sont au coeur du concept de villes intelligentes humaines pour stimuler le développement local, la création de nouveaux modèles économiques et de nouveaux produits, services, solutions et applications. Les grands défis de notre époque exigent non seulement des technologies innovantes, mais surtout une transformation des comportements de masse qui ne peut être atteint que grâce à l’implication citoyenne et la cocréation. »

. Pourquoi les enfants de profs réussissent-ils mieux que les autres ? – L’instit’humeurs
Lucien Marboeuf revient sur la thèse d’Annie Da Costa-Lasnes qui explique pourquoi, effectivement, les enfants d’enseignants réussissent mieux à l’école que les autres. « Il y apparaît entre autres très clairement que la réussite scolaire n’est seulement fonction de l’école et de l’enseignement pratiqué (lequel ne doit en aucun cas se dédouaner) comme on voudrait trop souvent le faire croire, et de plus en plus, mais qu’elle relève essentiellement de l’éducation parentale et familiale au sens le plus large et le plus noble. »

. Améliorer le langage des parents durant les premières années de l’enfant pour favoriser sa future réussite scolaire – L’instit’humeurs
A Providence, aux Etats-Unis, la ville a décidé d’améliorer la qualité du langage entendu par les jeunes enfants, en se basant sur des recherches qui montrent son impact sur le développement cognitif des enfants. Comment ? Par un programme qui permet d’enregistrer les propos pour les mesurer. L’idée, aider les familles défavorisées à faire attention au langage. Pour Lucien Marboeuf, professeur des écoles, qui tient le blog l’Intit humeurs pour France Info, cette initiative publique fondée sur des travaux de chercheurs cherchant des solutions éducatives originales est typiquement ce dont nous sommes trop souvent incapable en France ou l’on pense trop souvent que la réussite scolaire est l’affaire exclusive de l’école.

. Comment Google est devenu un des rois du lobbying – Zdnet.fr
Zdnet revient sur un article du New York Times – http://www.nytimes.com/2013/06/03/business/susan-molinari-adds-to-googles-political-firepower.html – sur le développement du lobbying de Google, qui désormais s’intéresse autant aux Républicains qu’aux démocrates. Parmi les combats menés par la firme, la vie privée, l’immigration… Google est la huitième entreprise de lobbying américaine et a consacré 16,5 millions de dollars en lobbying. Son bureau dédié est passé de 5 personnes en 2007 à 35 aujourd’hui.

. Chez Fiverr, les compétences prennent de la valeur – Presse-Citron
« En 2010, au lancement de Fiverr – http://fiverr.com -, cette plateforme de mise en relation entre prestataires et clients pour des petits boulots à 5 dollars, certains affichaient leur scepticisme sur la pérennité et la pertinence du concept. D’autres exprimaient leur malaise face à la multiplication de ce type de services, craignant une dévalorisation supplémentaire de certains métiers intimement liés à l’économie du Web.

Trois ans après, la donne semble avoir quelque peu changé. A la veille de la publication d’une nouvelle version profondément remaniée, Fiverr n’est plus juste un petit site pour prestataires du web (ou d’autre chose) en mal de contrats qui bradent des retouches Photoshop ou des blasts SEO pour arrondir leurs fins de mois à coups de 5 dollars. C’est devenu une plateforme incontournable et solide qui permet à des centaines de milliers de personnes dans le monde d’entrer en relation pour bosser ensemble », explique Eric Dupin pour Press-Citron. La preuve : avec la nouvelle version, les prestations vont pouvoir monter jusqu’à 500 euros.

. Le cerveau quantifié d’un neuroscientifique – Technology Review
Russell Poldrack – http://www.poldracklab.org/people/ – neuroscientifique à l’université du Texas à Austin mesure son humeur et ce qu’il mange. Deux fois par semaine, il scanne son cerveau dans IRM et une fois par semaine son sang. Le but de cette étude de soi – http://myconnectome.org/wp/ – : comprendre comment les réseaux de neurones se comportent et se transforme dans le temps et comment notre alimentation a un impact sur eux.

. Quand la technologie sait vous tendre un mouchoir – Technology Review
BeyondVerbal – http://www.beyondverbal.com – a développé une technologie qui reconnait votre humeur juste en écoutant votre voix. Le but, permettre aux interfaces de s’adapter à votre état émotionnel, comme le font déjà Simple Emotion – http://www.simpleemotion.com – ou Affectiva – http://www.affectiva.com. Beyond Verbal analyse la modulation de voix et propose un modèle capable de détecter l’émotion avec 80 % de précision.

. Votre scolarité est-elle inscrite dans vos gènes ? – Technology Review
Une étude publiée par Science – http://www.sciencemag.org/content/early/2013/05/29/science.1235488 – montre qu’un gène pourrait avoir des effets sur votre capacité à rester sur les bancs de l’école. Les chercheurs ont cherché des corrélations dans les données génétiques de 125 000 personnes et leur niveau d’étude. Trois variants d’ADN spécifiques (chacun étant associé à un gène différent) ont été mis en avant. Mais chacun ne pouvait expliquer que 0,02 % de la différence entre le nombre d’années où une personne est restée à l’école. La réussite scolaire est dont bien plus fortement influencée par d’autres facteurs que notre ADN, même si pour le responsable de l’étude, Nicholas Timpson, l’étude montre tout de même que si les effets génétiques sont très limités, ils sont tout de même présents.

. Les robots tueurs autonomes arrivent – Rough Type
Nicolas Carr revient sur le rapport des Nations Unies sur l’arrivée des robots tueurs autonomes (Lethal autonomous robots ou LAR) : http://ap.ohchr.org/documents/dpage_e.aspx?si=A/HRC/23/47 Des systèmes d’armes qui, une fois activés, permettent de sélectionner et d’engager des cibles sans intervention humaine. Si ces systèmes n’ont pas encore été utilisés dans les conflits, ils sont dès à présent près à le faire. Pour le rapporteur Christof Heyns rapporte Carr : « Ce rapport est un appel à une pause » Car une fois que les LAR seront déployés, il sera certainement trop tard pour limiter leur utilisation. Nos sociétés sont-elles capables de peser les coûts et les enjeux d’une telle technologie et choisir comment les utiliser ?

. Nos micros comme capteurs – The Economist
Nos micros servent à enregistrer le son, mais comment peut-on le traiter ? On peut mesurer la hauteur, l’amplitude et la fréquence de la parole pour détecter le stress, comme le fait l’application StressSense. D’autres l’utilise pour capter les battements du coeur afin de recueillir des informations sur l’état physique du porteur et ont développé MusicalHeart, qui analyse le rythme cardiaque et recommande des chansons pour se calmer (plutôt que des médicaments). SpiroSmart mesure lui le volume d’air qu’une personne peut expulser de ses poumons. Un autre projet utilise le son pour reconnaître les mouvements de la main dans l’air : le smartphone produit un son inaudible et en déduit la position des mains de l’utilisateur en en écoutant les échos. Autre application… VoiceActivation Snapdragon permet de réveiller un gadget en mode veille au son d’une commande vocale…

. Les Google Maps ne peuvent tuer l’espace public – Cyborgology
David Banks répond à la tribune d’Evgeny Morozov dans Slate – http://www.slate.com/articles/technology/future_tense/2013/05/google_maps_personalization_will_hurt_public_space_and_engagement.html. Si les cartes sont toujours politiques, le processus de sélection a toujours été à l’origine des cartes. Si Banks reconnait que l’imprévisibilité est nécessaire dans l’espace urbain, il soutient que Google ne fait pas assez pour que la personnalisation de ses cartes lui permette de s’intégrer à nos vies sociales quotidiennes. Les cartes sont très bonnes pour transformer les idées abstraites en entités visibles, tant et si bien qu’on les confond souvent. Mais elles ne sont pas que des représentations du monde, elles sont aussi des outils pour le façonnner. Délimiter son espace permet aussi de l’exploiter autrement. Faire ressortir les pistes cyclables plutôt que les autoroutes de sa carte, permet de démultiplier les activités liées au vélo. Google ne transforme pas l’Amérique en banlieue, comme le soulignait Thomas Hugues, ce sont les systèmes des grandes organisations humaines qui engendrent des techniques et des bureaucraties de taille et de forme similaires. Nos villes construites pour la voiture et les ordinateurs ont beaucoup en commun, que ce soit dans la banlieue comme dans les grandes métropoles. Nous devrions plutôt nous préoccuper de ce que les actions de Google produisent, estime Banks. Et le vrai enjeu est de savoir si Google nous permettra de partager et échanger nos cartes personnalisées…

. La banalité du « ne faites pas le mal » de Google, par Julian Assange | Wikileaks Actu
Julian Assange revient sur le livre « Le nouvel âge digital » publié par Eric Schmidt, le PDG de Google, et Jared Cohen, le patron de Google Ideas, ancien conseiller de Condoleeza Rice et Hillary Clinton. Pour Assange, le livre illustre la nouvelle définition de la puissance globale des Etats-Unis dans la fusion entre le département d’Etat américain et la Silicon Valley. Le livre fait « la propagande du rôle de la technologie dans le remodelage des peuples du monde », nouvel ersatz de la superpuissance dominante mondiale. Le livre est une tentative pour Google de se positionner en tant que visionnaire géopolitique, la technologie diffusant son progrès sur toute la surface de la terre. « La démocratie est insidieusement remplacée par des technologies de surveillance et de contrôle rebaptisée avec enthousiasme « participation » prolongeant notre ordre mondial de domination et d’oppression. Un livre finalement très proche de la vision du monde du département d’Etat américain. Google qui avait commencé comme une expression de la culture californienne, est devenue l’expression du pouvoir le plus traditionnel. Mais Assange n’est pas d’accord avec cette vision, comme il l’expliquait dans Cypherpunks : L’avancement de la technologie de l’information mise en exergue par Google annonce la mort de la vie privée pour la plupart des gens et fait glisser le monde vers l’autoritarisme. Une lecture essentielle pour « connaître son ennemi ».

. Le coûts des publicités ennuyeuses (.pdf)
Intéressant article de recherche sur la publicité, qui tente de mesurer pourquoi certaines publicités ennuient les utilisateurs et leurs effets sur leur navigation (et le taux de clic, bien sûr). Les publicités ennuyeuses sont souvent des publicités animées, contrairement à ce qu’on pourrait penser. Et que celles-ci ont un effet direct sur l’abandon du site et bien sûr sur le taux de clic.

. Rapport : les entreprises doivent participer à l’économie collaborative – Web-Strategist
Pour Jeremiah Owyand, consultant au group Altimeter, les clients des entreprises vont demain utiliser les technologies non seulement pour partager des médias et des relations, mais des produits et des services, comme le montre l’essor de l’économie collaborative. Pour Altimeter, la prochaine phase du business social est dans le collaboratif et nécessite de redéfinir la relation acheteur-vendeur, d’adopter sa nouvelle chaine de valeur. Le rapport : http://www.slideshare.net/Altimeter/the-collaborative-economy

. Détroit, laboratoire du monde d’après le néolibéralisme – BastaMag !
« Détroit est-elle entrée malgré elle en transition ? Pour Grace Lee Boggs, la ville a été pendant des décennies le symbole international de l’industrialisation avant de devenir celui de la dévastation du capitalisme. Aujourd’hui confie Grace, « nous créons une société post-industrielle, une nouvelle civilisation. En sortant de chez moi, vous pouvez regarder autour de vous et voir seulement une ville en ruine. Ou bien, regarder Détroit et vous dire, voici notre futur ». Ce qui se joue à Détroit inspirera-t-il d’autres parties du monde frappées du même mal, qu’il se nomme austérité ou récession ? »

. Libérez votre Fitbit : une API humaine libérera-t-elle vos données de santé des seigneurs des données ? – The Verge
Les dispositifs de mesure de soi ont du mal à parler entre eux et les utilisateurs ont du mal à mixer les données provenant de ces dispositifs. Des développeurs tentent de passer outre, comme ceux de Quantify.io : http://www.quantify.io/. Echaudé par ces difficultés, le programmeur Naveen Selvadurai a annoncé lancer une API personnelle : http://x.naveen.com/post/51808692792/a-personal-api. Andrei Pop lance lui, l’API humaine : http://humanapi.co/. Reste à voir comment ces agrégateurs de données personnelles fonctionneront réellement et si ils seront aussi facile à utiliser qu’ils le promettent. En tout cas, ces exemples montrent que les développeurs souhaitent faire bouger le statut quo des outils concurrents.

. Comment extraire en données structurées les infos contenues sur des pages web | Korben
ConvExtra – http://convextra.com – permet en quelques clics d’extraire des données structurées de n’importe quelle page web.

. L’imprimante 3D en libre service en France, c’est maintenant – Obsession
Le distributeur de fournitures de bureau Top Office propose un service d’impression 3D dans ses magasins.

. Éducation : le gouvernement lâche le logiciel libre – Le Point
Le gouvernement a dévitalisé samedi un amendement phare du projet de loi sur la refondation de l’école, qui devait garantir au logiciel libre une place de choix dans les appels d’offre.

. Trouver de nouveaux usages amusants des infrastructures ennuyeuses de nos villes – The Atlantic Cities
Le designer Thor ter Kulve s’est amusé à détourner le matériel urbain pour le réinventer : poubelles transformées en cheminées, jeux d’eaux urbains, balançoires improvisées, éclairages transformés…

. Les Big Data ont besoin d’épaisseur – Ethnography Matters
Pour Tricia Wang, les Big Data ont besoin de Thick Data, d’épaisseur. Comment les ethnologues du numérique doivent-ils s’intéresser aux Big data, trop souvent présenté comme un moyen ‘objectif » de comprendre notre monde… ? Pour elle, il faut répondre à ce défi en observant l’épaisseur des données, et ce d’autant que les Big Data valorisent les données quantitatives au détriment des données qualitatives, chères à l’ethnologue. Pour répondre à cela, il est plus important encore de collecter et analyser des histoires (les données épaisses, qualitatives). Montrer une réaction émotionnelle est souvent plus convaincant que montrer des données, rappelle la sociologue. Et de militer pour une complémentarité des genres, l’un éclairant l’autre.

. Bring your own service : les employés veulent accéder à des outils sociaux au travail, malgré les restrictions de leurs entreprises – Microsoft
Selon une étude de Microsoft et d’Ipsos, 40 % des employés pensent que les outils sociaux les aident dans leur travail, qu’importe si, pour y accéder, ils passent outre les politiques de leurs entreprises.

. Les mariages nés sur Internet durent plus longtemps – Numerama
Une étude – http://www.pnas.org/content/early/2013/05/31/1222447110.full.pdf#page=1&view=FitH – financée par le site de rencontre eHarmony (hum) – basée sur un échantillon de 19 000 personnes mariées entre 2005 et 2012 montre qu’1/3 des mariages aux Etats-Unis sont désormais issus de rencontres réalisées en ligne et que celles-ci paraissent plus solides que les mariages issus de rencontres réelles.

. La plupart des parents montrent peu d’inquiétudes sur l’utilisation des médias de leurs enfants – NYTimes
Selon un sondage américain – http://web5.soc.northwestern.edu/cmhd/wp-content/uploads/2013/05/Parenting-Report_FINAL.pdf – réalisé par l’université Northwestern, la plupart des parents manifestent peu d’intérêt pour l’utilisation de la technologie par leurs enfants, contrairement à ce que rapportent les médias. 78 % des parents ne font pas états de conflits avec leurs enfants pour l’utilisation des médias électroniques quel qu’ils soient.

. Aider les déficients visuels à lire – NYTimes.com
Alors qu’on se demande encore à quoi serviront les Google Glass, OrCam – http://www.orcam.com – propose d’ajouter une caméra sur des lunettes pour aider les déficients visuels à déchiffrer le monde via la reconnaissance textuelle et la synthèse vocale, rapporte John Markoff pour le New York Times.

. La mise à jour de la serrure – NYTimes.com
Le designer Yves Béhar qui a travaillé sur de nombreux projets technologiques comme l’OLPC, s’apprête à lancer August – http://www.august.com – une serrure commandée via son smartphone, commercialisée à 199$.

. Valls cible les « traces exploitables » sur Internet contre le terrorisme – Numerama
« Le ministre de l’intérieur Manuel Valls a fait savoir qu’il souhaitait intensifier la recherche préventive d’individus susceptibles d’intenter des actes terroristes, en faisant de la surveillance sur Internet « une priorité » des services de police. Il désigne des « traces exploitables » sur Internet. Lesquelles ? »

. Qu’est-ce que les statistiques peuvent faire pour les Big Data ? – Simply Statistics
Pour Jeff Leek, les spécialistes de Big Data et de la statistique ont un rôle à jouer dans nombre de domaine de recherche. Or, le fait que nous puissions désormais collecter des données facilement fait que l’on peut mesurer et étudier des choses qu’on ne pouvait faire avant. La solution statistique est devenue une solution pour nombre de champs de recherche et leur permet de travailler sur des données et des problèmes qu’ils ignoraient jusqu’alors, comme c’est déjà le cas dans le domaine de la génomique. Mais pas seulement estime Jeff Leek, les Big data devraient avoir des effets rapides sur l’imagerie médicale, la visualisation de données…

. Audition de Marcel Gauchet – Authueil
Autheuil revient sur une récente audition de Marcel Gauchet sur le thème des religions et de la République… « Pour une partie grandissante de la population, la religion est devenue quelque chose d’étrange et d’étranger. Non seulement ils ne comprennent plus les références et les symboles, mais le fait même d’être croyant leur est étranger. Cela s’accompagne d’une très grande tolérance envers les croyances, même les plus farfelues, tant qu’elles restent de l’ordre de l’intime, et d’une très grande intolérance pour les manifestations et l’expression des croyances dans l’espace public.  »

Il a ensuite développé une vision de l’islam très intéressante. Il commence par noter que l’islam en France est une religion culturellement marginalisée, très inorganisée et s’adressant à des pauvres. L’islam est une religion qui n’a pas de moyens, qu’ils soient matériels, intellectuels ou « sociaux ». Il faut ajouter à cela de grandes divisions internes, la communauté musulmane étant davantage structurée par le pays d’origine des immigrants que par des aspects religieux. Une situation qui ne peut que s’améliorer à l’avenir. Un futur où l’islam sera élaboré par des musulmans acculturés à l’Occident.

. Pourquoi tout ce que les geeks pensent être vrai sur Kickstart se révèle faux – Quartz
Christopher Mims fait le point sur les nouvelles orientations de Kickstarter. Le succès de la levée de fonds des montres Peeble (10 millions de dollars) a déclenché une révolution dans le secteur, plusieurs industriels se lançant depuis dans la montre intelligente… On aurait pu croire que Kickstarter allait aussi profiter de ce nouvel élan. Et bien non. Les dirigeants ont changé les règles de présentations des produits. Ils ne veulent plus de gadgets qui ne soient pas dans un stade de développement avancé. Kickstarter veut des produits moins risqués et plus cohérents. Ils demandent désormais que les lanceurs de produits soient plus clair sur l’état de développement de ceux-ci et qu’ils soient accompagnés d’un prototype montrant les fonctionnalités actuelles du produit, pas seulement d’infographies. Le but : éviter les échecs. Le risque, éloigner le projets techno au profit des projets artistiques de Kickstarter, comme ce fut le cas avec la montre Boddie qui s’est retrouvée sur Indiegogo. Les alternatives se multiplient comme Quirky ou Crowd Supply…

. Vie numérique : une étude souligne le grand écart entre le discours et la pratique – Huffington Post
Notre vie numérique n’est pas en opposition frontale avec notre vie réelle, soutiennent les chercheurs du cabinet Discours et pratiques dans une étude pour la Fédération française des télécoms. Notre quotidien est parsemé de petites déconnexions ponctuelles et nécessaires, rappelle la sociologue Joëlle Menrath. « Le décalage est total entre un discours très négatif et pathologisant quant aux nouvelles technologies, et la réalité des pratiques, » résume la sociologue Laurence Allard. Les utilisateurs jonglent en fonction des interlocuteurs et des situations. C’est de ce travail de vigilance de soi dont chacun cherche à se déconnecter. « Les individus se demandent sans cesse comment faire en sorte de pratiquer de façon équilibrée tous ces services et c’est de là que provient le sentiment de fatigue ».

« Avec le numérique, le hors-champ s’impose comme la scène principale, » précise Laurence Allard. Ce qui ne se voit pas, ce SMS qu’on envoie, ce statut que l’on publie ou ce tweet qu’on s’apprête à envoyer est plus important que le lieu où nous nous trouvons et ce que nous y faisons. Faut-il en conclure que le numérique nous déroberait à la réalité ? Loin s’en faut, car le numérique serait davantage vécu comme une extension, un prolongement de la vie réelle que comme une dimension qui se substituerait à l’autre. Comme le résume Laurence Allard, « c’est le hors-champ du numérique que de participer à la vie réelle ».

N’en déplaise aux détracteurs de la vie connectée, celle-ci serait également loin d’appauvrir nos relations sociales. La dématérialisation des biens culturels aidant, c’est une véritable culture de l’échange qui s’est déployée à côté de celle de la distribution marchande. Partager un article du HuffPost sur votre mur, mettre à disposition de ses amis des films téléchargés, « la liste des pratiques culturelles digitales est longue, » relèvent les chercheurs. Et ce sont bien de nouvelles interactions qui se développent autour de l’échange de contenu.

. Cartographier la controverse dans Wikipédia : Zero Geography
Les articles controversés ne sont pas les mêmes d’une édition l’autre de la Wikipédia, même si la religion, la politique et le football sont partout les thématiques qui font débats. Mais également, hormis le conflit israélo-arabe, se sont partout des articles liées à la géographie nationale qui sont d’abord en débat.

. Une carte intelligente qui suit les gens via les réseaux de caméras de videosurveillance – NewScientist
Utiliser le réseau de caméras de vidéosurveillance pour identifier et localiser les gens dans des intérieurs, via un algorithme qui combine reconnaissance faciale, positionnement et identification des vêtements. La carte du maraudeur… C’est fait !

. TV Connectée : les consommateurs ne connectent pas leur TV à internet ! – Zdnet.fr
Alors que la plupart des téléviseurs vendus dans le monde sont connectables à internet très simplement, une récente étude du cabinet Analysys Mason et un bilan d’étape réalisé par l’Atelier BNP Paribas démontrent que les constructeurs ont encore de gros efforts à réaliser pour conquérir le marché : améliorer l’offre de contenu et plus encore les interfaces utilisateurs.

. Une entreprise financée par la foule peut-elle devenir le meilleur détaillant du monde ? – Forbes
Forbes revient sur Quirky – http://www.quirky.com – une « démocratie capitaliste » qui chaque semaine propose à l’évaluation de sa communautés 15 innovations originales, qu’elle aidera à financer et commercialiser.

Mais distribuer les innovations via ses seuls membres ne suffit plus. Le PDG de Quirky, adoré par les capitaux risqueurs, souhaite se lancer dans la fabrication de magasins en dur pour renforcer la vente des produits. Pas sûr qu’il sera simple demain, avec des magasins physiques de s’adapter aux changements du secteur…

. Google Glass : pas de reconnaissance faciale, pour le moment – Zdnet.fr
« Google a officiellement exclu d’autoriser la fonction de reconnaissance faciale pour ses lunettes connectées, du moins pas avant que des règles de confidentialité spécifiques ne soient mises en place. »

. Pourquoi les Big data ne sont pas la réalité – NYTimes.com
Pour Kate Crawford, qui détruit 6 mythes des Big Data : « Nous avons besoin de penser comment nous naviguerons dans ces systèmes. Pas tant individuellement qu’en temps que société ».

. Oubliez les Google Glass, voici les interfaces du futur – Wired.com
Pour David Gelernter, nos interfaces changent peu. L’achitecture des immeubles de bureaux a plus évoluée que nos bureaux, qui demeurent pareils à ceux des années 60. Nos interfaces portables (lunettes, montres…) n’ont pas changé par rapport à leurs précurseurs analogiques. Pourquoi nos ordinateurs se ressemblent-ils tous, jusque dans les matières dont ils sont fait ? Matériel et logiciel doivent être conçus ensembles, estime Gelernter. Pourquoi nos téléphones ont-ils besoin d’un écran ? Pourquoi ne sont-ils pas incorporés dans nos portefeuilles ? A l’heure des écrans tactiles nos bureaux ne doivent-ils pas évoluer aussi ?

. Décret Sunshine entre les labos et les médecins : l’avis de la CNIL – PC INpact
Le décret sunshine est censé lever le voile sur les liens entre laboratoires et médecins en obligeant la publication sur un site internet dédié des cadeaux fait par les laboratoires aux médecins. La Cnil recommande que ce site exclue les robots et que chaque fiche soit verrouillée par un captcha. Deux mesures pour tenter d’équilibrer le rapport entre vie privée et transparence. Pour Marc Rees, rédacteur en chef de PC Inpact : « Moralité ? Le patient pourra connaître les petits cadeaux faits par tel labo à son médecin de famille. Il saura s’il existe un contrat entre l’un et l’autre mais jamais son détail. Enfin, il ne pourra connaître ce contrat si son cher médecin a facturé ce labo. Ce captcha rendra surtout impossible le traitement automatisé des dizaines de milliers de fiches à venir pour qui voudrait esquisser l’état des liens de tel labo avec le secteur de la santé. »

. Une autre école est possible – Télérama.fr
Toute proportion gardée, de plus en plus de parents font sortir leurs enfants du système scolaire classique pour des écoles alternatives ou un enseignement à domicile. Les enfants acceptent de moins en moins ce qu’on leur impose, le décalage entre l’institution scolaire et eux s’accentue. Vers la fin de l’école ?

. Computational Culture
Une revue sur l’étude logicielle et la culture informatique.

. Pour faire des économies, fermons la cour des comptes | Classe éco | Francetv info
On connait le schéma : les rapports (même excellents) sont enterrés par les suivants sans que rien ne se passe. En fait, rappelle Alexandre Delaigue, le problème des rapports est d’apporter des solutions simples à des problèmes parfois plus complexes, ils proposent une explication d’un phénomène par des mesures qui ne sont pas toujours adaptées. « Mesurer le résultat de mesures globales est un défi considérable. Tout le monde loue aujourd’hui le « modèle finlandais » d’éducation, mais oublie que les performances de la Finlande ont été très moyennes jusqu’à la fin des années 90. Les spécialistes considèrent aujourd’hui que les performances résultent de mesures commencées il y a parfois 50 ans. On est bien loin du temps du politique. » Dans l’industrie phamarceutique, on procède par l’expérimentation aléatoire pour savoir si un médicament est utile ou non. La procédure expérimentale présente un potentiel énome pour améliorer les politiques estime Jim Manzi dans « Uncontrolled suprising trial ». Pourrait-on appliquer une logique expérimentale à l’école ? L’essai sur les internats d’excellence en France a montré ses limites. « Comme le montre Manzi, l’expérimentation apprend la modestie. Elle conduit à constater qu’il est très difficile d’obtenir de vraies améliorations, que les vrais progrès sont incrémentaux : les grands bonds en avant, le plus souvent, n’existent pas. » « A force de répéter ce processus – rapport, discussion, décision, absence de résultat, nouveau rapport – on finira peut-être par comprendre que l’on ne s’y prend peut-être pas très bien pour améliorer nos politiques publiques. »

. Panneaux solaires : le protectionnisme inutile – Classe éco | Francetv info
Les tarifs douaniers n’ont ni conséquences positives ou négatives. Aux Etats-Unis, la fermeture des frontières aux panneaux solaires chinois n’a pas développé la production sur le territoire, mais déplacé les fournisseurs (Malaisie, Taiwan…).

. Harvard Law Review : May 2013
La Harvard Law Review revient sur la problématique de la vie privée et de la technologie avec les meilleurs spécialistes du sujet.

. I Like Cinema
I like Cinema est un service qui permet aux particuliers de proposer une projection d’un film du catalogue dans un cinéma à proximité. Une autre manière de faire du service urbain…

. Très chères données personnelles – LeMonde.fr
Yves Eudes pour le Monde nous fait entrer dans les coulisses des négociations du Data Protection Regulation, le projet de règlement européen sur les données personnelles visant à améliorer la protection des données personnelles des européens en montrant l’intense lobbying des sociétés de l’internet pour amender cette réglementation. « Plus de 80 % des propositions d’amendements arrivant de l’extérieur proviennent des entreprises, et principalement des géants de la Silicon Valley. » Il estime que, à la longue, le travail des lobbies s’avère efficace : « Ils sont si nombreux et si actifs que le même message semble arriver de partout à la fois. Cela crée une ambiance diffuse, qui influe sur l’état d’esprit général. » Selon lui, de nombreux députés du groupe PPE (centre droit), qui étaient favorables au DPR en 2012, sont devenus hésitants, ou hostiles. Les députés verts et socialistes, qui souhaitent au contraire un durcissement du projet, se retrouvent sur la défensive.

. Charte éthique & Big Data
La charte Ethique & Big Data est une co-construction dans le cadre d’un groupe de travail mixte piloté par l’APROGED et de CAP DIGITAL et réunissant des partenaires académiques et industriels. Son objectif est de fournir des garanties concernant la maintenabilité des données, leur traçabilité, leur qualité, l’impact sur l’emploi, réduire le risque juridique. « La création, la maintenance, la diffusion et l’utilisation de données de toutes sortes est un enjeu économique majeur. Qu’il s’agisse de données démographiques, personnelles, de relevés de capteurs, de documents, thésaurus, ontologies. Ces bases de données sont essentielles à la création et la maintenance de nouveaux services. L’apparition du Cloud computing, de l’Open Data et du Big Data rendent ces questions particulièrement sensibles. Cependant, l’utilisation ou la réutilisation des données se heurtent trop souvent à des freins qui en empêchent l’exploitation optimale : provenance parfois opaque (en particulier dans les cas de « crowdsourcing »), traçabilité inexistante, protection intellectuelle incertaine, une qualité difficile à évaluer a priori.

Dès lors, sécuriser la création de données est un facteur de compétitivité. Cette charte vise à harmoniser les rapports entre producteurs, fournisseurs et utilisateurs de données sur le plan du respect des lois, de celui de l’éthique, et garantir la confiance dans les rapports entre l’ensemble des acteurs impliqués. »

. L’adieu à la caisse – La Vie des idées
L’automatisation des services se déploie dans de nombreux secteurs : banques, cinémas, administrations publiques. Une enquête sociologique menée par Sophie Bernard dans « Travail et automatisation des services : la fin des caissières » démontre que cette tendance conduit à une intensification du travail des agents concernés. En passant du travail séquentiel classique de la caisse au travail simultanée de surveiller plusieurs caisses automatiques, les caissières ont moins de contrôle sur leurs rythmes de travail et doivent être plus disponibles encore. « Si le corps du travailleur est pratiquement libéré de toue contrainte, son esprit doit par contre être entièrement disponible ». La mise au travail des clients renouvelle la frontière du travail, le rapport de pouvoir et est source de nouvelles tensions, notamment en renforcant leur rôle de contrôle. A compléter avec l’ouvrage de Marlène Benquet, « Encaisser », dont le prologue est accessible en ligne : http://www.contretemps.eu/lectures/lire-marl%C3%A8ne-benquet-encaisser-prologue

À lire aussi sur internetactu.net

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *