Faut-il prendre les promesses de la Blockchain au sérieux ?

9781101980132_Blockchain_final process.inddParmi les nombreux gourous dont aime à se doter le monde des technologies, Don Tapscott (@dtapscott) joue un rôle à part. Certainement parce que ses nombreux bestsellers interrogent toujours l’impact des transformations technologiques sur le monde du travail – enfin le monde du business, l’endroit où l’on fait de l’argent. Depuis Digital Economy en 1997, jusqu’au célèbre Wikinomics en 2006, les intuitions de Tapscott ont toujours épousé les transformations technologiques de leur temps. Alors forcément, quand il publie un livre sur la blockchain, le monde entier s’interroge : faut-il prendre cette révolution technique au sérieux ?

Nous ne cessons de connaître des révolutions technologiques, reconnaît-il sur la scène de la 9e édition des conférences USI. De l’internet des objets au Big Data, du cloud au machine learning, de web social à la robotique en passant par la révolution mobile… nous sommes cernés par les transformations. Pourtant pour Don Tapscott, la blockchain, cette technologie qui fait fonctionner le bitcoin, la monnaie virtuelle, est une technologie qui va transformer profondément le monde et va avoir plus d’impact que n’importe quelle autre technologie du digital, prophétise l’évangéliste avec une bien grande assurance.

La blockchain : vers un internet des valeurs ?

En bon businessman, Tapscott établit une distinction assez claire entre l’internet et la blockchain. Pour lui, nous avons connu jusqu’à présent l’internet de l’information. Un internet qui nous a permis de copier l’information sans commune mesure. Nous permettant d’envoyer une copie de nos photos, de nos musiques, de nos e-mails, de nos fichiers avec la plus grande facilité. Le problème est que copier des choses n’est pas très adapté quand on parle d’actifs, c’est-à-dire de choses qui produisent du revenu ou des gains, que ce soit des obligations, de la musique, de l’énergie, de la monnaie, des images, des points de fidélité… Toutes ces choses qui appartiennent à quelqu’un et qui ont une valeur importante pour lui. Or, la possibilité de copier la musique par exemple a détruit les revenus des musiciens. Pour l’instant, les revenus que génèrent pour eux le streaming musical n’a rien à voir avec ceux que permettaient la vente d’albums. « La copie n’est pas une bonne chose pour les actifs ».

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Image : Don Tapscott sur la scène de la dernière édition d’USI, photographié par Arnaud Gangloff via Twitter.

Sur internet, établir l’identité d’une personne n’est pas possible entre pairs. Il nous faut donc passer par des tiers qui établissent notre identité, que ce soit Apple, Google ou Facebook ou nos institutions publiques… La plupart du temps, ils font un bon travail, estime Tapscott. Mais, quand l’identité est centralisée, cela pose quelques problèmes. L’un des plus importants risques est celui du piratage. L’autre est celui de l’exclusion de ceux qui n’ont pas accès à ces services, à l’image des 2,2 milliards de personnes dans le monde qui n’ont pas accès à des services bancaires et qui sont par définition exclues de l’économie. Sans compter que passer par ces intermédiaires nécessite de passer par les taxes et frais qu’ils nous imposent d’une manière assez unilatérale. Envoyer un virement via une banque ou un service dédié va ainsi vous coûter entre 8 et 14 % en moyenne de la somme que vous voulez transférer. Pour Don Tapscott, « les intermédiaires ont capté l’actif le plus important de l’ère numérique : les données ! » Et aujourd’hui, dans une économie devenue complètement numérique, la valeur des données excède celle de tous les autres actifs, assène-t-il.

Pourtant, c’est nous qui créons ces données. Elles sont principalement les nôtres. Mais elles sont possédées par une poignée d’intermédiaires et les bénéfices qu’ils en tirent sont loin d’être également répartis. Pourtant, concède Don Tapscott, « j’ai plusieurs fois affirmé le contraire ». Et le consultant de faire son mea-culpa. N’a-t-il pas été parmi ceux qui ont affirmé que la révolution des nouveaux médias reposait dans le fait qu’ils n’étaient plus centralisés, mais distribués ? Sauf que cela n’a pas été totalement le cas. Les données sont restées la propriété des nouveaux intermédiaires qui se sont créés. Si nous avions accès à une plateforme distribuée, à un « nouvel internet des valeurs », permettant de protéger et stocker les actifs entre pairs et sans intermédiaires, alors peut-être parviendrons-nous à un internet réellement distribué…

Pour Tapscott, cet internet distribué arrive. C’est la blockchain. Pour la première fois, nous avons un médium capable de capturer et de partager la valeur et c’est en cela que la blockchain change la donne. En 2008, juste avant la crise financière, Satoshi Nakamoto a décrit le protocole permettant de créer une monnaie virtuelle, le bitcoin. Le bitcoin a mauvaise presse, concède Tapscott. C’est un actif dont la valeur change et qui n’est intéressant que si vous spéculez. Mais c’est une monnaie numérique et non pas une monnaie souveraine émise par un Etat. Si vous vivez en Argentine aujourd’hui, qui est un pays qui connaît une grave crise économique, le bitcoin est intéressant pour les travailleurs étrangers qui y travaillent, en leur permettant d’envoyer de l’argent à leur famille sans avoir à payer de taxes sur leurs transferts, explique Tapscott qui semble apprécier cette perturbation économique qui dérange le commerce des banques. Mais si Bitcoin n’est intéressant que pour certains, la technologie qui le sous-tend, elle, va avoir des impacts profonds.

Avec la blockchain, la confiance est établie par des pairs et non plus par des tiers. C’est un médium qui donne de la valeur à ceux qui l’utilisent. Elle permet de faire des transactions, d’échanger des actifs, sans avoir à passer par des intermédiaires tout puissants qui captent la valeur à leur profit. Toute transaction, quelle qu’elle soit, qu’on parle d’un échange d’argent, d’un vote, de l’enregistrement de son mariage, de la vente de sa maison, de l’achat ou de la vente d’électricité…., toute transaction est enregistrée par un réseau qui envoie l’information à des milliers d’ordinateurs connectés en pair à pair. Les « mineurs », qui disposent sur ce réseau de ressources informatiques puissantes, authentifient ces transactions. La validation est donc communautaire. Toutes les 10 minutes un nouveau bloc se créé et est authentifié et à chaque fois que de nouveaux blocs sont ajoutés, on paye un tout petit pourcentage aux mineurs qui ont validé l’authentification, une taxe sur les transactions de l’ordre de 1 % dont le montant semble bien plus satisfaire le consommateur qu’est aussi Don Tapscott. Sur la blockchain, tout échange est horodaté, ce qui permet de résoudre le problème de la double dépense. Toute transaction est inscrite sur une chaine répartie entre des milliers d’ordinateurs ce qui empêche de faire la transaction deux fois. Enfin, la blockchain résout – en partie – le problème du piratage, puisque pour modifier une transaction qui y aurait été passée, il faut pouvoir pirater la chaîne en entier, ce qui promet des réseaux informatiques plus sûrs – en fait, le risque ne repose pas sur le « piratage » de la chaine en son entier, mais sur le fait que quelques mineurs puissent détenir 51 % de la chaîne, comme nous l’expliquait très bien Rémi Sussan.

Bitcoin n’est qu’une forme, qu’une variété de la blockchain… Et la monnaie n’est qu’une forme d’application de la technologie. Ethereum, qui fonctionne depuis cette technologie, permet, elle, de créer des contrats intelligents pour gérer les actifs. Aujourd’hui, les banques authentifient les transactions, les valident, permettent leurs transferts, les stockent, permettent les échanges, les prêts, gèrent les risques, font de l’audit… C’est leur rôle dans l’industrie financière. Mais avec un protocole de confiance distribué, les banques sont appelées à devenir inutiles estime Tapscott. Certes, les banques ne vont certainement pas disparaître du jour au lendemain, concède-t-il, mais ces technologies risquent d’accélérer leur évolution. On n’échappe pas à l’avenir, promet le futurologue.

La blockchain signe-t-elle la fin des entreprises ?

Pour Tapscott, la blockchain nous promet d’entrer dans un nouvel espace compétitif. Elle va avoir un effet direct sur la façon même dont on fait entreprise. L’économiste Ronald Coase s’est demandé toute sa vie pourquoi l’entreprise existait. Et la blockchain risque de faire voler en éclat les raisons d’être des entreprises.

Pour nous expliquer cela, Tapscott évoque l’histoire de son voisin, Rob McEwen. Rob McEwen était banquier et est devenu chercheur d’or. Malgré toutes les données à leur disposition, ses géologues étaient incapables de lui dire où trouver de nouvelles mines d’or. Alors il a publié ses données géologiques et a ouvert un concours, le Goldcorp Challenge, récompensant de 500 000 dollars quiconque capable de lui dire où trouver de nouvelles mines. Il a reçu des réponses du monde entier et découvert des techniques qu’il ignorait. En échange de 500 000 dollars, ce concours a permis à Rob McEwen de découvrir plus de 3,4 milliards de dollars d’or. « On pense toujours que le talent est circonscrit à nos propres limites, qu’il dépend de nous. Or les solutions qu’a trouvées la communauté étaient bien plus fécondes ». Pour Tapscott cet exemple montre les possibilités des organisations distribuées autonomes que promet la blockchain. L’avenir est-il à des organisations sans entreprises ? A des agents autonomes travaillant avec des contrats intelligents, liés à des organisations sans gérants, sans PDG, sans employés autres que contractuels, missionnés pour un projet ?

Pour Tapscott, la formidable campagne de collecte de fonds réalisée sur Kickstarter pour la DAO (l’organisation décentralisée autonome), qui a collecté 168 millions de dollars, ce qui en fait le projet de financement participatif le plus financé qu’on ait jamais vu, montre la puissance de ces nouveaux objets. La DAO est une sorte de société de financement distribuée où ceux qui lui ont alloué des fonds pourront décider des projets qu’ils pourront financer via des contrats intelligents en échange d’un revenu sur ses investissements. « Les participants à la DAO s’apparentent donc à des actionnaires d’une entreprise cotée, une entreprise qui serait présente et active uniquement sur la blockchain Ethereum », explique Ethereum France. Reste que si ce lancement enthousiasme Tapscott, de nombreuses critiques commencent à se faire entendre sur les limites du projet, comme les synthétise Wired. Dans la DAO, la démocratie est relative à la hauteur de votre investissement, or la moitié des 168 millions de dollars proviennent de 70 adresses (et certains pourraient en utiliser plusieurs), laissant peser des doutes sur l’ouverture du projet. Sans compter que le projet n’a pas été validé par les organismes de régulation et de réglementation, ce qui fait peser quelques incertitudes juridiques sur son avenir.

Qu’importe. Pour Don Tapscott, ces exemples montrent qu’« il faut s’attendre à des changements radicaux dans la structure même des organisations ». Plus que les Big data et la gestion de la complexité, plus que l’automatisation et la robotisation, les agents autonomes et les contrats intelligents promettent des entreprises en réseau, ouvertes, qui seront certainement bien plus transformatrices pour les entreprises que les promesses du Big Data ou la robotisation.

Ce qui est sûr, prédit le spécialiste de l’accompagnement au changement, c’est que petit à petit, « le coût de rester dans sa position va devenir plus élevé que celui d’évoluer ».

Les disrupteurs vont être disruptés !

Pour donner encore de la matière à sa prédiction, Tapscott détaille ensuite plusieurs exemples de modèles d’affaires radicaux dans une économie numérique transformée par la blockchain. Il évoque notamment le très étonnant GoAbra, un service financier mondial qui permet de déposer de l’argent pour l’envoyer à n’importe qui dans le monde. Une très grande part des revenus de travailleurs d’origine étrangère qui vivent aux Etats-Unis sont renvoyés vers leur famille dans leurs pays d’origine. C’est la principale forme de contribution des Etats-Unis au reste du monde, estime Tapscott, plus importante en volume que les fonds des associations caritatives. Mais ces transferts sont fortement taxés par les intermédiaires, de 8 à 14 %, et les délais d’acheminement peuvent être très longs. Abra propose des transfert immédiats, en cash si besoin, sans avoir besoin de compte bancaire, avec un niveau de prélèvement de 1,2 % seulement ! Assurément un perturbateur !

Abra

Pour Tapscott, la blockchain peut également venir perturber le modèle économique des organisations qui possèdent nos données et nos identités, comme Facebook ou Twitter. Les datafrackers, sont appelés à venir « fracturer les données » des intermédiaires, comme tente de le faire Dataminr, en analysant les données provenant de Twitter pour créer des alertes sur les marchés financiers, sur l’information, sur les tendances émergentes (sans pour l’instant reverser de la valeur aux émetteurs d’information originale, mais cela pourrait changer avec la blockchain).

La blockchain interroge également le modèle de l’économie du partage ou pour l’instant de nouveaux intermédiaires comme Airbnb, TaskRabbit ou Uber capturent la valeur. Mais qu’en serait-il si des agents autonomes permettaient aux chauffeurs d’entrer directement en contact avec leurs clients ? C’est ce que propose Arcade City par exemple, l’appli qui rêve d’ubériser Uber. A Lift, Stephan Tual de Slock.it avait développé un exemple permettant de comprendre ce que serait un Airbnb sous blockchain.

La blockchain pourrait bien sûr venir bouleverser les plateformes pour produire les idées de manière contributive, les « ideagora » qu’évoque souvent Don Tapscott… A l’image de inno-360 ou d’Innocentive, ces plateformes qui permettent à de grands groupes comme Procter & Gamble d’externaliser leur R&D. Cela permettrait également aux entreprises de se rapprocher des « prosommateurs » en créant des chaines de confiance et de redistribution au profit des consommateurs qui contribuent à votre modèle d’affaires… A l’image de ceux qui créent des vêtements sur Threadless ou des utilisateurs qui ont participé au concours publicitaire de la marque Doritos pour proposer une publicité pour la marque diffusée à l’occasion du Superbowl américain.

Tapscott revient à nouveau sur l’industrie musicale et les limites du streaming pour rémunérer les artistes et évoque l’annonce récente d’Imogen Heap de vouloir utiliser la blockchain pour transformer le secteur de la musique, par le biais de contrats intelligents via la plateforme UjoMusic fondée sur Ethereum. Une plateforme, comme nous l’expliquions déjà, qui permet aux créateurs de musique de définir les droits relatifs à leurs productions et de rétribuer chaque contributeur… Parmi les nombreux exemples qu’évoque Don Tapscott, il imagine également des « Wiki Workplaces », des plateformes collaboratives distribuées permettant de rétribuer les contributions de tous ceux qui participent à un projet d’entreprise à hauteur de leur contribution d’une manière automatisée…

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Bref, « les disrupteurs vont être disruptés », sourit le télévangéliste du changement, alors que des nuées d’oiseaux viennent voler en vidéo dans la présentation qui est projetée derrière lui. Oui, le nouveau paradigme de la blockchain va générer du conflit, de l’hostilité, de l’incertain… Oui, beaucoup vont avoir du mal à accepter le changement. Mais ceux qui ne changent pas seront laissés de côté. « C’est l’occasion ou jamais d’être curieux. Essayez ! Créez un compte bitcoin. Achetez mon livre. Créez un projet pilote ! »

Pour Tapscott, la chaine de bloc pose la question de comment « un protocole de confiance » pourrait exister dans la société. Il le compare aux comportements en essaims, aux nuées d’oiseaux, d’insectes comme aux bancs de poissons qui existent naturellement. Ces comportements collectifs, comme ceux des étourneaux dans le ciel de l’Angleterre, qui leur permettent de faire fuir les faucons qui les chassent, ces nuées éphémères qui créent du leadership sans leader… C’est peut-être une analogie exagérée concède Tapscott, mais elle est stimulante. La collaboration, l’ouverture, le partage, la confiance, l’open source… sont autant de règles qui favorisent l’interdépendance et l’intérêt collectif. On en trouve aussi dans ces essaims, comme dans le fait de ne pas voler trop près les uns des autres, ni trop loin. Dans les essaims, la confiance nait de l’équilibre entre son propre intérêt et l’intérêt collectif. Ce sont des espaces intègres qui reposent sur le fait qu’on attend de chacun d’être honnête et que chacun prenne en considération l’intérêt de l’autre. Pour Tapscott, la blockchain est le moyen de parvenir à une nouvelle société, à une nouvelle forme de démocratie. Demain, aurons-nous des hommes politiques qui ne pourront obtenir nos impôts que s’ils font ce qu’ils ont promis et qui a été inscrit dans le contrat que les électeurs ont passé avec lui via la blockchain ?

Je ne suis pas persuadé pour ma part que la confiance puisse se résoudre dans des protocoles très formels. Au contraire… plus on encadre les choses, plus c’est la marque qu’on accorde aucune confiance. Et pour l’instant, les dispositifs techniques ont plutôt montré leurs limites à établir de nouvelles formes de confiance. Distribuer l’authentification et la validation des échanges dans un système technique semble surtout déplacer les processus de confiance que les résoudre.

Hubert Guillaud

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6 commentaires

  1. Bonjour,

    Merci pour votre article. Concernant l’authentification sans tiers de confiance, il existe des protocoles s’appuyant sur des identités WebId (comme WebID-TLS: https://www.w3.org/2005/Incubator/webid/spec/tls/).

    Par ailleurs, Tim Berners Lee et d’autres sont actuellement en train de réfléchir, spécifier et développer un modèle d’applications permettant de décorréler les données de l’application. L’objectif est de pouvoir reprendre la main sur ses données, pouvoir utiliser une application web sans que la plateforme qui la fournit ait accès aux données de l’utilisateur.

    Ca s’appelle Solid: https://github.com/solid/solid .

    C’est une autre façon de s’affranchir de tiers « de confiance », mais pas pour les mêmes types d’applications.

  2. Le guru dit « Bitcoin contrairement aux monnaies souveraines des États
    Nawak, il y a zero souveraineté. La creation monétaire est depuis belle lurette le domaine privé des banques.
    Le guru ajoute « les banques accordent des prêts »
    Nawak, les banques ne prêtent rien, elle n’accordent que des « crédits » par création monétaire ex-nihilo, et au final « les credits font les dépôts »
    Bref, comment un guru qui ne fait que déblatérer des contre vérités sur l’ancienne économie monétaire pourrait il dire quoi que ce soit d’intelligent sur la nouvelle ?

  3. Il y a un truc que je ne comprends pas du tout dans ces histoires de blockchain.

    Si j’établis un contrat custom, par exemple pour louer ma voiture à quelqu’un.
    Qu’est-ce qui se passe si :
    * le gars ne paye pas
    * le gars pars avec la voiture
    * le gars abime la voiture

    Pour le 3ème cas, je suppose qu’on peut prévoir une caution. Mais ça ne change rien : qu’est-ce qui se passe si JE refuse de rendre la caution sous un prétexte fallacieux ?

    Je ne vois pas comment le blockchain peut résoudre ces problèmes. Ce sont CES problèmes qui font qu’on utilises un tiers de confiance, parce que ce tiers à justement la capacité de résoudre le problème pour nous (qu’il soit un état, ou un banque, via la police et les juges).

    C’est pareil avec Kickstarter et autres : qu’est-ce qui empêche le gars qui a récolté l’argent pour financer son projet de dire « désolé j’ai pas réussi » et de se payer sa barraque avec ?
    (c’est déjà arrivé d’ailleurs).

  4. Bonjour,

    Intéressant article comme toujours. C’est dommage que vous ne développiez pas plus votre reflexion critique que les quelques lignes de conclusion. Ce solutionnisme béat comme l’appelle Morozov a egalement besoin de regards critiques. La confiance est aussi un marché !

    Cdt

  5. Comme Eric, je trouve l’article intéressant mais il manque de recul – comme le conférencier en fait. C’est vrai que la blockchain est tellement complexe qu’il est difficile d’en avoir une opinion bien argumentée. Pour ma part, il m’a fallu mettre les mains dedans pour comprendre que la blockchain telle qu’elle existe aujourd’hui n’est pas prête à tenir les promesses de Tapscott. Les raisons sont détaillées dans un long post de blog: http://marmelab.com/blog/2016/06/14/blockchain-for-web-developers-the-truth.html

  6. @yoananda : de ce que j’en comprends, les questions que vous posez n’ont rien à voir avec le dossier « blockchain », elles se posent aussi dans le monde réel (vous pouvez très bien signer un contrat de vente devant notaire, et l’autre contractant se barre avec la caisse et la caisse).
    Ce qui est important, c’est que dès lors qu’il y a conflit, on puisse prouver devant le juge qu’un contrat a bien été passé entre le vendeur et l’acheteur (ou le loueur et le client).
    C’est l’authenticité du contrat qui évolue : avant, cette authenticité était garantie par un tiers de confiance. Aujourd’hui, c’est une technologie qui s’en charge. Et logiquement ça devrait contenter le juge, qui pourra prononcer des dommages et intérêts, parce qu’il constatera que le contrat a effectivement été passé à la date indiquée, entre 2 personnes dont l’identité est prouvé par leur signature (clé publique) apposée lors du contrat.

    @Hubert Guillaud : Je suis comme Eric Lachaud, frustré par l’absence de développements dans la conclusion.

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