Espaces Numériques de Travail (ENT) dans l’Education

La réunion du 21 janvier 2004 avait pour objectif est de permettre aux acteurs de l’offre de plates-formes « génériques » d’ENT de se présenter, de se positionner et de mettre en lumière leurs particularités.
Il s’agisait de permettre aux porteurs de projets (collectivités locales et acteurs académiques), présents à la réunion, de mieux appréhender le concept d’ENT et le paysage de l’offre, de découvrir leurs partenaires potentiels, d’obtenir des réponses à leurs questions.
La réunion était réservée à la présentation de plates-formes et produits pleinement opérationnels, qui fournissent au minimum un socle complet et duplicable pour l’espace numérique de travail d’un ou plusieurs établissement(s). Les offres portant plutôt sur des services applicatifs et/ou des contenus seront présentées lors d’une autre journée.

Toutes les présentations sont accessibles ici

Les questions et les interventions des personnes dans la salle sont résumées et classées sous 5 têtes de chapitre thématiques. Les réactions et les mises au point des représentants du ministère de l’Education nationale et de la Caisse des Dépôts ont été regroupées séparément.

ENT et temps éducatifs
Il faut distinguer temps scolaires et temps non scolaires. Prendre également en compte les temps de l’élève : en cours, hors cours, hors établissement. Permettre à l’élève d’être autonome dans tous ces temps et cesser de définir les tâches de l’élève uniquement dans la logique de l’enseignement.

Conditions de mise en œuvre dans l’établissement

  • L’ENT oblige à préciser des profils d’acteurs-utilisateurs. Cela suppose une vision d’ensemble de l’organisation d’un établissement scolaire.
  • La mise en œuvre d’un ENT, comme celle d’un Intranet suppose un accompagnement des usagers. Il ne suffit pas que l’usage des outils soit intuitif. Dans un établissement, il faut une cellule pilote, une personne ressource qui diffuse auprès d’un groupe restreint. Une autorité émettrice des informations doit également être identifiée.
  • Les ENT ne débarquent pas dans le désert. Dans les lycées, des pratiques des TIC sont déjà installées, en grand nombre. Des habitudes se sont installées. Il faudra en tenir compte, sinon l’ENT sera rejeté.
  • Quels moyens seront-ils mis à la disposition des établissements pour faire face à l’accroissement de la charge des techniciens réseau ? Et pour les besoins d’accompagnement des utilisateurs des ENT ? Il faut éviter de charger la barque de personnels qui ont déjà beaucoup de travail.

Prise en compte des niveaux d’enseignement

  • Il existe des spécificités fortes des publics primaire et secondaire par rapport aux publics universitaires. L’adaptation d’un ENT qui fonctionne bien dans une université n’est peut-être pas immédiate en direction des établissements scolaires.
  • La question du passage d’un ENT à un autre, par exemple entre primaire, collège, lycée et université, est importante, s’agissant des élèves dans leur histoire propre, ou bien sûr des enseignants lorsqu’ils sont mutés : comment emmener avec soi ses productions, ses supports ?
  • Les offreurs d’ENT, à l’université du moins, doivent être capables d’accepter 10 000 utilisateurs connectés 24h/24 et 7j/7. Les contraintes en milieu scolaire sont moins fortes, mais néanmoins rigoureuses. Il faut savoir passer à un certain degré d’industrialisation.
  • Les écoles primaires ne sont pas des établissements autonomes. C’est la raison pour laquelle le SDET dans sa dernière version, inclut les « réseaux d’écoles » comme périmètre possible pour un ENT.
  • Les communautés d’apprentissages existent dans le primaire, dans le secondaire et même dans le supérieur : c’est d’abord une question de pédagogie. La pédagogie frontale ne favorise par les communautés d’apprentissage, à l’inverse des pédagogies collaboratives qui seront peut-être particulièrement à l’aise avec les ENT.

Conditions de déploiement des politiques ENT

  • Il faut s’assurer de la compatibilité du SDET avec les expériences de terrain.
  • Les équipements personnels des enseignants atteignent aujourd’hui un niveau très élevé (plus de 80 %) ; chez les élèves, il est variable, mais dans le secondaire, il est souvent supérieur à 50 %. Ce sont là des facteurs favorables au déploiement des ENT.
  • Au niveau de l’enseignement primaire, le fait que l’ENT soit accessible en dehors du temps scolaire et en dehors de l’établissement encourage les municipalités à s’y engager.
  • Les collectivités territoriales peuvent craindre que la contractualisation avec l’Education nationale ne soit pour elle une façon de se désengager, au moins sur le plan financier. En dehors des plans Etat/Région, l’Etat ne sait pas s’engager sur plus de 18 mois. Les Recteurs n’ont pas l’habitude de contractualiser avec les collectivités. C’est l’un des grands enjeux des ENT.


Les enseignants et l’ENT

  • La technique induit des changements mais les enseignants ne doivent pas porter seuls le poids des mutations technologiques. Une partie du travail doit être faite à l’extérieur. Et les résistances aux changements ne proviennent pas uniquement des enseignants !
  • Les enseignants ont d’abord des usages personnels des TIC, le temps qu’une « culture réseau » se constitue (il faut environ 1 an pour cela). Pendant ce temps, les élèves s’en servent de leur côté.
  • Si l’ENT était une occasion d’apprendre aux jeunes à travailler ensemble, ce serait très bien. Les TICE nous permettent de sortir du travail individuel et d’introduire le travail en équipe.

Quelques précisions sur la démarche ENT – Nicolas Chung, ministère de la Jeunesse, de l’Education Nationale et de la Recherche

  • Dans le SDET, le périmètre de base de l’ENT est l’établissement. Il a été étendu, dans la dernière version du schéma, à un réseau d’écoles. L’utilisateur en se connectant doit savoir où il se trouve, il doit reconnaître immédiatement sa communauté d’appartenance : c’est l’établissement scolaire.
  • Le but des ENT n’est pas d’être innovant à tout prix. Nous souhaitons sortir de l’expérimentation locale pour passer à une généralisation. Le ministère s’appuie sur le réseau académique pour faire remonter les pratiques.
  • Il est nécessaire de tenir compte des pratiques pré-existantes ; mais les pratiques artisanales, les réussites s’appuyant sur l’engagement personnel de quelques enseignants exceptionnels, ne peuvent pas être généralisées ; nous avons besoin d’un dispositif généralisable.
  • Il est normal de faire appel à des entreprises extérieures pour mettre en œuvre les ENT et assurer des prestations d’assistance ou de maintenance : les établissements ne produisent pas eux-mêmes les cahiers de notes, les crayons et les gommes. Cela n’a rien à voir avec la « privatisation » de certaines fonctions de l’Education Nationale.
  • Si on présente aux enseignants les ENT comme un outil destiné à transformer leurs pratiques, on suscitera l’animosité de beaucoup d’entre eux.

Précisions de la Caisse des Dépôts et Consignations – Serge Bergamelli, directeur des NTIC

  • Demander aux collectivités locales de financer des outils pour les seuls enseignants conduit à une impasse. Elles ne financeront pas.
  • Les ENT ne sont pas, en eux-mêmes, pédagogiques. Dire que la technologie améliorera les pratiques professionnelles risque de susciter des réactions de rejet.
  • L’ENT est un moyen de prendre en compte la demande des familles, de plus participer à la vie de l’école, sans pour autant transformer le système. Il est important que les familles soient impliquées dans les projets d’ENT.
  • Entre les politiques d’équipement et les usages (notamment pédagogiques) des TIC, l’ENT est une sorte de « chaînon manquant ». On voit bien que son statut est aussi hybride : ce n’est ni un pur équipement, ni un outil pédagogique ; les choix d’ENT ont une dimension tout à fait stratégique et influeront profondément sur la vie de l’établissement ainsi que sur la pédagogie, mais ils seront financés dans la durée par les collectivités locales. La séparation radicale entre les rôles des acteurs locaux et des acteurs académiques se brouille.
  • L’obligation de contractualiser va s’imposer. L’éducation nationale et les collectivités doivent mettre à plat les moyens que chaque partenaire engage. Les Inspecteurs d’académie et les Recteurs y sont-ils prêts ?

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