Enjeux 2006 : Un milliard d’internautes, et maintenant ?

Avec l’augmentation du nombre d’internautes, les enjeux changent. Assiste-t-on à la renaissance de l’internet ?

La manière de compter les internautes tient encore un peu du mystère mais tout de même, il semblerait que le seuil du milliard de personnes « connectées à l’internet » (à domicile ou ailleurs) ait été passé quelque part en 2005. L’Asie représenterait 36 % de la planète internet, l’Europe 24 % et l’Amérique du Nord 23 %. Depuis 2002, l’accès à l’internet aurait crû d’environ 18 % par an.

Rien d’étonnant dès lors à ce que News.com fasse de l’année 2005 celle de la « renaissance de l’internet« . Dans son vocabulaire de presse professionnelle, cette renaissance est celle de la confiance dans les entreprises du secteur, de l’investissement, de la croissance des chiffres d’affaires, des bénéfices enfin. Car l’internet, bien sur, n’est jamais mort. Mais certaines des prédictions du début des années 2000 finissent par devenir réalités : le pouvoir de transformation de l’internet s’exprime de plus en plus clairement dans bien des domaines. La fameuse « convergence » devient réalité avec les offres « triple play » (et même « quadruple play » si l’on ajoute le mobile). Au Danemark, selon Morgan Stanley, le nombre de minutes de voix sur IP dépasserait celui des communications téléphoniques fixes. Les revenus par utilisateur des grands sites tels que Google, Yahoo ! et eBay progressent nettement. Le commerce électronique également. L’internet mobile, qui ressemblait jusqu’ici plutôt au Minitel mobile, devient une réalité avec l’usage croissant du courriel, de la messagerie instantanée, des blogs, des moteurs de recherche de l’internet…

Il me semble que le (somme toute discret) passage du seuil du milliard signale aussi autre chose : l’internet est entré dans les pratiques quotidiennes, normales. Pas pour tout le monde, certes, mais pour une part considérable de la population, la moitié environ des personnes âgées de 15 ans et plus dans les pays développés. Du coup les enjeux changent. Les politiques de « développement des usages » s’avèrent de moins en moins pertinentes. Il s’agit déjà de les reconnaître, ces usages, et par exemple de se souvenir toujours que la moitié du temps passé sur le réseau est consacrée aux échanges interpersonnels. Ou encore, de se rappeler que tous les usages (grand public au moins) majeurs de l’internet d’aujourd’hui ont été inventés, soit par de toutes petites entreprises (qui ont pu ensuite devenir grandes, ou se vendre), soit par les utilisateurs eux-mêmes.

Le temps des pionniers « de l’internet » est révolu. Il reste beaucoup de pionniers « dans l’internet », heureusement, qui profitent de cette formidable plate-forme d’innovation, ouverte, agnostique – et qui espèrent avec nous que cela durera. Nous en rencontrons tous les jours grâce au Carrefour des Possibles, nous tâchons de parler d’eux dans InternetActu.net. Et nous espérons que vous nous continuerez de nous aider à les repérer et à leur faire honneur.

Et puis il reste beaucoup de non-utilisateurs. Mais à l’âge de la maturité de l’internet, nous devons mieux comprendre ce « non-usage ». Pour certains il s’agit d’un choix, et nous devons faire attention à ne pas faire des pratiques en ligne une norme sociale ou une obligation, mais plutôt une ouverture. Mais pour les autres, de quoi s’agit-il ? D’un problème de moyens, d’une difficulté (ou d’une réticence) à appréhender les outils et les formes de ces échanges ? Ou même de pratiques que nous ne savons pas voir, comme celles qui consistent à faire appel à un tiers pour réaliser des tâches parfois complexes en ligne ? Gageons que c’est autour des non-utilisateurs d’aujourd’hui que s’organisera une bonne part de l’innovation de demain. Et apprêtons-nous à les remercier de ne pas avoir accepté sans broncher cet internet que nous leur proposons aujourd’hui.

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0 commentaires

  1. Juste une petite réflexion sur le nombre d’internautes. Sur la base de ces chiffres, l’Europe compterait 240 millions d’internautes. La population européenne (25 pays) s’élevant à envion 460-480 millions d’habitants, cela signifierait qu’au moins un européen sur deux est internaute.
    C’est possible, mais cela me suprendrait. Surtout quand on regarde le taux de pénétration en France ou dans d’autres grands pays (Espagne, etc.).
    J’ai donc plutôt l’impression que lorsqu’on parle de 24% des internautes situés en Europe, il faut comprendre « sur le territoire européen », incluant, par exemple, la Russie.

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