Que nous réserve le numérique ?

La revue Esprit consacre un important dossier sur les enjeux des nouvelles technologies – comme le précédent dossier consacré à ce sujet datait de 1985, c’est déjà un événement en soi. Laurent Sorbier (ancien conseiller pour la société de l’information du Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin) en signe l’introduction avec « Quand la révolution numérique n’est plus virtuelle…« , où il revient sur la banalisation des nouvelles technologies :

« La coïncidence du succès immense et plus tardif que prévu de ces technologies auprès du grand public et d’un discours tendant à minimiser la portée des changements induits par cette diffusion très large des usages présente un risque majeur : tout est réuni, d’une certaine manière, pour que la révolution du numérique soit excessivement banalisée, cantonnée à ses effets les plus triviaux. Le risque de passer à côté des changements économiques et sociaux en train d’advenir est sans doute extrême au moment précis où la société de l’information se donne comme une évidence, une chose du quotidien, quand les mécanismes à l’œuvre sont à la fois plus discrets, plus infimes, mais aussi plus explosifs à terme. L’aveuglement des industries culturelles à l’égard de la déconstruction de ses modèles économiques déclenchée, hors de tout champ balisé, par le pair à pair n’est qu’un des nombreux exemples qui doivent nous inciter à la plus grande modestie et à la plus grande prudence. »

Au sommaire de ce numéro on notera de nombreuses contributions, qui, si elles ne sont pas toutes accessibles en ligne, méritent néanmoins l’attention. S’intéressant à « l’exposition aux opinions adverses sur internet », Azi Lev-On et Bernard Manin montrent que, si le réseau favorise la constitution de communautés virtuelles homogènes, il reste heureusement impossible d’échapper aux avis pluriels et hétérogènes. De son côté, Michel Gensollen observe les communautés virtuelles pour montrer qu’elles constituent une structure d’interaction sociale originale, qui ne repose ni sur la communication, ni sur les relations personnelles. Il en conclut que l’on a plutôt affaire à des cultures qu’à des réseaux sociaux.

Via Jean-Luc Raymond.

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