Quand Nokia s’intéresse au covoiturage

Stephen Hartwig et Michael Buchmann de Nokia Research ont publié un intéressant article intitulé « Empty seats traveling » (.pdf) (« le voyage des sièges vides »), ou comment concevoir un service de télécommunication mobile qui pourrait vraiment faciliter et développer le covoiturage.

Leur étude souligne tout d’abord les défauts et la faible popularité des systèmes actuels de covoiturage. Un déficit d’audience qu’ils expliquent essentiellement par des contraintes techniques trop lourdes (obligation de trajet et d’horaires fixes, à prévoir souvent longtemps en avance), plutôt que par un manque de sensibilité à l’idée même du covoiturage. D’où la proposition d’un « système dynamique de covoiturage », fondé sur le téléphone mobile et la géolocalisation. Tous les véhicules inscrits à un moment donné sont localisés et peuvent être avisés en temps réel qu’un passager à proximité attend un transport dans la même direction – le système gère même des « correspondances » ! Le passager paie en fonction de la distance et le propriétaire du véhicule est rémunéré.

Si le système demeure purement théorique, les arguments des auteurs sont efficaces et balaient les oppositions à coups de propositions concrètes : le partage ne se fait qu’entre personnes enregistrées (avec un système d’authentification et d’évaluation des passagers comme des conducteurs) ; un système de mise en relation sur des critères professionnels enrichit les rapports entre passagers et conducteurs. Fonctionnant en temps réel, le dispositif est complètement souple et permet notamment au conducteur de se rendre disponible ou non sur le réseau.

Le scénario de Buchmann et Hartwig propose des pistes pour transformer la contrainte du covoiturage en « expérience sociale positive » : on ne change pas ses habitudes au bénéfice de l’environnement, mais en développant des avantages directs pour les utilisateurs (rencontres professionnelles, droit de circulation augmentés, rapport financier direct…) – qui s’ajoutent aux contraintes urbaines que le législateur risque de devoir continuer à développer dans les années à venir (circulation alternée, voies réservées aux véhicules occupés par plus d’une personne, etc.).

Et de noter l’existence d’expérimentations à l’aéroport de Francfort développé par la firme allemande eNotions ou par les finlandais d’Ecolane dont l’un des projets gère quelques 1500 voyages par jours à Helsinski.

Reste, comme le constatent les auteurs, que de tels services ne peuvent décoller que s’ils parviennent à atteindre une masse critique d’utilisateurs suffisante. Tout est possible, si les avantages deviennent plus forts que les inconvénients.

Via Putting People First.

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0 commentaires

  1. Oui, tout le monde y pense… qui va le faire marcher?
    Il faut aller lire l’étude initiale http://research.nokia.com/tr/NRC-TR-2007-003.pdf
    Le pb, elle décrit une situation quand c’est devenu banal, et quand, comme à Madrid, ya toujours plusieurs voitures prêtes et proches.
    Le problème c’est l’amorçage quand rien n’est surabondant.
    Alors, un élément clé : pouvoir interagir agréablement, discrètement et suffisamment à l’avance, mais aussi jusqu’à la dernière minute pour que l’optimum n’oblige pas à trop attendre ou à se dérouter.
    L’oreillette, la synthèse vocale et un clavier que l’on n’a pas à regarder me semblent des éléments importants, comme le GPS partout.
    La variable d’ajustement serait le temps d’attente ou la longueur de la marche à pied, mais il faut pouvoir interagir facilement avec son tel, tant à pied, en voiture et au cours de l’activité précédente….
    http://www.tikilabs.com le fait…

  2. c’est le genre de service qui peut très bien focntionner à paris. Comme le parisien moyen, je n’ai aps de voiture. Quand je pars en we, soit je loue une voiture, soit je fias du covoiturage, soit je prends le train. Au départ et vers paris, il y a de nombreuses possibilités (voir covoiturage.fr par exemple).
    Ce système aurait l’avantage majeur de développer le covoiturage dans la conurbation (gerne paris-melun, levallois-montreuil etc) en axant sur l’instantanéïté de la demande et de l’offre.
    Les gens sont murs pour ce genre de choses, il suffit de voir le succès qu’a l’opération velo’v à lyon et bientôt à paris. Les habitants des grandes villes sont sans doute les plus à même de considérer la voiture comme un moyen de transport possiblement collectif le temps d’un trajet.

  3. Le covoiturage, c’est 50% de technologie de mise en relation, et 50% de sociologie (les motivations et les freins). La technologie ne règle donc pas tout et cela explique que le covoiturage avance, mais qu’il y a encore beaucoup à faire. Ecovoiturons est une coopérative qui a pour objet de développer le covoiturage en progressant sur ces 2 axes et en mutualisant les énergies et les ressources. Vous pouvez participer à cette beau projet pour notre planète.
    Eco-salutations
    Jean-Marc, Directeur de projet

  4. Un peu exagéré de dire que les systèmes actuels ne rencontrent pas de succès.

    Les sites comptent quand même des centaines de milliers d’inscrits …

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