Comment faire franchir aux nanos la barrière des labos ?

Du 19 au 21 juin 2007, EuroNanoForum 2007, « la plus grande rencontre européenne sur la nanotechnologie« , réunissait à Düsseldorf 1000 spécialistes du monde entier, venus discuter des applications industrielles des nanotechnologies. Malgré ce succès, le tableau dressé par Cordis, qui est pourtant le service de presse de l’Union européenne consacrée à la recherche et à l’innovation, n’est pas des plus optimistes.

Euronanoforum 2007Intitulé « Nanotechnologies : nous avons investi dans la recherche, mais où sont les applications ? » l’article de Cordis (en anglais), repris sous le titre « Le blues de l’innovation européenne » par la société Cientifica (voir « Gare à la ‘bulle’ nano !« ), dresse la « liste plutôt déprimante des raisons pour lesquelles l’Europe ne parvient pas à commercialiser les nanotechnologies« .

En vrac : « malaise du grand public, manque de personnel compétent, protection de la propriété intellectuelle insuffisante, hésitation des compagnies d’assurance » à couvrir ces technologies, et les risques afférents, d’autant que ce domaine de recherche est encore très récent, d’un point de vue technologique, mais aussi législatif, laissant planer « l’incertitude quant à l’imminence d’une nouvelle réglementation… tous facteurs venant « ralentir l’application industrielle des résultats de la nanotechnologie« .

« Lorsque les gens ne peuvent juger le contenu d’un message, ils jugent le messager »

Les nanotechnologies ayant du mal à franchir la barrière des labos, Cordis s’interroge également sur « les clés de l’acceptation des nanotechnologies par le grand public« . D’après une étude d’Eurobaromètre datant de 2005, les Européens seraient, à l’inverse des Etats-Unis, fermement opposés aux OGM mais très favorables aux avancées dans le domaine des nanotechnologies : 40 % des personnes interrogées estimaient que « les nanotechnologies sont susceptibles d’améliorer la qualité de vie au cours des 20 prochaines années« , 5 % environ affichaient une attitude négative envers les nanotechnologies, et 44 % n’en avaient jamais entendu parler.

Mais toutes les personnes interrogées veulent « être mieux informées« , relève Torsten Fleischer, du centre de recherche de Karlsruhe, qui liste leurs attentes : « plus grande transparence de la recherche et de l’activité industrielle, mise en place de mesures de contrôle par les gouvernements, publication des résultats de tests de produits indépendants« , les citoyens voulant pouvoir s’impliquer dans les débats autour des nanos, et « être entendus« .

Pour parvenir à un taux d’acceptation encore plus important, les spécialistes avancent que les services de communication devrait se focaliser sur les nanotechnologies au service de la santé et de l’environnement, moins anxiogènes que les applications militaires ou les risques liés à la dissémination incontrôlée des particules.

Cela dit, le grand public faisant plus facilement confiance aux scientifiques indépendants qu’à l’industrie ou aux gouvernements, « les gens accepteront que la connaissance s’accompagne d’incertitudes et de limites. Et d’autant plus facilement que ces incertitudes et limites seront admises et communiquées« , souligne pour sa part Fleischer. « Toutefois, lorsque les gens ne peuvent juger le contenu d’un message, ils jugent le messager. Tout repose sur la confiance« .

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