Gartner et les leçons des mondes virtuels

qwaqintel.jpgGartner, l’une des plus fameuses firmes de conseils américaines, s’intéresse depuis longtemps aux mondes virtuels, mais n’a jamais trop su sur quel pied danser avec eux. Après une phase initiale d’enthousiasme, elle s’est montrée par la suite beaucoup plus sceptique, conseillant même aux entreprises de se désengager de Second Life qu’elle avait pourtant porté aux nues.

Il semble qu’avec le recul, le Gartner en soit finalement arrivé à un ensemble de conclusions équilibrées. Dans un récent communiqué, le groupe, par la voix de Steve Prentice, l’un de ses analystes, donne son point de vue sur l’avenir des mondes virtuels en entreprise.

Première constatation, douloureuse : 90 % des sociétés qui s’installent à l’intérieur de ces univers numériques ferment leurs portes dans les 18 mois qui suivent leur ouverture. Parmi les causes de ces échecs multiples, le fait que la plupart de ces entreprises n’ont pas d’idées très précises sur l’emploi de leur « monde », que beaucoup se contentent de copier leurs concurrents, et que bien souvent, elles n’ont pas de notion exacte de leur cible et des moyens de la satisfaire. Mais surtout, elles ne prennent pas en compte le facteur humain, ne comprennent pas toujours que dans un monde virtuel, la participation compte plus que l’exposition.

Pour le groupe Gartner en tout cas, le rôle des mondes virtuels consiste moins à offrir une vitrine au grand public qu’à favoriser les collaborations internes, du moins dans un premier temps. Les entreprises disposeraient de trois choix possibles pour implémenter un monde virtuel. Elles peuvent s’installer dans un système déjà existant (par exemple sur Second Life), réaliser leur propre univers à accès public (comme BarbieGirls, Pepsi ou CocaCola), ou encore créer un monde virtuel privé. Pour Gartner, c’est cette troisième voie qui doit être privilégiée. Une telle direction est par exemple suivie par une société comme Qwaq, et cela pourrait bien devenir la politique de Linden Labs, qui vient de s’associer avec IBM pour installer sur les serveurs de Big Blue une version privée de Second Life, protégée du monde extérieur par un pare-feu.

En effet, ces systèmes internes présenteront des objectifs plus clairs que leurs équivalents publics, et répondront à des contraintes plus précises. Les attentes les concernant seront de surcroit moins exagérées, estime le Gartner.

Selon le groupe, 70 % des organisations disposeront d’un tel monde privé d’ici 2012. Sa fonction principale sera la formation : des services comme la police, l’armée ou les urgences médicales, par exemple, pourront recourir à cette technologie pour entrainer leur personnel à faire face à des situations complexes et urgentes. C’est seulement dans une seconde phase que le monde virtuel serait accessible à l’ensemble de l’entreprise pour augmenter la collaboration entre les employés. Enfin seulement, il serait en mesure de s’ouvrir au monde extérieur, aux fournisseurs ou aux clients…

Reste à savoir si le Gartner ne fait pas que s’engouffrer une fois de plus dans une nouvelle perspective de développement des mondes virtuels, après avoir laissé tomber celles qu’elle a encensées et qui n’ont pas fonctionné.

Via Information Week.

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