Les institutions doivent construire des données réutilisables, pas des sites web

Selon David Robinson (blog), Harlan Yu, William Zeller et Ed Felten du Centre des politiques des technologies de l’information de l’université de Princeton, les institutions et administrations américaines devraient abandonner le rêve de développer des sites web pour se concentrer sur la construction de bases de données de leurs décisions, de leurs votes, de leurs financements. Des données qui devraient être rendues publiques et gratuites pour l’usage de tout à chacun expliquent-ils dans leur étude.

Selon les chercheurs, le secteur privé sait mieux organiser et présenter les informations que le secteur public. Dans beaucoup de cas, notamment au regard de l’internet public américain, le secteur privé a déjà produit les meilleures réalisations à destination des utilisateurs. Et de faire référence à GovTracks, développé par Joshua Tauberer, qui est censé présenter l’information législative de bien meilleure manière que son concurrent officiel, Thomas, maintenu par la bibliothèque du Congrès. Les chercheurs de Princeton suggèrent qu’une fois que le secteur privé aura résolu l’irritant problème d’extraire difficilement les données des sites web gouvernementaux, on devrait voir proliférer les sites web permettant aux gens de chercher, distribuer et analyser leurs données de multiples manières.

A l’automne dernier, Jerry Brito de TechLiberation et chercheur au Centre Mercatus de l’université George Mason avait également publié un article intitulé « Hack, Mash and Peer » dans lequel il expliquait que la libération des données brutes et ouvertes et l’utilisation des formats structurés rendraient les sites et actions des agences gouvernementales plus transparentes et plus responsables.

Reste, comme le raconte ArsTechnica que cette libération n’est pas sans poser problèmes. Jerry Brito relate l’histoire d’un journaliste du Washington Post qui avait découvert, ravit, sur le site du Sénat américain un fichier XML contenant les votes du congrès. Mais le webmaster en a supprimé l’accès sous prétexte que les sénateurs ont le droit de présenter et commenter leurs votes de la façon qu’ils le souhaitent. En d’autres termes, permettre un accès structuré aux données de votes expose les sénateurs à une surveillance publique plus forte, ce qu’ils ont encore du mal à admettre.

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0 commentaires

  1. Discussion à rapprocher de celle sur les sites d’éditeurs, issue du BookCamp, à propos de l’ouverture des catalogues. http://blog.attrape-coeurs.com/post/2008/06/19/Bookcamp-%3A-Site-web-editeur-20

    Il me paraît évident que les données doivent être rendues interopérables et accessibles dans les deux cas, et cela,en recourant le plus vite possible aux techniques du web sémantique afin de faciliter une diffusion automatisées vers les lieux de redocumentarisations accessible aux usagers.

    Cela ne dispense pas pour autant les institutions, les législateurs autant que les éditeurs de proposer explicitement et de publier ce qui a présidé à la création de ces données ouvertes. Plus même qu’un droit moral, il s’agit d’une responsabilité dans l’expression de leurs choix et dans la « formation continuée » à l’interprétation de leur production de documents.

    Des données ouvertes, évidemment, mais aussi des sites de publication « subjectifs » font partie de la responsabilité et de la transparence qu’on peut réclamer et apprécier.

  2. Douce Utopie, quand tu nous tiens.

    L’initiative à laquelle je souscris volontiers serait en effet louable et certainement utile à la plupart des citoyens.

    Mais la mise en oeuvre nécessite de bouleverser des années, que dis je, des siècles de conservatisme.
    Cela nécessite de mettre en place une vraie transparence à laquelle le pouvoir politique français n’est pas prêt à souscrire.

    Peut-être va t’il falloir les y forcer un peu pour arriver au niveau des vraies démocraties du nord de l’europe comme la Suède par exemple.

  3. À titre personnel, j’ai déjà rencontré, dans une grande collectivité, le mur de verre qui clôt l’article. Malgrès un climat ouvert à l’innovation, la compréhension par ma bouche que leur ERP leur permettait déjà de mettre à disposition les données des procédures en cours pour les demandeurs d’aides et autres subsides concernés s’est révélé être une boîte de pandore vite refermée.
    Raisonner en terreau d’information ouvert aux initiatives et aux idées tombe sous le sens de ceux qui vivent et pensent la société de l’information, mais je crains en effet qu’il y ait encore besoin de plus que de l’évangélisation pour que ça se fasse vraiment. On pourrait tout aussi bien raisonner sur la base du bien public, mais le fait est qu’au délà des bonnes intentions, on est quand même dans le terrain de la politique et que le politique souhaite maîtriser ce qui se passe. En tous les cas, il perçoit plus de risques que de bénéfices dans ces opportunités !

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