Critique du Manifeste pour une politique accélérationniste – Automatic Writing

Sur son blog Aidan Rowe livre un article critique du Manifeste pour une politique accélérationniste. A l’heure de la surveillance omniprésente, le travailleur est surveillé jusque dans l’utilisation des toilettes, ironise Rowe.  Nous voici entrer dans la copropolitique, la technopolitique des excréments. Freud soulignait que l’obsession des excréments est une manifestation pathologique de l’extrême avidité. Elle est aujourd’hui, le stade ultime du développement capitaliste. Le manifeste pour une politique accélérationniste paru l’année dernière se projettait comme un remède (en partie ironique semble-t-il) programmatique pour une gauche en crise face à un capitalisme entré dans la spirale de la mort.  Le manifeste proposait en effet de réorienter le néolibéralisme vers des objectifs communs plutôt que de chercher à le détruire. Pour les tenants de ce manifeste, la gauche doit utiliser la technologie, la quantification de tout, pour l’orienter dans la bonne direction.

Pour Rowe, ce manifeste doit être lu comme une provocation plus que comme un programme. Le point fort du manifeste est sa critique de la gauche, incapable de proposer une alternative à la pulsion de mort néolibérale. Le “folklorisme” de l’action directe, locale, a montré toutes ses limites… face à la puissance du rouleur-compresseur libéral. L’enjeu pour Rowe est d’être capable de récupérer un discours sur l’avenir. Nous avons toujours besoin de croire qu’un avenir meilleur nous attend. Pour Rowe, la limite du manifeste est de laisser penser que seuls les techno-utopistes auraient le monopole de notre libido.

Et Rowe de faire un parallèle avec la SF, cette utopie technologique, qui offre toujours de nouvelles expériences stimulantes, mais qui, dans le domaine des relations humaines et sociales, tourne en rond autour des mêmes thèmes de violence et d’exploitation. Tout céder à la technologie, c’est oublier bien trop vite l’enjeu de libérer notre vie quotidienne et d’améliorer notre vie sociale. “Que pourrions-nous vivre et faire ensemble si nous étions libres d’explorer de nouveaux modes de relation ?” Voilà une question inexplorée par le manifeste, sûrement parce que nous ne savons pas encore, comme le disait Deleuze, ce qu’un corps social peut faire…

MAJ : Libé publie une interview des fondateurs du manifeste. Multitudes une traduction du manifeste.

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