Amazon doit être stoppé – New Republic

“Amazon s’est enraciné dans la vie américaine moderne (…) tant et si bien qu’il a atteint un niveau de domination qui porte une étiquette ancienne : le monopole”, explique Franklin Foer (@franklinfoer), éditeur de The New Republic, le magazine de centre gauche américain. Il est le symbole du nouvel âge d’or du monopole incarné par les grandes entreprises de la Silicon Valley, celui des prix bas pour tout. Tant et si bien que nous n’aurions plus rien à craindre de ces nouveaux monopoles, qui, comme l’affirme l’investisseur Peter Thiel dans son dernier livre, Zero to One, ne sont que le synonymes d’entreprises qui réussissent. Pourtant, estime Foer, la guerre des prix que livrent ces géants industriels à notre profit, ne doit pas faire oublier les dépouilles qu’ils laissent sur leur passage. 

Après être revenu sur le combat de l’avocat Louis Brandeis, qui est à l’origine des lois antitrust américaines, puis les critiques qu’elles ont connu jusqu’à leur quasi démantèlement, Foer détaille les tactiques d’Amazon et Wallmart pour faire baisser les prix de leurs fournisseurs.

Aux Etats-Unis, Amazon représente 41 % du marché du livre. Et le principal risque à terme de ce monopole est de réduire la variété et la qualité des produits.

“Nous devons d’abord réaliser que nous avons été complices d’Amazon. Nous avons été séduits par ses rabais importants, par la livraison automatique, gratuite…" Autant de commodités qui sont devenues la norme avec laquelle, nous consommateurs, souhaitons être traités. Il nous faut interroger notre déni collectif sur le monopole d’Amazon, insiste Foer. C’est désormais à l’Etat de reprendre la main, explique l’éditorialiste, en rappelant le dépeçage des Bell Labs d’AT&T… Comment ? En l’empêchant de fixer les prix, en l’empêchant d’utiliser sa structure pour punir les fournisseurs récalcitrants, esquisse Foer ouvert à d’autres solutions. En tout cas, le règne économie et culturel de quelques sociétés est intolérable.  

Le réveil est salutaire. Mais la critique de Foer encore maladroite. L’amalgame qu’il tisse entre Walmart et Amazon montre bien que le coupable, à nouveau, n’est pas l’internet. Google s’accapare aussi un monopole sans vendre autre chose que de l’espace publicitaire. L’industrialisation du commerce (que ce soit en ligne comme Amazon, ou sur site comme le proposent Wallmart et bien d’autres) et des services (Google aujourd’hui, Uber demain) introduit par nature une différence de capacité qui risque de laminer tout artisanat. C’est l’optimisation sans fin (des achats, des revenus, de la fiscalité, des clients, des prix, des financements mêmes…) qui génère des structures industrielles capables de devenir très rapidement des monopoles (ou plutôt des monopsones) et face auxquels les concurrents, ces artisans qui n’ont pas les mêmes accès aux outils d’optimisation, sont très vite démunis… n’ayant pas accès aux outils et aux ressources de ces nouvelles formes d’optimisation.

Quant à la réponse réglementaire, elle ne sera pas si évidente à fourbir, notamment parce que ces multinationales pratiquent par nature l’optimisation et savent, mieux que ne savaient le faire un tissu de Grandes, moyennes et petites entreprises, trouver les échappatoires législatifs puisque c’est dans les lacunes de la législation fiscale qu’elles se développent et prospèrent. 

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