Que disent les mots que nous employons ? – NPR

Voilà 20 ans que le psychologue James Pennebaker s’intéresse de près aux mots que nous utilisons, et notamment aux mots fonctionnels, ces mots de remplissage, auxquels nous prêtons peu d’attention. Depuis les années 90, Pennebaker a construit un programme informatique pour s’y intéresser. Le but, savoir si ces mots de fonction pouvait caractériser les locuteurs selon le sexe, selon ses revenus… Voir même regarder le niveau de connivence des discutants. Ainsi par exemple, Pennebaker a montré que quand deux personnes utilisent des pronoms, des prépositions, des articles de façon similaire et à des niveaux similaires, ils sont plus susceptibles de s’entendre. Pour le psychologue, ce n’est pas tant la similarité de langage qui nous attire, que la langue qui s’ajuste à l’autre quand nous avons un intérêt pour l’autre.

“Quand deux personnes sont attentives l’une à l’autre, ils utilisent la langue de la même manière, et c’est l’une des choses que les humains font automatiquement.Ils n’en sont pas conscients, mais si vous observez de près leur langage, si vous comptez l’utilisation qu’ils ont du ‘je’, du ‘le’ et du ‘et”, vous pouvez vous en rendre compte.“

Une partie de son travail s’est notamment intéressé à la dynamique du pouvoir. Par l’analyse du langage nous pouvons connaître la relation entre deux personnes et leur statut social relatif. Il suffit d’écouter l’utilisation du mot "je”. La personne avec la statut le plus élevé utilise moins le pronom personnel “je”. Nous utilisons plus le “je” quand on parle avec quelqu’un qui a du pouvoir car nous sommes plus conscients de nous. 

Sachant cela, pourrions-nous nous changer nous-mêmes ? Nous n’arrivons pas à changer qui nous sommes en changeant notre langage. On ne peut que changer son langage qu’en changeant qui nous sommes, estime le psychologue, notamment dans son livre, La vie secrète des pronoms

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