La propagation des néologismes suit des frontières culturelles préexistantes – Medium

Est-ce que les nouveaux mots, les abréviations à l’heure des médias sociaux globaux se répandent uniformément ? C’est la question qu’ont posé les linguistes autour de Jacob Eisenstein du Georgia Tech d’Atlanta, rapporte l’excellent ArXiv Blog. Pour cela, le chercheur et ses équipes ont observé la propagation de néologismes sur Twitter pour observer si langue converge vers un seul langage commun. Et bien pas du tout ! Les dialectes électroniques sont aussi nombreux que les dialectes réels et recoupent d’ailleurs les mêmes lignes de fracture que ceux du monde réel. 

Pour cela, ils ont étudié 107 millions de messages provenant de plus de 2,7 millions de comptes américains en les associant aux 200 grandes régions métropolitaines américaines. Ils ont observé la fréquence des mots pour suivre leur évolution et ont regardé comment se répandent les nouveaux mots. L’abréviation ikr (pour I know right ?) se retrouve 6 fois plus souvent dans la région de Detroit qu’ailleurs par exemple. Suttin (qui signifie something) est 5 fois plus présent à New York qu’ailleurs. L’emoticon ^-^ qui signifie nerveux ou timide et qui est originaire de Corée est quatre fois plus commune en Californie du Sud qu’ailleurs. 

En fait, les mots demeurent surtout communs à des aires géographiques rapprochées. Ceux qui partagent plusieurs zones métropolitaines ont un métissage similaire. Des exemples de paires de villes linguistiquement liées, démographiquement similaires, mais géographiquement éloignées ont tendance à utiliser des mots similaires, comme c’est le cas entre Washington et New Orleans, Los Angeles et Miami ou Boston et Seatlle. Les communications électroniques ne semblent pas donner naissance à un anglais unique, mais reproduit les lignes de fractures existantes dans le langage parlé régional. 

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