Un jour vous demanderez qu’on vous ampute d’un pied pour marcher plus vite – Rue89

Michel Dahan, président du directoire de Banexi Ventures Partners, revient dans une tribune pour Rue89 sur l’évolution des prothèses et l’évolution des comportements des gens qui sont séparés d’un de leur membre.

“L’obsession des chirurgiens est de sauver le maximum de ce qui est possible, même si le membre réparé a perdu tout ou partie de sa fonction. Or, ils découvrent avec stupeur que les patients commencent à leur demander de couper carrément plus haut pour pouvoir adapter plus facilement une prothèse complète. Ils préfèrent maintenant retrouver par exemple une vraie marche que de vivre avec un pied inerte ou un moignon difficile à appareiller.”

(…) “On verra donc dans les dix à vingt prochaines années des milliers de gens face à ce dilemme : dois-je amputer une partie saine de mon corps pour retrouver, à l’aide d’une prothèse, une vie « comme avant » ?

Joseph Pleban a poussé plus loin l’expérience. Ce jeune adulte amateur de sports extrêmes (parachutes, surf…) n’a pas accepté le fait que la maladie des articulations d’une cheville dont il était atteint l’empêche de pratiquer ces passions. Alors que son pied est par ailleurs intact, il a obtenu de ses médecins une amputation et se prépare à pratiquer tous ces sports avec sa prothèse… C’est, pour sa compagne et ses amis, un objet de réjouissances.

On voit bien que son cas laisse présager de l’étape à venir. Son pied est fonctionnel mais il souffre psychologiquement de ne pas pouvoir faire son activité préférée. Lui aussi veut être fonctionnellement « comme avant ».”

L’automutilation est-elle la prochaine conquête des usagers, comme l’a été la chirurgie esthétique ? C’est oublier bien souvent le coût des prothèses qui demeure lié à l’augmentation de leur technicité, et plus encore le temps d’adaptation des patients pour les contrôler qui en découragent plus d’un.

À lire aussi sur internetactu.net

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.