Les faux profils prolifèrent sur les réseaux sociaux – Le Figaro

Le Figaro s’inquiète de la multiplication des faux profils sur les réseaux sociaux. En 2014, 11,2 % des profils de Facebook seraient des faux profils, 8,5 % chez Twitter et 10 % chez Instagram, qu’ils proviennent de robots ou qu’ils soient le fruit d’une usurpation d’identité. Mais pourquoi donc robots et personnes se créent de faux profils ? 

Dans un article à paraître dans la revue Communication, les sociologues Fred Pailler et Antonio Casilli nous expliquent pourquoi les fakes, ces usagers qui se présentent sous de faux noms, un pseudonyme ou qui se font passer pour quelqu’un d’autres, se multiplient. Pour les chercheurs, la raison est à chercher du côté des crises régulières autour des politiques d’identification des usagers, notamment via les plateformes qui cherchent à imposer l’usage de vrais noms. La stigmatisation des fakes s’est opérée à mesure que les situations d’exploitation des données se développaient. Le fake est érigé en “figure repoussoir permettant de définir en creux celui qui doit être le “vrai usager”, le “véritable public” du service. Les utilisateurs qui s’engagent dans une sociabilité numérique, mais aussi les propriétaires des plateformes, et les représentants du pouvoir étatique, sont tous porteurs d’enjeux moraux et normatifs différents”. Le fake va à l’encontre des principes de participation, d’authenticité, de transparence que pronent chacun, mais également court-circuite le modèle d’affaire de l’économie numérique “basé sur l’inscription, le traçage des usagers et la fouille de données personnelles”. Le fake est à la fois une falsification de la présentation de soi au plan individuel, une trahison d’une convention d’interaction sur le plan relationnel et une tricherie par rapport à l’architecture technique et sociale des plateformes. 

Et sur ces 3 plans, le fake est souvent une tentative, parfois illusoire, de reprendre du contrôle.

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