Les body hackers sont parmi nous – Bodies in process

Sur l’un de ses nombreux blogs – son espace de publication principal étant plutôt ici -, le sociologue Philippe Liotard (@philippeliotard), spécialiste du corps, revient sur une conférence qu’il donnait il y a peu à Lyon. Une conférence qui s’intéressait à l’histoire des body hackers, c’est-à-dire à ceux qui modifient, bricolent, hackent leurs corps, le détournent de “son parcours biologique et social prédéfini”. Pour lui, il faut distinguer entre les actions visant à réparer le corps dans un cadre médical ou à construire une apparence selon des modalités légitimes comme dans le cadre de salons de beauté, et ce qui se fait en-dehors de ces espaces de légitimité. Il distingue les cyborgs, appareillé en général pour des raisons de santé, des hackers dont il distingue plusieurs types : 

– les bidouilleurs de la machine humaine, à l’image de Jason Barnes, le batteur cyborg, qui s’est construit une prothèse pour jouer à nouveau de la batterie avant d’en inventer lui permettant de jouer avec 3 baguettes et donc de jouer de la batterie comme personne n’avait joué de la batterie avant lui. 

– les transgresseurs d’identité, à l’image de Buck Angel ou Beatriz Paul Preciado, qui interrogent la question de l’identité, du genre, pour se transformer soi-même mais aussi remettre en cause l’ordre social. 

– les bricoleurs de la sensation : de ceux qui pratiquent le piercings aux implants génitaux, aux suspensions corporelles à la recherche de nouvelles sensations. 

– les pirates de l’apparence : ceux qui pratiquent le tatouage, les implants, les scarifications pour se construire une apparence singulière… Une pratique longtemps marginale devenue désormais publique et très diversifiée. 

– les combo-hackers ; ceux qui pratiquent toutes ces pratiques comme Pauly Unstoppable devenu Farrah Flawless ou Richard Hernandez devenu Eva Medusa. 

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