Si les acteurs publics ne partagent pas, qui va le faire ? – La 27e Région

“Il n’est pas si simple, par les temps qui courent, de convaincre des
acteurs publics de mettre au pot commun pour financer et produire des
actions et ressources partagées”, explique Nadège Guiraud, directrice des programmes de la 27e Région, sur le blog du laboratoire de la transformation des politiques publiques. 

“En période de restriction des budgets publics et alors qu’on n’a jamais
autant parlé de coopération, la voie du partage devrait s’imposer à
tous, à l’opposé du climat de concurrence qui règne encore trop souvent
entre collectivités, entre établissements publics mais aussi entre
écoles d’administration. Si les acteurs publics ne mettent pas
rapidement les bouchées doubles pour coopérer et partager, alors qui le
fera ? Combien de temps avant que les citoyens eux-mêmes manifestent un
ras-le-bol de ce déficit de coopération ? Alors comment inciter ces
organisations, au delà de leurs stratégies propres, à mettre en
commun leurs savoir-faire, leur ingénierie et leurs investissements pour
concevoir et développer ensemble des ressources partagées et librement
accessibles ?” 

Et la directrice d’inviter les collectivités à s’inspirer des passionnantes réflexions autour des Communs, “ces choses qui n’appartiennent à personne et dont l’usage est commun à tous”, qui entrent en résonance avec l’intérêt général dont les acteurs publics sont les garants (voir la belle définition de propriété partagée qu’en donne Benjamin Coriat, coordinateur de l’ouvrage Le retour des communs et la crise de l’idéologie propriétaire dans une interview à Libération qui invite également à ce que l’Etat aide à la consolidation des communs en créant des ressources juridiques adaptées). 

“Les acteurs publics ne doivent pas rester au bord du chemin. Ils doivent
prendre pleinement part à ce changement culturel en contribuant à cette
réflexion et en expérimentant à leur niveau.” 

Et Nadège Guiraud d’inviter les acteurs publics à produire leurs analyses et études en mode “open source”, à innover dans leurs modes de gouvernance notamment en définissant des “partenariats public-commun”, comme nous y invite la chercheuse Valérie Peugeot (sur le modèle de l’Atlas des chartes des communs urbains) et en repensant et amplifiant les modalités de cofinancement de projets produisant du commun. 

Un domaine où les exemples sont encore peu nombreux. On peut tout de même citer Comoodle, mis en place à Kirklees, ville du Yorkshire, un site pour faire “tomber les frontières entre les organismes publics, les collectivités, les associations locales et la population” en proposant une plateforme pour aider les gens entreprenants localement à accéder à des ressources nécessaires à la réalisation de leurs projets, nous explique la Lettre du cadre territorial. Ce ne sont pas encore des formes de gouvernances partagées, mais ce type d’exemple pourrait aider à y conduire…        

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