Peter Sunde : “J’ai abandonné” – Motherboard

Pour la version française de Motherboard (@motherboardfr), Peter Sunde (@brokep), fondateur de The Pirate Bay, livre une interview déprimée et déprimante. 

“En réalité, il n’y a pas d’Internet libre. Cela fait déjà longtemps
qu’il ne l’est plus. Donc on ne peut pas vraiment en parler, puisqu’il
n’existe plus. Le problème, c’est que personne ne résiste vraiment. Nous
perdons nos droits et nos privilèges en permanence. Et on ne progresse
nulle part. Tout va dans le même sens : un Internet plus fermé et plus
contrôlé. Cela a un impact important sur notre société. Car aujourd’hui,
l’Internet et la société se confondent. Si l’Internet est plus
répressif, la société l’est aussi. C’est donc un sujet majeur.

Et
pourtant, on continue à voir l’Internet comme une sorte de nouveau Far
West, et comme tout n’est pas encore fermé, on ferme les yeux en se
disant que tout va bien se passer. Mais ce n’est pas le cas. On n’a
jamais vu une telle centralisation, de telles inégalités, et un
capitalisme aussi débridé dans quelque système que ce soit auparavant.

(…) 
Pour moi, nous devons nous concentrer sur le monde réel, car l’Internet
copie le monde réel. Nous y recréons un mode de fonctionnement
capitaliste. L’Internet attise donc le feu du capitalisme, tout en
faisant semblant de vouloir connecter le monde entier. Mais son
programme est clairement capitaliste.

(…) Il faut changer la société, avant de changer Internet. C’est la seule façon de faire.”

A compléter par la mise au point de l’intéressé sur son blog, tout aussi pessimiste, mais un peu plus combative.

“De plus en plus de gens ferment les yeux. Et notre bien aimé internet nous y aide. Nous avons accès à des nouvelles qui sont adaptées à nos intérêts – qui est intéressé à voir la douleur et la souffrance ? Nous avons accès à une musique sur mesure – afin de ne pas avoir à écouter de nouvelles musiques. Nous ne cherchons pas à étendre nos horizons, mais à étendre notre “intérieur”. (…) Nous construisons de petits mondes isolés, pour nous séparer de la société. Nous avons mis un casque sur nos yeux et nous marchons parmi la foule. Nous pourrions tout aussi bien être des zombies, personne ne s’en soucierait. (…) Nous avons la capacité, mais elle n’est pas distribuée. Nous centralisons tout. La nourriture, l’argent, le pouvoir, les décisions.” 

Pour Peter Sunde, le seul moyen de prendre conscience de tout cela est que le pire se réalise. Vite.  

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